janvier 2005 - juin 2012 - Mes années Mermet

par François Ruffin 08/07/2013

On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

janvier 2005 - juin 2012

Mes années Mermet

[(Je souhaitais publier ce texte sur le site d’Article XI, d’où est partie la charge initiale contre Daniel Mermet. Pour répondre, d’abord, aux centaines de commentaires, dont quelques-uns mettant en cause mon silence. Surtout, pour ne pas figer les lignes, avec deux camps qui se feraient front, à l’heure où d’autres batailles plus essentielles doivent nous rassembler. Les animateurs d’Article XI n’ont finalement pas accueilli mon point de vue. C’est donc à regret que je publie sur Fakir, sans vouloir qu’un projet collectif serve à une cause plus personnelle, sans vouloir que l’un devienne le refuge des « pro-Mermet » et d’autres celui des « anti- ». Et sans que tous les membres de Fakir n’approuvent la publication ici de ce texte, ni même son contenu.
Nous avons mieux, plus urgent, plus important à faire que ces déchirements.)]

« Connaître sa honte et soutenir sa gloire. » Lao-Tseu.

Entrée

« Est-ce que vous aurez le temps de discuter de mon sujet, Monsieur Mermet ? »
Le « vous » et le « Monsieur » n’avaient pas trop cours, jusqu’ici, dans le bureau 528. Et ça l’agaçait, lui. Tant pis, je voussoyais avec insistance, les premiers mois, pour marquer une distance : de facto, il était le boss et moi l’apprenti. Et puis, ça ne m’a jamais plu, ces trucs supposés de gauche, où on se tutoie aussitôt, où on se traite comme des potes – pour mieux se planter des poignards dans le dos.
C’est que je suis rentré méfiant, à Là-bas si j’y suis.

Je n’étais pas fan d’une émission que j’écoutais rarement, tout en la respectant de loin, préférant les bouquins : Bourdieu, Kundera, Barthes, Halimi, Guillemin pour références. Les reportages à l’étranger m’emmerdaient, mon côté franchouillard, aucune envie de voyager par procuration radiophonique. Et son animateur causait trop, je trouvais, cabotinait un tantinet à l’antenne. En plus, j’avais croisé Thierry Scharf, un reporter d’exception, démissionnaire ou démissionné de chez Mermet, parti avec fracas – qui ne m’avait pas franchement décrit le paradis sur terre.

J’avais reçu plusieurs appels du pied, déjà, du patron.
En 2002, à ma sortie de l’école.
En 2003, après la parution des Petits Soldats du journalisme.
Mais ça n’était pas La Mecque, pour moi. Je n’ai pas accouru joyeux. Et je ne me sentais pas prêt, ni humainement, ni professionnellement, pas les épaules, trop bébé encore, malgré Fakir, malgré les procès. J’avais d’autres trucs à faire, surtout, mon œuvre, mon grand œuvre, Quartier Nord à produire, trois années à barouder dans les barres HLM, à fréquenter les toxs, à m’imprégner de Zoubir, trois années à écrire et à réécrire, dix-sept versions du même texte, plus de mille pages, ramenées à cinq cents, et à la fin le sentiment que maintenant je pouvais mourir.
Un sentiment qui, dix années après, ne m’a pas complètement quitté.

Enfin bref, cette quête m’avait grandi, il me semblait.
Je cherchais de nouvelles aventures.
J’étais mûr pour Là-bas si j’y suis.
J’ai appelé Daniel Mermet, on a bouffé ensemble, et il n’a pas accueilli mon offre à bras ouverts. Il a maugréé plutôt : « Tu sais, c’est un autre métier. »
J’apprendrais.

Kipling

Dur apprentissage.
J’ai commencé à domicile, par un reportage à Amiens, à la salle de muscu du quartier nord. Le tournage s’était bien déroulé, le maniement du Nagra pas trop compliqué, les copains m’avaient confié leurs espoirs et leurs soucis. Mais derrière, je me retrouvais avec quatre heures de bande, à trier, à monter. C’est rude à dompter, un nouveau logiciel. Je crois que c’est Totof, le gars du répondeur, qui m’a un peu montré X-Track, point d’entrée, point de sortie, Cue intérieur, Cue extérieur, etc. Une « formation » en moins de dix minutes. Après, vas-y, t’as qu’à nager. Ou te noyer.

Une épreuve comme ça – car c’en est une – je préfère l’affronter de front, en bloc, d’un coup, pas une heure le matin et une heure le soir. J’y ai passé tout le week-end, dans les locaux de France Inter, quasi jour et nuit, pieutant dans un canapé posé dans le couloir. Quel merdier ! Je confondais tous les raccourcis claviers, Control + I, J, K, O, P, pour ramener la tête de lecture au point d’entrée, pour ramener la tête de lecture au point de sortie, etc. Enfin, je progressais. Le dimanche soir, l’ordinateur a fatigué, encore plus que moi. J’ai appelé l’informaticien de service, il a bidouillé un truc, il s’est planté dans une manip, il m’a écrasé tout mon fichier : « Nan nan, c’est pas grave », je lui ai dit poli.
Mais ça m’a foutu le moral en vrac.
Comment il dit, Kipling, déjà ?
« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie 

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir… »

Bon ben c’était pas ma vie, juste deux jours.
J’ai soufflé un peu et je me suis remis au taf le lundi.

Une semaine de ce régime, et je présentais mon sujet à « Monsieur Mermet ».
Verdict : « Ça manque de chair, d’ambiance. Faut y retourner. »
Comment il dit, Kipling, déjà ?

Viré

« Bonjour, je suis à l’Assemblée nationale, là ? Mais je croyais que j’étais au bureau de M. Juppé ? »
C’était mon troisième reportage, le premier « à l’extérieur », hors Picardie, en Lorraine, sur Daewoo et son patron sud-coréen, Kim Woo-Choong. J’avais découvert que, poursuivi dans son propre pays, recherché par Interpol, il séjournait tranquillement en France. Et que Juppé lui avait remis la légion d’honneur. C’était l’époque où l’ancien Premier ministre, condamné lui aussi, privé de mandat, était parti au Québec délivrer des cours.
J’avais appelé la mairie de Bordeaux, quand même, à tout hasard. Elle m’avait renvoyé vers « le secrétariat personnel de M. Juppé », un « 01 », à Paris. J’avais composé ce numéro et avait retenti une musique martiale « Présidence de l’Assemblée nationale, nous allons donner suite à votre appel ». J’étais crevé, complètement épuisé : j’avais dû me planter, confondre des numéros, pas possible qu’un type inéligible soit au Parlement. Je raccrochais, recomposais : à nouveau la musique martiale et « Présidence de l’Assemblée nationale », etc. J’avais des hallucinations. Je laisse sonner cette fois, on verrait bien, une dame me répond :
« Bonjour, je suis à l’Assemblée nationale, là ? Mais je croyais que j’étais au bureau de M. Juppé ?
Vous êtes bien au bureau de M. Juppé.
Mais je croyais que M. Juppé avait perdu tous ses mandats ?
Oui mais là, c’est le président de l’Assemblée qui… »
Par hasard, j’avais soulevé un lièvre, et je faisais le bêta qui ne comprend pas, je taquinais la secrétaire, qui s’énervait très fort, qui me hurlait limite dessus.

Le lendemain, vers midi, je reçois un appel de Daniel Mermet, pas content du tout : « Mais qu’est-ce que t’as foutu ? Ça fait quinze ans que je me défonce pour garder cette émission et toi t’arrives, en un mois, tu mets tout par terre ! »
Je pigeais rien.
« Mais on n’insulte pas les gens ! Là, y a Debré [alors président de l’Assemblée], qui a protesté auprès de Radio France, parce qu’un journaliste a injurié la secrétaire de Juppé.
— Mais je l’ai pas insultée…
— La direction a mené l’enquête, dans la rédaction, d’abord, et puis ils sont arrivés chez nous.
— Mais je l’ai pas insultée.
— Ils veulent te virer. Tu me fous dans la merde !
— Mais je l’ai pas insultée ! Écoute, franchement, je suis quelqu’un de posé, je suis resté parfaitement calme, c’est elle qui s’est énervée… D’ailleurs, si tu veux, on peut écouter les bandes.
— Tu as enregistré ?
— Bien sûr, oui. »

Ça l’a apaisé.
« OK, OK, on écoute ça après l’émission. »

Le soir, à distance, je lui passe mes dix minutes d’enregistrement.
« C’est tout ?
— Ben oui c’est tout.
— Donc, tu ne l’as pas insultée ?
— Ben non, je te l’ai dit.
— Ah ah.
(Il réfléchit.) D’accord, pour l’instant, tu bouges pas. On laisse couler un peu, et soit la direction te réintègre, soit ça va faire un scandale. »
Moi, ça m’amusait carrément, cette histoire. Ça m’arrangeait bien, de me faire éjecter de France Inter en martyr politique, avec des papiers sur ma pomme dans le Canard. D’autant que la radio, ça me fatiguait, toute cette technique à se tringueballer, ces journées de montage, etc. On m’offrait une sortie par la grande porte.

Mermet a adressé une lettre à la direction, comme quoi j’étais un « jeune confrère plein de talent », avec peut-être un rien trop de « fougue », mais que voulez-vous, il faut que jeunesse se fasse, il les a invités à écouter à leur tour mon enregistrement, et après quinze jours de bannissement, on avait rendez-vous dans le bureau du directeur, Gilles Schneider. Daniel est entré en sifflotant le pont de la rivière Kwaï, et durant une heure, eux deux ont causé de tout et de rien, de théâtre et de journalisme, de Paris et des États-Unis, et j’assistais au bavardage sur ma chaise, silencieux.
« Et pour mon cas ? j’ai fini par demander.
Oh, écoutez, faites attention la prochaine fois », a lâché Schneider.
Ils avaient fait une boulette.
Ils l’avaient compris.
Ils risquaient un retour en boomerang, genre radio d’État à la solde du pouvoir.
« Mais, dites-moi, ce son n’était pas destiné à la diffusion ? s’est informé Schneider.
Non non, l’a rassuré Daniel. C’était un brouillon.
Parfait. Eh bien, jeune homme, je vous souhaite une longue carrière dans cette belle maison. »

On a redescendu les escaliers vers le cinquième étage.
Un truc me chagrinait.
« Mais dites-moi, ça nous a fait rigoler tous les deux, le coup de Juppé. On va pas le diffuser ?
Bien sûr que si. Pourquoi ? », m’a répondu Daniel avec flegme.

J’ai commencé à écrire « Daniel », je me rends compte.
Parce qu’à partir de cet épisode, c’est devenu Daniel.
Je lui ai trouvé une rouerie et un culot rares, pour négocier dans les méandres de Radio France, pour défendre son collaborateur, pour y maintenir sa liberté. Et la mienne.

Sibérie

Il est dix heures du soir et je quitte le bureau, quasi-désert.
Plus aucun bruit au cinquième étage.
Juste la sonnerie de l’ascenseur.
« Bonne nuit, Daniel. »
Il ne reste que lui, sous un petit halo de lumière. Il épluche les courriels de ses auditeurs, ou il prend des notes dans ses carnets, ou il appelle Daniel Bensaïd.
Mentalement, je le photographie, avec nostalgie déjà : c’est un morceau d’histoire au présent que je contemple. Et je me demande : qu’est-ce qui le fait courir, encore ?

Au lancement de Fakir, les premiers mois, la première année peut-être, j’étais habité par pareille passion. Je me levais Fakir, je petit-déjeunais Fakir, je pédalais Fakir, la pensée de ce journal à remplir, à illustrer, à mettre en page, à vendre, ne m’abandonnait pas un instant, et je dormais Fakir. Mais cette obsession, sans disparaître, s’est estompée au fil du temps. Chez lui, après quinze ans d’exercice quotidien, elle est maintenue, pas intacte, mais bien présente, homme qui vit par et pour la radio, un peu beaucoup à la folie passionnément.
Ça peut paraître inquiétant, en ces temps sans passion, où le journalisme s’enseignait, dans mon école, avec cynisme, au second degré, où les aventures – surtout à gauche – se mènent avec scepticisme, avec dilettantisme.
J’y ai trouvé une beauté, moi, dans ce corps et âme avec son métier.

Mais le comble, ce fut en Sibérie.
C’est encore Daniel qui écoutait, à 5 000 kilomètres de distance, tous les messages du répondeur ! Sous nos yeux, à Paris, Totof collait un casque sur un combiné téléphonique, passait les propos des auditeurs, et j’imaginais Mermet, sur sa moto des neiges, au milieu d’immensités blanches, un téléphone portable collé à l’oreille…
Il ne lâcherait rien.
La délégation ne sera pas son point fort.

29 mai

« Bonjour, ici c’est Monsieur Fritz Bolkenstein… Vous savez que j’ai une maison du côté de Maubeuge… »
Au téléphone, j’ai pris un vague accent flamand, et je me fais passer pour le commissaire européen, en recherche d’un plombier polonais – et moins cher – pour poser son chauffe-eau. Dans la même semaine, j’ai piégé un « 0825-je sais pas trop combien », supposé nous informer sur le contenu du Traité constitutionnel européen. Et j’ai également délocalisé « Là-bas si j’y suis Express » – une entreprise fictive de transport – à Cracovie, grâce aux conseils d’un cabinet d’avocat.
C’est dire si je me marre, à jouer les Lafesse de gauche, jamais bridé dans mes facéties. Et mes canulars dissidents sont diffusés sur France Inter ! Par le service public ! Avec des antennes relais dans tout le pays ! Auprès de centaines de milliers d’auditeurs ! C’est, pour moi, une surprise constante, un ahurissement, un privilège immense… quand je suis davantage habitué, avec mon journal, à galérer pour arracher un abonné après l’autre.

En ces quelques semaines de fièvre référendaire, nous avons abattu un formidable travail. Ce n’est pas nous, évidemment, qui avons fait les 55 % de non, le 29 mai 2005 : c’est le réel qui a voté. Mais pour tous ces militants, d’Attac, des syndicats, qui organisaient des réunions dans leur bled, qui tractaient dans leur quartier, qui subissaient un déferlement de oui-ouistes à longueur d’ondes, nous avons représenté un ancrage. Ils n’étaient pas seuls. Il existait une lumière dans ce long tunnel médiatique. Et fort de cet encouragement, ils ont poursuivi leur travail de fourmi.
Rarement, voire jamais, je n’ai ainsi ressenti mon utilité politique.

Alibi


« Mais au fond, Là-bas si j’y suis, c’est un parfait alibi pour France Inter… »

À la sortie de mes débats, j’entends régulièrement cette remarque.
Du n’importe quoi.
« Quand Mermet arrêtera, est-ce que vous croyez qu’ils vont mettre, à la place, une autre émission de reportage engagée pour servir d’ “alibi” ? Non, ils n’en ont aucun besoin. On peut prendre les paris, mais ils vont remplacer ça par un truc culturel, en plateau, avec les faux impertinents des Inrocks et les chroniqueurs de Technikart. Ça leur coûtera moins cher, et c’est nettement moins risqué. »

Surtout, quand j’en ai le temps, j’essaie d’ « historiciser Là-bas si j’y suis », d’expliquer cette anomalie dans le paysage radiophonique :

En 1989, d’après ses dires, Mermet est au placard, assez déprimé. Il a fait des émissions érotiques, comiques, pour enfants, avec une image de joyeux libertaire, il me semble, mais pas vraiment politiquement engagé – malgré sa sensibilité personnelle, déjà là, bien sûr, héritée de la banlieue rouge et de Mai 68.
La « gauche » est de retour aux ministères.
Un nouveau président de Radio France est nommé, qui invite Daniel à bouffer, « j’aimais beaucoup ce que vous faites, qu’est-ce que vous me proposeriez comme émission ? » Et Mermet pond un projet de reportage au long cours, plutôt touriste, pas vraiment politiquement engagé toujours.

En ces années de « grand bond en arrière », les plans d’ajustement structurel déferlaient sur l’Afrique, sur l’Amérique du Sud, et l’Asie va suivre. Passant dans ces pays, Mermet se dit, « bon, allez visiter les pyramides, c’est bien gentil, mais faudrait quand même comprendre ce qui se passe derrière » (je caricature, bien sûr), et là, sa co-reporter, ou son assistante, Sylvie Coma je crois, lui annonce « y a un journal, Le Monde diplomatique, ils expliquent bien le rôle du FMI, et la Banque mondiale, et la Palestine, on n’a qu’à les rencontrer avant de partir en voyage, ils nous fileront des billes. » Et voilà comment – d’après moi – Là-bas si j’y suis a trouvé sa colonne vertébrale idéologique.

Au-delà d’une émission, c’est alors devenu un repère.
Pourquoi ? Parce qu’en cette décennie où la gauche comme il faut basculait à droite, vantait la libre entreprise et l’Europe de Maastricht, où l’on vivait « la fin de l’histoire » et la « mondialisation heureuse », il y avait une heure quotidienne où une autre gauche ne baissait pas pavillon, résistait à l’esprit du temps, fournissait des arguments. Qui ne se précipiterait pas sur une oasis dans pareil désert ?
Contre la mode, contre l’époque, Daniel Mermet s’est alors vraiment politiquement engagé à la radio. Et il y a rencontré le succès. De reporter talentueux, il est devenu une vedette, parfois un mythe vivant, dans un certain milieu. Et je me demande si ça ne l’a pas piégé, cette image. Pas seulement parce que je l’ai vu, parfois, mal à l’aise parmi ses « fans ». Aussi parce que, au fond, en lui, je préfère l’homme sensible, qui parle de peinture, de littérature, de son, de théâtre, d’amour, de sexe, à l’homme politique. Et que le second écrase le premier.

Qu’importe.
Plus c’est allé, plus Là-bas s’est politisé. Et au vu de sa reconnaissance – à la fois parmi le public, parmi ses pairs de la radio, parmi les intellectuels – son animateur est apparu difficilement déboulonnable.
Mais si, d’emblée, Daniel Mermet avait présenté à la direction de Radio France un tel projet, à coup sûr il aurait essuyé un refus. Non pas qu’il ait avancé masqué, mais il ignorait où le mèneraient ses propres pas.

L’écoute

Deux années durant, j’ai collectionné les Smiles SNCF, dormi dans des trains de nuit, multiplié les allers-retours Paris-Amiens, visité la Bretagne, le Limousin, Marseille, Megève, toujours en vitesse. J’ai enquête sur l’Europe et la route, sur la marine marchande, sur les multinationales de l’eau, sur les James Bond de Carrefour, j’ai rencontré – grâce à la carte France Inter – des petits actionnaires, des traders, des militants UMP, le président de la Banque centrale européenne, j’ai défendu Denis Robert et les ouvrières d’ECCE, je me suis fait passer, à Bruxelles, pour un gendre de millionnaire soucieux de s’expatrier, je me suis incrusté au QG de campagne de Sarkozy, je me suis pointé avec Marie-Hélène en AG de LVMH et elle a secoué Bernard Arnault, j’ai rencontré mon héros Maurice Kriegel-Valrimont, j’ai passé une nuit dans un foyer d’urgence à Bourg-en-Bresse et une autre avec un chiffonnier amoureux dans les beaux quartiers de Paris, j’ai enregistré – et ce fut diffusé, et je n’ai pas douté un instant que ce soit diffusé – un restaurateur qui se faisait tailler une pipe sur un parking de Limoges, bref, j’ai vécu mon métier.
C’est en athlète que j’effectuais ces reportages, une, deux, trois journées à fond, à enregistrer un maximum de témoignages, à préparer des situations, à rouler trois cents kilomètres pour obtenir un entretien, à peu dormir, révisant mes questions, mon angle, ma doc. Je me suis dépassé, j’ai essayé du moins, à chaque fois – pour me surprendre, pour surprendre les auditeurs, pour surprendre Daniel aussi.
De ces pérégrinations, je rentrais crevé, vidé de mon jus. Et derrière, il fallait encore monter, deux, trois, quatre journées devant l’ordi, avec Mermet qui te presse, éventuellement, « où ça en est ? Y a un trou dans le planning ». Reste à établir les « scripts », ensuite – un résumé de chaque plage, avec le temps, les premiers mots de la séquence, les derniers – et nous voilà prêts pour l’ « écoute » : le moment de vérité.

C’est en fin de journée que ça se passe, après l’émission, dans le bureau 528 – c’est-à-dire devant tous les présents.
Des fois, tu poireautes des heures, que Daniel Mermet ait passé ses coups de fil, relevé ses courriels, relu le passage d’un bouquin, discuté avec qui il a envie, pour accepter de jeter une oreille à ton boulot. Des fois, c’est pas le bon jour, il doit sortir, il a d’autres reportages à diriger, il a un rendez-vous, il a mieux à faire, et tu t’es tapé un aller-retour pour rien. Et des fois, il faut ravaler ton orgueil : l’attente peut être humiliante.
À la fin, quand même, le patron s’installe à sa table, règle ses haut-parleurs, et je lui passe mes scripts : « Daniel, je sais pas ce que ça vaut, mais j’ai essayé de…
— On va écouter. »

Eh oui, c’est l’écoute.
Je m’assieds à côté de lui, et je me sens redevenir enfant, le petit garçon envoyé au tableau et qui ne connaît pas bien sa poésie. Que va dire le maître ? Je suis inquiet, et pas fier de mon inquiétude.
C’est justement là, manque de pot, en l’écoutant à côté de lui, que j’entends tous les défauts de mon bazar, les coupes à la hache, les passages longuets, les prises de son lointaines. Lui souffle, s’impatiente, rature, tapote de son crayon sur la table. Et il n’a pas besoin de crier, à peine de parler, le moindre de ses gestes est ressenti avec une certaine violence.
Pourquoi ?
Parce qu’on arrive là dans un état de nervosité. On l’a porté, ce reportage. On y a mis nos tripes, notre cœur. On n’a pensé qu’à lui, quasiment, durant une semaine, quinze jours – ou un mois pour les « séries ». On a négligé notre gonzesse et notre club de foot. Ça nous rend susceptibles, chatouilleux, l’ego à fleur de peur. Et voilà que vient l’heure du jugement dernier.
D’autant que Daniel, c’est pas le genre à arrondir les angles, à te câliner gentiment, à te materner les reporters fussent-ils débutants. Ses critiques – en général légitimes, tant sur le fond que sur la forme – il te les sert sans prendre de gants.
Ça passe ou ça casse.
Quand ça casse, on a droit à quelques scènes, des voix qui s’élèvent, Pascale (la championne !) qui menace de claquer la porte, une jeunette qui sèche ses larmes. Moi je me taisais, parfois blessé, me contentant d’un « Si je suis nul en radio, Daniel, c’est pas grave, on va pas se fâcher, je vais faire autre chose ». Mais il y a, en ces instants, une indéniable tension, une crainte intime, de ne pas être à la hauteur.
Quand ça passe, ça donne des moments je trouve merveilleux, où le soulagement se mêle à la complicité. Je me souviens d’un soir, assez tard, il ne restait plus que nous deux, et il écoutait mes sons sur le familistère de Guise. Il gribouillait sur une feuille blanche, rêveusement, dessinant de mémoire, sans modèle, le fondateur barbu, Jean-Baptiste Godin, et à côté un poêle Godin, exactement ça, pile poil les modèles que j’avais aperçus dans l’Aisne. « On en avait un chez nous, dans mon enfance », et de narrer un peu la banlieue, sa jeunesse, les coupures d’eau, etc.
Je les aimais bien, moi, ses anecdotes.
Il conte bien la misère sans misérabilisme, plutôt en rigolant.
Ça m’ouvrait un peu son mystère, aussi : comment se fabrique un bonhomme pareil ?

La grande bouffe

C’est au restau qu’il m’a sauté aux yeux, le personnage : Gargantua, Pantagruel, du Rabelais vivant. Les plâtrées de barbaque qu’il s’empiffre en apéro, et les viandes qu’il dévore, et vas-y pour le frometon. Son gros pif plongé dans le cristal, qui hume le rouge. Et sa panse qui déborde.
Les premiers temps, je le suivais, coups de fourchette et boutanche. Je rentrais chez mon hébergeur, soûl, assommé, dans le coma aussitôt allongé. Au milieu de la nuit, mon estomac me réveillait, gargouillant, avec des nausées, et il me fallait dégorger tout ça en catastrophe. A genoux devant les chiottes, je décrochais le grand téléphone blanc : « Oh, mon Dieu, plus jamais je ne recommencerai ! »
Et à la grande bouffe d’après, je me laissais entraîner.
Jusqu’à, finalement, m’imposer la règle du « un sur deux ». Un verre sur deux, un plat sur deux.

Son appétit, à table, était pour moi métaphorique, celui d’un appétit pour la vie. Les femmes qu’il a dû aimer, et pas qu’à moitié. Les bouquins qu’il s’avale en insomniaque. Les colères, forcément homériques. Le verbe qui doit sonner fort et la voix de stentor. La boulimie de boulot.
Une démesure que j’observais, au présent, comme un vestige du passé, dans notre époque tout en mesure, où la « montée de l’insignifiance » se perçoit aussi dans les tempéraments.

La diff’

« T’as écouté l’émission ?
— Ouais ouais, bien sûr. »

Bien sûr que non.
« T’en as pensé quoi ?
— Très bien. »

Les premiers temps, j’assistais à la diffusion en studio.
Et puis, je suis resté dans le bureau, avec les baffles.
Ensuite, je l’écoutais de chez moi, en direct.
Enfin, je n’allumais plus le poste.
Pourquoi, cet éloignement progressif ?
Parce que rares sont les fois où, entendant mon reportage comme ça, à chaud, je n’ai pas éprouvé une frustration, parfois jusqu’à la colère. À cause d’un choix de musique des réals. À cause d’un micro hyper-long de Daniel. À cause d’un manque d’enthousiasme que, parfois, je devinais dans sa voix. À cause d’une erreur sur un chiffre, une date, une définition. À cause d’un interlocuteur que j’appréciais et un peu moqué.
Je me rappelle d’un reportage, sur des femmes d’Amiens-Nord, dans la mouise, qui installaient les sapins dans les rues du centre-ville avant Noël. C’était émouvant, à chialer. Et voilà que Daniel démarre son chapeau par une attaque contre Alain Finkelkraut ! Voilà qu’il fait un lien que plus artificiel tu meurs entre le nouveau philosophe réac et mon schmilblick ! Voilà que ça traîne durant quatre, cinq minutes, qu’il remet ça en milieu d’émission, et que du coup une plage d’entretien saute ! Mes plages ! Dont chaque minute représente, au bas mot, une heure de boulot ! Et il s’asseoit dessus, lui, avec son bavardage ! Et derrière, il va m’appeler, me demander « T’en as pensé quoi ? » et je vais répondre « C’était bien », faux-cul !
C’était encore mon bébé, ce reportage, mon reportage, qui devenait le sien.
J’étais trop à vif.
Fallait mettre tout ça à distance.
Du coup, je n’écoutais plus.
Seulement à froid, une ou deux semaines après, sur Internet.
Et je trouvais ça assez bon, au final. Fier de notre boulot commun.

Apothéose

« J’ai plus rien à mettre à l’antenne. T’aurais pas des idées ? »
Mermet m’appelle un dimanche, et je lui suggère, aussitôt, un portrait de Charles Piaget. Sur-le-champ, je prends rendez-vous avec le leader des Lip.
Je contacte un de ses copains.
Et également l’auteur d’une thèse sur l’autogestion.
Dès le mercredi, je suis dans le train pour Besançon.
J’occupe tout ce beau monde durant deux jours.
En même temps, un doute m’habite : c’est un peu un récit à blanc, sans situation.
Je monte en vitesse, dans le train du retour, le week-end.
Je dépose ma galette sur le bureau de Daniel, tout en le prévenant : « C’est un peu un récit à blanc, sans situation.
— Tu sais qu’ils veulent nous faire passer à 15 heures ?
— Ah les salauds ! »

Et je repars dans un TGV pour un Marseille, où je tourne un super-sujet sur l’immobilier avec l’interviou en or d’un promoteur. Je monte en vitesse, dans le TGV du retour, le week-end, etc., je re-déboule à Paris, et voilà mon CD de Piaget qui n’a pas bougé !
« Vous l’avez pas diffusé ? Même pas écouté ? »
Moi qui m’étais dévoué… on avait préféré des redifs ! Et idem pour Marseille, Mermet n’en passe qu’un épisode.
Je fulmine.
Je boude.
Il se fout de ma gueule, j’ai l’impression.
Pendant ce temps, la pétition pour qu’on demeure à 17 heures enregistre des signatures par milliers, par centaines de milliers, un record. Pendant ce temps, Antoine, notamment, organise un meeting au gymnase Japy avec Serge Halimi, Florence Aubenas, Patrick Champagne, Alain Rey, Louis Bozon. Et il y aura, le 30 juin 2006, ce truc mémorable, unique dans les annales de la radio : une heure sur France Inter consacrée à « Où va France Inter ? », qui dénonce dans la révolte et la joie nos propres employeurs !
Faut du cran, pour ça.
Y participer efface, pour moi, tous les griefs.

Fric

Cette année, dans ma baraque à Amiens, j’ai refait le premier étage, des chambres pour les enfants. J’en ai eu pour 25 000 €, à peu près. L’an prochain, je projette de refaire le rez-de-chaussée, pour qu’il soit plus lumineux. Je peux compter dans les 40 000 €.
Pourquoi je cause de ça ?
Parce que c’est Là-bas si j’y suis qui paie.
Tout comme Là-bas si j’y suis a payé mes années de bénévolat à Fakir.
Tout comme Là-bas si j’y suis a payé mes congés sabbatiques pour des bouquins.

Dès mon premier reportage, j’étais stupéfait : j’allais gagner 980 € !
Après des années d’indigence, le pactole était en vue.
Et je ne savais rien encore : aux revenus de France Inter, il fallait ajouter les droits d’auteur de la Scam (environ 150 € par émission), les « congés spectacle » (2 000 € par an, mais je n’étais pas bien doué pour remplir le formulaire), et surtout, surtout, surtout : le statut d’intermittent, 1 500 € par mois au bas mot.
Un eldorado !

France Inter a ensuite resserré l’enveloppe.
Je n’étais pas d’accord, et j’ai protesté alors, avec ces cachets relevés à 200 € mais pour moins de cachets, avec ce truc d’une deuxième émission payée la moitié de la première, etc. De la tambouille interne.
M’enfin, ça restait – et ça reste – une corne d’abondance.
Surtout pour qui fréquente, comme moi, la presse dissidente. Ou pire : pour qui écrit des livres…

Puisqu’on en est au fric.
Combien touche Daniel ?
Je l’ai su, je l’ai oublié. Ça se compte en milliers d’euros, un salaire de bon cadre, arrondi avec les droits d’auteur, les produits dérivés, un livre, un CD, un film. Il n’est pas pauvre, à coup sûr.
Dans le grand jeu de la concurrence entre stations, Radio France achète des Patrick Sabatier, des Isabelle Giordano, des Pascale Clark à prix d’or. À des fausses vedettes, la télé signe des chèques avec cinq zéros. Et voilà ce type, une star quand même dans son registre, qui ne possède même pas son appartement, qui ne comprend rien de rien au pognon, qui dépense tout en taxi et restau, qui serait infoutu de prendre une action, qui a connu des années de vache squelettique, qui est resté fidèle au service public durant toute sa carrière (il est vrai que le privé n’en voudrait pas trop), et on va l’accuser de quoi ? De gagner plus que ses reporters ? La blague.

Poulailler

Mon ex-compagne me les racontait durant des plombes, ses soucis aux Céméa de Picardie – une association d’éducation populaire –, le directeur, la secrétaire, les coteries, etc. Tous les soirs au dîner j’avais le droit à mon épisode.
Ça me gonflait.
Ça me gonfle autant à Là-bas si j’y suis.
Parce que, là aussi, ô surprise, et en dehors même du patron, y a des affinités et des antipathies, y a des mecs et des nanas qui seront des bons copains, et d’autres que croiser leur tronche au boulot ça suffit largement, y en a que tu aides pour leurs premiers pas et d’autres qui te gonflent d’emblée, qui débarquent avec leur arrogance, et qui t’expliquent comment tu dois faire de la radio, et que tu regardes ensuite couler sans broncher, sans déplaisir. Et tous ces sentiments, humains, trop humains, marinent dans vingt mètres carrés.

Que j’en profite pour une parenthèse : je déteste ce bureau, que je surnomme le « poulailler ». On est combien de collaborateurs à Là-bas ? Une dizaine, au moins, dans cet espace dérisoire, y en a un qui se tasse derrière la porte, on se marche dessus, jamais un coin pour passer un coup de fil, la promiscuité, nulle intimité. Jamais je n’ai réussi à vraiment bosser, dans cette taule, sauf à venir tôt le matin ou le week-end. À côté de chez nous, Rue des Entrepreneurs avait la même surface, alors qu’ils étaient trois !
Je serais le CHSCT de Radio France, moi, les conditions de travail, ça commencerait par-là. Si on se voyait moins, on s’aimerait mieux peut-être.

Le retour

« J’étais en débat hier, à Besançon, pour notre film sur Chomsky, me rapporte Mermet. À côté de moi, y avait Piaget.

Il est vachement bien, le pépère.

Tu devrais le faire en portrait.
Nan mais tu te fous de moi, Daniel ! Je te l’ai tourné ! Il y a plus d’un an ! Tu ne l’as même pas écouté…
Tiens, c’est vrai, il est où au fait ce CD ? »

Management

Je suis pas un champion du management.
J’en serais plutôt un « malgré moi ».
Avec Fakir, j’étais parti à l’abordage en isolé, avec un projet individuel, un journal à moi tout seul ou presque, façon Vallès, Marat, Desmoulins, sans me prétendre leur égal, mais dans cette longue tradition, et je me retrouve, « malgré moi », à gérer des hommes, une équipe.
Ils sont nombreux, j’ai pu vérifier, à la radio, au cinéma, au théâtre, dans les associations, les personnalités fortes, comme ça, qui se retrouvent, malgré eux, à gérer des hommes, une équipe, à la va comme je te pousse. Avec cette contradiction entre l’artiste et le collectif. Avec de la casse, souvent.

Mermet, à coup sûr, ne sera pas élu « manager de l’année ». Une formation complémentaire ne lui nuirait pas. Mais pour qui a traîné, un peu, ses guêtres dans ce milieu, c’est pas le pire taulier.
On peut lui reprocher, en revanche, une absence de clarté : quand il me causait d’ « autogestion à Là-bas si j’y suis  », ça me faisait rigoler en coin. Je l’ai arrêté, à l’occasion, dans sa tirade : « Nan, Daniel, assume : c’est toi le patron. » Ça me paraît nocif, un pouvoir qui s’exerce et qui néanmoins se masque.

Du coup, à Fakir, j’ai pris le contrepied.
Sur ma porte, les collègues ont gentiment collé une étiquette « Staline » au Dymo. Et à l’accueil des nouveaux, je préviens d’office : « Ici, c’est pas l’autogestion. Chacun fait pas ce qu’il veut : y a un chef, et c’est moi. » Et au stalinisme – sans goulag pour l’instant, j’y réfléchis –, j’ajoute une dose de maoïsme : « Dans un premier temps, c’est “les intellos aux champs”. Vous devez en passer par les corvées : l’enregistrement des abonnés, la mise sous plis, la fabrication des cartons, et après quelques semaines, ou quelques mois, de ce régime, on pourra envisager d’autres taches. »
En AG, je fais mon numéro : « On va pas faire des groupes de parole, se regarder le nombril, “et comment tu sens les choses ?”. Quand on s’est lancés, en 1999, y avait un journal, à Rennes, qui s’appelait L’œil électrique. Tous les sujets, la mise en page, et quel angle on prend ?, ils en discutaient ensemble durant des journées. Résultat, quand le canard paraissait, ils étaient tellement crevés, ils n’avaient plus la force de le distribuer, alors qu’il leur restait le gros du boulot : la diffusion de leurs idées dans l’arène publique.
«  Fakir n’est pas une démocratie. Nous sommes là, et c’est différent, pour apporter de la démocratie, vers l’extérieur, que notre journal demeure une voix dissonante, la plus forte possible. »

Pour être traité de « tyran », j’attends mon tour.
On ne pourra pas dire, au moins, que j’ai caché mon jeu.

Hédonisme

Y avait une grève de la SNCM, et j’étais parti en Corse, et en avion.
J’avais mal préparé le sujet.
Je chopais des bouts, dans un sens, dans l’autre, mais il me manquait le guide, nécessaire à tout reportage. Mon machin manquait de cohérence, pas de fil directeur, et dans ce décor paradisiaque, les montagnes qui se jetaient une mer bleue, je subissais un échec. J’avais honte. Je ruminais.
J’ai appelé Mermet, pour le prévenir, nerveux : « T’inquiète pas avec ça, il m’a réconforté. Profites-en. Va te baigner. »
Je n’ai pas été foutu de me baigner, quand même. Je n’avais pas mérité ce plaisir : c’était France Inter, les impôts, vous, qui m’aviez payé le voyage. Et je culpabilisais, sans déc, vachement soucieux des deniers publics.

Conseil

J’ai fait un entretien avec Cavanna, l’idole de mes quinze ans.
Daniel était pressé, il lui fallait des trucs à l’antenne, alors je l’ai monté un soir de réveillon, le 31 décembre, entre deux coupes de champagne : ça me faisait un prétexte pour échapper aux festivités. J’ai déposé le CD sur son bureau, avant la rentrée de janvier, et finalement, il a attendu six mois, au moins, peut-être un an, avant de le diffuser.
Passons.
Cavanna m’a apprécié, on s’est revus, et là, au bistro, comme ça marchait plutôt pas mal pour Siné, comme lui s’emmerdait avec Val à Charlie-Hebdo, il envisageait de lancer un journal à lui. À nous. Car, au vu de mon expérience, il me nommait d’emblée rédacteur en chef. Je n’y croyais pas trop, moi. J’avais déjà Fakir. M’enfin, si des rêveries comme ça l’aidaient à traverser sa vieillesse…
Et là, de sa voix chevrotante, il m’a lancé : « Votre plus gros travail, ça sera de repousser les médiocres. Les médiocres sont partout, ils accourent, ils se jettent sur les plus belles choses, ils en font du banal, du quelconque. Vous devrez tenir à l’écart les médiocres. »
Voilà la mission que me délivrait papy Cavanna.

J’avais éprouvé ce souci, déjà, à Fakir.
Des contributions se présentaient, mauvaises en général, des éditorialistes s’énervant devant leur poste télé – quand je réclamais de l’enquête, un regard, des efforts. J’avais résolu le problème, à ma manière : je ferais le canard seul, s’il le fallait, ou avec un commando à la rigueur. Quant à former des journalistes, ça me gonflait : on mettait un mois, avec eux, à pondre un papier que j’aurais torché en une semaine tout seul. Et en plus, il fallait qu’ils chipotent sur des virgules, qu’ils râlent. À d’autres, cette corvée.

Après deux décennies de Là-bas si j’y suis, Daniel Mermet continue à former des débutants. Avec impatience, parfois. Avec le sentiment de tout recommencer à zéro, sans doute. Avec des fois où ça colle et d’autres non – pas seulement pour la qualité professionnelle (des reporters extras sont partis), mais pour les relations personnelles aussi (il faudrait ici étudier les conjonctions astrales…).
La précarité lui permet, objectivement, sans qu’il l’ait formalisé, sans qu’il ait conscience de cette violence, de tester les impétrants – contrepartie d’un recrutement ouvert, sans concours d’entrée. De trier les jeunots selon leur « talent », c’est-à-dire, pour l’essentiel, selon leur constance dans l’effort.

À défaut d’un garde-chiourme, qui ferait le sale boulot, lui instaure comme une distance. On n’est jamais « copain », avec Mermet, rien de fusionnel : demeure toujours une réserve.

Importance

« Daniel appellerait la Maison blanche, il serait très surpris si Obama ne le prenait pas dans les dix minutes au bout du fil ! »
Je résumais ça dans une boutade.
Mermet est-il imbu de lui-même ? Sans doute, même si son assurance se mêle parfois, en public notamment, à une étrange timidité. Aucun doute, en revanche : il est imbu de son émission, une œuvre qu’il place – me semble-t-il – nettement au-dessus de lui. Là-bas si j’y suis lui apparaît comme un centre du monde, comme un pôle de la vie intellectuelle, et il doit parfois se demander comment ce monde, comment cette vie intellectuelle parviendront à survivre sans Là-bas si j’y suis !

Ces illusions sont parfois créatrices.
Les portes s’ouvrent devant sa certitude.
« J’ai appris la radio en montant les reportages à l’étranger de Daniel, m’expliquait mon pote Dillah. À l’autre bout de la planète, en Afghanistan, il rentre dans un salon de coiffure, et ça devient aussitôt chez lui, et dix minutes après, c’est le patron qui a la chance, le privilège que Mermet l’invite dans son salon ! »

Cette conviction est aussi nocive.
Daniel va regarder comme un traître, quasiment, tel cinéaste, qu’il a soutenu, et qui passe néanmoins, quel culot, dans une autre émission d’Inter que la sienne – avant de, éventuellement, se réconcilier avec lui. Et Daniel va priver de répondeur, « punir » en un sens, tel événement militant qui n’a pas associé Là-bas si j’y suis ou lui-même en amont. Et Daniel va se fâcher avec tel collaborateur, ou –trice, qui a eu l’audace de fricoter avec un magazine de France Culture.
Un genre de jalousie radiophonique, créant des psychodrames inutiles.

Les jeunes intellos

« Ça fait six mois que je suis dans le pédiluve, c’est bon, je suis prêt, en caleçon et tout, maintenant j’aimerais bien plonger dans la piscine ! »
C’est Dillah Teibi qui filait cette métaphore : à Là-bas si j’y suis, il se sentait entre deux portes, pigeant à l’occasion, mais jamais pleinement intégré à l’équipe. Il n’en souffrait pas, mais ça le lassait, s’en allant voir ailleurs s’il y était, chez Reuters TV ou à Radio Orient. Fallait l’observer sur le terrain, quand on faisait tandem, il courait à droite à gauche, interviouvait tous les passants à la volée, « hep, toi là-bas ! », quand j’aurais plutôt le style inverse, plan établi à l’avance, angle sûr, méticuleux. Il ramenait à Daniel des trucs un peu brouillons, à mon avis, qui partaient dans tous les sens. M’enfin, il nous ouvrait un univers, rentrait dans les quartiers sans trembler, aller vers les autres avec audace. Quand, à l’inverse, les petits-bourgeois – dont je suis – proliféraient dans le bureau 528.
Ou disons les choses autrement : les jeunes intellos.

Je voyais cette contradiction, dans le recrutement de Mermet.
C’est quoi comme émission ? Du re-por-tage, merde. Et il allait te chercher des mecs, des nanas, qui avaient tâté quoi, comme terrain ? Pas grand-chose. Même pas un mois en presse régionale. Qui s’étaient bien sûr jamais fadés les cuisines des restaus (moi non plus), ou les algecos dans le bâtiment (pas plus).
Ils arrivaient comme des fleurs fragiles. Je dis ça sans me moquer : ils me ressemblaient, je voyais en eux un reflet de moi. Ils avaient l’air très gentils, très bien, mais délicats. Ils sortaient de leur fac, la vie ne les avait pas trop brutalisés, un courant d’air serait pour eux une tempête, une voix qui s’élève ferait un bruit de tonnerre. Tu les imaginais mal bourlinguer en banlieue, Nagra sous le coude, sortir les vers du nez d’un maire, assumer la pression de Là-bas, avec la timidité qu’ils portaient sur eux. On les envoyait au casse-pipe : pas les épaules encore.
Les premiers temps, Mermet les chouchoutait, un statut à part, collaborateur qui soi-disant « donne des idées », qui lui imprime des papiers, qui sort quelques archives. Mais nous, qui crapahutions sur la carte de France, qui nous crevions le cul, qui nourrissions quotidiennement l’antenne, on se le demandait vite, quand même, « c’est quoi cet apparatchik qui ne quitte pas le burlingue, qui lève pas son cul du fauteuil ? »
Il le sentait bien, le mec, qu’il était pas à sa place.
C’était pas tenable. Il en attrapait des suées.
Fallait qu’il plonge dans même potage que nous, qu’il se noie ou qu’il surnage.

Certains ont surnagé avec brio, ont fait leur trou à Là-bas.
D’autres se sont noyés.
Benjamin fut brisé par cet échec, manifestement, à découvrir son courrier. Je l’avais prévenu, il me semblait, que ça serait pas un champ de roses, ou alors avec beaucoup d’épines – quand Mermet lui avait sans doute vanté la douceur des pétales.

Mais le souci demeure, pour moi, moins la sortie que l’entrée : qui Là-bas si j’y suis attire-t-il ? Des jeunes intellos. Alors que la pratique de ce métier réclame moins une thèse – au demeurant utile – sur « l’habitus des classes dirigeantes », ou un mémoire sur « les épigones de Chavez en Amérique du Sud » que de la débrouille, de la ruse, du toupet.
Et de l’endurance.

Œuvre

« Alors, quand est-ce que tu prends la relève ? »
Y a des auditeurs qui, à un moment, guettaient un successeur.
Pas moi, jamais !
D’abord, personnellement, je n’ai aucune envie de vivre sur ce rythme de dingo, à me demander tous les jours « comment je vais nourrir la Bête ? », encore moins le désir de diriger une équipe professionnelle. Et faudrait que je déménage à Paris. Nada. À la limite, si Philippe Val veut me faire plaisir, qu’il me confie une hebdo… dans l’heure du vendredi qu’il vient de supprimer à Là-bas ! Je crois que je m’en débrouillerais bien, mais sûrement pas une quotidienne.
Surtout, Là-bas si j’y suis c’est, pour moi, depuis le début, l’œuvre de Daniel Mermet, artiste avant tout. Je compare ça aux peintres de la renaissance italienne, Botticelli, Raphaël, Michel-Ange. Ils travaillaient dans un atelier, il paraît (je ne suis pas un spécialiste), avec de jeunes apprentis, qui dessinaient les mains, les cheveux, les chaussures, et le maître contrôlait, corrigeait, se réservait les visages, et à la fin c’est lui qui signait tout seul. Là, le maître nous laisse signer un peu, notre nom est mentionné au moins en début et en fin de reportage. Mais nous participons à son œuvre à lui, qui cessera avec lui.
Dès le départ, cette règle m’a paru claire.

Avec Mermet à la Maison de la Radio, j’ai retrouvé un peu mon père, à la maison tout court.
Exigeant.
Des colères froides, à l’occasion.
Avec qui l’expression était retenue, jamais pleinement libre.
Un côté George Bush Junior, « you are with me or against me ».
Avec qui, en tout cas, les désaccords étaient compliqués.
Et cette espèce d’énergie, de hargne que l’âge n’efface pas.
Ni chez l’un ni chez l’autre.
Qu’est-ce qui le poussait, mon père, à se lever à cinq heures du matin jusqu’à sa retraite pour partir à l’usine (comme cadre) ? Ou à consacrer ses week-ends à des tableaux Excel pour mesurer le rendement des petits pois ?
Qu’est-ce qui pousse Daniel, à soixante-dix ans maintenant, à tenir sa quotidienne, l’esprit préoccupé, constamment, toujours aux aguets d’un sujet ?
L’un vient du lumpenprolétariat, l’autre de la lumpenpaysannerie – et obscurément, les origines sociales ne me semblent pas étrangères à cette volonté presque rageuse, à cette âme pas en paix, toujours en guerre.

« La belle-fille de Ferré va faire paraître un bouquin, m’annonce ce matin une copine. Il paraît qu’il était pas facile. »
Tu m’étonnes : il faut des hommes spéciaux pour faire des choses spéciales.
Que restera-t-il de littérature, de cinéma, de peinture, de théâtre, de chanson, de politique, de poésie ici bas, si l’on enlève les « pas faciles » ? S’il ne demeure que les « gens sympas », les « juste quelqu’un de bien, sans grand destin » ? Si l’on retranche les torturés, les névrosés, les mal dans le monde et qui ont mal au monde et qui se cognent au monde et qui fécondent le monde ?
Ça n’excuse pas tout. Et des garde-fous sont les bienvenus pour protéger l’entourage – professionnel ou familial.

Séparations

Ça peut devenir étouffant, Là-bas si j’y suis.
Tu penses Là-bas, tu vis Là-bas, alors quand tout ce dévouement se heurte, ou plutôt non : s’enfonce mollement dans l’indifférence du patron, quand tes propositions ne plaisent plus, quand un sujet tourné-monté n’est pas diffusé, quand tu es miné par un refus, quand tu éprouves comme une dépendance affective, c’est pas compliqué : faut aller respirer ailleurs.
C’est comme un couple, faut se séparer, des fois. Pour mieux se retrouver.
Et le premier qui appelle a perdu.
Y a pas seulement Daniel, dans mon cas : j’ai craint de devenir bête, à courir d’un reportage à l’autre, en un genre de zapping, d’agitation vaine, d’y perdre mon horizon, mon centre de gravité. Dispersé, il fallait que je me rassemble.

J’ai arrêté six mois, à peu près, d’abord pour écrire La Guerre des classes.
Et idem pour Leur grande Trouille.
(J’ai échappé aux drames Brygo et Fernandez, du coup.)
Chaque fois, Daniel m’a rappelé, et j’ai repris du service avec gaité, ayant refait le plein d’énergie et d’envies.

Si j’ai quitté Là-bas en juin 2012, enfin, et plus durablement, c’est pour des raisons strictement privées. Peut-être l’usure, aussi. Sans rien de définitif.

*******************

« Alors, Daniel Mermet… ? »
Rares sont les soirées où, en déplacement, j’échappe à cette interrogation – qui demeure souvent en suspens, tant l’implicite est connu : est-il un harceleur despotique ?
« C’est pas un saint, je modère. Mais c’est pas le diable non plus : pour l’instant, je n’ai aperçu ni ses oreilles pointues ni sa queue fourchue. »

La critique de Mermet – pas seulement de son management, mais de sa ligne éditoriale, de ses invités, de son ton – est plus que légitime, nécessaire, comme de toute personne qui exerce un pouvoir, qui occupe une position dans l’espace public.
Les papiers que je lis, en revanche, relèvent moins de l’enquête que de l’exécution, davantage de la vengeance personnelle que du souci de justice pour l’homme et pour son œuvre.
Pour l’homme, mi-ange mi-bête, ou ni ange ni bête, avec ses zones d’ombre, avec ses fautes, avec ses hontes, mais également avec sa lumière et sa gloire : dans ce portrait tout en obscurité, je ne reconnais pas mon patron.
Pour l’œuvre, surtout, car elle existe, tout de même, et on ne saurait compter pour rien cette heure de dissidence qui, chaque jour, a donné la parole aux damnés de la terre, à une classe ouvrière oubliée, méprisée durant ces décennies, cette parenthèse de lucidité qui a ouvert au grand public des intellectuels dissidents, Castoriadis, Lordon, Hazan, ces dix points d’audimat qui ont parfois sorti nos travaux – PLPL, Le Plan B, Fakir, le rassemblement des Glières, etc. – de la confidentialité, cette véritable université populaire qui, chaque jour, a éveillé au monde, à la politique, des milliers d’auditeurs.
Pourquoi tout cela devrait-il s’effacer derrière la souffrance, bien réelle, de quelques salariés ? Pourquoi ce malheur pèserait-il le poids du plomb, et le bonheur délivré, celui de la plume ? Pourquoi la balance serait-elle pareillement truquée ?

Car il ne suffit pas qu’on découvre à Daniel Mermet une tache : il faut maintenant qu’on le résume à cette tache, en une sorte de maccarthysme passé à gauche. Il ne suffit pas qu’on fasse tomber, avec fracas, la statue du Commandeur, il faut maintenant qu’on le traîne dans la boue, que chacun y aille de son petit glaviot sous forme de « commentaire », que l’attaque tourne au lynchage.
Moi qui pratique un journalisme engagé, de lutte, depuis quatorze ans maintenant, jamais je n’ai traité mes adversaires – Gilles de Robien, Bernard Arnault, Jean-Charles Naouri – avec cette violence personnelle, psychiatrisant leur cas, leur découvrant des perversions. J’ai combattu Dominique Strauss-Kahn – nous avons d’ailleurs fait son procès avec Là-bas – mais au lendemain de l’affaire du Sofitel, alors que la horde des journalistes se jetait sur le sang et le sperme avec délice, je n’ai plus publié une seule ligne.
Je ne veux pas être de cette meute, ni aujourd’hui ni hier.

Je le disais en préambule : je suis rentré à « Là-bas si j’y suis » méfiant.
Et j’avais bien raison : le bonhomme a des défauts gros comme lui, un employé averti en vaut deux. Mais il a des qualités à sa mesure. Et j’en sors avec davantage de respect pour son travail, et davantage d’affection pour lui.
En prenant le large, parfois, la joie venant souvent après la peine, voire beaucoup de peine, mais durant sept années, Daniel Mermet m’a offert un espace de liberté, de créativité, d’engagement, d’humour aussi, comme je n’en retrouverai sans doute plus dans ma carrière. Ça compte.

Je l’assure, et maintenant plus que jamais, de mon estime et de mon attachement.

Amiens, le vendredi 5 juillet 2013.
François Ruffin.

PS : Agnès Lebot (ancienne assistante), Khoi Nguyen (ancien réalisateur), Christophe Imbert (ancien chef du répondeur), Dillah Teibi (ancien reporter), Francesco Giorgini (ancien reporter), Charlotte Perry (actuelle reporter), Antoine Chao (actuel reporter) et Giv Anquetil (actuel reporter) ont pris connaissance de ce texte avant publication (pas Daniel Mermet). Ils l’ont globalement approuvé.

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Messages

  • Magnifique texte !
    je suis désolée, le parallèle sera probablement étrange, mais si on enlève, les passages concernant la partie journalistique quasi-technique.... J’ai l’impression que vous parlez de ma thèse... Merci pour ces mots justes, qui m’aideront à formaliser mon expérience, et merci pour ces précisions !
    Bon courage et à la fin c’est nous qu’on va gagner....

    • Bonjour , cet article montre à quel point le regard que l on porte sur une situation influe sur sa perception. La déception est a la hauteur des attentes des illusions des préjugés positifs ou non. Préjuges d autant plus exacerbés que le sujet d adoration reflète des attentes intimes de réalisation personnelles ou societales. Merci a François ruffin pour son regard lucide. Je ne sais pas de quoi parle votre thèse mais je serai curieuse d en connaître le thème. Que choisi t on dans notre vie victime bourreau ou conscient que nous sommes les deux. C est ce respect des deux parties anges démon qui permet à François ruffin d avoir ce regard au plus près de la réalité aussi bien pour Mr permet que pour des personnes comme Mr strausskan. Merci Mr ruffin pour cette intelligence d âme si juste et a ses collègues approuvant son texte.

  • Heureux de lire (enfin) ce point de vue et ses propos argumentés et nuancés.

  • "Nous avons mieux, plus urgent, plus important à faire que ces déchirements."

    Voilà. Merci de remettre les pendules à l’heure.

    Très chouette texte, soit dit en passant, on s’y croirait !

    • Il ne faut pas être naïf. Article XI & Rue89 refont le même duo qu’à l’époque de l’affaire René Balme, où non content de sortir une attaque qui effectivement sentait bon le mac carthysme sur le site participatif et la personne de cet élu du Front de Gauche (et grand expérimentateur de l’auto gestion municipale), ils l’ont sorti en pleine semaine électorale. Qu’il y ait une auto critique de la gauche c’est une chose, mais qu’elle intervienne à ce moment là indiquait bien autre chose dans l’esprit de ceux qui le publiaient : à tout le moins, ils n’étaient pas de gauche. Ils se moquaient bien de l’ensemble des élus, militants, électeurs de ce parti, tout ça ne pesait pas un gramme dans la balance dans le meilleurs des cas. Dans le pire, ce n’était pas de l’indifférence mais de l’hostilié qui s’exprimait. Or, signé par quelqu’un dont la duplicité et le manipulations délibérées (épisode du Grand Soir) avaient été mis à jour, situant assez nettement le rapport à la vérité d’Article XI, il faut acter que les apparences soutenaient bien cette hypothèse du pire.

      Maintenant que le schéma se répète, le bénéfice du doute est dépassé. Ce ne sont pas des gens de votre camp qui s’abiment en division interne. Ce sont, à mon avis, des gens du camp opposés. Par conviction peut être, mais plus probablement par intérêts, ils se font une spécialité de dégommer les piliers de la gauche réellement contestatrice. Daniel Mermet a toujours fait attention aux lignes rouges, plus que les deux précédents ci dessus, courageux plutôt qu’inconscient quand il les franchissait allègrement en sachant ce qu’il risquait. Mais il fait un truc grave avec son émission sur la Libye, en démontrant le mensonge médiatique qui a fait basculer l’opinion française en faveur d’une intervention, surtout en montrant que oui, les agences de presses ont menti délibérément, en toute connaissance de cause. Que ce n’était pas des agences d’information, mais, au moins dans ce contexte de guerre, de désinformation. Que les médias alors n’étaient pas manipulés par l’armée, mais qu’ils en étaient l’auxiliaire.

      Bien sûr ce n’est qu’une hypothèse sur d’où viendrait le retour de baton. Une autre plus simple encore c’est qu’à force de dégommer la fausse gauche, celle ci, qui s’est toujours montrée particulièrement douée à éloignée la vraie gauche du pouvoir en jouant sur ses divisions, à fait ce qu’elle sait faire depuis toujours.

      OTAN, PS, journalistes, soutiens de la politique israëlienne en colère contre le passage de Shlomo Sand aussi d’ailleurs : il ne faut d’ailleurs peut être pas choisir : certains sont proches des quatres tendances à la fois. En tous cas à mon sens, il faut être lucide : on n’écartera pas la division d’un slogan chalereux. Ce n’est pas de la division. Ils n’ont jamais été avec vous.

      C’est la ligne de front.

      C’est là que ça se passe, et au plus dur.

    • Tant que vous y êtes, vous auriez pu dire que Joëlle Levert, Thierry Schaft, Brygo, Cyran et toute la clique font partie du Mossad. Allez, courage, osez...

    • Tant que vous y êtes, vous auriez pu dire que Daniel Mermet est pédophile et qu’il mange les petits enfants. Ce n’est pas ce que vous voulez dire ? Je ne voulais pas dire non plus ce que vous mettez dans ma bouche. Est il possible que quelques éléments de la gauche pro - israelienne (vous êtes au courant que ça existe, n’est ce pas ? ils en ont bien le droit, d’ailleurs) ait sur réagi au temps de parole accordé au très polémique Shlomo Sand, comme le CRIF l’a fait ? Oui. Est ce sur ? Non, loin s’en faut. Est il suspect de considérer que simplement recenser la possibilité fait de moi un nazi. A mon avis, oui. L’invective ne déshonore que son auteur.

    • "La fausse gauche", "la vraie gauche" et "le camp d’en face"...
      Non mais regardez-vous sans déconner. On dirait un discours de George Bush. Et que vous foutre les juifs là-dedans ? Toute personne émettant une critique sur un penseur de gauche est un social-traître c’est ça ?
      Vous évoluerez quand ?
      En dessous d’un article posé qui équilibre justement les pours et les contre sans hurler, faut que vous nous resserviez votre soupe totalitaire.
      Andouille.

    • Malheureusement, il ne s’agit pas de "déchirements", mais bien de personnes qu’on fait souffrir.

      Apparemment ça n’a pas d’importance ? On doit laisser faire ?

      Cela n’enlève en rien de l’urgence des choses à faire. Tout simplement parce qu’on ne parle pas de la même chose. D’un côté on a un "chef" qui maltraite, de l’autre on a une société qui a besoin qu’on bouge pour changer les choses.

      C’est quoi le rapport ? Mermet est-il sensé être le sauveur de cette société ? C’est ça ?

      Non, il n’est pas indispensable. On peut s’en passer et du même coup on libérera des gens qui souffrent (très très lourdement, jusqu’à vouloir mourir) de ces comportements. Et pour la société, on continuera à bouger, à réfléchir, sans lui.

    • Pourquoi chercher si loin, douter à ce point, quand tous les gens qui s’expriment décrivent la même chose, à des années d’intervalle ? Comment pouvez-vous vous imaginer, par exemple, que les membres du syndicat SUD voudraient casser une émission de gauche comme LBSJS ?
      Pouvez-vous laisser un instant tomber vos convictions politiques et écouter ce que disent ces gens ? Qu’ils sont VICTIMES et pas coupables ? Que le problème qu’on leur a créé est professionnel et personnel, et pas politique ? Que des gens comme la description qui est faite de DM, il en existe partout, dans tous les milieux, tous les pays ? Ecoutez les vraiment, en oubliant de qui ils parlent, puisqu’il vous semble si indispensable, et demandez-vous, s’il s’agissait de quelqu’un d’autre, vous réagiriez de la même manière.

      Je pense que c’est vous qui êtes naïf. Mais il vous faudra peut-être du temps pour vous en rendre compte. Cordialement.

  • Merci pour votre témoignage, que je relaie sur mon site, et j’en profite pour dire qu’Article 11 ne joue pas le jeu du contradictoire en refusant votre texte. Cela dit, je vous trouve pour le moins cool avec un patron que vous ne manqueriez pas de fustiger s’il bossait dans le privé. Pour moi tout est résumé dans ce passage : "La précarité lui permet, objectivement, sans qu’il l’ait formalisé, sans qu’il ait conscience de cette violence, de tester les impétrants – contrepartie d’un recrutement ouvert, sans concours d’entrée. De trier les jeunots selon leur « talent », c’est-à-dire, pour l’essentiel, selon leur constance dans l’effort."
    J’attends que vous me citiez le moindre de vos articles ou reportages, pendant toute votre carrière, où vous parlez en ces termes du CDD, de la flexibilité, mieux, de la flexisécurité, du licenciement sec, du licenciement facile pour mieux embaucher, qui est en effet la base du plein emploi. J’espère au moins que Mermet vous aura ouvert les yeux malgré lui sur un des bons aspects du capitalisme.
    En attendant, il y a peut-être pire taulier que lui comme vous dites, mais alors dans ce cas des noms, qu’on demande aussi leur limogeage de Radio France, parce que les conditions décrites sur Article 11, et que vous ne niez pas même si vous tentez de les rendre acceptables (ce qui n’est pas terrible entre nous), au prétexte que la fin justifierait les moyens (pas terrible, non, je confirme), ces conditions ne sont pas acceptables dans un service public de l’information. Peut-être auriez-vous dû relire le slogan de PLPL : "mordre la main qui nourrit".

    • Tiens, les fachos sont de sortie. Vous devriez avoir honte, M. le délateur professionnel, de vous cacher derrière Acrimed pour réclamer sur votre site d’identitaires le limogeage de Daniel Mermet.
      Acrimed a, certes, rapporté des témoignages mettant en cause Mermet mais le site de critique des médias lui a toujours accordé un droit de réponse et n’a jamais manqué de le soutenir quand il était attaqué par le CRIF, Adler, Finkielkraut ou par la direction de France Inter :
      http://www.acrimed.org/article4107.html
      Acrimed ne vous a rien demandé. Allez gerber ailleurs.

    • Haha, Jean Robin bien à l’affut ! J’aime bien me moquer de vos conceptions à mon sens souvent très adulescentes mais là, je trouve effectivement la critique bien tapée. Enfin, bien tapée, je ne crois pas non plus que le libéralisme ait quoi que ce soit à voir là dedans : le terror management vient bien des ateliers de maitres qui sont pluri millénaires sur ce sol et d’autres, et au passage je ne pense pas qu’Eisenstein était plus facile avec ses assistants que Daniel Mermet. L’URSS savait pressurer les gens pour en extraitre des exploits aussi bien, sinon mieux que le capitalisme. Mais qu’importe, c’est au fond le même point : l’utopie de gauche se heurte à la réalité de l’action quand on est dans des contextes qui demandent l’excellence. Ah, les auditeurs de LBSYJS aimeraient un monde sans stress professionnel, sans terreur du patron, mais l’émission si bonne qu’ils écoutent, qui les séduit et les fédère, le fait parce qu’elle est faite avec une grande exigeance, c’est à dire vouloir le mieux, c’est à dire faire tout donner à celles et ceux qui la font. "Le capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, le communisme c’est l’inverse"... mais rassurez vous, il est possible de naviguer entre les deux.

      Par contre, quel final surprenant, bien sur que de telles choses sont attendues dans un service publique. Radio France est bien une radio qui se soucie de son audience. C’est parce qu’il en donne que Daniel Mermet est là. Si je puis me permettre, il y a là pour vous le chien de sa chienne de votre critique, car de fait le professionalisme (sans parler du fond) de cette émission humilie dans les grandes largeur celui de vos productions, pourtant d’entrepreneur libre du carcan stalinien des administrations. Est ce à dire que toute cette idée que l’idéologie conditionnerait la qualité de la production, si populaire malgré le fait qu’elle soit constamment battue en brèche, serait une grosse cacade ? Que la qualité d’une production serait plus affaire d’engagement dans l’effort, d’experience et de talent que de savoir si elle a été faite dans le bon cadre ? Que le gros des patrons chouinards de l’insupportable tutelle de l’état sont le pendant du gros des journalistes chouinards qui voient leur travail retoqués par l’affreux Mermet, tous unis dans la fratrie des mauvais ?

      Ben si on me demande à moi, un peu mon neveu.

  • Monsieur Ruffin,

    à la lecture de votre papier je suis partagée entre profonde sidération et hilarité gargouillante face à cet auto-satisfecit.

    Vous vous dites de gauche mais la cohérence entre les paroles et les actes cela vous dit quelque chose ? En même temps, vous reconnaissez avoir regardé ailleurs lorsque d’autres collègues ou camarades se faisaient laminer. Un point pour vous.

    Vous rendez vous compte que vous faites la joie du Medef lorsque vous décrivez vos conditions de travail à "là bas…" ?!

    S’il y en a qui divisent "notre" camp, c’est bien vous, en vous auréolant d’une "exemplarité" à toute épreuve et en encourageant les uns et les autres à en baver autant que possible.

    Merci pour la leçon de maintien, mais je ne lirai plus Fakir de la même manière !

    Wafa

    • Merci pour ce texte. Ruffin montre bien, et avec une grande honnêteté semble-t-il, l’ambivalence qui le traverse lui même et dont il n’a pas l’air particulièrement fier (quand il exulte lorsque des arrivistes se noient ; ou quand il tremble devant le grand M) et qui traverse Mermet...
      Bref, ce faisant, il dresse le portrait d’un type ordinaire : ni héros ni salaud, mais quand même un peu.
      et à ce sujet, je ne saurais trop vous conseiller ce reportage, remarquable de ce point de vue là (encore du Mermet&Ruffin, désolé) : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1741

      J’aurais aimé, moi, qu’au lieu de se déchainer sur le cas Mermet (et je ne doute pas de la difficulté de travailler pour un génial producteur de radio mais connard mégalo, sûr de lui, désagréable voire "pervers narcissique"), on s’interroge sur les structures qui rendent possible ces saloperies de petit chef :
      - la précarité constante des journalistes, entretenue avec joie par les directions des radios publiques. Conditions de travail qui, justement, obligent à passer par un salaire de misère, à fermer sa gueule (en règle générale) et à accepter à peu près tout (pour les plus serviles) ou au moins n’importe quoi (pour les plus braves) pour faire carrière.
      - pourquoi les reporters de là-bas ne sont pas salariés (en CDI et à plein temps) de Radio France ? Cela faciliterait les relations entre les producteurs (qui pourraient continuer à choisir) et les reporters (qui pourraient aller bosser ailleurs lorsqu’ils en ont ras la casquette... ce que font les "techniciens")... mais à la place de cela, Radio France flippe de signer quoique ce soit pour ne pas avoir à embaucher un salarié de plus.
      - pourquoi Radio France accepte (et même encourage) le principe du "non diffusé non payé"...? (Ruffin n’a pas été très clair là-dessus sur la situation exacte à Là-bas, mais c’est un grand classique du journalisme quand même)
      - pourquoi les reporters n’ont pas de locaux adéquats pour travailler (règle générale à radio france) et doivent se coltiner l’entassement dans un bureau, et la concurrence qui va avec ?

      En répondant à ces questions, on s’apercevra que la précarité, les mauvaises conditions de travail et les coups de sang du "patron" sont beaucoup plus dues à une orientation économique qu’au fait d’un seul Mermet. Aussi mauvais soit-il. Et que ce n’est pas en s’acharnant à lyncher celui-ci que l’on résoudra en quoique ce soit les problèmes posés.

      Evidemment, en lynchant Mermet ainsi, on se donne la conscience bien tranquille : on a déboulonné un sale type et ce sera mieux ainsi. C’est déjà ça, Cyran, c’est déjà ça. Mais ça marche jusqu’au prochain connard qui arrive (et n’oublions pas que l’on a vite fait d’en devenir un lorsque les conditions nous l’autorisent).

      Quant à ceux qui veulent vomir, tuer Mermet ou ne plus jamais écouter Là-bas ou lire Fakir, vous me semblez vraiment aussi naïfs que ceux qui l’adulent en se voilant les yeux sur l’idole Mermet. Il suffit d’avoir participé à une AG, d’avoir été partie prenante dans une action syndicale ou militante, pour voir qu’une bonne partie des gens qui veulent diriger (ou diriger en ne dirigeant pas, dédicace à mes amis totos) sont des arrivistes, des "pervers narcissiques" ou des pauvres types en mal de reconnaissance. Et alors ?
      Faut-il qu’on fasse la révolution seul dans son coin ?

  • Merci pour ce formidable article qui me remplit d"émotions et de plaisir ! Je suis Daniel Mermet depuis 1982 , date de l’achat de mon premier tuner et j’ai tout aimé de ses émissions et bien regretté de ne pas m’être précipité pour acheter sa fiction " uggly" ( je ne me souviens plus du titre ) inimaginable et extraordinaire !!
    Je vous apprécie énormément aussi, Mr Ruffin, alors quand je lis tout cela encore : Merci et bravo !!
    Michèle Galland

  • Bravo et merci d’avoir pris la peine de faire un long billet explicatif. J’ai bien compris la dimension "aventure humaine" du truc, mais il y a tout de même des arguments qui me semblent à côté de la plaque. Pour vous faire l’avocat du diable, vous inventez des diableries imaginaires. Franchement, où avez-vous vu que le reproche qui est fait à Mermet était de gagner plus que ses reporters ? Et où avez-vous vu que Mermet était résumé à sa politique managériale (au passage, je trouve fort de café qu’un militant comme vous justifie qu’on se serve de l’intermittence, un statut menacé à cause de ce genre de conneries, pour payer des journalistes). Je pourrais donner comme exemple Acrimed, qui a relayé des témoignages douloureux contre Mermet, tout en lui donnant la parole et tout en le défendant lorsqu’il était attaqué par la direction d’Inter ou par les néo-cons comme Adler :
    http://www.acrimed.org/article4107.html

    • Gilbert Duroux : =" où avez-vous vu que le reproche qui est fait à Mermet était de gagner plus que ses reporters ?"

      Il me semble que c’était dans "Article 11" (peut-être dans un des commentaires)

  • heu................vu de loin, vos blèmes existentiels finalement assez "élitistes parisiens du milieu médiatiques" m’enquiquinent un peu........La France d’en bas, les vrais gens ce qu’on aime ce sont vos reportages à tous : nouveaux, anciens collaborateurs de D Mermet, et,on ne peut quand même négliger son poids, son influence positive pour faire connaitre des François Ruffin, Antoine Chao, Zoé Varier (il me semble qu’elle a fait partie de l’aventure..), et, qu’il faut savoir qu’après son départ, je ne sais pas quand mais inévitable ds un temps plus ou mins long, il n’y aura PLUS ce genre d’émission, ça on peut tous ensemble en être sûrs !!!! et, pour cela, je lui tire mon chapeau !!!!!fidèle auditrice néanmoins géniale à mon niveau !!!! et, pour finir, ds tous les milieurs professionnels, il existent des rapports extrêmement durs, de dominance etc.....entre tous les protagonistes d’une entreprise (privée, public, minimaliste ou autre) : désolée, la nature humaine n’est pas au top !!!!malgré tous les efforts qu’elle fait.......!

    • lbien sur, et la politique doit créer les lois qui grantissent un respect mutuel.
      Ruffin nous fait du Guillon, décidemment il y a vraiment un ton inter. Ce côté cowboy me fais bien marrer.
      Je vais vite oublier ce mauvais préssentiment sur Ruffin, ne pas le rater à Ok Coral, continuer à lire Fakir qui est un super journal, et ne pas aboyer après Mermet qui pour l’instant ne me fais pas si mauvaise impression que cela !

    • Madame A : vous avez écrit (à la virgule près) très exactement ce que je voulais évoquer. Tout est dit "modération a priori, dans un temps plus ou moins long "...il n’y aura plus ce genre d’émission "
      Merci à Là-bas

    • Il n’y a pas de nature humaine, ça c’est une croyance des libéraux pour justifier les guerres, la domination des uns sur les aures, les inégalités etc. Non. Il y a des gens qui ne vont pas très bien dans leur tête et dont un des objectifs (avoué ou non) c’est de prendre l’ascendant sur les autres. Et ça c’est valable pour un type de gauche comme pour une patrone de droite. Tant que les gens ne travaillent pas un peu sur eux-même afin de régler un certains nombre de problème de base, afin de remettre un certain nombre de croyances en question, on n’avance pas. C’est tout. Et Mermet, au vu des témoignages, c’est clairement un type qui fait de la pression psychologique, sois-disant pour tirer le meilleur des gens. Mais on sais que pour que les gens sortent le meilleur, il vaut mieux bien les traiter. Cette perspective c’est vraiment celle des pires ultralibéraux qui soient. Dommage que Ruffin reprenne ce système à son compte. Il n’y a pas plus stupide que cette croyance. Mais il faut dire qu’on nous bourre le mou avec ça dès nos premières années d’école, alors... Quand je vous disais qu’il y a des choses à remettre en question....
      Bon, sinon eh bien on va faire sans Mermet, voilà. C’est dommage mais il n’est pas irremplaçable. Pour moi, son comportement relève de la justice.

  • Je n’aurais jamais cru que François Ruffin me donnerait un jour envie de vomir. Comme quoi, tout arrive.

    • Si c’est si vicéral à cette seule lecture, il faut d’urgence consulter un gastroentérologue.

    • Il est vrai que la manière dont il parle de son ex compagne, c’est le détail qui tue
      quel mépris pour la petite main de Fakir !

    • Restitution, si j’ose dire, ( quasi à l’identique) de votre lecture émétique de Ruffin sur Facebook, twitter ( RT par Cyran), ici même ou d’autres forums...Quelle tribune manque finalement à l’expression petite-bourgeoise arrogante et inculte de votre reflux gastro-oesophagien ? Ou du vomi comme argument critique et politique...
      Solution : Un comprimé de Vogalène ou de Primpéran matin et soir .
      Bon rétablissement.

      Amicalement

      Machin

  • Comment suis-je arrivée à vous lire, sur cette page ? Je n’en sais rien. Les hasards du Net...
    Je ne vous connais pas... plus que ça. Je n’aurais pas dû vous lire, et... je suis allée jusqu’au bout.
    Un petit plaisir.
    Des tripes. De la douceur. De la franchise. De l’humilité. Et des explications EXTRA/ordinaires pour nous relater ce qu’est la radio à qui ne la connaît pas, et c’est mon cas.
    Et puis y’a Cavanna, un Rital comme moi.
    Et puis y’a les "gens de peu", comme moi.
    Et puis y’a Mermet (tout de même, faut en parler) qui m’a éblouie quand je l’ai connu... je ne sais plus quand. Sa voix, son ton, sa force, son rire, tout me paraissait tellement nouveau.
    Aujourd’hui, X. années après, je l’écoute rarement. La fatigue des soixante-huitardes, peut-être. J’ai tellement mieux à faire : jouer avec mes petits-fils par exemple, leur chanter Bella Ciao !
    Il n’a pas de petit-fils monsieur Mermet à qui chanter
    "Alla matina
    Appena alzata..." ?
    ***
    Vous avez rendu un bel hommage monsieur Ruffin. Monsieur Mermet a eu beaucoup de chance de vous rencontrer.

  • Un beau texte, émouvant, humain, qu’on est bien dedans. Soutenons M.Mermet, et cette formidable émission. Amitiés et soutien d’un ancien - et nostalgique - collaborateur de Fakir.

  • Auditeur fidèle, depuis des décennies, je fais partie de ceux que "là-bas" a éduqué à la politique. Merci à François Ruffin pour cet envers d’un décor qu’on imaginait bien, par bribes, au fil des émissions, au fil des répondeurs...
    Merci pour ce récit tout en finesse et pour cet engagement personnel, cet effort de chaque jour à l’éveil des consciences.
    Merci.

  • Merci François ruffin pour ce témoignage.
    j’espère que tu seras lu par les auditeurs de la -bas et que l’incident sera clos.

    Une abonnée fidèle de fakir.

  • Salut Ruffin,

    Toi et moi, on se connaît depuis un petit paquet d’années. Même si on n’a jamais eu d’atomes bien crochus, il me semble qu’on partageait une forme d’estime réciproque, due à notre allergie commune aux eaux boueuses de la presse dominante et à nos tentatives respectives de bâtir des espaces d’expression autonome – toi avec Fakir à Amiens, moi avec CQFD à Marseille. Certes, nous revendiquions des pratiques différentes : Fakir a toujours été le « journal à Ruffin », tandis que CQFD se définissait depuis ses débuts comme une aventure collective, sans patron ni rédac’chef. Nous nous retrouvions néanmoins sur de nombreux combats, en vertu desquels, comme dit l’adage, ce qui nous rassemblait restait plus fort que ce qui nous divisait. Je ne mesurais pas à quel point nos différences d’orientation ou de tempérament quant à nos manières d’opérer recoupaient en réalité un désaccord politique infiniment plus profond.

    En résumé, si j’ai bien compris l’interminable tirade que tu déroules à la gloire de ton ex-patron et de ta propre personne (réincarnations respectives de Michel-Ange et de Rudyard Kipling, corrige-moi si j’ai mal lu), « Là-bas si j’y suis » abritait à ton époque un grand, un immense reporter modeste et génial, toi-même, et puis un grouillement de médiocres, d’intellos et de faiblards, tous jetés à la baille sans que tu n’y trouves à redire, et même en te réjouissant, dis-tu, de les « voir couler ». En somme, tu confirmes les souffrances relatées dans mon article, mais en les justifiant au nom d’un darwinisme social brut de décoffrage combiné à la très haute considération que tu portes à ton nombril.

    Des médiocres, les Brygo, les Fernandez, les Aline L., les Scharf, les Hauter et tous les autres ? Les dizaines de reporters dévoués, corvéables et talentueux flingués par Mermet – des minus tout juste bons à se laisser noyer en silence ? Bien fait pour lui lorsque ton collègue de bureau se fait lyncher ?
    En bas de ton texte, tu revendiques l’imprimatur de quelques permanents anciens ou présents, mais je note que dans ce noble aréopage ne figurent ni la cheffe du répondeur, ni le réalisateur, ni son assistant, ni les deux reporters précaires qui s’échinaient pour « Daniel » depuis plusieurs mois. L’une des deux vient d’ailleurs elle-même d’être sabrée comme un bouchon de liège, dans l’indifférence souveraine de ses camarades mieux lotis. Sans doute manquait-elle d’« abnégation », elle aussi. Faut-il que ta mégalomanie ait enflé au-delà de toute proportion pour que tu ne remarques pas à quel point ta prose dégouline de morgue narcissique et de violence sociale. Amour de soi, mépris pour les autres. Sous les fatras illisibles de ta légende en construction, ton texte se donne à lire pour ce qu’il est : une apologie de l’individualisme le plus jaune. Par jaune, j’entends l’attitude qui consiste à flatter son taulier tout en s’essuyant les semelles sur les collègues virés ou maltraités. Habituellement, les jaunes évitent de fanfaronner. Il est vrai qu’ils peuvent toujours, surtout lorsqu’ils sévissent à gauche, se cramponner à une bonne cause quelconque pour justifier leur pleutrerie, leur égoïsme ou leurs ambitions. Le mange-merde fait ce qu’il peut pour continuer à se regarder dans une glace. De là à se pavaner…

    Le plus hallucinant, dans ton plaidoyer, c’est l’affirmation selon laquelle « Là-bas si j’y suis » se confond avec la personne de son producteur. Le Botticelli de France Inter ne ferait qu’un avec sa grande œuvre, qui doit mourir avec lui. Est-ce vraiment le meilleur service à rendre à cette émission de salubrité publique que de nier sa nature collective ? La défense de ton « père » impose-t-elle de compter pour rien les centaines de reportages réalisés au fil des ans par d’autres que lui et d’autres que toi ? Mermet a toujours personnalisé à l’extrême l’émission qu’il anime, s’abstenant soigneusement de préparer sa succession. Le seul fait d’envisager que l’émission puisse éventuellement survivre à son départ à la retraite – pourquoi pas sous un autre nom et selon des modalités un peu moins destructrices – est perçu de sa part comme un crime de lèse-majesté. En lui donnant raison, tu écartes par avance tout espoir de pérennisation d’un créneau journalistique hétérodoxe à France Inter. L’audience et la notoriété de LBSJS offriraient pourtant un solide point d’appui à l’engagement d’un rapport de forces avec la direction de Radio France : ils pourraient permettre de négocier la reprise de l’émission ou la création d’une émission de même nature par ceux des émules de Mermet qui ont eu la chance de ne pas se faire éclater en chemin. Je pensais que l’avenir de LBSJS te tenait à cœur. Manifestement, tu te soucies surtout de ta propre identification au rôle d’héritier.

    La sacralisation du grand chef – que ce soit sous la figure de l’entrepreneur, du leader politique ou du génie artistique –, c’est de cela justement que crève notre société pyramidale qui craque aux coutures. Ton texte, Ruffin, révèle une fracture qui va bien au-delà d’une simple opposition entre pro- et anti-Mermet. Elle touche selon moi à quelque chose de beaucoup plus essentiel. Je suis de ceux qui pensent que la crise actuelle est aussi une crise des structures de pouvoir. Que l’on fabrique des pneus chez Goodyear ou des reportages dans une émission de radio, on ne peut espérer se sortir de la déglingue qu’en partageant solidairement nos idées, nos ressources et nos savoir-faire. L’idée de l’autogestion peut te paraître utopique ou dérisoire, elle représente à mes yeux un espoir autrement plus fiable que la triste mythologie patronale et nombriliste que tu étales dans ton pensum. « Ce n’est jamais un plaisir de “tirer” sur son propre camp », précisait Article 11 en ouverture à mon papier. A vrai dire, je ne suis plus très sûr qu’on appartienne au même camp.

    Cordialement,

    Cyran

    • Salut Cyran,

      ’Ce n’est jamais un plaisir de tirer sur son propre camp’. Alors A II est sans doute sado-maso, parce que ce n’est pas la première fois qu’ils publient une attaque (encore d’un journaliste CQFD d’ailleurs) contre un media de gauche populaire. En 2011, on a eu droit à une crapulerie d’Ornella Guyet contre legrandsoir.info. Les crimes des deux administrateurs ? Etre contre la guerre même quand il y en a une et faire connaitre les opinions de leaders du tiers-monde qui ne pensent pas comme nous.

      Sur ce dernier point, l’argumentaire antinarcissique de Cyran est comique : les ’gauchistes’ version Indymedia-CQFD-AII méprisent tout ce qui vient du peuple, surtout si c’est des pays pauvres, et tout ce qui n’est pas conforme à leur présupposés de gens bien éduqués et intelligents. Tiens d’ailleurs je ne vois rien dans CQFD de cette semaine sur l’acte de piraterie contre Morales. On parle du Vénézuela, mais comme d’habitude, c’est pour critiquer l’affreux tyran Chavez élu et réélu pendant pres de 15 ans par des sales pauvres, qui n’ont meme pas lu Zizek.

      Cordialement

      Alexis

    • Monsieur, vous semblez avoir oublié les auditeurs (qui sont aussi les lecteurs de vos interventions).
      Jusqu’à présent, ceux-là ont écouté LBSJS parce que l’émission est simplement extraordinaire. Or nous sommes maintenant beaucoup à vouloir concilier notre ancien enthousiasme avec la réalité que vous avez laissé entrevoir quant à sa production.
      La réponse de François Ruffin est peut-être contestable mais dans la forme elle est tout à fait pertinente : à la fois politique et personnelle, ambivalente, elle tente au moins de répondre au besoin d’intégrer cette idée que LBSJS est à la fois "ceci" ET "cela".
      Interpréter vos divergences comme celle de camps politiques opposés ne tient pas debout.

    • "Fakir a toujours été le « journal à Ruffin », tandis que CQFD se définissait depuis ses débuts comme une aventure collective"

      Vive CQFD, vraiment.
      Cela resterait intéressant de connaître l’opinion des différents acteurs de CQFD sur la qualité de l’aventure collective de CQFD.

    • J’abonde dans l’exposé d’O. CYRAN ; des types comme MERMET sont légion dans les assoc’ et autres entreprises publiques ou privées portant l’étiquette "de gauche", pendant des abominables patrons capitalistes aux pratiques managériales analogues.
      Malheureusement, à l’image de RUFFIN, la "gauche" trouve généralement un tas de bonnes excuses pour justifier de tels débordements lorsqu’ils émanent de son sein.

      RUFFIN, j’ai acheté ton dernier numéro de FAKIR et quelques-uns de tes bouquins et n’étaient des soucis avec ma carte bancaire je serais aujourd’hui abonné à ton canard. Entre temps, j’ai pris connaissance du problème avec MERMET et j’attendais ton papier sur le sujet.
      ...Je ne vais pas brûler tes bouquins ni le dernier numéro de FAKIR acheté en kiosque au motif de cet article, mais pour mon abonnement il ne faut pas y compter.

      Faut pas te frapper RUFFIN, des mecs qui préfèrent regarder ailleurs il y en a des tas, même "à gauche". C’est juste que moi, j’ai jamais pu.

    • Bonsoir Olivier Cyran,

      Il ne s’agit pas d’un plaidoyer, mais d’une description réaliste de faits qui ne ménage ni son auteur ni celui que vous avez accusé. C’est présenté de manière subjective, la couleur est annoncée : sa sympathie pour un journaliste avec lequel il est difficile de travailler (personnellement, je ne supporterai pas de bosser avec lui, ce témoignage me l’a fait clairement comprendre), mais c’est criant de sincérité.

      Étrangement, je ne suis pas d’accord avec les conditions de travail décrites, par contre, j’aime la manière dont François Ruffin en parle, car je ne vois pas de nombrilisme mais seulement un regard panoramique, englobant le meilleur comme le pire, sur son expérience avec Daniel Mermet.
      Le fait de ne pas aider les jeunes fait, à mon avis, parti du pire, mais de votre côté, sauf erreur de ma part, vous déconseillez d’avoir recours aux Prud’hommes dans Article XI, ce qui n’est pas les soutenir non plus, dans leur combat pour obtenir justice et apprendre à se défendre.

      Tout aussi bizarrement, autant je suis d’accord avec les principes de base que vous énoncez, autant la manière dont vous les présentez me dérange, car sous un aspect d’objectivité justicière, il apparaît clairement une guerre intestine qui dépasse le simple règlement de compte, dont Daniel Mermet n’est que la cible collatérale : c’est le travail de longue haleine de toute une équipe qui transmet des luttes de la Gauche qui s’en retrouve entachée... j’imagine que c’était le but recherché.

      Et la façon dont vous venez d’interpréter le témoignage de François Ruffin ne prêche pas en faveur de votre impartialité.

      Dernière chose, « amour de soi et mépris de l’autre », ça, c’est impossible. Quand on méprise l’autre c’est qu’on a également très peu de considération pour soi-même, ce qui peut expliquer d’ailleurs pourquoi on accepte des tâches ingrates sans rechigner tout en s’en plaignant et alors même qu’on prétend défendre d’autres valeurs : on oublie de se respecter. C’est ce que j’ai pu comprendre des attitudes de débutants dont vous avez rapporté les témoignages.

      Ce n’est pas uniquement Daniel Mermet qui aurait eu besoin de prendre des cours de management, mais les étudiants en journalisme aussi, afin de savoir comment faire valoir leurs droits et de poser clairement leurs limites et leurs conditions.

    • BEn non, rien dans CQFD de cette semaine sur Morales, vu que CQFD est mensuel, banane (tiers-mondiste)

    • En réponse à Alexis : le papier d’Ornella Guyet sur leGrandSoir.Info ne portait pas sur le pacifisme ou le tiers-mondisme supposé de ce site. Il s’agissait de montrer à quel point les animateurs de ce site s’étaient rapprochés des conspirationnistes baignant dans une nébuleuse de l’extrême droite et pas loin d’entretenir eux-mêmes un discours antisémite débectant. On peut toujours lire ce papier ici par exemple : http://pavillonnoir.forumactif.org/t2271-le-grand-soir-vu-par-article-xi-point-de-vue-de-fakir (avec l’avis de Ruffin en bas de page)

    • Je ne viens pas ici pour donner mon avis sur le comportement de Mermet, qui est plutôt sévère, le mot est faible. Par contre, je suis choquée par un truc : voilà un mec (CYRAN), qui écrit un papier dans Article XI, lequel journal refuse à François Ruffin d’y publier une réponse (alors que plusieurs commentateurs lui demandent de s’expliquer). Et le même CYRAN vient pondre sa réponse à la réponse de Ruffin... dans le fil des commentaires de Fakir (qui, lui, ne la censure pas, soit dit en passant). Drôles de méthodes. Et ça ne semble choquer personne ! Pour les leçons de maintien, mieux vaut aller chercher ailleurs. Pas sûre que les victimes des méthodes Mermet aient choisi le bon cheval.

    • Mauvaise FOI ! "Je ne donne pas mon avis mais voilà mon avis"... Comme si quelqu’un avait empêché Ruffin de répondre à l’article de Cyran dans les commentaires d’article XI... Pas de la faute de Cyran si sa réponse ici est relayée AUTANT que le papier de Ruffin sur le net. Il l’a juste éparpillé façon puzzle ! Ruffin se grille du début à la fin et vous ne trouvez rien de mieux à faire que d’être choquée par la "leçon de maintien" de... Cyran ?!?!?
      J’ajoute qu’ article XI n’est pas le "journal à Cyran" alors que Fakir, ben ... relisez attentivement "ses" années mermet... moi une lecture m’a suffie !

    • A Cyran,
      je crois qu’on s’est croisé, quelque part dans le sud de la France, il y a une dizaine d’années. Le premier numéro de CQFD sortait tout juste -ou était pour sortir - et moi je croyais avoir trouver un employeur dans un autre nouveau journal, commercial celui-là, de Marseille. Tu m’expliquais des trucs que j’ai fini par comprendre par la suite sur le journalisme et ses entreprises de faux-semblants ; sur le moment, j’avais l’impression que tu m’invitais à rejoindre une boite où on se ferait joyeusement exploité pour les besoins de la cause. J’en avais rien à foutre de ta cause et je ne pensais pas travailler sans rémunération.
      Après mes déconvenues dans le "vrai journalisme" et l’admiration croissante pour CQFD, j’ai changé un peu de point de vue et c’est toujours un très grand honneur quand je publie un petit truc dans ce mensuel (probablement parce que je n’en connais pas les guerres intestines qui m’intéressent pas du tout).

      Maintenant, je vois pas du tout où tu veux en venir avec tes rengaines auto-gestionnaires, tu laisses planer un idéal dont tu/vous serais l’incarnation pure, depuis laquelle tu pourrais juger tout un chacun. Quand Ruffin raconte une expérience, tu a tôt fait de la lire comme une apologie à sens unique, en oubliant sciemment toute la complexité du témoignage pour la résumer à une bataille idéologique. Et comme tu as expliqué que le bon camps c’est toi, forcément l’autre est un jaune. C’est pas un peu dégoûtant comme procédé ?
      A te lire ces derniers jours, on a l’impression que toutes les précautions et le talent de la nuance dont tu fais preuve habituellement disparait pour régler des comptes. La subjectivité semble de nouveau être une "dérive petite-bourgeoise" et les affects de simples recours rhétoriques pour cacher une idéologie inavouable.
      Et quoi ? ça mène à quoi tout ça ? On va tous se traiter de staliniens pendant quelques mois et ouvrir des succursales pour recevoir les nouvelles scissions. Franchement, je capte pas. Tu proposes que la fin de Mermet soit le temps d’une relève ? Mais de quoi tu parles, enfin ? Tu crois vraiment que CQFD ou d’autres ont/avons les moyens de nous imposer à la Maison de la Radio ? Quand le chien sera mort, il sera mort, c’est tout. Et même s’il n’était pas assez rouge à ton goût, je t’en voudrais d’avoir aussi tirer dessus. Et ce n’est pas le déballage que je te reproche, c’est la hargne qui t’oblige de préciser, pour terminer, "A vrai dire, je ne suis plus très sûr qu’on appartienne au même camp." De quel camps tu parles ?
      johan sébastien

    • Ne soyez pas naïf : si le problème sincère ce sont les conditions de travail, la cible c’est France Inter, pas Mermet. La vérité, c’est que LBSYJS survit à la pression en étant de loin la plus rentable, parce que le patron bien payé l’est beaucoup moins que les autres stars et qu’en gros on paye des cacahouètes les reportages par rapport à l’audimat. Trente mille euros pour payer les enquêtes d’une quotidienne qui fait plusieurs centaines de milliers d’auditeurs par jour, vraiment ?

      En attendant, l’intégralité de ces personnes qui veulent en faire porter le tort à Mermet montrent bien que leur intérêt n’est pas le soutien des journalistes dans de mauvaises conditions de travail, mais bien d’avoir la tête d’une icone. Ca est beaucoup plus certains que ce qui a pu se passer ou non dans le bureau de LBSYJS, parce que pour ces faits là, nous sommes tous témoins au premier degré de ce que pense, par exemple, monsieur Cyran. Et de là il suffit de bien situer le contexte et l’angle qu’il choisit parmi tous pour avoir une idée précise de sa démarche.

    • La question du pouvoir esr preponderante. Et dire que les projets cooperatifs prennent trop de temps ou pkutot si on decode ne sont pas assez productifs, est un vilain raccourci. Tout est question de méthode et il y en a. Tant que nous ne nous attaquerons pas en nous memes et dans nos rapports sociaux a cette question on tournera en rond. Stoppons la reproduction...
      Developpons le pouvoir d’agir de la societe civile et faison le en cooperateurs ludiqueS...

      Merci cyran.

    • En réponse à Greguti : "Pas loin d’entretenir eux-même un discours antisémite débectant". C’est justement ici toute la crapulerie de l’article. Ils n’ont pas eu des propos débectant mais ils n’ont pas été loin de le faire ! Travailler à CQFD permet donc de bénéficier d’un don de precognition des crimes, comme Tom Cruise dans Minority Report. Mon oeil !

      En réponse aux courageux anonymes qui balancent leur haine contre Mermet ou Ruffin parce qu’ils seraient trop dirigistes et mégalos (sans parler de la difficulté du travail à LBSJS qui était déja bien documentée avant Cyran) : avez vous une quelconque expérience de responsabilité éditoriale, ou associative dans le monde réel avant d écrire, ou passez vous votre temps à militer sur facebook (sous un faux nom c est plus prudent) ? Les médiocres... comme disait Cavanna.

    • Salut,
      si les faits sont avérés (et dans quelle mesure vu l’ampleur que ça prend), évidement que Cyran fait bien de publier son article. On est tous bien d’accord, "la fin ne justifie pas les moyens", et ben justement : Cyran a bien fait mais la manière est on ne peut plus mauvaise... Et dans l’objectif réalisé (la fin donc) se ressentira à coup sûr la méthode (les moyens...). Pour LBSJS, FAKIR, A11, CQFD, tous les lecteurs et auditeurs, les moyens plus que moyens (psychiatrisation de l’accusation, relais hallucinants et débectant sur Rue89 puis Slate puis... lynchage sur commentaires, la blogosphère de celui qui a vu celui qui a vu qui a vu...) se ressentiront dans cette réalisation. Non, en parlant de cohérence (cf article en réponse à Ruffin dans A11), là c’est raté. Alors oui, s’il s’agit de dénoncer des pratiques managériales abusives (dans un milieu ou c’est la norme), bien sûr que la légitimité du sujet ne fait aucun doute, mais la manière (même si la diff est en autogestion) et on ne peut peut plus critiquable. Et ça se ressent déjà... Nous savons tous qui bave déjà de ce pavé dans la mare, et ils sont nombreux à attendre ça depuis longtemps : et je ne parle pas du "petit peuple de gauche"...
      A moins que les moyens soient tout à fait en accord avec la fin : je m’interroge (voir le communiqué du SNJ)... L’objectif est-il vraiment de dénoncer des pratiques managériales abusives ? Car un complément sur le monde des salariés du journalisme et surtout à radio-france aurait été le minimum bienvenu pour que les lecteurs que nous sommes puissent se faire un avis...

      C’est mon petit avis en tant qu’auditeur de LBSJS (bien que loin d’aduler Mermet), lecteur de Fakir, CQFD, Diplo, A11 et autres...

    • @ Greguti qui écrit :
      "Il s’agissait de montrer à quel point les animateurs de ce site[Le Grand Soir] s’étaient rapprochés des conspirationnistes baignant dans une nébuleuse de l’extrême droite et pas loin d’entretenir eux-mêmes un discours antisémite débectant"

      Je méprise les moins que rien d’A 11 et Ornella Guyet qui y a lancé ce type de crapuleries contre le site LGS et contre ses administrateurs, dont je suis.
      Pourrez-vous écrire ce que vous venez d’écrire après avoir lu :

      http://www.legrandsoir.info/analyse-de-la-culture-du-mensonge-et-de-la-manipulation-a-la-marie-anne-boutoleau-ornella-guyet-sur-un-site-alter.html
      http://www.legrandsoir.info/rue89-article-11-lgs-et-les-autres-conference-sur-les-medias-alternatifs.html

      Et si cela ne suffit pas, cherchez dans nos 12 000 articles en consultation libre le début de commencement d’une phrase annonçant un "discours antisémite débectant".
      Pour l’instant, je vous suppose de bonne foi.

      Maxime Vivas
      Le Grand Soir

    • "Et si cela ne suffit pas, cherchez dans nos 12 000 articles en consultation libre le début de commencement d’une phrase annonçant un « discours antisémite débectant »".

      Ce qui est débectant, c’est de publier des soutiens de Dieudonné, des antisémites comme Ginette Skandrani, sous prétexte que les médias de masse font de la propagande et que la vérité est ailleurs. Pour Le Grand Soir, les ennemis de nos ennemis sont nos amis. Sont pas regardants sur la marchandise. Et si on n’est pas d’accord, c’est qu’on est payé par le grand satan américain ou par Israël. Suffit de prendre le contrepied de "l’empire" pour être dans le camp des bons. Certains ont peut-être poussé le bouchon un peu loin en faisant des rapprochements trop rapide, mais le mélange rouge-brun existe bel et bien.

    • Bonjour Monsieur Cyran,

      donc si je comprends bien Mermet et Ruffin ne sont pas du même camp que vous. J’imagine que par "camp"’ vous entendez "la gauche de gauche" ?

      C’est un peu bizarre comme raisonnement, corrigez moi si je me trompe : LBSJS doit être autogérée car cela garantirai que ceux qui y travaillent soient bien traités. OK. D’accord. Une idéologie morale dont la mise en pratique n’est pas garantie mais on peut toujours y croire.

      Bien à vous

    • Si vous pouviez aller régler vos comptes ailleurs les mecs. Franchement c’est nul. Une vraie cour d’école. Des types qui se tirent dans les pattes alors qu’au départ ils sont plus ou moins dans le même camp ? Quoique, j’ai des doutes. Encore une preuve du mal que les soucis d’égo et les besoins de reconnaissance font sur les personnes qui ne se posent aucune question (hormis celle de gratter un semblant de pouvoir ici ou là). Réveillez-vous et allez faire une analyse, ça nous évitera le pire et vous finirez peut-être par coopérer au lieu de vous foutre sur la gueule. Pathétique là encore !

  • C’est intéressant. Il y a des choses qui touchent juste.

    Je n’ai jamais été mermolâtre, je n’ai jamais raté les cours à la fac pour écouter LBSJS, je ne me suis pas roulé par terre pour le toucher quand je le voyais EN VRAI à la fête de l’Huma... Or là, si je résume, LBSJS est plus grand que Mermet, plus grand que tous ceux qui y bossent, et la grandeur de l’œuvre justifie tout ce qui se passe dans ce fameux bureau 528. Faut arrêter, LBSJS ce n’est pas la chapelle Sixtine, ce n’est que de la radio. De la très bonne radio, on est d’accord, et ce que tu dis sur la fonction de l’émission auprès de ceux qui luttent est très juste.

    Seulement, on a un peu le même problème dans l’honorable groupe de presse où je bosse... et cette expérience ne me conduit pas vraiment à partage ton point de vue. Ça me rappelle trop certains préceptes staliniens que j’ai fréquentés de fort près, du genre "on fait pas d’omelette sans casser des œufs" et toutes ces variantes prétendument de gauche de "la fin justifie les moyens".
    Hé bien non. Les moyens marquent, imprègnent la fin. Ils SONT la fin, en fait, tout le monde devrait le comprendre. Même dans notre boulot. Tu ne fais pas de bons papiers en te foutant de la gueule des gens ; tu ne fais pas un bon journal, une bonne émission, en pourrissant ceux qui bossent dessus. Et non, il n’y a pas que les déséquilibrés, les pervers narcissiques, qui sont capables de réaliser de grandes choses. Ça, c’est juste un cliché de merde, répandu par ceux à qui il sert d’autojustification. Seulement c’est un peu, voilà, comme les fameux trains qui arrivent à l’heure : on les oublie. On ne retient que ce qui ferraille, qui tache, qui fait frissonner.
    D’ailleurs il y a aussi dans ce papier une sorte de plaidoyer pour soi qui me dérange un peu...
    Toi tu comprends et tu excuses la violence de Mermet ; moi je préfère qu’on comprenne et qu’on excuse l’aigreur de celles et ceux qu’il a piétinés.

    • La "très bonne radio" n’a pas de secret de fabrication. c’est par le travail de tas de gens pas forcément compatibles.
      Le problème est : peut-on vouloir une vraie bonne radio et se passer des défauts de fabrication ?
      Et : est-il possible de s’en passer ? Qui a la solution ?

    • Tout est dit.
      Et justement dit par Cold Finger.

    • En même temps, la Chapelle Sixtine, c’est n’est que la chapelle sixtine, hein.

      Il n’y a pas d’absolutisme dans la critique artistique, par contre en général il vaut mieux que ceux qui font une oeuvre en ait une vision ambitieuse : la pratique montre que ça fait de meilleures oeuvres de l’avis générale. Si ça n’est "que" le radio, l’idée est qu’il ne faut pas s’échiner à la faire. Mieux vaut faire "que" de la banque à la place, la radio, ou l’art en général ne valant pas intrinsèquement mieux, la logique de bon père de famille (ou le goût du lucre) commandant alors de recherche l’argent.

      Ca me rappelle une chronique de Desproges pris d’une sainte colère sur un critique qui disait "un film qui n’a d’autres ambitions que de faire rire". J’ai un peu la même en lisant votre petite phrase ci dessus.

  • Que Mermet soit un taulier avec tout ce que ca implique n est pas le debat. Le debat c est est ce que les gauchistes acceptent la toute puissance des patrons.

  • C’est un témoignage qui ne craint pas de tout dire. Il nous plonge également dans la fourmilière. Et on comprend que la création émerge du tumulte. On ne fait pas de grandes choses avec des passions molles.

    Là-bas si j’y suis est le seul phare radiophonique de ceux qui disent non, j’aime beaucoup cette radio.

  • Merci, Monsieur RUFFIN, pour ce témoignage magnifique, tout à la hauteur du personnage hors normes qu’est Daniel MERMET.

    • "Hors norme" ? Pour un tel personnage, le mot est un peu faible. Je dirais, en toute simplicité, que c’est un übermensch.

      Les untermensch, si plein d’une empathie coupable qui permet leur exploitation, s’honoreraient de l’honneur immense que leur fait le grand leader radionophico en les humiliant. Et comme les femmes violées, ou les voilées brutalisées, de se taire, à toujours raconter leurs histoires dont les übermensch n’ont que faire. Car eux travaillent à la réalisation d’un monde nouveau. Un monde où tout le monde aura l’honneur de se faire exploiter par ces grands leaders, si indispensables, si importants, qui savent (de deuxième main car ils ne sont que des diffuseurs, des médias) et qu’on suit, qui remplaceront les précédents, mais cette fois, c’est promis, malgré un chemin fait de saillies cro-magnonesques, un monde où le bonheur sera assuré à tous, car enfin la communion dans l’Amour du chef qui pisse le plus loin, aura des bases enfin indiscutées.

  • Ben, je peux comprendre ton point de vue : on est effectivement fragilisé quand le reportage est soumis au chef, et que bien souvent, son égo en prend un coup. Cependant, en fonction de chacun, on aura un rapport différent face au chef, avec des tensions différentes. A force de cerner le personnage, je me dis que Daniel a tendance à se défouler sur certains de ces collaborateurs, car ils ne lui plaisent pas.

    Tu as raison, le rapport inégalitaire fait des dégâts, mais je pense que le tempérament de Daniel y est aussi pour quelques chose. Visiblement, tu t’y es préparé, tu savais où tu mettais les pieds. Souvent, les gens prétendent qu’ils sont comme ça, que rien ne peut les changer. Tu t’es adapté au boss, mais peut-être qu’il aurait pu aussi arrondir les angles avec ses employés, et apprendre aussi à les respecter, même si c’est dur. Parce que le résultat : des personnes dont le moral est bien blessé, cela me paraît inacceptable.

    En tout cas, si je comprends ton raisonnement, n’empêche que j’attends surtout des explications de Daniel voire même des excuses de sa part, une sorte de méa culpa, comme un examen de conscience (comme au bon vieux temps de Staline, à la différence près que le public juge, et non le parti, bref l’autocritique). Il me paraît possible en effet de gérer une émission d’une façon plus égalitaire, ou plus respectueuse, et peut-être qu’il faudrait revoir les rémunérations à France-inter, car je ne pense pas que ce soit Là-bas si j’y suis qui les gère.

    Bref, on ne répond pas à ses détracteurs en censurant, ou en cherchant à discréditer ou en racontant des mensonges (ce qui s’est passé visiblement à plusieurs reprises). Mais pour ce dernier point, cela concerne Daniel, pas toi.

    Pour l’avenir de l’émission, j’espère qu’elle continuera, mais sur de nouvelles bases, et il faudra penser aussi à remplacer Daniel, car il n’est pas éternel.

    • Bonjour,

      Je dirais que les deux textes ici présents (Ruffin / commentaire de Cyran) - deux points de vues différents - sont salutaires pour creuser le débat. Ca m’emmerde de produire une espèce de point de vue centriste mais bon.

      Les deux sont structurés, et purée ca fait du bien. Marre des des tirs à vues et des grenades incendiaires balancées depuis chaque tranchée (comme à chaque guerre médiatique, si si on va y venir nous leurrons pas...C’est parti pour être l’affaire Siné/val de l’été 2013).

      Le texte de Ruffin est profondément humain il me semble (au sens de l’individu qui s’exprime "dans sa chair" - métaphore foireuse j’en conviens - et je ne défend pas forcément son point de vue).

      Il expose son cheminement auprès de Mermet. Qu’il se soit fourvoyé ou pas n’est pas le plus important à mon sens. C’est du factuel rapporté (grande part de l’article), et grand merci à lui pour l’information transmise (sous réserve d’y apporter confiance sur les choses relatées, nous sommes d’accord).

      Savez-vous comment fonctionne une émission de radio qui draine des centaines de milliers d’auditeurs ? Personnellement non. Enfin si un peu plus maintenant.

      Je comprends (humainement) Ruffin mais je dois admettre que les arguments de Cyran sont plus dans le sens de ma conception (philosophique) du monde.

      La seule chose dont je sois convaincu (tant mieux pour moi) est que si Mermet est une Icône, alors dégommons là (c’est un auditeur de La bas si j’y suis qui écrit). Et entrons dans le 21ème siècles des idées, décentralisées, sans chefs, et collectivement construites.

      Et en tant qu’auditeur de "La Bas" j’ai une pensée pour les acteurs/faiseurs de l’émission qui se sont pris des portes dans la gueule.

      " Le pouvoir d’où qu’il vienne c’est vraiment de la merde " Léo Ferré.
      Ha oui, fuck, lui aussi ... c’était pas un ange...

      Allez good luck à tous, et FAISONS plutôt que regarder(écouter) faire les autres.

      Cordialement,
      Pierre-Yves

    • Le texte d’Olivier Cyran est agressif et méprisant. Personnellement ça ne me fait aucun bien. Je respecte bien plus la posture de Jean Robin au début. J’ai beaucoup de mal avec les gens qui ne comprennent pas l’importance de la courtoisie.

  • Merci pour votre honnêteté, dans le travail il y a souvent des rapports de ce genre, cela bouffe, cela mine, cependant je ne pensais pas qu’il puisse y avoir autant de rapports déchirants.
    Il est vrai que l’homme ( Mermet)est vraiment hors norme et restera malgré tout un très grand journaliste ainsi que vous même.
    merci

  • Quitte à accepter le système managerial libéral du vieux autant le faire carrément sien : Ruffin, réfléchissez, si le pépére dégage, les gens achèteront peut être un peu plus votre feuille.

    Votre pote de CQFD l’à bien compris lui (du moins c’est l’impression qu’il donne).

    Après, si le gars reste en place l’année prochaine, ne venez pas dire qu’on ne vous avait pas prévenus.

    Bref, faites donc le ménage chez vous si vous le voulez les gars et n’oubliez pas, quand même, de continuer à faire votre boulot, on en à besoin.

  • Las de ce culte de la personnalité qui n’honore ni l’objet ni le sujet de ce culte !
    "Là-bas si j’y suis" ...(oups ! j’ai écrit le NOM , devrais-je payer quelques droits d’Auteur ???) "Là-bas si j’y suis" dont je peux reconnaître les qualités et la pertinence de ses reportages aura très certainement créé une forte émulation parmi les auditeurs et apprentis journalistes, relevant ainsi le défi de sa succession (sinon à quoi bon toute cette énergie engagée ?) .
    Comme rétorquent certains à ceux qui craignent la délocalisation de nos patrons cumulards : "qu’ils s’en aillent tous !"
    On trouvera bien quelques bonnes âmes dignes de respect eu égard aux qualités que l’on est en droit d’exiger d’un patron sensé défendre la veuve et l’orphelin (qui pourrait un jour, intégrer en tant que journaliste l’équipe de "Là-bas si j’y suis", et avoir la garantie du respect du droit du travail qui régit sa branche !)

  • Un texte assez bien écrit, et dans lequel on sent votre implication et votre réflexion, mais qui me déçoit sur bien des points, alors que je suis un régulier de Fakir, et que j’ai beaucoup apprécié vos livres :

    - un machisme latent tout au long du texte, sous couvert de faire populaire.
    On croit comprendre entre les lignes que la même ambiance (celle du bistrot et de la bouffe où celui qui mange le plus et picole le plus, est, quelque part, le chef logique) a pu régner dans l’équipe "de Mermet". Ne pas voir qu’on est dominant, ou croire ne pas le voir, n’est-ce pas ce que nous reprochons souvent à certains ?

    - un darwinisme social prononcé.
    Oui, les autres ont souffert, mais ils n’avaient qu’à être meilleurs ; même s’il ne s’agit de meilleurs qu’au sens de Mermet, lui-même meilleur au sens de lui-même.

    - une relative inféodation au Chef.
    On comprend qu’il y ait pu avoir une grande amitié entre vous deux, une attraction réciproque. Mais de là à adopter l’attitude du "chouchou" et ne pas même s’en rendre compte, à ne pas se placer du côté des camarades ou chercher à les comprendre, mais défendre le patron vénéré, c’est étonnant, et même contradictoire avec l’essentiel de vos écrits. J’ai eu plusieurs fois la tentation de lire les "lui" et "il" remplaçant "Mermet" avec de belles majuscules. Mermet n’est pas Dieu le père, et LBSJS n’est pas Mermet, peut et doit survivre à son départ en retraite qui arrivera bien un jour ou l’autre (et ce jour, il faudra aussi lui dire merci pour ce qu’il a pu contribuer à faire en fédérant et en luttant).

    - un "deux poids, deux mesures" qui m’étonne.
    Oui, on exploite des jeunes, mais c’est pour leur bien parce qu’ils ne connaissent rien quand ils arrivent, et bien quel avenir ça leur ouvre ! C’est bien sur le CV ! Oui, le patron se fait du gras sur le dos des autres travailleurs, mais pas tant que ça, et puis c’est un épicurien, il profite, il est sympa. Maintenant, imaginez qu’il ne s’agisse plus de Mermet, mais d’un patron quelconque. Qu’est-ce Fakir écrirait ? Qu’est-ce que la gauche de la gauche en dirait ?

    - des tentations de faire dériver la question.
    Les personnes qui témoignent de certaines pratiques délétères de Mermet ne "l’attaquent" pas sur un plan idéologique et n’attaquent pas l’émission. Elles espèrent, comme beaucoup, que les rapports sociaux peuvent progresser vers plus d’égalité et moins de violence, en particulier entre militants qui se disent progressistes.

    Je ne vénère pas Mermet, mais apprécie LBSJS, que je podcaste régulièrement. J’apprécie beaucoup Fakir, CQFD, Acrimed... voir que Mermet tend à "bannir" les autres pans de la gauche qui l’ont critiqué (Acrimed) ; qu’il s’écoute parler tout le temps pour souvent ne rien dire ; qu’il coupe si facilement ceux qui travaillent sérieusement, ne me le rend pas sympathique. Et quand je podcaste LBSJS, généralement, je commence après le répondeur et le monologue... ce sont les reportages qui m’intéressent, pas la masturbation radiophonique.

    Cordialement
    Thibaud (@LeonBourgeois)

    • "un darwinisme social prononcé"

      Quelle discussion de salon ! Faites un contenu qui intéresse du monde, même simplement exclusivement parmi celles et ceux qui se disent contre le "darwinisme sociale", et vous toucherez peut être du doigt que ce que vous reprochez à François Ruffin, c’est d’acter le réel : il existe une compétition permanente entre ce qui a votre intérêt et ce qui ne l’a pas, et vous êtes vous même acteur d’une dimension de la société que vous avez indentifié comme la source des malheurs du monde. A mon avis, c’est blamer la pluie. Il y a des caisses de gens qui se retrouvent dans les positions de DM ou FR, mais c’est bien à cause de la qualité de l’effort individuel de ces deux là que se sont sur leur travail que se retrouve les gens. Il y a bien eu une compétition, qu’ils ont gagné sans tricher, et organisée par ceux là même qui voudraient qu’il n’existe point une chose telle que la compétition. Délicieux paradoxe =)

  • Bonjour M. Ruffin,

    Ce message s’adresse à vous et je ne souhaite pas qu’il soit publier en commentaire (merci de respecter ça).
    En lisant l’article d’Olivier Cyran sur article XI (par le biais d’acrimed site que je consulte très régulièrement), j’ai retrouver beaucoup de chose de mon vécu de militant syndical. J’ai 32 ans, je suis militant au SFA-CGT (syndicat français des artistes interprètes - CGT) et je travaille pour de petites structures (compagnie de théâtre, festivals) qui par la voix de leurs directeurs (plus nombreux que les directrices) se réclament de gauche, alter-mondialistes, humaniste et tous les qualificatifs de ce genre (valeurs que l’ont trouve aussi dans les structures d’éducation populaire, vous faites référence aux céméa).
    Cependant, il faut parfois séparer les choses, comme nous sommes capable de le faire dans notre analyse du monde ou bien des structures de nos adversaires de classe : doit-on casser le système solidaire des retraites ou plus largement de la sécurité sociale pour sauver les retraites ou la sécu. Non. Pour sauver les entreprises, doit-on attaquer les droits des travailleurs (salaires, temps de travail etc...). Non. De même est-ce nécessaire de faire travailler les reporters dans les conditions décrites dans l’article d’Olivier Cyran (non démenties jusqu’à aujourd’hui, et dont certains aspect sont même confirmés dans votre texte) pour faire une émission de la qualité de Là-bas si j’y suis ? Non plus.
    Quand notre travail est nourrit de beaucoup d’affectif (c’est mon cas, c’est le cas dans l’émission concernée comme dans d’autres, dans l’éducation populaire également, dans le monde associatif etc...), il faut malgré tout se protéger et protéger les autres, à fortiori lorsqu’on a des responsabilités (ce que vous nommez les garde-fous et qui dans le monde du travail s’appelle le syndicalisme). Lorsque des travailleurs témoignent, constatent, dénoncent les souffrances (que vous jugez "bien réelles") il ne faut pas les abandonner, mais les soutenir. Car si l’histoire de l’émission, sa pertinence et son utilité à notre combat ne doit pas "s’effacer derrière la souffrance, bien réelle, de quelques salariés", cette souffrance au travail ne doit pas non plus s’effacer derrière l’utilité de cette émission dans le PAF. Il n’y a aucune comparaison à faire, ni à savoir ce qui pèse le plus lourd. Ce sont deux choses différentes et elles existent l’une et l’autre.
    La conscientisation et l’éveil des esprits sur le monde que délivre "là-bas ci j’y suis" fait partie de la boîte à outil pour permettre à ceux qui travaillent dans cette émission de mener leur combat pour améliorer leurs conditions de travail. Et ça, dans leur intérêt, mais aussi dans l’intérêt de l’émission elle-même.
    La description du comportement de Daniel Mermet, me rappel mes directeurs de compagnie. Ni saint, ni diable comme vous dites et souvent des personnes "spéciales" (comme vous dites encore) et singulières (pour pouvoir faire tourner leur spectacles souvent "spéciaux", singuliers et aussi fabuleux). Souvent ils sont eux-même dépasser par la souffrance au travail qu’ils peuvent générer. Ils ne sont pas les seuls responsables de celle-ci et peuvent aussi en souffrir mais globalement ne font rien pour que ça change. La plupart du temps, ils ne comprennent même pas pourquoi la CGT s’en mêle (bon sang, ils sont anticapitalistes, contre l’exploitation de l’homme par l’homme et ils délivrent au public des discours qui le prouvent, dans leurs spectacle ou le présentation). Cependant, et dans la grande majorité des cas, ne supportant pas cette contradiction mise à jour, ils peuvent vite devenir anti-syndicalistes.
    Il faut écouter la voix des plus petits que soit.
    Dans votre texte, vous parlez finalement de votre attachement à Daniel Mermet, pas de ce qui à mon sens est le plus important dans l’article d’Olivier Cyran : le monde du travail et ces conditions à Là-bas si j’y suis.
    Quid de l’enquête du CHSCT (je vous rejoins complètement pour les 20m2 de bureau) ?
    Quid de la responsabilité de la politique salariale à Radio-France ? Les CDD à répétition et la carotte des allocations chômage qui deviennent chaque mois un revenu de complément et non plus de remplacement pour les périodes chômées. Et face à cette situation inadmissible de la précarité (cad de l’incertitude permanente du lendemain), au delà du discours, quels combats mène Daniel Mermet contre sa direction (syndicalement par exemple) pour que l’ensemble des travailleurs de l’émission là-bas si j’y suis passe en CDI ce qui en ferai vraiment une émission atypique et engagée (je veux dire pas uniquement sur les ondes, mais aussi au quotidien dans le désormais fameux bureau 528.)
    C’est bien de parler théâtre et littérature avec ses supérieurs hiérarchiques. Maintenant que des choses sur les conditions de travail, de rémunération, de relations de travail ont été révélées et soulèvent des questions, pour être en accord avec le travail fait pour l’antenne, ceux cités dans votre PS, vous-même et j’espère aussi de son côté en tant que patron, Daniel Mermet allez tout mettre en œuvre pour changer cette situation.
    Franchement, comment peut-on espérer changer le monde, si on arrive pas déjà pas à changer le bureau 528...
    Et pourquoi pas un reportage sur cette question des conditions de travail à France Inter et donc y compris à Là bas si j’y suis, c’est votre métier de journaliste engagé.

    Je vous livre cette impression à chaud, après avoir lu l’article d’article XI et votre texte.

    Fraternellement,

    Sébastien Coutant

  • En lisant quelques commentaires "ayatolesque" en réponse à votre papier, je ne peux m’empêcher de penser que le besoin de toujours identifier- je devrais dire assigner- celui qui parle ou écrit doit précéder ce qu’"il dit ou écrit.
    Pour ma part votre papier m’a fait entrevoir toute la complexité de l’être humain Daniel Mermet et son contexte. Pour ma part je lui suis redevable de faire perdurer cette culture de gauche , celle dans laquelle j’ai baigné toute mon enfance, qui ne peut se décrire, sauf à la réduire, parce qu’elle le continuum de ceux qui nous l’ont transmise, parce qu’on la ressent.
    Daniel Mermet et son émission et ses reporter me donne le courage qui vient lorsque l’on ne se sait plus seul

  • Merci Ruffin pour cet article, d’autant qu’à Lons Le Saunier, tu m’avais bien énervé à la fin de ta conférence, en me disant "qu’il y avait encore de l’espoir au PS, en tout cas plus qu’au NPA". Je m’étais dit "quel gringalet réformiste !" D’autant que je n’avais pas parlé du NPA, mais ça devait être écrit sur mon front ;-) Du coup tu es remonté dans mon estime ! Sérieusement, je suis vraiment content de tes explications, surtout approuvées par la troupe, quelque part ça me soulage. Ce qui est effrayant sur le site d’Article11, c’est la mise en cause violente des doutes exprimés sur les motivations de l’auteur, ainsi que sur les demandes d’une peu de prise de recul pour en savoir davantage avant de brûler vif l’icône, sans même l’esquisse d’un procès équitable. Les réactions, le lynchage devraient-je dire sur la base d’une seule et même version, sans recours à la contradiction, et pire en conspuant le moindre doute m’ont fait froid dans le dos, et je pèse mes mots. La lutte continue et qu’Article11 aille se faire foutre !

  • Merci François Ruffin pour ce long témoignage qui me permet de prendre un peu de recul par rapport au débat initial, ayant été assez choquée par les assertions décrites, et, même si je "n’absous" pas Daniel Mermet, je prends vraiment en compte vos arguments... j’ai toujours apprécié LBSJS, surtout grâce à vos reportages (ah la série sur la BCE ! j’étais morte de rire avec le "monstre de l’inflation" et votre interview avec Trichet....) Pascale Pascarielo (j’étais au bord des larmes la fois où elle s’est méchamment faite aggresser à Corbeil...) Giv Anquetil le polyglotte (à chaque fois je ne peux m’empêcher de penser au coureur ;o)...)
    .... oui, je comprends...
    ....
    Longue vie à "Là-bas si j’y suis" et à Mermet si le "dieu" de l’info qui fait réfléchir le veut bien !
    ...
    (bon, et alors le dernier Fakir ?! je l’ai pas encore dans ma boite à lettre ?!)
    ...
    une lectrice et auditrice fidèle...

    Bon été à tous et bonnes vacances à ceux qui en prennent (moi ce sera sans, j’ai pas un radis...)
    Corinne

  • Je suis sidéré par le peu d’esprit critique de nombre de commentateurs, qui sont visiblement charmés par une belle prose rigolote (reconnaissons-lui ça), comme si ils n’attendaient que ça que l’on vole au secours de leur dieu Daniel Mermet...

    Or ce texte ne disculpe rien du tout, il est profondément décevant et navrant à bien des égards.

    En fait, on dirait que vous avez complètement intégré l’idéologie dominante contre laquelle vous estimez que vous luttez.

    Sinon comment expliquer les remarques sur les 900€ limite confortables, les "médiocres", la justification d’une autorité potentiellement injuste, l’auto-satisfecit qui ressort de ce texte etc etc.

    Le parcours personnel (qui n’est pas le sujet) est peut-être intéressant mais n’excuse en rien que vous vous référiez, vous et votre "patron", toujours aux vieilles lunes sans vous en rendre compte. Celles des forts et des faibles, des dominants et des dominés, de en gros : "de toute manière c’est un truc difficile qui requiert de l’excellence, du coup c’est donc bien normal de commencer par en chier, et tant pis pour ceux qui sont pas fait pour ça", qui est typiquement le discours de la classe dominante.

    Difficile de prôner l’émancipation quand on est soi-même aliéné aux schémas classiques de pensée.

    Et stop avec cet argument qu’il y a des combats plus importants, sans chercher des saints dans nos rangs (il n’y en a pas) il est crucial de montrer l’exemple quand on a la chance d’être aux manettes d’un truc important... Sinon quel espoir peut-il y avoir à réellement changer les choses ? Il en a va de la crédibilité d’un camp déjà très fortement affaibli, et après on s’étonne d’avoir du mal à convaincre....

    • "En fait, on dirait que vous avez complètement intégré l’idéologie dominante contre laquelle vous estimez que vous luttez.

      Sinon comment expliquer les remarques sur les 900€ limite confortables, les « médiocres », la justification d’une autorité potentiellement injuste, l’auto-satisfecit qui ressort de ce texte etc etc."

      Il a intégré le réel. A l’inverse, vous le refusez : quand il donne un décompte qui commence par les dépenses effectivement assez élévée que ses revenus liés à l’émission lui ont permi de faire, il a bien donné un cadre ou ce n’est pas 900 euros par mois. C’est 900 par émission, plus 1500 d’intermittent, plus divers extras, et il peut y a voir plusieurs émissions par mois.

      Au passage, ce sont les mêmes qui lisant un article décrivant 30K euros pour payer les piges de 20 émissions par mois trouvent à penser qu’il doit rester beaucoup de gras en les payant à 900 euros net. Pas de math, pas de cerveau, consternant.

      Tout ça est écrit noir sur blanc, mais ça vous est passé entre les synapses. Il y a peut être des conclusions qui s’imposent, notamment sur la qualité de votre propre esprit critique.

  • Voila un propos juste selon moi. (et qui remet bien les choses au clair pour qui veut et sait entendre)

    Moi aussi (comme d’autres AMG j’imagine) il m’arrive de râler en entendant mermet dire ceci ou cela ou par le montage d’une émission que l’ont trouve baclé méprisé ou on ne peut qu’imaginer qu’il y avait encore des choses a entendre tout a fait passionnantes et pertinentes.

    C’est comme ca, rien n’est parfait mais dans ce cadre bien précis, malgré les défauts, cette émission a le mérite d’existé et quel mérite comme vous le rappelez, elle a permit tant de choses...

    Certains a force de ne faire que traquer le déviant et de tout psychiatriser comme vous dites, pourraient finir par se l’appliquer a eux même... (ils nous foutraient la paix avec leur névrose et régleraient peut etre leur problème a eux, mais ca, ca les regardent)

    Bref, voila un texte pesé, mesuré et qui relate des faits en laissant bien transparaître ce qui peut faire un humain ou pas, son environnement etc

    Oui la vie n’est pas facile... (et c’est aussi ce qui en fait ca grandeur et noblesse dans certains cas) qui plus est quand le système capitaliste s’en mêle.

    Bien loin des procès stalinien d’article 11 donc pour le nommer (et qui n’est pas si attaché que ca a la liberté d’expression donc ? Toujours se méfier de ceux qui se nome par une tel chose, quand il y a besoin de cela c’est pas bon signe souvent), qui quand il n’agresse pas des personnes pond des pavé illisibles et inutiles que... personne ne lit...
    Avec un peu de malice on pourrait se dire qu’ils cherchent la reconnaissance ou la publicité facile et au détriment d’autrui par certains moyens quand ils ne sont pas foutus de l’avoir autrement.
    Belle bande de charlots qui a finalement ca place avec le reste du cirque médiatique.

  • Merci pour cette réponse. L’article est bien écrit, on ressent de l’émotion dans ce témoignage. Sans chercher à tomber dans des clans "pro" et "anti" Mermet (ce qui à mon avis n’a pas d’intérêt ni de sens), je reste mitigé.

    Ca ne répond pas aux questions de fonds que soulevait l’article d’Olivier Cyran : comment accepter ces pratiques managériales, un tel rapport de soumission et une pareille exploitation ? Si ça se passait dans n’importe quel boîte privée on trouverait ça inacceptable, mais comme c’est Là-bas si j’y suis et que c’est pour la bonne cause il faudrait accepter ça ? Passer l’éponge, ou faire comme si de rien n’était ?
    Au passage, Ruffin en vient presque à justifier la précarité : puisque les salariés passaient par une forme de précarité et que l’émission marchait bien, il ne fallait rien changer. Mais dans ce cas, pourquoi aller défendre tous ces précaires à travers d’émissions comme Là-bas si j’y suis, de journaux comme Fakir ?

    Bref, j’espérais un peu mieux venant de Ruffin.

  • Superbe plaidoyer pour le travail précaire et la confiscation des pouvoirs dans les mains d’une seule personne. C’est vrai qu’est ce qu’ils sont casse couilles ces stagiaires a pas bosser assez vite hein ? Franchement...

    On voit un autre François Ruffin au travers de ces nombreuses lignes. Enfin celui qu’on ne connaissait pas : satisfait de lui même et méprisant envers les autres. Ces ratés sans courage qui n’ont pas su plaire au gourou.

    Bref je vais encore une fois acheter Fakir ce mois ci mais avec un petit arrière goût amer dans la bouche.

    Je partage quasi entièrement la réponse d’Olivier Cyran par ailleurs.

    Peu de réponse sur les faits reprochés à D. Mermet en fait. Plutôt une acceptation de ces méthodes ultra-libérales.

  • une des rares personnes qui me permet de devenir plus intelligent
    ou du moins de le croire
    l’heure n’est pas à se déchirer mais bien au contraire à se rassembler
    Daniel, sa vie, son oeuvre
    gloire à lui au plus haut ...
    non je déconne

  • Bravo pour ce texte qui donne à voir la réalité de ce qu’est un collectif de travail militant. Rien n’est noir ou blanc et enfin un texte où les personnages ont une épaisseur humaine avec leurs travers et leurs obsessions.
    Ce qui est bien aussi avec ce texte c’est qu’il permet enfin de révéler le vrai visage de haine d’un Cyran (en commentaires). En plus d’être haineux et binaire, il croit visiblement dur comme fer que Val ouvrira sans problème un créneau pour une émission équivalente une fois que sa salissure aura porté ses fruits. Oui Ruffin a raison : "« On peut prendre les paris, mais ils vont remplacer ça par un truc culturel, en plateau, avec les faux impertinents des Inrocks et les chroniqueurs de Technikart. Ça leur coûtera moins cher, et c’est nettement moins risqué. »"

    Ou encore plus osé, un Fontenelle avec une Cholet... Jeune garde déjà vieille du diplo, aucun de vous n’a ne serait ce que le début de la constance qu’il faut pour porter un truc comme ça. Continuez de faire la chronique du 6eme arrondissement dans votre coin et arrêtez de nous pomper l’air.

  • Mazette !... Si Mermet ne sauve pas sa tête après une telle défense, j’me fais curé ! C’est vraiment une merveilleuse défense ! Difficile de faire plus vivant, plus charnel, plus fougueux ! Et plus subtil... Car l’intéressé apparaît plutôt comme une ombre à la lumière de l’expérience de l’auteur. En fin stratège, Ruffin ne s’avance pas à nous en faire un portrait en bonne et due forme : il nous le laisse deviner. Du grand art.

    Il m’apparaît ainsi que Mermet est un "personnage", c’est-à-dire un type hors normes, entier, à prendre ou à laisser. Pas du genre à s’amender, à composer, à tergiverser, à s’abaisser. Plutôt le genre à "déchaîner les passions".

    L’opposition avec "les médiocres", habilement introduite par le truchement de Cavanna, est déterminante dans ce récit. Son grand mérite est d’insinuer de l’incertitude là où le plus grand nombre aimerait pouvoir trancher facilement. Son grand défaut, c’est de "faire peu de cas" des victimes...

    Sincèrement, je pense que Mermet méritait ce texte, parce que la vie serait bien terne si des personnages de sa trempe ne venait la rehausser. (Là, j’intériorise l’argument de Cavanna.) Mais ce texte laisse le problème entier, car l’on ne peut faire fi des témoignages des victimes. Or, d’une part, elles citent à foison des manifestations de mépris, élément caractéristique du délit de harcèlement moral, d’autre part il n’est pas avéré que le mépris soit nécessaire pour "tenir à l’écart les médiocres". Si Joëlle Levert était vraiment une "médiocre", pourquoi l’a-t-il gardée plusieurs années ? Pourquoi n’a-t-il jamais eu avec elle ce que l’on appelle une "conversation franche" pour lui dire qu’elle ne convenait pas au poste ? Le recherche de l’excellence serait-elle incompatible avec la franchise ?

    J’ai beaucoup posté sur ArticleXI, m’attachant en particulier à récuser le terme de lynchage. Je vois que cette brillante défense me donne raison car, pour qu’il y ait lynchage, il faut qu’une exécution advienne avant que toute défense ne se puisse se faire entendre. Fakir et François Ruffin étant aussi réputés qu’ArticleXI et Olivier Cyran, il me semble que l’on est plus près du "1 partout" que du lynchage. (Mais Rue89 a trouvé le moyen d’ajouter un article qui n’apporte rien au débat, c’est très regrettable.)

    • "on ne peut faire fi des témoignages des victimes"

      Le mot de victime fait peut être parti du problème. Pour moi une victime c’est quelqu’un qui n’a rien choisi et qui subit de plein fouet. Quand j’étais étudiant en art j’ai eu plusieurs prof comme ça. L’un d’eux, particulièrement méprisant, m’a fait redoubler assez arbitrairement avec toutes celles et ceux qui avaient la malheur de devoir faire des petits boulots pour financer leurs études puis l’été suivant s’est suicidé. J’étais sa victime, la victime de sa dépression ? Non, j’avais choisi d’être là, d’avoir des profs, de dépendre de leur bon vouloir, avec les aléas que ça importe, parce qu’entre tous les chemins et les pressions associées qui s’ouvraient à moi, j’ai choisi celui là.

      Ce qui n’empêche nullement de dire que ce prof, ou Mermet pourraient se comporter mieux, éviter les dégats inutiles. Mais de là à en faire des aggresseurs, pardon, mais c’est assez sale, comme procédé. Je crois savoir que vous fréquentez assidument le blog de quelqu’un avec qui j’ai travaillé et contre lequel j’ai mes propres griefs, mais que jamais je ne dépeindrais ainsi pour autant. On est entre adultes, et ces jeunes reporter le sont aussi. S’il y a des abus, il y a les prudhommes, qui ne fonctionnent pas si mal. Si le dossier n’est pas assez bon pour les prudhommes, on devrait y aller molo sur les accusations infamantes à mon avis.

  • Ou comment justifier l’inacceptable, dès lors que c’est peinturluré en rose ou en rouge.

    J’ai connu ça à une époque où je me suis retrouvé salarié du CE (Cgt-Cfdt) d’une grande banque. Je devais avoir 25 ans et je suis tombé de l’armoire. Je n’ai depuis jamais rencontré pire employeur.

    La différence entre la gauche et la droite, c’est qu’au moins la droite assume ses saloperies en réclamant toujours ses baisses de salaires, ses suppressions de cotisations sociales et de droits acquis. La gauche tient le discours inverse tout en faisant la même chose. Pour la cause évidemment. On en a une nouvelle démonstration exemplaire depuis un an.

    Mamadou m’a dit, Mamadou m’a dit :
    "On a pressé le citron, on peut jeter la peau."
    Mamadou m’a dit, Mamadou m’a dit :
    "On a pressé le citron, on peut jeter la peau."
    François Béranger

  • Monsieur RUFFIN je ne vois pas l’utilité de ce texte.
    Vous vous etes cassé les dents à La bas si j’y suis
    J’avais déjà entendu de vous sur Amiens
    je lisais déjà Fakir avec distance, maintenant ma lecture sera des plus perplexe, quant à vos engagements à gauche

  • je le sentais bien comme ça le mec, mais merci à vous cher François pour ce complet et touchant portrait de mon anarcorigolard héros radiophonnique.
    D.

  • Bonjour,

    Ici Liège, Belgique.
    Je suis fan de Fakir et abonné. Je suis un fan ou je l’ai été, de Là-bas si j’y suis. Je lis le Diplo. Mais on ne me fera pas avaler des couleuvres, d’aucune chapelle.

    Ma première réaction ici : ce texte est trop long.

    D’entrée, je relève un piège classique  : "Nous avons mieux, plus urgent, plus important à faire que ces déchirements." Objection, votre honneur : les impasses historiques sont pavées de cet argument.
    Et plus loin : "Y participer efface, pour moi, tous les griefs." Non, rien n’efface "tous les griefs".

    On a compris que François Ruffin s’en est sorti - du système Mermet et d’autres aléas. Mais ça ne clôt pas le dossier.
    "La vérité se voit par les yeux des plus exploités", disait Sartre : il faut entendre ceux qui ont morflé, car tel est notre camp, tel est le camp de cette émission, et surtout, tel est le camp de son public.

    Cordialement.

    Guy

  • Je suis "Là bas" quand je peux depuis de longues années.
    La radio est mon amie depuis toujours, un vrai service public !
    Je retrouve, dans votre long témoignage, des renvois à des sensations que j’ai eues, des réflexions que je me suis faites ...
    Je vous ai donc lu avec attention, et je suis en accord avec vous et du coup avec moi-même.
    Et, je confirme, malgré le vedétariat, le cabotinage, Là bas, m’a offert entre les 2 oreilles, alors que je travaillais ou que je ne pouvais me documenter, d’autres horizons, d’autres gens comme moi, d’autres questionnements sur notre humanité...
    Pour tous ces moments de vie, je vous remercie vivement !!!

  • Merci de parvenir à rendre compte de cette complexité.
    Il y a la question des rapports entre individus et celle des rapports de l’individu au collectif. Mermet est donc très imparfait entre individus, il reste néanmoins important au collectif - ce que ne sera que trop rarement "ce patron du cac 40".

  • Bon, tu avoues que tu as servi de grouillot à un vieux bourgeois qui mange tous les soirs au resto, en faisant tous les jours à 15 heures le démago sur ceux qui bouffent des nouilles lui qui n’en mange jamais... Tu penses que c’est ça qui t’as fait homme ? Sérieusement ? Se faire sadiser avec complaisance par un patron pervers, parce qu’il faut en chier... parce que, on a toujours ce complexe du petit bourgeois qui ne sait pas ce que c’est la vie... Lui a bien su en jouer, la vieille carne...
    Pas un texte de toi, pas une conversation sans que cette obsession du petit bourgeois intellectuel ne revienne... Et les gens brisés, humiliés, c’est qu’ils ne sont pas assez forts n’est-ce pas ? Ils n’en ont pas assez chier ! Quelle est la différence avec ce que tu dénonces dans tes enquêtes ? Aucune, mais on ne touche pas à la chapelle sixtine !

    Je ne sais pas François si tu as eu la curiosité de lire, à la suite de l’article d’Olivier Cyran, le commentaire de Fabrice Pinte, qui a mis le pied à l’étrier de Mermet. il a montré comment Mermet est rentré à la radio, incapable de la moindre idée personnelle obsédé par son image, son ego, jaloux du travail des autres qu’il s’approprie, surjouant son côté baroudeur jusqu’à se faire faire une photo sépia à l’image de Cendrars. Pour moi Mermet est un gros blaireau, un bourgeois, un planqué... Il est tout sauf modeste et génial il ne mérite que le mépris comme n’importe quel petit chef... Et puisque tu es adepte des méthodes mao, je vous suggère toi et ton idole, un petit stage non rémunéré d’une décennie au moins dans les rizières d’Asie du Sud Est, lui ça le changera des restaux parisiens et toi tu pourras te flageller à loisir sur le bourgeois qui doit disparaitre en toi.

    Très déçu par cette grotesque loghorrée néo-stalinienne (selon les canons Jdanoviens)

    • " parce que, on a toujours ce complexe du petit bourgeois qui ne sait pas ce que c’est la vie... Lui a bien su en jouer, la vieille carne... "

      C’est exactement ça. C’est fou ces gens qui s’imaginent que se faire engueuler par un mec bourré, c’est faire l’expérience du peuple.

    • On est juste en train de refaire Citizen Kane.
      Y en aura pour en dire du bien, y en aura pour en dire du mal, et personne n’aura raison tout seul.

  • Un témoignage sincère, une reconnaissance envers celui qui t’a donné du travail, ouvert des portes et apporté une certaine notoriété qui te permet de faire des livres et de continuer Fakir ; (excuse le tutoiement que tu ne sembles pas apprécier, mais je l’utilise plus facilement, ce n’est pas pour dire qu’on est potes d’emblée, mais qu’on parle d’égal à égal, et parce qu’on est de la même famille, cela dit je vouvoie mon patron ce qui est pour moi davantage une marque de mépris que de respect)
    Tu exprimes le plaisir d’avoir travaillé pour cette émission mais aussi une prise de distance sans laquelle tu n’aurais pas pu tenir.

    Tu ne prends pas position sur le fond de l’affaire et tu te gardes de condamner ouvertement les pratiques de Mermet, (tu ne mords pas la main de celui qui t’as nourri comme il l’avait reproché à Joelle Levert) on comprend à travers ton témoignage qu’il ne doit pas être facile de bosser sous les ordres de ce bonhomme que tu décris comme un ogre (prêt à dévorer ses propres enfants ?)
    Toi même et d’autres subordonnés du grand chef n’avez peut être pas souffert parce que vous avez les ressources psychologiques et morales nécessaires, mais vous ne pouvez nier que d’autres ont visiblement souffert.
    Et toi comme les autres, préférez regarder ailleurs, ou même vous réjouissez intérieurement (comme tu le racontes) de ce qui arrive à ces collègues.
    Cette attitude est franchement dégueulasse, et si j’évolue dans un monde professionnel différent, ça ne me rappelle que trop mon quotidien où le patron divise pour mieux régner et où les exploités plutôt que d’être solidaires entre eux s’écharpent pour être les mieux vus et avoir les meilleures missions ou de petits avantages mesquins.

    Non tous les moyens ne sont pas bons pour parvenir à faire une bonne émission, il faut respecter l’humain avant tout.

    Et je ne supporte pas la souffrance subie au travail d’autant plus quand elle vient d’une personne qui se gargarise de défendre les faibles et les opprimés face aux puissants.

    Alors, oui Mermet a fait de bonnes émissions et éveillé les consciences, il a formé de bons reporters, mais ça n’excuse en rien son comportement.
    Et puis, Mermet, il a fait son temps non ?
    Lui qui donne la parole à ceux qui se battent pour préserver la retraite à 60 ans, et laisser la place aux jeunes, il ferait bien à plus de 70 balais de passer la main.
    Il finit par ressembler à ces dignitaires de trop nombreux pays qui s’accrochent au pouvoir jusqu’à leur dernier souffle.

  • Le témoignage de F. Ruffin ne répond pas point par point aux critiques d’autres reporters cités dans l’enquête d’Article11. A commencer par la précarité des collaborateurs, trop mal payés (l’un d’entre eux avait déclaré être payé 850 euros par mois, une autre 700 euros par mois pour un emploi proche du temps plein). Une précarité d’autant plus importante que Mermet est décrit comme un personnage tyrannique, n’hésitant pas à refuser de diffuser des reportages (et donc à payer les pigistes) pour des sujets qu’il a lui-même commandés. De cette précarité, Rufin ne dit mot : les 980 euros qu’il gagnait pour un reportage sont qualifiés de "pactole", et son statut d’intermittent ("1 500 € par mois au bas mot") est perçu comme un "eldorado". Était-ce le même traitement pour tous les collaborateurs de l’émission ?
    Cette réponse évasive est donc incomplete et décevante. Pourquoi cette omerta ? Pourquoi ce culte de la personnalité ? Tout cela est régressif et infantile de la part de personnes issues de la gauche critique et sociale. Shame on you !

  • Bon, vous avez bien fait.

    Même dans Fakir si c’était impossible ailleurs.

    Tout cela devenait étouffant, doute sur le bonhomme, doute sur les accusateurs, perdre la confiance peut être douloureux.
    Grâce à votre texte, on a l’impression de se faire une idée, l’impression que cette représentation tient debout, car les gens sont des humains, ni des monstres ni des anges.

    Parce que tout de même, merde, Là-bas, ce n’est pas rien. Alors cette sensation, comme de découvrir que c’était fabriqué en Chine par des enfants esclaves...

    Merci encore.

  • Chômeur, smicard et autres temps partiel, n’en a tu pas assez d’être un ou une médiocre, n’en a tu pas marre de ces flemmards qui te tirent vers le bas ? Ruffin et Mermet t’offrent la possibilité de libérer le winner qui est en toi.

    *Message sponsorisé par Pôle Emploi formation jeune avenir.

  • Salut à tous !
    J’ai écouté Mermet pendant 3 ans quasi tous les jours (étant au chomage cela etait possible et c’etait meme mon seul impératif quotidien !), mais j’ai pris mes distances il y a plusieurs mois maintenant, car je suis de plus en plus exaspéré par la ligne éditoriale de l’emission. Je ne crache evidemment pas dans la soupe, car LBSJS m’a apporté bcp et m’a ouvert les yeux sur de nombreux sujets, mais j’ai continué d’évoluer et de me documenter et je suis passé a autre chose, tout simplement. Du coup, je n’ecoute plus du tout cette emission, et je ne m’en porte pas plus mal !
    Il existe de nombreux journaux, sites internet et bouquins qui permettent d’aller bcp plus loin dans la reflexion que ce que propose Mermet en général. Ainsi, si LBSJS disparait, je ne vois pas en quoi cela serait un drame : certes, un espace de liberté disparaitrait de la grille de france inter...mais France inter n’est certainement pas la mieux placée pour héberger une emission dissidente, et il existe encore des espaces de liberté ailleurs ! Il y a une vie en dehors de LBSJS !

    Sinon, pour en revenir au sujet qui nous préoccupe, je ne vois decemment pas, à la lumiere de ce que vous racontez et de l’article XI comment on peut defendre les methodes de Mermet ??? A la question "peut-on faire de superbes reportages, etre une reference dans son domaine, etre un personnage reconnu, etc...tout en étant sur certains aspect un sale con ?", la réponse est bien evidemment oui ! Je suis en effet convaincu qu’il est possible d’avoir une conversation agréable et censée sur la musique classique ou sur la botanique avec de nombreux tortionnaires et despotes de ce monde...

  • Un long article pour enfoncer une porte ouverte. Il y a évidemment des collaborations avec Mermet qui se passent bien.
    Et on imagine mal Ruffin faire autre chose que son devoir de loyauté ici , son avis ( comme celui d’autres dans le même cas) n’est à cet égard que de peu d’intérêt, hormis pour réconforter ceux qui ont besoin d’idéaliser leur mentor.

    La vraie question est : Est-il acceptable , si les faits sont avérés , qu’un directeur ait ce type de comportements, qui plus est en contradiction avec ceux qu’ils dénoncent et qui font sa notoriété ? Pourquoi, quelles sont les conditions de travail qui permettraient ces dérapages et comment y remédier ?Voilà ce qu’on aimerait entendre de la part d’un journaliste ici ou ailleurs.

    F Ruffin aurait mieux fait d’expliquer que ses liens avec Mermet ne lui permettait pas de prendre parti.Une position honnête.Plus que de s’appuyer sur une pseudo-morale qui veut qu’on ne frappe pas quelqu’un à terre pour prendre sa défense et pire ,finir par lui rendre un vibrant hommage.
    F.Ruffin maintenant votre discours sera éminemment suspect , donnant encore une fois à penser que les journalistes sont tous dans le même ascenseur, celui qu’on se renvoit avec consensus ce que P.Carles dénonce dans les Nouveaux chiens de garde.

    • Vous confondez avec DSK, Hollande, Etc., les Nouveaux chiens de garde, ce n’est pas de Pierre Carles (qui à ma connaissance ne s’est toujours pas exprimé sur cette affaire, peut-être que "linge sale, "famille" toussa, ça lui dit quelque chose, à lui).

      Je vous conseille de jeter un coup d’oeil sur le site du film où vous verrez des liens renvoyant vers Fakir, CQFD, le Diplo, Là-bas, etc. À se demander comment tous ces gens (les mêmes qui se bouffent le nez en ce moment) ont réussi à bosser + ou - ensemble sur ce truc-là.

      http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/

  • Bonjour,

    En quoi ce récit serait une réponse à Article11 ? Article, lui aussi fort long, mais construit comme un dossier, et s’en tenant à son sujet, qui est d’accuser D. Mermet de harcèlement moral d’employés placés sous ses ordres.

    "Et j’avais bien raison : le bonhomme a des défauts gros comme lui, un employé averti en vaut deux. Mais il a des qualités à sa mesure."

    Allons c’est enfantin, cet argument ne vaut rien, il se démonte en 5 sec. Imaginez-vous en train de plaider un truc du genre "mon client a cassé la gueule à sa femme, mais par ailleurs c’est un père formidable".

    "Pourquoi tout cela devrait-il s’effacer derrière la souffrance, bien réelle, de quelques salariés ? Pourquoi ce malheur pèserait-il le poids du plomb, et le bonheur délivré, celui de la plume ? Pourquoi la balance serait-elle pareillement truquée ?"

    Parce que ni Mermet ni vous n’avez à produire le droit. Et en droit, on juge la faute. Si réparation il y a, ce n’est pas non plus à vous ni à Mermet d’en évaluer la forme et le montant.

  • C’est risqué, c’est pas bâclé, très humain... avec la conscience aussi qu’on aborde un sujet chiant qui peut faire des dégâts mais qu’on ne peut éviter. ça me fait penser que dans les différents maquis de la résistance il devait y avoir des chefs comme Mermet. T’es pas en train de parler d’une boulangerie mais d’une émission de radio dissidente dans notre France de 2013 et c’est sûr que même pour un archi précaire comme moi (12 années de cdd dans la fonction publique) ça ne me choque pas que l’ambiance soit celle que tu décris très finement. 1 partout la balle au centre. N’empêche que nos adversaires restent les mêmes et qu’ils observent chacunes de nos divisions.

  • Article intelligent, comme vous, M.Ruffin... D.Mermet est lui aussi prisonnier de sa condition. Toutefois, l’humiliation sous couvert de mélodrame, ça ne passe pas.

    Là-bas est une superbe émission, qui m’a fait comprendre beaucoup. Et je l’écouterai encore. Et je la défendrai.

    Mais les excès de M.Mermet démontrent que si une personne aussi forte est pleine de contradictions (comme tout un chacun), elle se doit de les réduire. Or, si un reporter n’est pas à la hauteur des attentes, pas la peine de l’humilier. On lui montre la porte ou on ne diffuse pas afin qu’elle comprenne.

    Dans le genre entier et bien plus convaincant, il y a M.Onfray ! D’ailleurs M.Mermet sera peut-être sa prochaine étude quant aux légendes construites autour des personnalités.

    Tout ceci représente le monde du travail. A Là-bas comme ailleurs, il y a les têtes qu’on aime et les autres. Les reporters arrivent et vous dites qu’ils n’auraient pas dû. Certes. Alors on le leur fait comprendre sans les inviter au resto pour ensuite les pourrir. On règle ça en tête à tête et basta !

    Et puis continuer à bosser à 70 ans quand on a bien vécu... Le boulot ça tient beaucoup de gens debout... Il est un peu président le Mermet. Et il préfigure les futurs vieux : à 80ans au boulot !

    Je comprends bien votre admiration pour ce type qui est un homme fin, cultivé et engagé. Mais encore une fois, pas la peine d’en rajouter en écrasant le reporter bobo qui pense avoir trouvé sa voie. Mermet n’est pas modeste, il a raison. Mais qu’il cesse de punir de trop. C’est sans aucun doute assez dur de s’entendre dire "tu n’as pas les épaules." Surtout pour les bobos.

    Continuez M.Ruffin et soyez fidèles aux sans grades. Ceux qui ne peuvent pas claquer 40 000€ pour refaire leur rez-de-chaussée.

  • En gros, si certains s’en sont pris plein la gueule, c’est parce qu’ils étaient nuls, contrairement à vous, bien sûr, dont l’ardeur à la tâche et le goût de l’effort rappelle les plus belles heures du stakhanovisme (mais sans partager le résultat avec les camarades, faudrait pas déconner).

    Sans doute est-ce votre incroyable virtuosité à manier les cliches qui permet de rendre compte d’un tel talent ; rien n’y manque en effet, du génie forcément dérangé et tyrannique ("il faut quelqu’un de spécial pour faire des choses spéciales") au néocolonialisme inconscient façon bon sauvage à l’égard de Dillah Teibi, qui travaille bien sûr n’importe comment mais de façon tellement fraîche et spontanée (qui sait, peut être sont-ils plus sages que nous, finalement, ces gens là ?).

    Où l’on voit, donc, que la relève des grands malades mégalos est assurée. Rassurant.

  • " Soyez surtout capables de ressentir, au plus profond de vous-mêmes, toute injustice commise contre quiconque en quelque partie du monde. C’est la plus belle vertu d’un révolutionnaire."

    Que tu sois prêt a accepter l’inacceptable pour toi de la part d’un "patron", fusse-t-il le GRAND Daniel Mermet, c’est une chose et elle ne regarde que toi et ton miroir mais, lorsqu’on se donne pour mission de dénoncer les injustices de ce monde, il faut aller jusqu’au bout de la démarche.
    Une belle et grande émission comme là-bas si j’y suis ne justifie pas tout, à commencer par la destruction des personnalités des gens qui y collaborent ni la remise en compte du droit du travail que vous me semblez défendre.
    Une sérieuse autocritique me semble nécessaire de ta part, camarade François ainsi que de la part du camarade Daniel si vous voulez continuer à paraître crédibles auprès de ceux qui se battront toujours contre les injustices, quelles qu’elles soient.

  • jai été stagiaire dans une émission de france 2, à travailler, des mois, avec une femme journaliste charismatique et pas commode.

    elle m’a appris beaucoup de choses.. elle n’etait pas forcement sympa ou gentille mais excellente professionelle..

    je me souviens qu’une de ses assistantes, pleurait le soir, n’arrivant pas à assumer le boulot, la pression.

    moi, j’etais stagiaire , je passais par là , j’allais pas rester.
    j’en ai touché deux mots à la productrice du mal etre de la collaboratrice qui n’allait pas bien.

    et le lendemain, les deux femmes étaient souriantes, apaisées..
    elles avaient discuté entre elles et avaient crevé l’abcès.
    la collaboratrice qui n’avait pas été ,jusque là, spécialement gentille avec moi, du coup, avait changé de comportement..

    et me remerciait ...

    tout ça pour dire que les relations dans le monde du travail sont difficiles.

    y a des faibles, des forts. des dominants, des soumis.
    des gens qui ouvrent leur gueules, des succeptibles, des motivés, des jean foutre...

    et puis des gourous qui ont le talent pour prendre l’ascendant sur les plus faibles.

    et puis d’autres qui ont tellement le melon que finalement, ça les embete pas si plus mauvais qu’eux , à coté, "coulent"..

    je me demande quand y aura eu la revolution , quels seront nos "chefs" ??
    les responsables du "comité de defense de la revolution" dans mon quartier..

    si ce sont des types comme mermet ou jlm , j’avoue que ça me fait peur.

    ou alors, il faudra que je sois comme ruffin.. dans les petits papiers..
    ’un petit soldat " du militantisme, qui avalera bien des couleuvres ... et fermera les yeux sur les derives sectaires des plus grandes gueules..
    dire amen...

    pourquoi les gens ne lui disent rien à mermet ?
    pourquoi ca devrait etre le seul, à ne JAMAIS se remettre en question ?

  • merci Monsieur Ruffin pour ce texte si riche et sensible. Merci de me faire découvrir un peu les coulisses de l’émission Là-bas si j’y suis que j’écoute depuis toujours mais sans imaginer les difficultés(qui font partie du métier comme vous dites) auxquelles vous avez du faire face tant sur le plan du reportage que sur le plan de vos rapports avec Monsieur Mermet.
    Bravo pour ce constat objectif et positif de ce qui a pu se passer dans l’équipe et d’inciter au calme plutôt qu’au lynchage.

  • Bonjour François,
    Si j’ai bien compris ton texte : on ne tire pas sur l’ambulance même si, parfois, elle écrase des gens. Mon dada, c’est les « risques psychosociaux en entreprise », quelques soient les entreprises. Tu as le droit de défendre « l’œuvre » de Daniel Mermet mais pas de cautionner ses méthodes. Et j’espère seulement que ce type de management n’est pas un exemple pour toi et que tu l’appliques à Fakir.

    Cordialement

  • Ce texte est la plus mauvaise défense qu’on puisse faire du cas Mermet. J’avais des doutes en lisant Article XI mais maintenant au moins c’est clair. Ruffin reconnait à peu près tous les faits : le harcèlement et le mépris pour ses salariés, l’utilisation de la précarité pour les exploiter bien à fond, le paternalisme, culte du chef...Pire, il les justifie ! En s’asseyant, sur tout ce qu’il défend par ailleurs :
    Les discours et les actes : l’autogestion ? La démocratie ? Non faut un vrai patron, c’est lui qui fait tourner la boite, coco ! Parce que ces jeunes diplômés, intellos, des feignasses ! Ce qui justifie bien son gros salaire, pas vrai ? Tu ne voudrais pas qu’il en reverse la moitié pour la cause aussi, la bonne blague !
    La sécurité de l’emploi ? Des CDI pour tous ? Mais mon gars, tu vas te retrouver avec plein de médiocres. Et puis sans la pression du chômage, ils n’avancent pas. S’ils ne supportent pas le stress, font des tentatives des suicides comme à Orange ou la Poste ? Ben, ils n’étaient pas vraiment faits pour ce travail, tu sais…
    Pas comme moi, hein ! Moi, je sais m’écraser, je ne bronche pas quand on me met plus bas que terre, je la ferme quand il faut, je regarde ailleurs et je repars au travail. J’encaisse mes 800 euros pour 80 heures de boulot hebdomadaire avec le sourire et même je dis merci. Moi, le patron m’a à la bonne.
    Après bonjour la grosse tête, et que je déballe ma vie, mon œuvre, moi le fils spirituel du grand Mermet !
    Et puis, surtout, la fin justifie les moyens ! Un peu de mal pour un plus grand bien ? On a déjà entendu ce genre d’argument. On sait où ça mène. Quant au plus grand bien, il est très discutable : quand on lit les commentaires, on est bien obligé de constater que ni LBSJS, ni Fakir n’ont grandement contribué à développer l’esprit critique. Le gars a beau l’avouer noir sur blanc, rien n’y fait. On est bien rassuré dans ses convictions premières, ouf on respire, on ne va pas remettre en cause Mermet quand même…On est même ému, on verse sa petite larme.
    Merci quand même pour les aveux (involontaires) et surtout merci à Cyran.

    • Oui, ce texte supposé s’inscrire en défense et illustration du cas Mermet est paradoxalement la pire défense imaginable de la cause de ce dernier, dont je suis pourtant politiquement absolument solidaire.
      Les faits, finalement - je dis ça sérieusement - on s’en fout, des affaires de personnes qu’on ne connaît pas dans des situation complexes.

      Mais Ruffin fournit là un TEXTE reconnaissant explicitement - et bien naïvement -cette logique de domination tout en la LEGITIMANT. Et la réalité de ce texte, contrairement à l’établissement forcément ténu des faits, est irréfutable...et ACCABLANTE.

      De petits entrepreneurs du spectacle exploitant la niche d’extrême gauche critique de la doxa, voilà ce que Ruffin nous donne à voir de son métier. Navrant.

      Vraiment je n’avais aucun a priori dans l’affaire, mais ce texte est à gerber.

      Difficile en effet de lire sans vomir les passages où l’ordre dominant est justifié par TAUTOLOGIE, où la vie humaine est fondée sur la SURVIE des forts et l’ECRASEMENT des faibles, et - le plus accablant - où la SERVILITE est érigée en VERTU - cf le passage où l’allégeance au maître est justifiée par sa rouerie vis-à-vis de la domination, là où l’élève édifié par le Maître s’autorise enfin à l’appeler "Daniel".
      Dégoulinant de complaisance servile. BEURK !

      VERBATIM :

      Là, le maître nous laisse signer un peu, notre nom est mentionné au moins en début et en fin de reportage. Mais nous participons à son œuvre à lui, qui cessera avec lui.
      Dès le départ, cette règle m’a paru claire.

      Règle "claire" donc légitime a priori ? Genre : "tu connais la règle, personne ne t’a forcé à signer"...typique du connard de droite.

      Il le sentait bien, le mec, qu’il était pas à sa place.
      C’était pas tenable. Il en attrapait des suées.
      Fallait qu’il plonge dans même potage que nous, qu’il se noie ou qu’il surnage.
      Certains ont surnagé avec brio, ont fait leur trou à Là-bas.
      D’autres se sont noyés.

      Discours de patron d’agence immobilière ou de VRP chez Ricard : la vie sociale vue comme un océan déchainé, où tu surnages ou tu coules...triple connard de droite.

      Alors que la pratique de ce métier réclame [...] que de la débrouille, de la ruse, du toupet.
      Et de l’endurance.

      Psychologie de base du gangster... la figure ultime du connard de droite.

      Qu’est-ce qui pousse Daniel, à soixante-dix ans maintenant, à tenir sa quotidienne, l’esprit préoccupé, constamment, toujours aux aguets d’un sujet ?

      La même chose que tous les vieux connards indéboulonnables accrochés à leur pouvoir, qu’ils soient chefs d’entreprise, patrons d’associations et de syndicats, élus politiques ou mandarins universitaires : le POUVOIR et les profits symboliques et matériels qui lui sont associés.
      DEGAGEZ ! On saura vous trouver des remplaçants...

      La délégation ne sera pas son point fort.

      C’est ce qu’on disait de Kim Il-sung.

      La précarité lui permet, objectivement, sans qu’il l’ait formalisé, sans qu’il ait conscience de cette violence, de tester les impétrants – contrepartie d’un recrutement ouvert, sans concours d’entrée. De trier les jeunots selon leur « talent », c’est-à-dire, pour l’essentiel, selon leur constance dans l’effort.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Contrat_nouvelles_embauches

      Mais dites-moi, ça nous a fait rigoler tous les deux, le coup de Juppé. On va pas le diffuser ?
      — Bien sûr que si. Pourquoi ? », m’a répondu Daniel avec flegme.
      J’ai commencé à écrire « Daniel », je me rends compte.
      Parce qu’à partir de cet épisode, c’est devenu Daniel.
      Je lui ai trouvé une rouerie et un culot rares, pour négocier dans les méandres de Radio France, pour défendre son collaborateur, pour y maintenir sa liberté. Et la mienne.

      Voilà le pire de ce texte et voilà pourquoi.
      L’apprenti est fasciné par le Maître qui lui semble "niquer" le pouvoir de l’intérieur : mais merde, est-ce que Mermet aurait duré aussi longtemps s’il représentait un QUELCONQUE danger pour ce même pouvoir ? Ruffin pêche-t’il par naïveté ou par pure bêtise ? Ni l’un ni l’autre, il contribue à l’édification d’un mythe - celui de Mermet - qui profite directement à l’édification de son propre mythe d’entrepreneur de media « critique » : celui de l’entriste supposément PLUS MALIN que le pouvoir auquel il fait pourtant complaisamment allégeance.
      Mentalité de KAPO, méprisable à tous points de vues.

      "Rouerie et culot", voilà des VICES instantanément érigés en VERTU au nom d’une "lutte" implicite, dont l’objectif ne semble pourtant pas mener ailleurs qu’à la glorification d’EGOS. Ruffin, le dénonciateur des "petits soldats" du journalisme, vient de se faire recruter sans s’en rendre compte comme sous-officier de l’ordre dominant.

      Quelle "liberté" a-t-il négocié dans l’affaire ?

      La "liberté" se négocie-t-elle ?

      Connard.
      Ou simple crétin.

      Comment peut-il croire - et faire croire aux autres - que c’est par un subtil mélange de servilité et de traitrise vis-à-vis de l’ordre dominant qu’il renversera celui-ci ?

      Qu’y a-t-il d’admirable dans cette réplique d’esclave qui croit se jouer de son maître :

      "—Bien sûr que si. Pourquoi ? », m’a répondu Daniel avec flegme."

      Rien.

      Car dans l’histoire, si l’on lit ce drôle d’aveu de Ruffin, c’est le pion Schneider qui a décidé. Mermet et son page Ruffin ne sont que des larves utiles - qui se croient plus malignes que le pouvoir qu’elles servent et qui les sert en retour en les autorisant à l’ouvrir devant de larges audiences institionnalisées...un comble pour des larves.

      Encore une fois, je ne parle pas ici des ACTIONS concrètes de Ruffin à LBSJS ou ailleurs, certainement utiles sur le plan politique, mais des motivations sous-jacentes de ces dernières qu’implique son TEXTE.
      Il suffit de le lire.

      Ce qui compte n’est pas le RESULTAT politique des discours et des actes, mais le PROCESSUS conduisant à une société juste. Il ne faut rien lâcher là-dessus, quitte à être INEFFICACE.

      Mermet et Ruffin ne sont ni MODESTES et certainement pas GENIAUX, ils sont avant tout INTERCHANGEABLES, et il l’ont oublié. Qu’il s’en rappellent et on continuera avec eux...sinon on fera SANS EUX.

    • @ Etienne.
      Vous dites : "Ce qui compte n’est pas le RESULTAT politique des discours et des actes, mais le PROCESSUS conduisant à une société juste. Il ne faut rien lâcher là-dessus, quitte à être INEFFICACE."

      Je pense que c’est ce type de raisonnement qui a favorisé la prolifération des clubs de macramé au détriment des collectifs EFFICACES, pour le plus grand bonheur de l’ultra libéralisme (le vrai).
      Et je parle en connaissance de cause…

  • Je n’aime pas particulièrement l’émission. La séquence du répondeur est une horreur. Votre papier est magnifique. Il parle d’engagement. Qu’est-ce que tu veux faire de ta vie ? Rester tiède ? Faire tes 8h par jour, au revoir, à demain, bon week-end ? Y aller à fond ? Combien en sont passés par là ? Et pas seulement dans le journalisme. Pas seulement dans les milieux de gauche. Ex. : mon boucher est gros beauf’. J’ai bien vu, il y a trois ans, ce petit apprenti qu’il faisait trimer. Hier, le petit jeune avait de l’assurance, il enchaînait les clients, il découpait, pesait la bidoche au gramme près. Il n’y en a pas beaucoup qui sont restés chez lui. Peut-être que le petit jeune est maso. Peut-être ouvrira-t-il bientôt sa propre boutique.
    Il s’agit d’artisanat à l’ère de l’industrie. C’est la réalité du terrain. Quand le type crache là-dessus, il crache aussi sur ces artisans qui se démerdent, qui sont pénibles, qui sont odieux mais qui luttent, à leur façon, contre le grand système. Tu as le restaurateur qui marmitonne 20h/24 pour 30 couverts, usant son bataillon jusqu’à la corde, mais en échange lui ouvre son carnet d’adresse, son livre de cuisine, d’astuces et d’ingrédients secrets. Et tu as le réchauffeur, qui enchaîne 500 couverts en ouvrant des sacs en plastique.

  • Pour les pauvres petites "fleurs fragiles" qui n’ont jamais connu le "chagrin" je conseille la lecture de ceci qui vient de sortir :

    http://www.sudouest.fr/2013/06/16/chez-amazon-une-armee-de-forcats-tenus-au-silence-1086654-4688.php

    Mais j’aurais pu citer beaucoup de pages parmi la longue liste des livres d’ouvriers et ouvrières racontant le chagrin (le travail). Georges Navel, Dorothee Letessier, Constant Malva, Marguerite Audoux et quelques douzaines d’autres.

  • Pour imagé, sensible, drôle ou touchant qu’il puisse être, le plus grand mérite de ce beau texte est de remettre simplement et honnêtement les choses à leur juste place, me semble-t-il.
    Merci François Ruffin.

  • Et gauchiste se répand dans les commentaires, encore et encore pour bien montrer qu’il a besoin de personne pour s’autocaricaturer(et démontrer sa bêtise).

    Dites, l’homme nouveau toussa, y’en a qu’ont essayé déjà, ca s’est mal terminé.

    L’un des plus rigolo c’est celui qui dit que mermet et ruffin ne font pas le droit.

    Bah oui eh patate, mais toi non plus t’es pas dans un tribunal ici ni au prud’homme, alors camembert.

  • C’est malignement joué de la part de Ruffin, cet article.
    Il ne répond pas aux points précis soulevés par l’accusation, mais via ce texte - qui joue sur un tout autre registre que celui d’article11 -, confirme à demi-mot ce qui y était dit, tout en abjurant Mermet en l’humanisant. Moi ça ne m’a pas convaincu.

    Je trouve en tout cas que cette polémique est une bonne occasion pour l’extreme gauche de réfléchir et de se rendre compte que non, le monde ce n’est pas "les méchants en face et les gentils de notre côté", comme dans les films holliwodiens.
    Dans tous les camps, derriere toutes les idéologies, tous les combats, il y a des gens, avec leurs contradictions, et qui ne valent pas forcément mieux parce qu’ils sont de l’un ou l’autre côté d’une barrière politique.

    Le cas de Mermet est juste particulièrement frappant parce qu’à l’antenne c’est le super-défenseur des opprimés et qu’aparemment c’est un horrible tyran au boulot.
    Mais la vie, c’est souvent comme ça. Dans son texte, Ruffin montre les mérites de la précarité, lui, le pourfendeur du libéralisme. Bah oui, parce qu’au fond, et malgré les slogans simplificateurs, rien n’est foncièrement bon ni mauvais.
    Il serait pas mal qu’un certain nombre à gauche s’en rendent compte, et laissent tomber les grandes idées toutes faites et les icones sur piédestal.

    A lire les commentaires, je trouve navrant de voir le nombre de gens qui passent leur temps à foutre les gens dans un camp ou dans l’autre ("nous" ou "eux"). Le premier déclare qu’Article 11 est un horrible média qui vaut pas mieux que les médias dominants, l’autre que Ruffin vient enfin de révéler sa face de traitre.
    Arrêtez de voir le monde en noir et blanc, "camarades", on s’en portera tous mieux.

  • Mermet pour LBSJS, Ruffin à Fakir, Discepolo a Agone... Et d’autres encore. Devons-nous accepter et taire le management pervers et autoritaire de ces grands chefs narcissiques au motif que la production de ces médias est utile ?
    En gros, cela revient à l’éternelle question : la fin peut-elle justifier (tous) les moyens ? Leurs défenseurs pensent que oui.
    Ils s’abritent toujours derrière la production de ces structures, réalisée dans des conditions humaines désastreuses, en contradiction totale avec les idées qu’elles défendent officiellement pour justifier l’injustifiable, ou faire l’autruche.
    Quelle tristesse !

  • L’article publié sur le site Article XI m’a vraiment laissé un goût amer, car il semble révéler un envers du décor, où la qualité des reportages semble se payer au prix d’une souffrance vécue comme insurmontable m’a été très pénible. La souffrance s’entend ici non comme de la frustration face aux contraintes, que l’on ressent tous à notre niveau dans une sphère professionnelle ou apparentée, mais que le plaisir au travail vient compenser, notamment sous l’angle de la reconnaissance, c’est-à-dire plus exactement de la reconnaissance par notre hiérarchie et par nos pairs, de notre contribution à l’organisation avec nos failles et nos doutes, ici en l’occurrence produire de bon reportage critique, qui permettent à la pensée des auditeurs de se mettre en mouvement.
    La souffrance qui est décrite pour les victimes de cette organisation semble relever d’une impossibilité à faire face à ces règles du travail implicites ou explicites à l’évidence délétère. Or, ce qui est ici décrit semble relever de ce que Christophe Dejours appelle une idéologie défensive de métier, au contenu fortement viril. ( voir Travail et usure mental, de Dejours). C’est ce qui pousse par exemple les ouvriers du bâtiment à monter sur un échafaudage sans respecter les règles de sécurité, au détriment de leur propre vie, afin de nier cette peur de l’accident et de la mutilation. Ici, ce qui a été qualifié de darwinisme social semble relever de ces stratégies viriles de métiers : il faut assumer d’avoir des couilles (je le dis sans machisme aucun) pour résister à la précarité, aux sautes d’humeur du patron, voulues ou spontanées, qui est alors vu comme un harceleur mégalo. Toutefois, on peut se demander si cette précarité est voulue par Mermet ou si elle relève du management de Radio France auquel Mermet contribue, plus qu’il ne faudrait d’ailleurs.
    La question est de savoir aujourd’hui si cette précarité et les pressions managériales sont bien à l’origine de la qualité de ces reportages, d’un point de vue artistique, et si cela en vaut le coût, d’un point de vue politique.
    Je passe mon tour quant aux règlements de compte Fakir - CQFD, pour savoir celui qui serait le plus à gauche : on trouve toujours quelqu’un de plus à gauche que soi pour taper dessus !

  • J’ai lu l’ensemble des commentaires, ici comme sur Article 11. Et, chez les partisans de « Daniel », je retrouve ce qui depuis des années me met mal à l’aise avec le répondeur : l’expression purement émotionnelle d’une imperfection que seul « Daniel » sait corriger.

    C’est exactement le rapport malsain gourou-adepte.

    Ben moi, désolé, mais s’il me fallait la tête sur le billot choisir une devise ce serait « Ni dieu ni césar ni Mermet ».

    (On reparle encore de lynchage de Mermet. Mais personne ne le lynche, on n’est pas sur fdesouche, tout le monde veut juste qu’il ait des rapports humains en cohérence avec les principes qu’il défend dans son émission. Et tout le monde souhaite que l’émission continue.

    http://tinyurl.com/67j7vy

    • @ Pierre-Marie Bourdaud

      Le commentaire aurait pu être intéressant, s’il ne perdait toute crédibilité en le faisant suivre par un lien commercial à votre propre gloire.

    • Cher cafard anonyme, si vous connaissez un écrivain qui ne cherche pas à vendre ses livres et donc qui n’en signale pas l’existence, faites-le empailler, c’est une espèce rarissime.

      Et si vous passez votre temps à cogner les gens qui renvoient en signature à leur blogue, ni plus ni moins écrits que ce que je fais, c’est que vous avez bien du temps à perdre : on trouve ça sur à peu près tous les forums, sans que ça suscite la moindre indignation.

      (..."un lien commercial à votre propre gloire" : n’hésitez pas à nous signaler ce qui, dans cette page d’éditeur, relève de l’auto-glorification. Qu’on s’instruise)

    • @ PHil :

      Un lien commercial dédié à ma propre gloire : non, juste mis pour signaler l’existence de mes livres. Mais n’hésitez pas à me dire quels mots et expressions seraient de l’ordre de l’auto-glorification de type mermétique comme, par exemple, "modeste et génial".

      Si vous connaissez un écrivain qui ne veut pas que ses œuvres soient lues, faites-le empailler, c’est un spécimen rarissime.

      Pour en revenir au sujet : j’ai hâte de lire la réponse de Mr Rufin aux textes de (entre autres) AirOne, Benjamin F.

  • http://www.dailymotion.com/video/x11nsid_rencontre-des-cafe-repaires-a-thorens-glie-res-en-mai-2011_news

    "...Je ne veux pas être de cette meute, ni aujourd’hui ni hier..." dis-tu , Ruffin, et je peux le comprendre, connaissant ton patron comme nous le découvrons tous dans un grand élan cathartique.
    Désolé mais je ne peux te suivre dans cette argumentaire complaisant vis-à-vis d’un homme qui agit en parfait contre-pied de ce qu’il prescrit chaque jour de la semaine sur les ondes...

    L’exemplarité doit être en matière de journalisme d’opinion ce que l’on exige par ailleurs des politiciens.

    Hollande poursuivant et renforçant la politique de Sarkozy me révulse plus ardemment que la politique de son prédécesseur.

    Mermet agissant en roitelet sur son petit cercle de courtisans , c’est abject et d’autant plus abject que l’on connaît le contexte de précarité qui régit le monde du journalisme.

    Nul n’est irremplaçable et continuer à défendre des pratiques qui déshonorent son auteur nuira à la postérité de ses avocats.

    Le débat est nécessaire car le silence est sans doute le pire des renoncements. Merci d’en proposer ici l’étalage.

  • Bonsoir,

    Ton texte me laisse un sale gout dans la bouche depuis que je l’ai lu, pas seulement parce que tu n’y parles que de toi et que tu "euphémise" ce que des plus fragiles que toi vivent, ont vécus très mal...

    Non.

    Tu fais avec simplicité le constat de la complexité du personnage, de tes rapports avec lui et un peu de ce que tu vois de ces relations avec les autres.

    Tu as "sauvé ta peau" bravo, mais en laissant aux autres le soin de se débrouiller de ce qui partout ailleurs que dans une émission « de gauche » s’appellerait des vexations, du mépris, de la manipulation, de la perversion pouvant produire le pire...

    Je ne crois pas qu’une émission quelque soit son importance mérite de survivre à toute cette maltraitance, ce mépris, cette violence diffuse, je ne crois pas qu’on puisse encore l’écouter après avoir compris comment elle se fabriquait.

    J’ai croisé deux fois Mermet dans ma vie et à chaque fois je me suis dis que c’était quelqu’un de dangereux, d’humainement dévastateur. Après le témoignage de Joëlle Levert en 2003, je n’ai plus jamais écouté « Là-bas si j’y suis ». Je ne l’écouterai plus tant qu’il y sera...

    Ton texte et sa signature collective m’attristent pour vous qui n’auriez pas hésité à en faire une émission si de telles pratiques avaient eus lieu dans une autre émission.

    Olivier

    PS : je vois mal comment je pourrais me rassembler avec vous dans « d’autres batailles plus essentielles » sans un certain malaise...

    Qui ne dis rien, consent...

    • Bonjour de Nîmes,
      Je voulais juste vous souhaiter beaucoup de courage, pour lire tout le forum, comme je viens de le faire ; car j’ai constaté, une fois encore, que les gens y vont avant tout de la projection de leur problème dès qu’une surface de réception s’offre à eux ! Ce que vous venez de faire...
      Et peu leur importe en fin de compte ce que vous dites et comment vous le dites.
      Pour ma part j’apprécie votre énergie, votre travail, qui bien souvent me fait marrer, et vous souhaite bonne route ! Un AMG, pas forcément abruti et hypnotisé par le Gourou parfois en courroux ...
      Gérard du repaire de Nîmes et Christine ...qui vous envoie leur amitié

    • En réponse à Olivier Aubert http://fakirpresse.info/Mes-annees-Mermet.html#forum1434

      > PS : je vois mal comment je pourrais me rassembler avec
      > vous dans « d’autres batailles plus essentielles » sans
      > un certain malaise...

      Moi je vois comment : en arrêtant de penser que les gens sont au choix la perfection incarnée ou des salopards.
      En admettant qu’aucun être humain n’est parfait, en apprenant à faire la part des choses, et à voir les nuances !
      En pensant que malgré une grosse divergence entre toi et F. Ruffin, vous vous rejoignez sûrement sur de nombreuses autres idées et actions !

      Mermet est à la fois le créateur d’une émission de radio importante pour la gauche, et un petit tyran aux méthodes bien pourries.
      Ruffin fait un journal intelligent et pragmatique, ce qui ne l’empêche pas en tant qu’ex-reporter chez Mermet avoir des oeillères grosses comme ça sur son ex-chef (comme quoi ce n’est pas toujours "de l’intérieur" qu’on voit le mieux les choses).
      De nombreux "militants associatifs" se comportent comme de vilains chefaillons, courent après le pouvoir et les honneurs, et pourtant font avancer leur cause en même temps !
      Les militants et sympathisants de gauche ne sont pas tous de gentils bisounours, certains tapent leur femme, c’est horrible, mais ça existe (et les coups font aussi mal venant d’un gauchiste).

      Dans cette "affaire" Cyran a complètement raison en théorie, mais en pratique rien et personne n’est à ce point parfait qu’on ne puisse pas lui reprocher quelquechose - d’infime ou d’infâme. Qu’on me comprenne bien : cela ne doit pas nous empêcher d’être exigeants, de ne pas sacrifier les moyens à la fin (comme l’a bien dit Cold Finger http://fakirpresse.info/Mes-annees-Mermet.html#forum1356 ), en ce sens l’article de Cyran fait du bien par où ça passe, surtout (j’imagine) aux journalistes passés par LBSJS avec moins de succès que Ruffin...

      Mais les gens qui ont absolument envie de trouver ici un méchant traître à la cause et un gentil plein de pureté, qui commentent soient outrés ("Ruffin gros traître je fous le feu à ma collection de Fakir") soient soulagés ("ah merci pour ce témoignage tellement tellement humain qui montre bien que Mermet n’est qu’un type un peu bourru"), hé bien ces gens ont là une belle occasion de réfléchir...

    • Merci aussi à Olivier Aubert et Pascal Martin pour leur témoignage. Quelles que soient la stature et le talent du fondateur de LBSJS, la souffrance et la maltraitance psychologiques (pour qui sait ce dont il s’agit pour être passé par là) qu’il fait subir ne sauraient simplement être mis sur le compte d’un tempérament hors norme pour farder un comportement inadmissible. Si M. Daniel Mermet s’est penché sur la souffrance au travail dans l’une des ses émissions, j’aimerais bien l’écouter.

    • Pareil pour moi, "un sale gout dans la bouche", je ne saurais mieux dire.

    • France Inter est une entreprise, et Daniel Mermet y est un petit patron. Dans sa branche, on s’efforce de fabriquer une émission de radio qui plaise aux gens à gauche de la gauche. C’est qu’il y a un marché pour ça.
      Il s’avère que le boss Mermet piétine allègrement les valeurs que la voix chaude de Daniel défend, et que chez les salariés de Là bas si j’y suis, on morfle sévère. Aussi sévère qu’ailleurs. Des esprits audacieux suggèrent que là au moins, c’est pour la bonne cause. Faut-il comprendre que ceux qui souffrent à produire le reste de la conso discount pour paupérisés et précaires, eux, le font pour une mauvaise, vu que quelques actionnaires se paient sur leur peau : alors que pour le même coût de vie perdue à ne pas la gagner, le boss de Là bas si j’y suis vous offre, pardon se contente humblement de cumuler gloriole révolutionnaire et salaire de cadre ?
      Ce tri des souffrances au travail, ça ne sent tout de même pas très bon.

      Là bas si j’y suis, c’est d’abord, et surtout, un produit radiophonique, de la radio, camarades ! Un truc qui se consomme comme les autres. Même si les consommateurs les plus enthousiastes se réunissent en Clubs d’amis du produit.
      Une partie de ses auditeurs tient donc avant tout à se faire bercer par la voix, à ces reportages sur ce qui se fait ailleurs, qui lui chatouillent si délicieusement sa conscience de gauche de la gauche.
      Ne lui dites surtout pas comment Là bas si j’y suis est fabriquée, elle ne veut pas le savoir, elle ne veut surtout pas y penser.

      Comme le chante Brigitte Fontaine :

      Ce sera tout à fait
      Comme à la radio

      Ce ne sera rien
      Rien que de la musique

      Ce ne sera rien
      Rien que des mots des mots des mots

      Comme à la radio
      Ca ne dérangera pas
      Ca n’empêchera pas de jouer aux cartes
      Ca n’empêchera pas de dormir sur l’autoroute
      Ca n’empêchera pas de parler d’argent

      Nayez pas peur
      Ce sera tout à fait
      Comme à la radio

      Ce ne sera rien
      Juste pour faire du bruit

      Le silence est atroce
      Quelque chose est atroce aussi

      Entre les deux c’est la radio
      Tout juste un peu de bruit
      Pour combler le silence
      Tout juste un peu de bruit

      N’ayez pas peur
      Ce sera tout à fait
      Comme a là radio

      A cette minute, des milliers de chats se feront écraser sur les routes
      A cette minute, un médecin alcoolique jurera au dessus du corps d’une jeune fille et il dira "elle ne va pas me claquer entre les doigts la garce"
      A cette minute, cinq vieilles dans un jardin public entameront la question de savoir s’il est moins vingt ou moins cinq
      A cette minute des milliers et des milliers de gens penseront que la vie est horrible et ils pleureront
      A cette minute, deux policiers entreront dans une ambulance et ils jetteront dans la rivière un jeune homme blessé à la tête
      A cette minute un ... français sera bien content d’avoir trouvé du travail

      Il fait froid dans le monde
      Ca commence à se savoir

      Et il y a des incendies qui s’allument dans certains endroits parce qu’il fait trop froid
      Traducteur, traduisez

      Mais N’ayez pas peur
      On sait ce que c’est que la radio

      Il ne peut rien s’y passer
      Rien ne peut avoir d’importance
      Ce n’est rien
      Ce n’était rien

      Juste pour faire du bruit

      Juste de la musique

      Juste des mots des mots Des mots des mots

      Tout juste un peu de bruit

      Tout juste un peu de bruit

      Comme a la radio

    • Alors pour résumer le texte que je viens de lire, on peut agir comme un gros connard de droite à partir du moment où on fait de grands discours de gauche.

      C’est le meilleur moyen pour tuer les idées de gauche. C’est exactement ce que fait le PS non ?

      Alors qu’on se casse le cul pour apporter des alternatives sur le terrain, concrètes et respectueuses de l’humain et de son environnement, pour montrer que ça marche, car oui ça marche, voilà qu’on nous explique ici qu’il faut jeter tout ça aux chiottes parce que pour réussir, pour être réellement efficace, pour avoir des lecteurs et des auditeurs (pour faire du business quoi), il faut se comporter en gros pourri (domination humiliante, écarts de salaires, précarité obligatoire, flexibilité, etc).

      Je n’écoutais qu’occasionnellement l’émission de France Inter et ne lisais que rarement Fakir. Je ne conjuguerai pas la phrase précédente ni au présent ni au futur.

  • @François Ruffin : votre très belle plaidoirie réussira-t-elle à rétablir Mermet dans ses prérogatives ? J’en doute fort, mais qu’importe, vous n’avez rien à regretter. Il fallait un avocat, vous avez pris la robe, et mouillé votre chemise pour lui. C’est tout à votre honneur.

  • la relation père-fils, tout un programme...
    raphaël, botticelli... des comparaisons modestes mais géniales sans doute... bref, n’aurait-on pas un peu le melon ?
    et quid des liens logiques ? je ne vois pas en quoi le fait que mermet mange beaucoup est sensé m’aider à me faire une idée sur la qualité des relations sociales au sein de son équipe... enfin bon, tant que les génies de gauche causent RH, la droite se prépare pour 2017.
    une auditrice qui apprécie les émissions de mermet mais doute fortement des arguments ci-dessus déployés pour justifier ce qui ressemble fortement à un management de petit chef.

  • Salut François,
    Puisque vous n’êtes pas pour le tutoiement automatique et moi non plus je vais vous vouvoyer.
    Je ne lis plus AII depuis leur cabale foireuse à l’encontre de LGS et l’affaire Guyet, c’est donc avec les plus grandes réserves que j’ai entamé la lecture de l’article de Cyran même si j’aime beaucoup ce qu’il fait, comme ce que vous faites avec Fakir que je suis depuis un moment au point que malgré mes moyens financiers limités, j’envisageais de consacrer la somme dédiée à mon abonnement que je ne renouvellerai pas à Arrêt sur Images* pour m’abonner à Fakir.
    Et je lis ce texte, honnête, qui ne tortille pas du cul, qui ne cache pas ce que vous en pensez, et le malaise me prend.
    J’avais envie de passer du site de Schneidermann au vôtre parce qu’ayant compris que les actes de son taulier n’étaient pas raccord avec le discours économique et social tenu (autoritarisme, pas de pub’ pour les collègues en dehors des médias mainstream et considérés comme concurrents, une condamnation aux prud’hommes pour licenciement abusif d’une pigiste, un black out constant des travaux de Pierre Carles, un SPIIL dévoyé qui fait du lobbying pour sa pomme etc...), je souhaitais trouver refuge ailleurs, un ailleurs correspondant à des valeurs de gauche, de solidarité, d’humanisme et de respect des autres.
    Et je tombe sur ce long plaidoyer qui, sans légitimer franchement des pratiques odieuses, explique l’excellence est à ce prix, et qu’on peut tout à la fois dénoncer des pratiques et, parfois, se les autoriser à soi-même tout en les imposant aux autres.
    De ce que je retire de Mermet, dont la personne m’intéressait assez peu, c’est que c’est un jouisseur. Et que j’y vois de l’indécence à parler de la misère des autres. On peut venir d’un milieu bourgeois, avoir une vie aisée, et ne pas supporter la misère. Je ne serai jamais choqué qu’un bourgeois parle de la misère. Mais un jouisseur, non. Comme l’a écrit La Mouette, il y a quelque chose d’insupportable à lire qu’un mec qui se fait péter le bide au restau en tyrannisant les petites mains vienne jouer les Guevara quand il passe la porte de son studio.
    Qu’un peintre, un musicien ou un sculpteur se comporte comme un salaud, ça me touche moins, parce qu’ils ne font pas leurs carrières sur des idées humanistes et de solidarité, Mermet si !
    Et que vous cautionniez ça, avec le boulot magnifique que vous faîtes, ça me laisse sans voix, désorienté, désespéré...
    J’aurais aimé m’abonner à Fakir, vous supporter, récompenser le travail de fond que vous faîtes à l’année, mais ce serait fermer les yeux sur ce que vous avez écrit et je ne peux pas. J’ai bien conscience que c’est une position confortable, et que dix fois par jour, j’achète des trucs à des types qui, pour les produire, ont usé des pratiques qui me révulsent, mais je ne le sais pas.
    Là, je sais, et en mon âme et conscience, ça ne passe pas.
    Tant pis, je doublerai ma cotisation à Acrimed, mais cette affaire démontre qu’au delà des discours, les "patrons de gauche" n’existent pas, un patron reste un patron.
    Erwan.

  • François,

    J’avais décidé de ne pas participer à ce débat ; mon courrier au syndicat Sud il y a un an et demi était une contribution suffisante. Des faits uniquement. Je préférais laisser le débat aux auditeurs, il leur appartient. J’y renonce à regret à la lecture de ta longue profession de foi (en forme d’épopée, bravo pour tes accents lyriques) à la gloire de ton patron, qui a brièvement été le mien.
    Parce que tu te permets de mentionner mon prénom au terme d’un paragraphe dans lequel tu décris « les intellos » « petit-bourgeois » de Là-bas si j’y suis, que celui que tu acceptes comme ton « père » aurait la faiblesse ou la naïveté d’embaucher, à la grande rage de son fils et disciple le plus dévoué. Des « fleurs fragiles », que tu « imaginais mal bourlinguer en banlieue, Nagra sous le coude, sortir les vers du nez d’un maire ».

    On ne se connaît pas François Ruffin, (tu connais d’ailleurs beaucoup mieux les autres reporters dont les témoignages sont repris dans l’enquête d’Olivier Cyran, que tu ne nommes pas – par crainte de les rencontrer avant moi qui suis aujourd’hui loin ?).
    On s’est croisé, le temps d’un voyage en RER, et quelques fois dans le bureau.
    J’étais pas au mieux de ma forme, Mermet m’avait foutu dans la merde, et je devais savoir comment j’allais vivre dans les prochains mois. Je te l’avais raconté, en écoutant aussi ton histoire. Tu ne m’avais pas prodigué de conseils inoubliables il me semble, et si tu m’as prévenu que Là-bas est un chemin de croix, ce dont je n’ai pas souvenir, merci du conseil fraternel, mais j’étais déjà pris au piège de la précarité made in Mermet, tu le saurais si tu avais un peu tendu l’oreille. A moins que tu ne sois sourd à certaines histoires.
    Mais si tu l’avais tendue plus attentivement, tu saurais aussi que ma famille est d’origine ouvrière et immigrée, qui ne m’a d’ailleurs pas transmis le goût de vénérer les maîtres et les patrons, mais plutôt de ne pas rester indifférent aux souffrances et à l’exploitation, quelles que soient ses formes, surtout les mieux déguisées.
    Tu saurais que la banlieue, j’y ai grandi, je n’ai pas besoin de m’en fabriquer une légende, et aussi longtemps traîné mon micro, tendu au maire, aux sans papiers, aux jeunes qui galèrent et qui se battent, croque-morts employés au noir ou manœuvres éternellement en intérim, à des vendeurs de patate au cul du camion, à d’anciens bandits – dis-moi, lesquels parmi ceux-là sont selon toi les bons opprimés et les mauvais faibles ?

    Je passe sur la thèse écrite alors que j’étais prof vacataire dans les ZEP puis dans une école d’éducation populaire en Haïti. Je sais maintenant qu’à tes yeux cela est très « petit-bourgeois », le désir de voir ailleurs, la construction d’une pensée exigeante. Je pensais pour ma part qu’un bourgeois est un individu qui aspire, consciemment ou non, à maintenir un système inégalitaire dont il tire avantage. Mais je dois être un peu trop « délicat ».
    « Petit-bourgeois »… un terme de Daniel Mermet utilisait avec soin pour culpabiliser ses reporters. La voix de son maître…

    Si tu avais écouté, ça t’aurait évité d’écrire des conneries. Mais je ne me doutais pas alors du mépris avec lequel tu me regardais (ainsi que d’autres de l’équipe), pas plus que je n’avais anticipé que les promesses – douces « pétales », écris-tu – d’un Daniel Mermet s’évanouiraient au seuil du bureau 528. Le problème n’est pas que Mermet m’ait « brisé » comme tu te plais à l’écrire, mais qu’il m’ait précipité dans la précarité après m’avoir proposé des conditions de travail honnêtes. Nos rapports se sont tendus dès mon arrivée, quand j’ai insisté pour qu’il me présente le contrat qu’il m’avait vanté (un travail, un contrat, un salaire, même si cela te paraît impensable pour un journaliste, ne me semblait pas un marché de dupe, c’est pourquoi j’avais accepté de quitter un pays, un métier, des projets professionnels et humains. J’avais fait ma route, sans rien demander à personne, avait déjà eu mon compte de précarité, et j’avais construit un projet, qui fonctionnait. J’avais surtout conquis une précieuse indépendance économique et une liberté de production, que Mermet m’a confisquées. Par méthode, comme je l’ai découvert. Il faut casser les petits nouveaux, leur enthousiasme et leur confiance, et observer s’ils sont capables de sortir la tête de l’eau. S’ils se noient, on ira en chercher de nouveaux. Ca fait peur aux autres et ça ramène la discipline. Un laboratoire de la sélection naturelle en milieu radiophonique, pas sûr que tous les lecteurs de Fakir et les auditeurs de Là-bas si j’y suis adhèrent.
    Pendant que New York était le théâtre d’un mouvement de contestation historique (« des petits-bourgeois qui veulent seulement retrouver leur niveau de consommation », disait le grand génie du journalisme que tu décris), que la Tunisie vivait ses premières élections libres après 23 ans (« c’est pas facile de reconnaître qu’on a pas gagné », avait-il sermonné deux jeunes tunisiennes inquiètes du résultat). Deux endroits où j’ai vécu, partagé des histoires, et dans lesquels j’avais des projets journalistiques. Mais mon apprentissage consistait à rester au bureau 528 à attendre que le patron arrive à 14h et qu’il écoute mes sujets à 19 ou 20h, bien qu’il ait déjà décidé de ne pas me laisser ma chance car « le courant n’était pas passé ». (Je crois que même à Koh Lanta ils n’oseraient remercier un candidat à ce motif.)

    Mais si jamais tu t’en soucies, j’ai repris ma route, je vais bien (merci) – aussi parce que ce j’ai pu dire à Daniel Mermet ce que je pensais de lui avant de partir – que ses pratiques sont dignes des patrons impitoyables qu’il fustige à longueur de temps dans l’émission qu’il produit. Crime de lèse-majesté, "Je suis le directeur de cette émission, on ne me parle pas comme ça", avait-t-il grondé. On entend ça aussi dans les coulisses de l’émission.

    Personne ne veut arrêter l’émission, François. Mermet aurait pu en sortir avec honneur en reconnaissant ses erreurs, préparer une suite que nous appelons tous, au lieu de laisser ses porte-flingues aller salir les sources de l’enquête. Mais si Là-bas tombait entre des mains comme les tiennes, je comprends que rien ne changerait. Le même désir de pouvoir mènerait la macabre danse quotidienne, où des gens comme toi regardent avec délectation d’autres se noyer, comme tu l’écris.

    Peu importe la déception avec laquelle je découvre aujourd’hui ce que tu as dans le ventre. Le plus dommage est encore qu’en surestimant ton intelligence (multipliant avec la verve d’un BHL les citations hétéroclites, Lao-Tseu, Kipling, Cavanna…) tu sous-estimes celle de tes auditeurs et lecteurs. Beaucoup ont rencontré et souffert de petits chefs, de manipulateurs et de leurs capos, en premier lieu au travail … et ne se reconnaîtront pas dans ton plaidoyer pour un état d’exception dans le code du travail dans l’intérêt d’un but (ou d’un être) supérieur.
    Maintenant je te connais François. Sache que notre prochaine rencontre se produira sous des auspices moins "délicats".

    Benjamin

    Je laisse à celui que tu désignes comme ton père spirituel le dernier mot, ou plutôt une envolée incantatoire extraite de son interview dans la revue officielle de la SCAM suite au prix décerné pour l’ensemble de son œuvre :

    "Les patrons dignes de ce nom te font confiance une fois pour toutes, ce qui ne va pas sans une bonne engueulade de temps à autre. Discussion franche voire musclée entre professionnels. Les mauvais patrons, ceux avec lesquels tu n’as rien à partager tant ils ignorent la radio, se maintiennent par la peur. Ce sont des imposteurs, ils l’ont intégré et te le font payer, en jouant sur la précarité de ton statut. Ils font planer sur toi la menace, diffuse mais continuelle, d’être viré ; contrairement aux patrons légitimes qui n’ont pas besoin d’un tel artifice pervers pour exister"*

    * http://www.scam.fr/Portals/0/Contenus/documents/lettres/A46.pdf

    • Message bien construit et détaillé, j’espère qu’il sera lu et compris par ceux à qui il s’adresse.
      Une pièce de plus au dossier de l’homme/chef Daniel Mermet... et non pas une "attaque contre Là-Bas" comme le pensent certains binaires. C’est bien en défendant les principes de Là-Bas, de Fakir et des autres qu’on les renforce.

    • Plus je repense à ce papier torchon de Ruffin plus je le méprise ! Effectivement cette invective vite donner de petit bourgeois n’a qu’un but dévier l’attention de sa personne ! T’as fais une connerie Ruffin et tu l’aurais fait tôt ou tard, t’as écris trop vite un papier qui vient du cœur et t’as révélé ta putasserie !

  • Bonsoir,
    je viens de m’abonner à Fakir que je trouvais d’excellente qualité mais je regrette déjà...
    Il est dur de nos jour de choisir des sources d’informations hors de la manipulation, de la simple bêtise et de la malhonnêteté intellectuelle et je crois comprendre que tôt où tard la mentalité révélée par ces propos sidérant viendra rendre caduc votre esprit d’analyse et votre esprit critique.
    Je ne connais pas Mermet, auditeur à l’occasion de là bas si j’y suis, je ne me prononcerai pas et n’ajouterai pas à l’opprobre qui lui est portée.
    Cependant vos propos sont tous ce que j’exècre en politique, inexcusable quand on se dit de gauche. La célébration de l’Ego, la nécessité de se trouver un père qu’on se doit de défendre comme un chien défend son maitre parce qu’on est soi-même atteint dans la définition que l’on se fait de nous même. Vous vouliez peut être vous identifier à un lion combattant le chaos du réel, vous vous êtes montré canin horrifié de tout perdre.
    J’ai lu le mépris des autres dans vos propos, ces médiocres...
    J’ai lu l’avidité de reconnaissance et la peur de l’impuissance, on n’est pas forcément médiocre si des centaines d’oreilles n’écoutent pas notre Ego. Ces gens qui s’énervent devant leur télé comme vous dites ont au moins l’envie, tout comme vous, de faire part de leur détresse mais que savez vous de leurs métiers, de leur apport à la société de l’impact de leurs actions...
    Ils sont médiocre parce qu’il ne parcours pas le globe ou même la France pour écrire et enregistrer. Ils sont médiocre parcequ’il pense peut être que leur métier est une pierre à l’édifice et qu’ils ne se sentent pas forcement l’âme d’un maçon.
    Vous vous regardez trop le nombril et vous vous fourvoyez en vous berçant de l’idée qu’on peut tout faire puisque qu’on est contre les méchants capitalistes
    Vous devriez relire Castoriadis que vous citez, il dit lui même que la solution à la barbarie est dans le collectif. Votre comportement, presque bientôt fier d’être un tyran, me semble bien emprunt d’hubris.

    Pour la qualité de ce papier, il semble loin de la réflexion nécessaire à un journaliste engagé à gauche, il ressemblerait presque à un journal intime MAIS on écrit ce qu’on veut après tout...
    C’est juste qu’on écrit pour être lu et on lit pour comprendre.
    Pour ma part j’ai compris.

    Merci de ne pas censurer pour ne pas en rajouter.

  • "Les papiers que je lis, en revanche, relèvent moins de l’enquête que de l’exécution, davantage de la vengeance personnelle que du souci de justice pour l’homme et pour son œuvre."

    Depuis que "l’affaire" traîne dans les médias, je sens le vent nauséeux de la démolition d’un type qui a le mérite d’exister...

    Merci François Ruffin de confirmer ce que je pressentais. Ainsi va le monde médiqtico-politique...

  • Ben, je ne sais pas quoi penser. Pour connaitre Brygho et avoir ressenti sa vraie souffrance bien plus que sa colere, je me dis que ton recit tres bien ecrit ne prend pas en consideration que Mermet peut reellement detruire. Alors soit, ca fait partie du bonhomme, de son caractere, d etre un bougre con...et ca n enleve rien a son talent ! Mais ce qui me sidere, c est qu il n aura pas reissi a federer une equipe au sens boble du terme ; autour de lui ! Aucune solidarite entre reporters, et ton recit le montre bien.
    Or, pour un defenseur de Lipp et autre magnifique entreprise et initiative solidaires, je me dis qu il est bien plus simple de dire : "regardez comme c est beau ce qu ils font", notre boulot de journalistes quoi ! Que d etre a l ebauche de la societe qu on defant en egrenant nous memes dans nos propres vies les valeurs de cette societe.
    Il m est intolerable de voir et savoir la souffrance au travail d un journaliste aussi pertinent que Brygho !
    Mais de savoir que ca se passe chez Mermet, ca fait d autant plus chier !
    A Mermet, on demande la perfection humaine tant son emission revendique ca chez tous ses interviewes...
    On a de la chance nous journalistes, on fouille la merde chez les autres...c est peinard !
    Sauf que, c est pkus dur d’ etre a la hauteur de nos idees...ca s appelle l integrite...

  • Salut François

    Je me souviens quand tu avais publié "Les petits soldats du journalisme", d’une tribune pathétique d’étudiants du CFJ, en pages rebonds de Libération, pour défendre leur bout de diplôme sur lequel tu t’étais un peu essuyé les pieds.

    A ton enquête accablante, ils te répondaient en substance, "notre école n’est pas parfaite, mais celle que décrit François Ruffin n’existe pas". A la lucidité de ta critique, ils opposaient le déni, probablement pas prêts à voir le résultat leurs efforts pour atteindre cette école prestigieuse dévalorisés par ton travail.

    Tu avais alors habilement fait remarquer dans ton droit de réponse que la tribune en question n’était même pas signée de la moitié des étudiants.

    Comment ne pas voir aujourd’hui une troublante symétrie dans le renversement de situation ?

    Aujourd’hui le déni, c’est toi qui le porte. Et avec toi quelques maigres soutiens (largement moins que la moitié de l’équipe pour le coup…).

    Ramener tes collègues à leur fragilité, individualiser la souffrance pour excuser des méthodes de salauds, faire de problèmes collectifs des problèmes personnels, c’est un procédé patronal bien rôdé. Ça rappelle les méthodes des DRH de chez Orange pendant les vagues de suicides (il y a justement une émission de Là-bas là dessus…).

    Allez François, t’es un bosseur, il est pas trop tard pour le reprendre ton papier.

    Bien à toi
    François

  • Je suis Agnès Le Bot, "cheffe" du répondeur pendant une saison en 2009-2010, attachée de production (i.e. assistante) de "Là-bas si j’y suis" les deux années suivantes.
    J’ai hésité à répondre au papier d’Olivier Cyran. Cela ne servait à rien me semblait-il, les faits seraient encore "tordus", mes mots mal compris, retournés contre moi. C’était aussi une de ces querelles de clochers dont je me sens on ne peut plus éloignée. Il y avait également la peur de ne pas savoir m’exprimer. Et un sentiment de ne pas être légitime aussi, puisque je ne travaille plus à France Inter.
    Mais j’ai continué à regarder ce qui s’écrivait ici ou là, la pseudo "enquête" de Rue 89, certains des commentaires sur les différents sites. Et qu’est-ce que je n’ai pas lu sur moi ces jours-ci ! Je suis donc "lobotomisée", entrée dans "une équipe à caractère sectaire" au sein de laquelle je détournais la tête lorsque d’autres "se faisaient démolir", et dont je serais ressortie à la fois comme "les soldats de la Légion" et "terrorisée" à l’idée de parler de cette expérience. N’en jetez plus !

    Si je veux écrire maintenant c’est aussi parce que je suis frustrée de ne pas avoir parlé dans ces papiers. Pas parce que j’avais peur mais pour une raison très simple : personne ne m’a interviewée, ni même contactée. Ils ont réussi à retrouver "Eve" et "Mauranne" mais pas moi. Pas plus qu’aucun des anciens ou actuels membres de l’équipe que je connais. Une soixantaine de personnes passées à "Là-bas", cinq témoignages. Bonjour l’enquête contradictoire.

    Il y a aussi quelques faits, rapportés comme des preuves irréfutables, qui m’ont effarée.
    Les salaires des reporters par exemple. Comptez donc. 927 euros par reportage, deux reportages sans les indemnités de l’intermittence : 1 854 euros. Ou un reportage et les 1 500 euros par mois de l’intermittence, selon François Ruffin : 2 427 euros par mois. Vous gagnez ça, vous ? Pas moi.
    Le répondeur qui ne serait pas un mi-temps ? L’année où je le faisais j’étais également attachée de production remplaçante pour la Matinale de France Inter et je faisais le montage pour les reportages à l’étranger de "Là-bas si j’y suis".
    Alors là oui je peux vous dire que c’était des conditions précaires : trois boulots pour avoir un salaire, quelques jours de 5h du matin au soir. Mais ce n’était pas le fait de Daniel Mermet. Vous croyez quoi, c’est comme ça partout dans les medias : piges, cdd à répétitions, faux intermittents du spectacle. Allez disons presque partout en espérant très fort trouver la jolie boite qui fait exception à la règle, un jour !

    Pour revenir à "Là-bas", il faut que je prévienne, moi je ne parle pas depuis un bord politique. Ma politique c’est la radio et le journalisme, les faits. Bien sûr je suis "sympathisante ", mais pas militante. Du coup je comprends que les libertaires voudraient que "Là-bas " soit plus libertaire, les communistes plus communiste, les … enfin bref, nous sommes sûrement nombreux à vouloir que "Là-bas " nous appartiennent, mais ce n’est pas le cas.

    Moi, donc, je suis arrivée pour la radio. A Inter depuis trois ans, je voulais devenir monteuse. J’ai commencé à le faire sur des émissions de la grille d’été, mais c’est à "Là bas" que j’ai réellement appris ce métier.
    Pour ça il me semble que je n’ai pas ménagé ma peine. J’ai travaillé tard, tôt, beaucoup. Ce n’était pas le bagne hein, les gens étaient compréhensifs et mes heures étaient payées (et mieux que dans mes postes précédents). Mais j’ai raté beaucoup de montages, recommencé à zéro, Giv, Antoine, Khoi ou Raphaël ont du me réexpliquer vingt fois les choses. Bref j’ai appris, c’était long, c’était difficile. Et c’était exactement ce que je voulais : pas par masochisme, mais parce que l’artisanat c’est ainsi, il faut prendre le tour de main et ça ne se fait pas en une semaine.
    C’est Khoi, le réalisateur, qui me l’a dit après mon premier vrai montage, qui n’était même pas diffusable : on ne peut pas y arriver du premier coup, c’est comme pour tout, il faut accepter d’apprendre.

    J’ai eu mes séances d’écoute avec Daniel. La première des messages du répondeur par exemple, ma première fois assise à côté du bureau de Daniel. Il m’a dit "C’est mal monté". C’est tout. Et bien c’était vrai.
    Puis plein d’autres après, pour les reportages qu’il faisait à l’étranger avec Giv ou Antoine. C’était différent des écoutes dont parle François : moi ce n’était pas mes questions que j’avais coupé, c’était les siennes. C’est un truc que les journalistes détestent ça, les monteurs qui se permettent de couper leurs si belles et intelligentes questions. Avec d’autres d’ailleurs ça c’est parfois très mal passé. Daniel m’a dit que ça n’allait pas, parfois. Et parfois que c’était bien.

    Qu’on se comprenne, Daniel ce n’est pas un gentil monsieur tout en rondeur. C’est une forte personnalité, qui s’entoure de fortes personnalités. Dans le bureau 528, pour faire entendre sa voix, il faut y aller. Pas "mettre ses couilles sur la table", non, je suis bien contente de ne pas en avoir. Il faut prendre son courage à deux mains, s’exprimer, être plus intelligent que son prochain, convaincre Daniel. Ne pas s’écraser devant lui. Il ne faut pas être tiède. Mais j’ai tendance à croire que dans la vie en général, il ne faut pas être tiède.

    Donc, au sein de l’équipe de "Là-bas si j’y suis", j’ai appris le montage, j’ai appris le direct, j’ai appris la radio. Et j’ai appris l’engagement aussi, beaucoup de choses sur la politique, l’économie, l’histoire, moi débarquant petite fille qui se croyait cultivée parce qu’elle savait épeler le nom de Chomsky.
    J’ai appris à m’exprimer, à (essayer de) m’imposer, à échanger. J’ai rencontré des gens formidables, reçu de l’amour et de l’amitié, et puis d’autres que j’ai moins aimé, avec qui je n’irai pas boire un café. Comme partout où je suis allée. Je me suis tapée des heures très longues et j’en ai vécu d’autres plus légères. J’en ai eu marre, j’ai été fatiguée, j’ai été remotivée, j’ai été heureuse. Comme dans mes autres boulots.

    Et puis j’ai vu des reporters rivaliser entre eux, j’ai vu des gens que j’appréciais ne pas s’entendre avec Daniel et d’autres membres de l’équipe, j’ai vu des querelles internes, des avis qui divergent, des gens qui envoient tout valser, des nouveaux qui veulent apprendre, et qui à leur tour trouvent cela long et difficile. Comme dans mes autres boulots.
    J’ai vu également la reporter qui témoigne dans le papier de Cyran. J’ai vu avec Daniel et elle deux personnes qui ne se comprenaient pas du tout tenter de travailler ensemble. Oui j’aurais du comprendre que la situation s’envenimait, que cela allait mal se terminer, que chacun se retranchait sur ses positions, que tout le monde était malheureux. J’aurais du lui dire qu’elle serait plus heureuse ailleurs, pas parce qu’elle était médiocre, du tout, pas parce que Daniel était un tyran, mais pour la même raison que moi j’ai été malheureuse parfois dans d’autres équipes : parce qu’il me semble qu’ils ne parlaient pas le même langage.
    Je regrette de ne pas l’avoir fait.

    Pour les autres témoignages, j’étais déjà partie lorsque Benjamin Fernandez est arrivé. Eve et Maurane étant anonymes, je ne peux pas savoir qui c’est et donc ce qu’elles ont vécu.
    Quant au témoignagecde Julien Brygo, je suis circonspecte. J’étais là et je m’étonne beaucoup qu’il n’ait pas été payé pendant six mois, alors que ces reportages étaient diffusés. Je m’étonne qu’il ne se soit pas senti soutenu, vu le travail qu’ont fourni pour ses reportages le réalisateur, l’assistant réalisateur et Daniel. Je m’étonne du récit qui est fait des deux dîners racontés dans l’article. L’un parce que j’étais là. Et l’autre parce que je n’y étais pas mais Olivier Cyran oui. Je ne dis pas que cela veut dire quelque chose, sa présence, mais que taire ce fait est étrange, à mes yeux.
    Mais je ne gérais pas les piges, les salaires, les heures de montages, je n’étais pas de tous les dîners, je n’ai donc pas les éléments concrets en ma possession, ce qui m’oblige à attendre les conclusions de l’enquête du CHSCT, qui pour l’instant semble bien circonspect, lui aussi et à me taire, en attendant.
    Mais cela ne m’oblige pas à considérer son témoignage comme tout à fait honnête. Du tout.

    J’avais imaginé que je voudrais aussi raconter le Daniel que je connais. Vous me pardonnerez, j’ai ma pudeur. Simplement le portrait qu’en fait François Ruffin est juste. Daniel n’est pas un ange. Je suis contente de ne pas en être un non plus. Mais ce n’est pas un monstre, un sadique, un tyran, un pervers narcissique... je ne sais même plus ce qui est dit, tout ça me semble si fou.

    Ce que je garderai toujours en mémoire, en plus de toutes ces choses que j’ai apprises en parlant avec lui, Charlotte, Pascale, Khoi, Giv, Raphaël ou Antoine, c’est ce qui est décrit dans ces quelques lignes : "Il est dix heures du soir et je quitte le bureau, quasi-désert. Plus aucun bruit au cinquième étage. Juste la sonnerie de l’ascenseur. « Bonne nuit, Daniel. » Il ne reste que lui, sous un petit halo de lumière. Il épluche les courriels de ses auditeurs, ou il prend des notes dans ses carnets, ou il appelle Daniel Bensaïd. Mentalement, je le photographie, avec nostalgie déjà : c’est un morceau d’histoire au présent que je contemple. Et je me demande : qu’est-ce qui le fait courir, encore ?"

    Il faut de l’endurance pour travailler à la radio en général, il faut de l’endurance pour travailler à "Là-bas si j’y suis". Et lui il en a. Plus que moi, plus que beaucoup des gens qui sont passés à "Là-bas", sûrement. J’espère sincèrement qu’aucun de ces commentateurs ne parviendra à le décourager.

    Car je lis un peu partout "Que Mermet passe la main". Il m’arrive parfois de me dire qu’il faudrait qu’il le fasse. Pour lui, pour qu’il profite plus des gens qu’il aime, pour la vie quoi. Mais il a raison de continuer, tant que la direction ne l’en empêchera pas définitivement.
    Pourquoi ? Parce qu’il ne peut pas passer la main, justement. Vous croyez qu’il a quelque chose à passer ? Vous croyez que France Inter, à son départ, va s’embêter à garder "Là-bas si j’y suis" ? La relève, à mon avis elle est déjà quasi programmée, et je mets ma main à couper que vous allez déçu, si vous vous attendez à ce qu’un autre "Là-bas" existe, après. Écoutez donc l’antenne...

    En conclusion, ce qui est attaqué ces jours-ci c’est l’émission que Daniel Mermet a créée, c’est lui, mais c’est aussi moi, mon travail, ma personne, ce que j’ai fait et été pendant ces années. Et quand je vois comment c’est fait, pour le coup c’est ça qui me terrorise.

    Agnès

    • Merci Agnès d’avoir pris le temps de répondre, car l’entreprise de démolition de Cyran repose en grande partie sur ses accusations de complicité de la part de gens comme toi. Dès le début j’ai eu le sentiment diffus qu’il cherchait avant tout à se faire Mermet, pourquoi ? Ambition, jalousie, frustration... va savoir. Mais comme tu le dis, le plus effrayant est l’absence totale de prise de recul, la condamnation sans démarche contradictoire ect... Le bal du tribunal révolutionnaire des gauchos, inquiétant...

    • Personne ne cherche à se faire personne...cependant, il est évident que personne n’est à l’abri de se faire juger pour ses actes, alors que cette même personne représente totalement ce qu’il n’est pas...
      Il est dur d’en mettre dans la gueule de Mermet. Il peut fermer tous les verrous...Et Cyran est sacrément couillu, tout comme Julien est bon d’avoir parlé de tout ca...Mille voulaient le faire, peu le feront...Julien a été détruit...et ça se comprend, aussi parce que Mermet on idéalise, alors on veut surtout pas savoir qu’il agit en véritable chef d’entreprise.
      Ben il faut se faire une raison, on peut faire de belles choses, et être un con ! Sinon, tous les mecs qui bossent dans l’humanitaire sont géniaux, et les mecs qui fabriquent des prisons sont des fins connards...
      L’émission est chouette, mais elle l’est beaucoup moins désormais...Alors que faire ? Continuer à l’écouter par solidarité aux reporters qui donnent leur âme, leur argent à faire éclater de beaux sujets ? eteindre sa radio car on ne peut être solidaire voire complice de ce management honteux...Je suis directrice de radio, il m’arrive de devoir revoir les sujets de mes collègues, mais jamais de les trouver nazes, de les humilier ou les insulter...parce que, je sais qu’ils ont fait de leur mieux, le plus souvent...et parce qu’être directrice de radio ce n’est pas être chef, c’est être fédérateur d’une équipe...Ma radio n’apas la prestance de France inter, c’est peut être pour ça...Mais putain, que cette liberté d’être une radio libre, sans aucune dictature, ni coups de gueule destructeurs nous est chere...Mermet a fait du bon boulot, mais s’il l’a fait en détruisant des générations de journalistes, alors, il n’a finalement pas tant de talent...
      Je suis abonnée à Fakir, ma radio aussi, j’ai lu tous les Ruffin je crois...et j’estime faire partie du journalisme indépendant...Mais je ne tolère pas que pour faire notre métier, sortir de l’info, il faille instaurer la peur, la terreur dans nos journaux et autres medias...Bonne continuation à tous...courage à JUlien, que je sais détruit, et Bravo à Cyran...depuis bien longtemps, tout le monde savait et personne n’osait écrire sur le grand Mermet...Longue vie aux medias indépendants et libres, et reprenons nos plumes pour lutter contre les autres problèmes sociétaux, politiques qui détruisent nos vies...

    • Pour ne pas désespérer Laure.

      Affaire Mermet, « Là-bas si j’y suis » : les origines du mal

      (Communiqué du SNJ Radio France, 10 juillet 2013)

      Non, le CHSCT n’a pas terminé son enquête interne sur l’émission Là-bas si j’y suis.
      Non, les syndicats n’ont pas abandonné les collaborateurs de ce programme.
      Oui, il y a des problèmes de management qui durent depuis longtemps, trop longtemps, mais pour juger des dysfonctionnements de l’émission, il faut aussi comprendre l’origine du mal.

      Pratiques inacceptables

      L’enquête du CHSCT devait rester confidentielle. L’affaire est maintenant sortie dans la presse et les auditeurs vont être déçus. Sans doute auront-ils du mal à le croire, mais il se passe des choses que nous considérons inacceptables dans le bureau 528 de France Inter. Rapports de travail compliqués et sous tension, reportages commandés non payés, plusieurs témoins ont eu le courage de dénoncer ces dérives… enfin.
      Car Radio France connaît depuis longtemps la manière ce qui s’y passe. Déjà en 2004, l’intersyndicale dénonçait dans un tract la précarité version Mermet. Alors pourquoi la maison ronde a-t-elle laissé faire ? Sans doute parce que jusque là, ça l’arrangeait. Et que les résultats d’écoute sont toujours là, malgré le déplacement de l’émission à une heure de moindre écoute.

      Si le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail) n’avait pas décidé de mettre un terme à ces pratiques, Là-bas si j’y suis continuerait aujourd’hui de ronronner et de faire souffrir des cachetiers. Mais il y a un an et demi (janvier 2012), les élus décident de mettre un coup de pied dans cette fourmilière bien installée. Par un vote à l’unanimité des six syndicats, une commission est créée autour de Là-bas si j’y suis.
      Et là, premier couac : à peine lancée, l’enquête interne, pourtant secrète, se retrouve sur Twitter. Qui a révélé l’affaire, au risque de porter préjudice aux témoins qui ont dénoncé les agissements de Daniel Mermet ? Sans doute quelqu’un que cette enquête a fini par arranger, pour se débarrasser de Là-bas si j’y suis. Ce sentiment de manipulation a évidemment compliqué la tâche des élus, qui ont pourtant été au bout des auditions. Mais après avoir décortiqué les « méthodes Mermet », force est de constater que s’il y a souffrance au travail, c’est que la situation à Radio France le permet.

      Radio France : la précarité instituée

      Comment en effet bâtir une émission quotidienne avec des reporters qui couvrent les quatre coins du monde, un animateur star et un budget rikiki ? France Inter peut-elle continuer de diminuer les budgets et les équipes des émissions d’année en année, tout en demandant que le résultat antenne, lui, reste de la même qualité ? Pourquoi Radio France laisse-t-elle des producteurs se comporter en chefaillons avec leurs collaborateurs sans vérifier ce qui se passe dans les bureaux ? Enfin et surtout, comment accepter que la Maison ronde cumule et accumule des strates de précarité : ici, les reporters de Mermet sont des intermittents, payés au lance-pierre, au reportage. Journalistes, mais rémunérés au cachet alors que les rédactions,elles, payent leurs précaires en pige ou CDD, pour le même métier.

      Des réponses demandées à l’unanimité

      L’enquête en interne suit son cours, et malgré trois présidents successifs du CHSCT Paris Ile de France en moins d’un an, les élus tiennent le cap. Le 1er juillet dernier, ils ont redit leur inquiétude de voir les travaux d’investigation suspendus au gré des présidents. Ils ont demandé à l’unanimité que l’enquête soit menée à son terme. Ils ont également exigé de la direction qu’elle s’engage fermement pour mettre fin à ce système institué de précarité.
      La question n’est absolument pas de déboulonner une émission culte de Radio France, ou son animateur. Les dernières informations dont nous disposons prouvent en partie que les élus du CHSCT avaient raison de s’inquiéter d’être manipulés : il est possible que Là-bas si j’y suis perde une journée de diffusion dès la rentrée… et donc une journée de travail en moins chaque semaine pour les reporters de Daniel Mermet.
      Non la question est plutôt de savoir comment sortir de ce système d’exploitation des cachetiers. Le fonctionnement de Là-bas si j’y suis n’est pas isolé dans le paysage radiophonique. D’autres émissions pourraient être accusées d’exploiter aussi à outrance leurs collaborateurs.

      Le SNJ Radio France, membre du CHSCT

      10 Juillet 2013

    • Syndicalistes continuez votre boulot ! Faites le avec la rigueur qu’il faut et dénoncez lorsque les patrons ne respectent pas la loi , surtout lorsqu’ils sont pourris et même pas charismatiques et encore plus quand ils sont hyper charismatiques...car quand même pourris humainement quelque part (ou Là bas..)

      Dire,écrire que les grands Hommes ou Femmes pour être des personnalités doivent être du coup pas commun ( on s’en doute) et donc avoir un caractère tenace,pugnace,de "salopE"...Je ne suis pas pour cette thèse ( apprécier l’oeuvre de Sade,Céline,Sartre et mettre de coté le personnage justement parce que ce sont des artistes, ne me fait pas apprécier complètement l’oeuvre et les définirai comme des Moyen Grand moi qui suis toute petite ) . Pourquoi ? parce qu’il existe des êtres qui mettent en pratique les valeurs qu’ils mettent dans leurs bouquins, celles pour lesquelles ils se battent : ceux là sont des Grands . Pour ne citer qu’un seul et mon préféré : Albert Camus ...

      Oui il faut continuer à écouter l’émission deMermet ( je vais désormais zapper ses discours) ) , il faut lire Fakir ,le monde diplo,la décroissance,Sarkophage... Sinon l’on sombre dans le "ya rien a faire , c’est foutu" ! et nos ennemis s’en réjouissent , se marrent

      Quant à Ruffin ... si tu continues dans cette lancée ( je connais mes défauts, j’y travaille) tu seras peut être un Grand et j’espère pour toi que chez Fakir un syndicat de lutte existe et qu’il fera son boulot quand le chef s’y croira !

    • @SNJ

      "Le fonctionnement de Là-bas si j’y suis n’est pas isolé dans le paysage radiophonique"

      Le fonctionnement n’est pas isolé dans le paysage radiophonique.
      On peut donc en conclure que Mermet n’est ni pire ni meilleurs que n’importe quel autre chefaillon. Soit.
      Mais tous les chefaillons ne s’érigent pas en défenseurs des valeurs humanismes et du respect des autres, Mermet, si !

      Lors de la présentation du DVD Chomshy et Compagnie à Paris, plus exactement lors du "débat" qui a suivi la visualisation du film, une question avait été posée à Mermet, question que j’avais trouvé particulièrement pertinente. L’intervenant s’étonnait que le montage du film reprenne des méthodes que l’on peut rencontrer dans n’importe quel film publicitaire, ou n’importe quel reportage "lobbyiste", et demandait à Mermet s’il était éthiquement acceptable, pour dénoncer une situation insupportable, d’user des même méthodes que ses oppresseurs.
      J’avais assez mal compris à l’époque, l’absence totale de réponse claire de Mermet, et la façon dont, tel un excellent politique, il avait détourné pour finalement éluder la question. Je comprend mieux maintenant, il me semble.
      L’émission de D. Mermet, même si elle n’est pas d’une objectivité sans faille (loin s’en faut), a le mérite de dénoncer un certain nombre d’injustices flagrantesque le reste de la société essaie de nous faire accepter comme étant "naturelles". En cela, je ne peux m’empêcher de la considérer comme d’utilité publique (n’en déplaise aux fakir, CQFD, article 11, et un certain nombre d’autres publication hautement respectables, à elles toutes, elles n’atteingent pas le dizième de la visibilité médiatique d’une émission comme "la bas").
      Mais voilà : Contrairement à D. Mermet, j’estime (et cela n’engage que moi) que lorsqu’on se présente comme défenseur de certaines idées humanistes, comme dénonciateurs des abus dont peuvent être victimes les "sans grades", on se doit d’être exemplaire, et de "faire le travail" différemment de toutes les personnes et institutions qu’on dénonce. De toutes évidence, Mermet ne partage pas cet avis (François Ruffin non plus, d’après ce que j’ai pu comprendre de ce texte). En ce sens, même si leur travail est utile, ces personnes perdent une immense part de leur respectabilité, et leur discours en ressort fortement affaibli.

      Dommage.

  • Ruffin, je t’aimais bien,
    Je peux comprendre ton plaidoyer "pro domino", Tu as la reconnaissance du ventre.
    Mais qu’est ce qui t’empêche de dénoncer les pratiques de Mermet qui ont été décrites dans l’article de Cyran et que tu ne déments pas, allant jusqu’à la les décrire avec une certaine complaisance ?
    Rien.
    Tout simplement tu ne les condamnes pas, tu les approuves à demi mot, et tu dis même pratiquer grosso modo les mêmes, sur un ton humoristique, pour diriger Fakir.

    Pour moi "regarder couler, sans broncher et sans déplaisir" un collègue, je trouve ça franchement dégueulasse et indigne d’un mec qui se réclame des valeurs de gauche.

    Et puis tu as choisi ton camp, celui des puissants et des autoritaires, et au risque d’écorner un peu ton image voici une petite anecdote.

    A Aix en Provence, se déroulent chaque début d’été les rencontres du cercles des économistes

    http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/les-rencontres-economiques-d-aix,966

    Pour faire un pied de nez à ce raout libéral, un personnage incontournable de la gauche critique local, (ami du Diplo, fondateur de l’université populaire d’Aix, créateur de cafés repaires dans la région, animateur de débats et de projections de films militants...) décide avec des amis de créer au même moment les rencontres déconnomiques avec des économistes hétérodoxes comme Lordon et des journalistes de la gauche critique dont François Ruffin...

    Il réussit à créer une formidable dynamique, et dans un temps record, une équipe de bénévoles et de militants réussit à mettre sur pied ces premières rencontres déconnomiques qui sont un réel succès
    http://blogs.mediapart.fr/edition/c...res-rencontres-deconnomiques-daix-en-provence-du-6-au-

    La préparation de la deuxième édition est déjà bien avancée, le programme établi dans ses grandes lignes, la liste des intervenants étoffée, LBSJS prévoit d’y faire un reportage, quand par « souci d’efficacité » un triumvirat composé de l’initiateur de ces rencontres et deux amis fidèles, se forme pour prendre la direction des opérations.
    Certains militants s’en étonnent et demandent que la démocratie soit respectée.
    Ils sont alors accusés de vouloir fomenter un putsch, et certains sont exclus de l’association.
    Certains conscients du danger qui plane sur ces rencontres pour lesquelles ils se sont investis sans compter leur temps et qui sont une belle aventure essaient de recoller les morceaux, les dirigeants autoproclamés s’entêtent, et finalement, beaucoup de militants qui n’ont pas été exclus démissionnent et alertent les intervenants pressentis de ce qui se passe.
    La plupart d’entre eux renoncent à leur engagement, ne voulant pas cautionner de tels agissements.

    Et pourtant, en allant voir sur le site des déconnomistes , on découvre qu’il y en a un qui est resté fidèle au petit dictateur

    www.deconnomistes.org

    Alors oui, Ruffin tu écris bien, j’ai adoré les « petits soldats », tu fais de bons reportages, un bon canard, tu paies de ta personne, bravo pour la mémoire d’Hector, mais il y a vraiment un truc qui coince, tu défends la veuve et l’opprimé, mais dans les faits, quand il s’agit de toi, tu te retrouves toujours du côté du manche.
    Tu préfères l’efficacité et le dirigisme, je suis pour l’autogestion et le respect de la personne.
    Je n’écoutais déjà plus Mermet, je crois que je ne renouvellerai pas mon abonnement à Fakir.

    • En remerciement, Pastré et Lorenzi vous enverront des chocolats suisses pour le sabotage des Rencontres Déconnomiques que vous avez mené avec application.
      C’est en effet pareil pour LBSJS, certains non content de simplement partir, se croient obligés de casser ce qu’ils pensaient être leur joujou, privant ainsi tout le monde d’un formidable outil.
      Tu parles d’une exigence de démocratie ! Guignols !

      Tout mon soutien à Daniel Mermet et à François Ruffin.

  • Je vois que la "charge" contre Mermet, et donc contre "là bas si j’y suis" part une fois de plus d’article XI. Ce site a déjà commis pareilles oukazes, notamment contre "le grand soir", et s’est auto investit de la "mission" de décider qui est de "vraiment" de gauche, qui ne l’est pas, etc... Pour qui roule article XI, au nom de quoi ce site mène t-il pareilles épurations et dans quel intérêt ? Ces questions semblent intéressantes à élucider...

    • C’est un complot, j’te dis.
      D’ailleurs, ce sont les mêmes méthodes que celles utilisées pour dénoncer les soi-disant curés pédophiles dans l’Église.

      Tous ces web-canards sont probablement infiltrés par les Illuminati et financés par la CIA.
      Après avoir démoli les Twin Towers, ils veulent faire tomber la statue du commandeur.

  • En tant qu’ancien assistant chargé du répondeur (de septembre 2001 à juin 2007) et face à cette curée étonnement lancée au début de l’été, ne permettant pas à l’intéressé Daniel Mermet de se défendre dans les meilleures conditions, je me dois de vous raconter l’émission "là-bas-si-j’y suis" telle que je l’ai vécue contrairement à tous ces web accusateurs qui commentent ou rapportent avec violence une situation sans aucune connaissance de cause, n’ayant jamais mis les pieds dans le bureau.

    En tant que "chef du répondeur", j’ai passé des années essentielles à la-bas, je ne connaissais pas Daniel Mermet plus que ça, ne militais pas, je ne l’encensais pas, ne le craignais pas ; des réal et autres assistants de France-Inter me disait qu’il était plutôt bon de passer par l’émission de Daniel Mermet pour voir ce qu’était de la bonne radio, apprendre à bien monter, que c’était dur mais qu’il était toujours possible d’en sortir de toute façon, on n’y était pas enfermé.

    En 6 ans de boulot à là-bas, jamais je n’ai ressenti personnellement ne serait-ce que le début d’un sentiment de harcèlement, ni d’humiliation. J’y ai même connu des grands moments de fou-rires. Au début Daniel s’est rapidement penché sur mon très bas salaire (d’assistant payé à mi-temps à radio France) pour décider de le rallonger en prenant dans le budget de son émission, je n’ai plus les sommes en tête mais il me serait facile de les ressortir, seulement si j’ai une véritable preuve du montant de tous les salaires effectivement versés à ceux qui se plaignent (avec complément chômage que le statut d’intermittent permet) sachant que "là bas si j’y suis" est l’émission de reportage qui paye le plus à France Inter. la plupart des piges (ce peut être pour un papier comme un reportage) qui sont autour de 100 euros dans les autres émissions, à part quelques exceptions, j’ai vu des chroniqueurs payés dans les 280 euros par pige (une pige par mois). Tout dépend du budget alloué à une émission. je rappelle que le statut d’intermittents à Radio-France est en voie de disparition, voulu par la direction et par les syndicats, trop précaires ? Une autre discussion serait nécessaire quant à la précarité actuelles de dizaines de chargés de production et de réalisateurs à France-Inter du fait qu’ils sont désormais en CDD, statut choisi (par défaut) par les syndicats et la direction en lieu et place de l’intermittence qui, malgré son caractère précaire, m’avait permis de travailler pendant 17 ans sans risque de rupture de contrat pour cause de cumul comme cela se fait pour les CDD après 3 années de bons et loyaux services.

    Pour ce qui est des conditions du travail des reporters et des moments difficiles qu’ils vivent à la préparation ou à l’écoute des reportages, ils son réels évidemment, ne serait-ce que déjà en raison du caractère direct et bien trempé de Daniel qui ne pratique pas l’hypocrisie contrairement à l’usage général et en raison aussi de la rigueur demandée qui ont fait la réputation de cette émission.
    Daniel Mermet ne fait pas partie de ceux qui embauche des "amies" ou des "militants" pour bien les servir, il propose à ceux qui le désirent de venir travailler pour lui mais ne garanti pas d’accepter un reportage s’il n’est pas bon c’est un fait, c’est parfois difficile, est-ce condamnable ? j’aimerais bien connaître les conditions de salaire et de travail des autres médias.

    Daniel Mermet se trouve dans le même bureau que l’équipe où parfois une douzaine de personnes travaillent en même temps et cela ne permet pas, contrairement à ce que font certains "patrons", d’engueuler ou de faire des critiques en catimini dans un bureau confiné. Cela peut donner hélas du grain à moudre effectivement à ceux qui ne s’entendent définitivement pas avec Daniel ou qui ne supportent plus la critique répétée et leur permettre de pouvoir rapporter, auprès d’amis journalistes, d’avoir été humilié devant une équipe de "lâches" impassibles.

    En tout cas de mon côté, toutes ces années passées à Là-bas si j’y suis m’ont permis, en observant, écoutant, d’apprendre beaucoup grâce au sens que Daniel Mermet a de la mise en onde d’un reportage. Cette expérience m’a permis de devenir le réal (imparfait) que je suis à France-Inter.

    Je rappelle pour finir qu’une enquête internet menée par SUD Radio-France à eu lieue, avec les témoignages d’ex et d’actuels de l’émission, je n’y ai même pas été convié, curieux. Aucune suite n’a pu être donnée pour faute de preuve suffisante.
    Je me demande si cette attaque savamment étudiée (juste à l’orée de l’été) ne relèverait pas plus de l’envie d’une vengeance personnelle et politique avec le souhait final de débarquer et prendre la place de Daniel Mermet que d’une réelle défense de deux ex-futurs grands reporters ?
    A qui peut profiter ce "crime" ? posez-vous la question.

    Christophe IMBERT
    En CDI depuis 2007 à Radio-France (j’étais intermittent assistant, puis réal depuis 1991), je réalise les émissions "Sur les épaules de Darwin", "Co2 mon Amour", "l’as-tu-lu mon p’tit loup" et "Tous Politiques" sur France Inter

    PS : je viens d’écrire rapidement cette réponse, et vous demande de corriger les fautes de grammaire, d’orthographe s’il y en a et/ou d’effacer certains noms, certaines erreurs, ou passages portant pouvant porter à polémique. Vous pouvez me contacter si problème avant diffusion merci

    • Je ne vois pas bien en quoi D. Mermet serait dans l’impossibilité de se défendre... Il a pourtant su répondre en 2003 (et de quelle manière ! avec quelle morgue condescendante à Joëlle Levert) et aux deux autres reporters en 2004... Le problème, toutefois, c’est que les critiques sont récurrentes et concordantes...
      ET il faudrait arrêter de voir des complots partout !

    • bonsoir
      superbe intervention, elle nie même les propos de monsieur Ruffin. Mais votre billet est trop long, vous auriez pu simplement écrire "tout va bien, il ne se passe rien".

      Pour reprendre Warda sur un autre sujet, "On attend le premier mort...."

      Cordialement

    • Chef du répondeur , le fameux répondeur avec les messages de lèche-cul et les messages bien fachos et réacs pour faire croire à la démocratie !

    • A Monsieur Imbert,

      Puisque vous avez été "de répondeur" pendant des années, pouvez-vous me dire :

      - Pourquoi les messages "contre" sont systématiquement aussi méchants que bêtes ?

      - Pourquoi les messages "pour" se terminent souvent par un coup d’encensoir à "Daniel" qui pourrait sans dommage être coupé au montage, histoire d’éviter les accusation d’auto-glorification (pataper, Phil) ?

      Merci d’avance,

      PMB

    • Expliquez-nous pourquoi on entend toujours les mêmes auditeurs qui viennent faire leur numéro de philosophes ou de pseudo-comiques au répondeur et qui s’adressent directement à " Daniel " comme si c’était leur pote ?
      Je n’ai jamais entendu une intervention montrant un simple désaccord sur un point précis d’une émission sans pour cela contester LBSJS.Le plus bel exemple a été donné avec les émissions sur la Burqa avec au répondeur les inconditionnels de MERMET d’un côté et les racistes de l’autre.
      Je pense qu’ à force de s’entendre porter aux nues par sa cour d’auditeurs , Daniel MERMET a pu se croire intouchable.Plus ça va et plus il passe son temps à laisser entendre que les autres journalistes sont nuls.
      Je m’étonne qu’avec sa notoriété , son ancienneté et surtout ses convictions politiques , il ne soit pas allé réclamer en haut-lieu un meilleur statut pour ses collaborateurs.
      MERMET se donne à son travail comme les curés et bonnes soeurs qui dirigeaient les établissements sociaux jusqu’à la fin des années 60 et qui reprochaient aux travailleurs sociaux du début des années 70 de rentrer chez eux et de ne pas se consacrer 24h sur 24 aux enfants .C’est un secteur que je connais et malheureusement j’ai eu surtout des problèmes avec des chefs se réclamant de la gauche ou pire encore étant d’anciens représentants syndicaux d’extrême-gauche convertis à la rentabilité et au démantèlement des statuts dès qu’ils ont eu un peu de pouvoir.

      T’apprends le métier et tu dois en baver ça me révolte mais quand en plus ça vient d’un homme d’extrême-gauche , c’est pire.

      BSJS est une belle émission , une fois qu’on a supporté le répondeur bêlant.On peut espérer que ce fâcheux épisode permettra à MERMET de se remettre en cause.

  • Y a une parole de DM, plutôt de son papa je crois qui m’accompagne et me soutient depuis longtemps : ON PEUT BAISSER SA TETE POUR MANGER SA SOUPE MAIS PAS PLUS BAS QUE SON ASSIETTE.
    C’est simple, c’est clair. C’est Daniel qui la dit !

    J’ai lu votre réponse qui résume votre parcours professionnel auquel je m’intéresse depuis fort longtemps. Je vous ai entendu arriver à LBSJS. J’écoute cette émission depuis tant d’années !
    Je me sentais bien en votre compagnie. Je me sentais comprise, complice.
    Mais voilà, les témoignages lus dans article XI gâchent vraiment la fête. Je suis réellement triste et pas vraiment surprise. Je ne peux pas mettre en doute ces témoignages car j’en ressens l’humanité, la tristesse. Je pense même qu’il faut un sacré courage pour témoigner de cette manière.
    Et vous François, vous témoignez de votre expérience. Vous vous en êtes sorti sans dommages...Bravo mais votre rôle de journaliste n’est-il pas une attention plus grande aux paroles qui ne correspondent pas à votre vécu ?
    Nous avons mieux à faire ? Mais n’est-ce pas précisement ce dont il est question ?
    Accorder les gestes et les dires ! Ce serait sans doute un grand mieux et dans beaucoup de domaines.
    Je parle beaucoup de Fakir autour de moi. J’aime bien cette petite phrase "A la fin c’est nous qu’on va gagner ". Mais c’est qui NOUS ?

    "NE CROIS PAS QUE TU T’ES TROMPE DE ROUTE, QUAND TU N’ES PAS ALLE ASSEZ LOIN" C Aveline (fakir n° 60 page 3).
    Sur quelle route êtes vous François ? Sur l’autoroute au son assourdissant ?

    Je reconnais le travail. Je l’ai apprécié depuis le début. Ce sont des heures de travail dans mon atelier en compagnie LBSJS.
    Souvent je pensais que Là bas Si Nous y Sommes aurait été plus beau...

    Ps : j’adore votre Ps qui montre que vous aussi vous avez éprouvé le besoin d’être soutenu dans votre démarche...

    DF

    • C’est quoi cette affaire "Là-bas si j’y suis" ?
      Rien d’autre qu’une relation entre deux (grandes) personnes, deux caractères (l’un écrasant, l’autre écrasé ?).
      Il m’est arrivé dans ma vie professionnelle d’avoir été , je dirais, testé, par un de mes supérieurs hiérarchiques qui avait réussi à faire pleurer un mec de cinquante ans.
      Moi, à l’époque, j’en avais trente-cinq. Je me suis vu demander par ce patron un travail qui n’était pas la priorité de sa hiérarchie qui m’avait donné une mission. J’ai refusé d’obtempérer, me suis fait crier dessus comme un chien, n’ai rien dit pour cette première salve pour laquelle je préférai trouver une excuse (fatigue, engueulade avec sa femme, que sais-je ...).
      Puis il est revenu à la charge, toujours en criant, vociférant pour montrer sa supériorité. Alors là je me suis dit que si je ne criais pas plus fort que lui, j’aurais un sentiment de malaise en voyant mon reflet dans le miroir. Et j’ai crié plus fort que lui ...
      Et il ne s’est rien passé ; même pas viré ...
      Ne courbe jamais l’échine ! Ou alors assieds-toi son ton honneur ... Mais dans ce cas, ensuite ne viens pas gémir !

  • "Un homme de ma connaissance s’était empêtré, comme vous, d’une femme qui lui faisait peu d’honneur. Il avait bien, par intervalle, le bon esprit de sentir que, tôt ou tard, cette aventure lui ferait tort ; mais quoiqu’il en rougît, il n’avait pas le courage de rompre. Son embarras était d’autant plus grand, qu’il s’était vanté à ses amis d’être entièrement libre ; et qu’il n’ignorait pas que le ridicule qu’on a augmente toujours en proportion qu’on s’en défend. Il passait ainsi sa vie, ne cessant de faire des sottises, et ne cessant de dire après : Ce n’est pas ma faute."

    Mon bon François, nous avons tous bien compris : ce n’est pas votre faute.

    Quand vous finirez par larguer Mermet, relisez donc la lettre 141 de la Merteuil, vous y trouverez un argumentaire de rupture diablement bien conçu. Votre talent est indubitable, vous n’aurez donc aucun mal à l’adapter aux circonstances.

    "En attendant, je vous fais mon compliment de condoléance sur la perte de votre postérité."

  • merci François pour cette explication de texte splendide !
    oui il n’est jamais facile de vivre, travailler en équipe ! la vie quoi !
    merci pour tes reportages (Bolkelstein ? une merveille) et que La bas si j’y suis continue à nous offrir cet espace de liberté ! dur dur par les temps qui courent !
    Vu la situation politique actuelle, l’état de la planète, on a et vous avez autre chose à faire que "milaner" comme y disent aux Antilles !
    Daniel ? ben il est comme il est ! qu’il continue ainsi même que des fois il m’énerve à trop alonger son temps de parole ...

  • Des conflits dans toute boutique de France et de navarre il y en a plétore. La boutique à Mermet n’échappe pas à la règle. Tout conflit interne de ce type mis sur la place publique est incompréhensible. Impossible à mes yeux de démêler le faux du vrai tant les problèmes relationnel dans les ambiances de turbin sont complexes. Ca se règle en " famille" ce genre de problème ou alors il faut un arbitrage externe. Un médiateur.j’ai lu le papier de Cyran. j’ai lu les commentaires de Pinte. Je viens de lire celui de Ruffin. J’ai adulé Mermet . Je l’écoute de moins en moins. Voir plus du tout. Mais il m’a fait connaitre Zoé Varié. Le Diplo. Halimi. Le Plan B.Ruffin.Fakir.H. Zinn. Chomsky. Les Mutins. Et d’autre evidemment. Le personnage Mermet est complexe. Je ne peux pas aller plus loin. Les conflits que je vis au turbin de mon coté depuis 30 ans dans un autre domaine professionnel me démontre que si la radio et le journalisme est un monde impitoyable il n’est pas le seul ou s’exprime tout les comportements humains des plus vils aux plus noble. Rien de neuf sous le soleil. Que faudrait il faire pour que ça change ? moins de pression ? Moins d’ambition ? une philosophie bien comprise et partagée par tous de al relation à l’Autre ?.Je ne sais pas. Mais Mermet va devoir laisser sa place. La relève est là. Et faut quze j’écoule mon stock de Fakir tout neuf qui vient d’arriver dans ma boite au lettre ( fayotage).

  • Ruffin, Mermet, les mots me manquent... Bon quand on voit comment ils lèchent la main qui les nourrit... vivi les mots me manquent, mais alors seulement les mots ...

  • In cauda venenum...

    Des noms brillent par leur absence dans la liste des collaborateurs ou ex-collaborateurs de Mermet qui ont approuvé ce texte.., et pas des moindres... cela me suffit pour me faire une opinion qui ne vous plairait pas...

    PS je ne cite personne pour ne pas leur attirer les foudres...

    Au fait j’ai écouté l’emission longtemps...des années.

    • Quand Daniel Mermet a annoncé joyeusement en début d’année dernière que toute l’équipe avait été renouvelée, ça m’a fait bizarre. Puis j’ai laissé un message sur le répondeur parce que j’avais entendu une série de Pascale Pascariello sur France Culture dans "Les pieds sur Terre". Le message n’est pas passé. De toute façon, ils diraient qu’ils ne peuvent pas tout passer. Et puis, je me suis dit que Pascale Pascariello était peut-être devenue persona non grata dans l’émission, que la référence à son travail (même au sein de Radio France) n’était peut-être plus tolérée...
      Nous, auditeurs, sommes probablement plus fidèles que ceux qui font cette émission... que j’écoute depuis 20 ans et que j’ai adorée.
      Pour moi, l’humain prime. Aucune cause ne justifie de tels moyens.
      François, j’ai lu l’été dernier la Guerre des Classes, ça m’a beaucoup éclairée. J’apprécie ce que vous faites mais je dois dire que vous êtes en conflit d’intérêt dans cette affaire : l’émission de Mermet est probablement fortement prescriptrice...

  • Bonjour François Ruffin

    J’ai acheté tous vos livres, lu nombre de vos articles. Je suis aussi une auditrice assidue de LBSJS, enfin, je l’étais, parce que la suite d’affaires de harcèlement au travail touchant Mermet m’affecte trop pour que je puisse écouter avec le même état d’esprit, celui qui était le mien avant que tout se sache. J’ai adoré les reportages sur Guantanamo, la Palestine et tant d’autres, mais à présent, me viennent à l’esprit les récits désespérés et désespérants d’individus cassés par leur patron, un certain Mermet, et ces notes discordantes ont fini par tout brouiller. Les mots de Mermet aussi, prononcés lors de sa récente célébration journalistique sonnent affreusement cyniques, comme s’il parlait de lui même en dénonçant les autres.

    J’ai lu avec attention le texte d’Olivier Cyran, l’ensemble des réactions d’auditeurs et de collaborateurs présents ou anciens, dont bien sûr, la votre. Malheureusement, la lecture de votre texte m’a plus encore attristée.

    Le problème François Ruffin, c’est la répétition de ces drames, de ces vies de travailleurs brisés, cette répétition qui fait que l’on ne peut plus croire en un problème isolé, un souci de caractères qui ne peuvent s’accorder, ou d’un journaliste incompétent et ingrat, cette caricature d’intello "délicat" que vous dessinez.
    Non, François Ruffin, avoir une grande gueule et se montrer cruel, inhumain, ce n’est pas la même chose. On peut aussi fort bien être "intello" et savoir faire du journalisme de terrain de grande volée. D’ailleurs, beaucoup de thésards font du terrain, des entretiens, parfois en milieu difficile. La violence morale n’est en aucune façon un passage obligé. Bien au contraire, respecter un individu, son travail, c’est aussi lui donner confiance, le motiver, lui donner envie de se donner au maximum. Vous avez écrit un habile récit, dressé un portrait haut en couleurs, d’un individu truculent, passionné. Mais si l’on fait fi des fioritures, que reste t-il ? Le portrait cru d’un mec qui profite d’une image d’icone construite sur son talent, mais aussi celui de ces milliers d’individus qui ont fait le plus gros du boulot pour lui et que parfois, il a tellement maltraités.

    Je n’ai pas bien saisi ce qu’il y avait de glorieux à enregistrer un homme se faisant faire une gâterie dans un parking. J’ai encore plus de mal à comprendre ce qu’il y a d’intéressant dans ce portrait d’homme qui se baffre et se saoule peut être aussi, apparemment régulièrement ; j’en ressens plutôt un vague dégoût.

    Peut être est ce destiné à construire cette image de type intrépide et excessif en tout, pour mieux faire croire que sa violence verbale, ses sorties méchantes et humiliantes, ne sont somme toute que des manifestations parmi d’autres d’un caractère certes irrascible mais au fond, généreux.

    L’exercice est habile, mais ça ne prend pas.

    La seule chose sur laquelle je vous suis est qu’avoir un patron plutôt qu’une gestion collégiale, ça peut être source de plus grande efficacité.

    Mais s’il est légitime de vouloir s’entourer de collaborateurs efficaces pour produire de la qualité, il est mensonger de prétendre que l’humiliation et la méchanceté sont les seules manières de tenir à l’écart les "indésirables". J’ai quitté maints jobs, parfois parce que je ne donnais pas satisfaction, je n’ai jamais été humiliée ou cassée en ces occasions, et pourtant mes employeurs ne se prétendaient pas de gauche ni militants.

    Comme d’autres, je sus navrée (pour vous) de vous lire reconnaître benoitement vous être réjouis de voir vos semblables brisés, se noyer.
    Quelle tristesse !

    Mermet est sûrement un bon journaliste. C’est surtout un homme talentueux...comme tant d’autres. Il est évident que d’autres journalistes de talent pourraient prendre la relève. Dire le contraire et associer une oeuvre militante à son principal animateur c’est sacrifier à un culte de la personnalité assez stupéfiant en contexte militant.

    Je vous souhaite de vous remettre en question suite à votre message et aux nombreuses réponses qu’il reçoit. Pour ma part, en admettant qu’il existe des "camps" c’est celui de Cyran qui me semble le plus conforme aux idéaux qu’il, et que je défends.

    ...Mais j’ai du mal à croire que vous soyez vraiment passé de l’autre côté. L’auteur des livres que j’ai lus ne peut décemment défendre le harcèlement sur fond de précarité comme un outil efficace de management et de sélection des forts et des "endurants". Je pense en vérité qu’en défendant Mermet, vous défendez aussi votre honneur et essayez de rester en accord avec votre conscience.

    Vous seriez sans doute plus inspiré de vous remettre en question. Après tout, vos faiblesses sont en partie excusables, dans le contexte d’une précarité normalisée et d’une gestion cruelle d’un boss mégalo et volontiers dominateur. Vous étiez ce petit soldat du journalisme soumis à un système pervers que vous avez si bien décrit dans vos écrits.

    Mermet lui est moins excusable car il composait un maillon important de cette chaine à broyer et qu’il s’en est largement nourri, pour défendre, sans honte ni pudeur, l’inverse de ce qu’il vivait et faisait vivre à d’autres.

    Oui, c’est vrai, tous les militants sont pétris de contradictions, mais à ce stade cela ressemble à une imposture.

    • Fatiha, c’est quand même problématique qu’au nom de l’intégrité et milles vertus tu distordes et surinterprètes -quelques fois de manière farfelue- ce que dit Ruffin... et c’est exactement ce qui se passe dans bon nombre de commentaires qui brandissent l’étendard de la "vraie gauche" avec émotion (mais aussi quelques fois avec une dialectique très pertinente) sur un article (celui d’articleXI) qui pose de réels problèmes en terme de sérieux journalistique. (cf analyse de toto dans "Mermet ou la boite de pandore").

  • Quelle "affaire".

    Et maintenant il y a même un certain fils de prolétaire, aka B. qui vient ici proférer très clairement des menaces envers François Ruffin : " si on se croise la prochaine fois ca ne sera plus amicale". Tous ca parce que l’auteur de cette note ne le défend pas face au "méchant dictateur" Daniel Mermet.

    Remarque au gangstère en culotte de Mickey, aka B. : ce n’est pas parce qu’on est fils d’ouvrier qu’on n’a pas pu intégrer le pli des intérêts petits-bourgeois même si on sait que c’est maaaaaal. Yooooh man, eat this. DM aurait fait miroiter au gangster et sa culotte de Mickey une carotte qui ne serait jamais parvenue jusqu’à ses dents ? Vous connaissez des gens qui postulent à un emploi sans avoir vérifié à quelle sauce ils vont être rémunérés ? Hein ? Vraiment ? Euhhh ? Comment dire : Menteur ? Yo, yeah-yeah-yeah, that’s right : Liar !

    Sans parler des trolls qui voient un atavisme de petit chef passé de DM à FR... Les cons. Allez gérer une équipe avec des principes de bobos, on verra votre taux de réussite...

    In fine les points de vues "pro-mermet" vs. "anti-mermet" révèlent des dissymétries qui amènent à douter des témoignages publiées chez Article XI. Témoignages présentés comme la Vérité, uniquement à charge, mais à l’insu du plein gré de l’enquêteur. Tartufe.

    De plus on sait tous que Vals abhorre LBSJS, et là, comme par hasard, c’est dans la période des vacances de l’émission que cette petite boule puante tombe...

    • Pour compléter cette prise de parole ardente et exaltée, j’aimerais tenter de ramener les trolls bobo, les agents doubles à la solde de Val et les agents triples à la solde de Vals à la raison et au rationalisme pragmatisme :

      Il a été scientifiquement prouvé, par une équipe de chercheurs américains, que seule une augmentation significative de la misère sociale chez les journalistes travaillant dans les journaux dénonçant la misère sociale permettait de réduire la misère sociale dans toutes les entreprises (qui ne veulent surtout pas qu’on dénonce la misère sociale).

      « Si tu peux rester populaire en étant indigne
      Si tu peux rester Roi en conseillant les peuples »
      Ce brave Rudyard, un petit troubadour burlesque bien sympathique qui récite à merveille l’idéalisme adolescent mais qu’il m’a fallu me résoudre à corriger pour faire revenir son gentil couplet à plus de discernement concernant l’affaire qui nous occupe.

  • mathilda rentre à la maison y a la vaisselle à faire

  • C’est assez difficile de juger un humain et ce texte est le portrait d’un homme. Il est bien évident, pour ma part, qu’il ne s’agit pas de renier l’émission parce qu’elle est le fruit d’un travail précaire pour le moins.
    D’un autre côté je me demande si ce texte n’interdit pas justement de se positionner sur des choses comme le droit du travail, par exemple.
    Une demande si quelqu’un lit ce billet, les journalistes ayant lu ce texte, les anciens ou les actuels de Là-bas, ceux cités à la fin du texte, sont-ils tous d’anciens CDI ou certains sont-ils restés pigistes longtemps. J’ai l’impression qu’il y a comme une différence de point de vue entre ceux qui sont restés dans l’antichambre de Là-bas et ceux pour qui la porte s’est ouverte.
    Pourriez-vous clarifier cela.
    Merci enfin pour ce beau texte.

  • Bonjour François Kupling ;)

    Il y’ a quelque chose de valien dans ton futur parcours. Je ne serais pas surpris que tu finisses patron de France Inter dans une décennie ou deux.Je prends les paris. Ton parcours pourrait ressembler à quelque comme :
    1) je suis le boss stalinien d’un canard d’extrême-gauche où je dégomme tout ce qui bouge tout en refusant d’appliquer les principes que je promeuts dans le le-dit canard.
    2) je m’assagis quelques années plus tard et je trouverais même quelque chose d’agréable à dire sur Copé si il est élu mais ce sera en off.
    3) Je monnayerais mes fesses pour changer de bord. je me taperais des poilades à la Tour d’Argent lors des diners en ville avec Onfray sur ces pauvres connards de gauchistes qui ne saissent pas le réel. J’avais prévu le ralliement de Philippe Val en 1998 et je ne me suis pas trompé. Je pense que tu es de la même engeance que Philou. Passons maintenant sur ton éloge de Daniel et de sa voix si chaude, son humanité complexe et sa voix sirupeuse et chaude. Sur le fond, ta rhétorique néo-libéral, dans sa version darwinienne la plus sauvage est abject. Marche ou crève, seuls les forts survivent et les laissés-pour-compte peuvent bien être laissés sur le bord de la route, les grandes oeuvres ne s’arrêtent pas à de telles peccadilles.
    - Sur la précarité à LBSJS ? Elle "permet, objectivement, sans qu’il l’ait formalisé, sans qu’il ait conscience de cette violence, de tester les impétrants – contrepartie d’un recrutement ouvert, sans concours d’entrée. De trier les jeunots selon leur « talent », c’est-à-dire, pour l’essentiel, selon leur constance dans l’effort". Il fallait l’oser celle-là, tu devrais la refiler au service communication de Nike. ça donnerait quelque chose comme " Oui, certes, on paie 2 $ la journée des petits bangladais de 7 ans à fabriquer des ballons de football. Mais Nike ne fait objectivement, sans qu’elle l’ai formalisé, sans qu’elle ait conscience de cette violence du libre-échange global, que tester les impétrants ( aux yeux plus perçants)- contrepartie d’une politique de recrutement large dans un pays connaissant une situation économique "difficile"- de trier les "petiots" selon leur talent, c’est à dire pour l’essentiel, selon leur constance à l’effort de coudre accroupi 16 heures sur 24, 7 j/7.
    - Sur ton nombrilisme, sur ce melon .. Il te faut des chaussettes évasées pour tes chevilles. Les collaborateurs de LBSJS broyés par le gourou ? des médiocres, qui ne font rien que de tirer vers le bas, tout juste bon à tracter à la fête de l’Huma. François Kupling ne saurait s’abaisser à des préoccupations aussi médiocres que soutenir une collègue en souffrance qui a tenté d’en finir. Un grand homme tel que toi ne consent qu’à cirer béatement les berlutti de Boticelli Mermet.
    La cohérence entre les discours et ses actes ? la pisse de sansonnet pour un mec comme toi qui se fait fort de nous expliquer que la démocratie, le code du travail, c’est bon pour les autres mais que pour bibi, faut pas déconner, on a un journal de gauche à faire tourner !!
    Pour finir, j’ai bien aimé ta tirade qui fleure bon l’orientalisme primaire sur Dillah Taibi, si désordonné, si brut de décoffrage, si peu organisé, si brouillon contrairement à toi avec ton "plan établi à l’avance, angle sûr, méticuleux" mais tellement rafraichissant. Pour un peu, avec du travail, on en ferait un bon journaliste méticuleux de ce sauvageon. Je ne voyais pas ce que ça venait foutre dans ta défense de Mermet mais fallait apparemment que ça sorte.
    Cordialement

  • Concernant Mermet, si j’ai pu apprécier certaines de ses émissions, je n’ai jamais apprécié le personnage dont je pressentais le fond moisi.

    Etant actuellement le boouc-émissaire d’un chef pervers-narcissique copie conforme d’un Mermet possédant les pleins pouvoirs, et dont la suprême jouissance est d’humilier et diviser, cernée par des collègues qui détournent les yeux, courbent l’échine ou - tel Ruffin -se réjouissent devant ma curée, je ne peux que trop bien ressentir ce que ses victimes ont pu vivre et le stress psychologique auquel ils ont pu être confronté.

    Ras le bol des mégalos et leurs kapos serviles.

  • Bonjour, je ne laisse quasi jamais de commentaires d’habitude. Mais là...je me sens obligé, tellement je suis touché par la sincérité, la clarté, l’intelligence de cette page.
    L’humanité avec toutes ses splendeurs, ses lumières, ses doutes, ses contradictions et ses dérives est dépeinte avec cette justesse très particulière du reporter humaniste que vous êtes.
    Merci pour la découverte des coulisses intérieures d’un monde inconnu et du traitement personnel, à nu qui parle à la conscience.
    Toute personne qui a en charge la responsabilité de faire tourner une équipe s’est posé la question un jour, du patron, de l’autogestion et de comment s’organisent les prises de décisions...du pouvoir, de son abus, de la reconnaissance des uns...découvrir Daniel Mermet sous cet angle...un humain forcément ! Trop facile de jeter la pierre !!! Et bravo pour votre clarté à ce titre dans Fakir (je vais m’abonner !)
    Bravo pour votre lucidité, ce recul, ce refus de lapidation !
    Cordialement...Envie de glisser amicalement, disons humainement.
    J’oubliais : "Las bas si j’y suis" est vraiment une émission qui m’éveille, l’esprit, la compréhension, l’âme...

  • Ce texte me fait l’effet d’une « Défense et illustration des usines textiles au Bangladesh ». Néanmoins, je continuerai à lire Fakir et à relayer sur mon modeste site certain de ses Articles/Reportages qui sont souvent d’un grand intérêt. (Putain…, la culture judéo-chrétienne ça laisse plus que des traces.)

    Cordialement,

    Kiosquenet.

  • Il y a plus d’un an que je n’ai pas écouté LBSJS. Je respecte l’émission, je reconnais sa grande originalité, mais la vie a fait que je m’en suis éloigné. Et je n’ai jamais été un auditeur conquis. Mais je salue sans hésiter sa longévité.

    Mon premier réflexe quand j’ai lu le texte à charge ça a été : au nom de l’objectivité il faut que cela se sache donc je relais. Puis dans la minute qui a suivi je me suis dit : Ca me rappelle qqe chose. La curée Nikonoff à Attac en 2005 - 2006 : même procédé sous la forme d’attaques ad hominem ... alors qu’à l’époque l’association semblait vue de l’extérieur en pleine bourre, sortant d’une participation victorieuse à la campagne pour le non en 2005 et qu’elle flirtait avec les 30 000 adhérents !

    Finalement, je ne relaierai pas car je ne souhaite pas participer à un acte de sabotage de quelque chose de talentueux dont il faut bien admettre le format hors norme. Une émission qui fera date dans l’histoire de la radio !

    Et je m’interroge aussi sur la motivation des initiateurs de la charge ! Je me demande à qui profite la charge. Pourquoi jeter ainsi le bébé avec l’eau du bain ? A cause du réseau prospère des Repères ? Certains à gauche prendraient-ils ombrage de cette communauté bizarroïde qui se constitue lentement mais sûrement à l’instigation d’un Mermet ... inféodé à aucune chapelle !

    PS1 : je ne participe à aucun Repaire.

    PS2. A titre personnel, j’ai moi même j’ai plusieurs fois eu des déboires avec mes employeurs. C’est actuellement le cas. Mais je ne suis jamais allé me répandre en accusation à leur encontre. C’est quand même moi qui était allé les solliciter. On s’est fréquemment frittés. Pour certains j’ai gardé de l’estime. Pour d’autres du mépris. Je suis allé à plusieurs reprises aux Prud’hommes. Souvent gagné ; parfois perdu. Mais je ne suis jamais allé baver sur leur dos publiquement !

    PS3. Longue vie à l’émission et à son animateur ... en chef ;)

    PS4. Bon papier M. Rufin, dans le style qu’on vous connait. Pas d’affolement :)

    • Pourquoi ? Nikonoff n’avait pas bourré les urnes ? Fallait rien dire ? Ceux qui ont signalé la magouille seraient les responsables si ATTAC y a laissé des plumes ?

    • Gilbert,

      La magouille c’est l’épilogue de la merdouille déclenchée au lendemain du 29 mai 2005 ! Au lieu de surfer sur une dynamique victorieuse qui portait alors doublement Attac et ses 29 000 adhérents dont ma pomme :) Merci qui ? Qui a cassé le joujou ... Qui a lancé les querelles ad hominem en prenant pour relai les médias hostiles à Attac pour diffuser ses attaques ? Tout cela bien avant le scrutin ! En quoi ce conflit au sommet a-t-il été bénéfique aux adhérents et plus largement à l’Asso ? Etc.

    • Des querelles au sommet (la lutte des places au lieu de la lutte de classes), il y en a dans toutes les orgas et d’autant plus que ces orgas ont de l’importance et du pouvoir. Je pense pour ma part que c’est le bourrage des urnes qui a fait perdre des plumes à ATTAC. De nombreux militants sincères, écœurés, n’ont pas repris leurs cartes. On est dans le même cas de figure qu’avec le cas Mermet : faites ce que je dis, pas ce que je fais.
      Mais si vous préférez expliquer que la situation est de la faute de ceux qui n’ont pas voulu laisser faire un stalinien bourreur d’urnes...

    • Je répète : Au soir du 29 mai Attac surfer sur une dynamique porteuse : près de 30 000 adhérents ; la victoire du NON. Dès le lendemain, c’était l’ouverture des hostilité à l’initiative des anti Cassen - Nikonoff au motif que Nikonoff il était pas gentil (tiens, comme Mermet) ! Et vas-y que je me répande en propos assassins ad hominem dans Libé et autres médias hostiles à Attac !

      Après libre à vous Gilbert de penser que dans toutes les orga il y a des querelles au sommet ! Mais bon, les adhérents n’y sont pour rien et ne doivent pas être pris à témoin, ainsi que la place publique dans son ensemble de ces bisbilles. Ca doit rester en interne et se régler discrètement.... et à tout le moins habilement. Ce fut loin d’être le cas. Avant même l’élection, je considérais que je ne resterai pas dans cette asso si des gens aussi malhonnêtes ou incompétents parvenaient à leurs fins.

      Tout ça pour dire qu’il me semble que nous avons affaire à des procédés analogues ici. Si des collaborateurs de La-bas sont pas satisfaits de leur sort et s’estiment mal traités, il y a des recours prud’hommaux voire judiciaires... Encore une fois, j’ai eu des différents avec des employeurs, y compris dans la presse, sans que j’aille en faire un pataquès dans les journaux ! Je ne dis pas que Mermet est irréprochable ; mais bon faut faire la part des choses il me semble là encore !

      Et puis curieux hasard qui veut que ce brulôt sorte au moment où la grille d’été entre en vigueur ...

      Je le rappelle que je ne suis pas du tout un auditeur de cette émission que je n’a pas écoutée depuis un an au moins. Mais je reconnais sa qualité , dont les mérites reviennent à l’ensemble des collaborateurs, à commencer of course par le premier d’entre eux.

      C’est incroyable cette propension de la gauche, ou d’une certaine gauche, à casser ses plus beaux joujous sous couvert d’une inaccessible pureté !

      Et puis Mermet, il anime pas un service social : on peut quand même admettre qu’il y a des gens pour qui et avec qui ça peut ne pas le faire ... C’est pas un saint non plus cet homme ! On peut aussi concevoir que des gens ont souffert lors de leur passage dans cette équipe et compatir à leurs souffrances. Mais est-ce que cela justifie de faire un article accusateur qui confère une portée nationale à de micros-événements, regrettables certes, mais qui ne constituent tout de même pas des indices d’un système d’exploitation à large échelle rationnellement organisé ? Ou comment aussi au passage se faire de la pub sur le dos d’une émission à succès ! Tout en lui nuisant.

      Sinon, est-ce que le site Fakir est toujours "copain" avec Article 11 ? ;)

    • Toujours rien à dire sur le bourrage des urnes par Nikonoff ? Décidément, tant qu’il y aura des gens comme vous pour dire qu’on doit laver le linge sale en famille ou bien qu’il faut fermer sa gueule sinon "ça fait le jeu de l’ennemi" ou bien qu’il ne faut pas désespérer Billancourt, on n’en sortira pas du stalinisme mortifère pour la gauche.

    • >Gilbert Duroux

      Au moins Staline a écrasé Hitler à Stalingrad : c’est pas comme les anarcho-trosko Espagnols qui se sont fait éternellement marché sur la gueule par Franco puis par les USA.

      Marre des pleurnichards qui perdent toutes les batailles.

    • C’est assez piquant, mais il se trouve que j’ai une analyse comparée de la situation d’Attac diamétralement opposée à ce sur quoi porte votre opposition. Excusez-moi donc de faire passer le débat cul par dessus tête.

      Si il y a eu effectivement une tentative réussie de souiller Nikonoff, la comparaison s’arrête là puisqu’il n’a _jamais_ fait l’objet de plainte pour harcèlement moral, et, pour autant que je le sache les salarié-e-s d’alors n’étaient pas maltraité-e-s. (N’hésitez pas à me corriger si vous avez plus d’éléments.)

      Par contre, il y a bel et bien eu une maltraitance salariale à Attac à la suite de cette affaire, c’est à dire, quand les salarié-e-s qui travaillaient sous l’ancien bureau ont été viré-e-s sans autre forme de procès. Ceci n’a pas fait grand bruit, forcément, on avait eu la tête de Nikonoff. Reste que des salarié-e-s ont été éjécté-e-s dans des conditions que je ne qualifierais pas de "propres".

      Par rapport au bourrage des urnes, (de mémoire) il se trouve que, si la première enquête avait plutôt répondu à l’affirmative, il y a eu une contre expertise qui a conclu, via des méthodes statistiques, qu’on ne pouvait a priori pas conclure à un bourrage d’urnes... Pareil, difficile d’en retrouver trace.
      Donc si je devais chercher un exemple militant de gestion pas trop dégueulasse du personnel (hors autogestion, donc), j’irai certainement pas piocher du côté d’Attac. De toutes façons, cette histoire est couverte d’une chape de poix si opaque qu’il ne sera guère joli d’en rouvrir le sarcophage. Par contre, elle n’est pas du tout similaire au cas LBSJS, si on s’en tient à la souffrance salarial et aux rapports de domination entre individus, fussent-il-e-s sensibilisé-e-s à ceux-ci à travers les écrits de Bourdieu ou Lordon, par exemple.

      Pascal, je ne comprends pas votre fierté à revendiquer le fait de ne pas porter plainte/ pas témoigner du fait qu’on est une victime de harcèlement. C’est une attitude qui renforce naturellement l’oppression que la hiérarchie exerce sur ses salarié-e-s, en les culpabilisant lorsqu’il-e-s osent en parler et donc en renforçant la loi du silence. C’est assez contradictoire pour qui se réclame de gauche, non ?

      D’ailleurs, si le débat soulève autant de passion, c’est parce qu’il est particulièrement choquant, pour qui a subi des faits de harcèlement au travail _et_ les a analysés via une subjectivité de gauche, de voir un des porte-voix de nos mouvements correspondre traits pour traits à nos petits exploitants ordinaires.

      L’article de M.Ruffin ne fait hélas qu’enfoncer le clou, tant sa prose est emprunte d’une forme d’autorité, de libéralisme moral et d’élitisme très satisfait que l’on retrouve plus habituellement dans la bouche des agents issus de grandes écoles que dans celles d’individus proches d’une pensée sociologique bourdieusienne.
      Autant on peut comprendre le fait de domination venant d’individus dont les habitudes de champ social n’ont jamais été remises en question consciemment, autant quand l’autorité émane de personnes supposées avoir réfléchi activement à la question... Cela ne peut que méduser.
      Il est certes difficile de s’affranchir de ses mauvaises habitudes, mais la moindre des choses, quand on les avoue, serait au moins de battre sa coulpe de façon significativement plus, ah... contristée ?

      GoG

  • Bonjour François,

    Tout d’abord merci. Merci pour Fakir, je suis abonné, et je compte bien le resté. Merci pour vos livres, que je ne compte pas bruler sur la place publique, mais bien au contraire continuer à les faire circuler. Merci pour vos articles dans le Diplo, et je ne compte pas là non plus me désabonner. Merci également pour vous reportage, dans LBSJS.

    Bref merci pour tout....
    Enfin presque tout, car votre plaidoirie que je viens de lire, non seulement n’est pas convaincant, car vous éluder les principales accusations reprochées à Mr Mermet, mais surtout, révèle un François Ruffin, qui ne correspond pas à l’image que j’avais de lui. Car pire que les éluder, non seulement vous ne les niez pas, mais bien au contraire vous les justifiez, tout en suggérant,"cerise sur le gâteau", que vous seriez un peu comme ça aussi...!

    C’est triste, et...décourageant. L’on s’efforce, partout et tout le temps de mettre en pratique ses convictions à son petit niveau, au boulot, en famille, dans les associations,...et même au service militaire il y fort longtemps maintenant de cela. Et puis l’on constate tout d’un coup, que ceux qui nous donnent les pistes pour le faire, nous motivent...ne l’appliquent pas à eux mêmes.

    Il y a des passages dans votre prose qui me choquent, littéralement... Cette sorte de sélection naturelle qui élimine les "médiocres" (par rapport à qu’elles critères...???). "Médiocre", celui qui est donc dans la moyenne, Mr ou Mme "tout le monde " en somme, vous rendez-vous compte que cela signifie en gros de maltraiter voir même d’éliminer ..." tout le monde "....Ou bien encore la satisfaction de voir se "noyer" un collègue ( ou devrais-je dire un concurrent ?), refuser de mettre le "pieds à l’étrier" aux jeunes (!!!!), vos remarques un brin paternaliste sur votre collègue au patronyme étranger, etc...
    Mon Beauf, promoteur dans le Var, (ben ouai on ne choisit pas sa famille) tient à peu près le même discours, mais...il vote à droite. Ce qui me parait logique, je sais aussi que ce qu’il me dit, il en est convaincu, et l’applique donc vraiment, et fort logiquement, lui même.

    Il me semble François, que la meilleure des pédagogies est celle de l’exemple, et c’est là ce que l’on peut reprocher à des directeurs de consciences, car vous l’êtes, et vous le savez très bien, vous comme Mr Mermet d’ailleurs. C’est cette exemplarité qui à mes yeux fait de Robespierre, dont l’article en "réhabilitation" que vous avez signé dans le dernier Fakir me satisfait entièrement, un véritable révolutionnaire, et qui se décline sous le nom de "VERTU". Tocqueville d’ailleurs ne s’y était pas trompé car pour lui l’essence de la République est la Vertu par opposition à la monarchie qui fonctionne, toujours d’après lui, sur le principe de l’honneur.

    Dès-lors il est étonnant de lire ici sous votre plume la défense des principes et du mode de vie d’une sorte de Danton, pragmatique peut-être, mais surement pas vertueux, ce qui vous rapproche d’ailleurs de Michel Sardou qui en fit la louange dans une de ses chansons, plutôt que Jean Ferrat que vous citez au sujet de Robespierre dans Fakir. Vous tentez de sauvez l’honneur, certes, mais vous ne défendez pas la vertu. Sans vous en rendre compte, en défendant l’honneur de Mr Mermet, ce qui est tout à votre...honneur, vous appliquez un principe d’ancien régime, niant ainsi l’essence même de la République, la qualité première du révolutionnaire : la vertu.

    "Ceux qui ne veulent ni de la terreur, ni de la vertu, que veulent-ils alors ?"

    Ces parole de Saint-Just à la tribune de l’assemblée me semble toujours d’actualité...dans nos rangs, car je ne partage pas le totalitarisme de Mr Cyran, et je sais que vous êtes néanmoins, vous et Mr Mermet, dans "mon" camps...et que l’expérience de la vie amène beaucoup de gens à changer d’opinion, ou à s’amender, à condition de s’y prendre à temps et d’en être conscient (pour Mr Mermet cela me semble difficile, et un peu tard tout de même...). Victor Hugo n’est-il pas le meilleurs exemple dans "notre camps"...venu à la contestation radicale de l’ordre établi assez tardivement dans sa vie, après même avoir soutenu Louis-Philippe et la monarchie constitutionnelle.....et sans même avoir jamais été pour autant marxiste. Ce qui lui valu à la fois des critiques et des moqueries aussi bien à sa droite qu’à sa gauche....

  • merci françois ! ça fait toujours du bien de vous lire en constatant qu’on peut sortir du style 0/1 ! comme dans le journal d’ailleurs !
    continuez ce chouette fakir bien sûr, avec cette réserve : il arrive que mes chèvres le bouffent pourriez-vous l’imprimer sur un papier comestible ? (avec encre végétale bien sûr !!!!)

  • Salut François,

    Ben alors, tu nous a fait quoi là ? La peur de voir le pair (le père ?) déboulonné ? L’aveuglement face à celui qui t’a mis le pied à l’étrillé du social au sens critique ?

    Non parce que François, je vais êtres honnête avec toi : j’aime bien ton canard (enfin celui dont tu es rédac chef), je le diffuse, je me fais même des salons de 3 jours pour le faire connaitre, j’en parle, etc...

    Mais là tu m’a scié ! Mon sang de syndicaliste n’a fait qu’un tour quand j’ai lu ça :

    « permet, objectivement, sans qu’il l’ait formalisé, sans qu’il ait conscience de cette violence, de tester les impétrants – contrepartie d’un recrutement ouvert, sans concours d’entrée. De trier les jeunots selon leur « talent », c’est-à-dire, pour l’essentiel, selon leur constance dans l’effort »

    Tu déconnes là c’est pas possible ? Tu utilises exactement le langage des managers d’entreprises et autres DRH qui justifient le pire. Tu n’es même pas loin d’un patron de France Télécom qui parlait de "mode du suicide" ...

    Qu’est ce qui te prend de mépriser ainsi les gens ? De parler de "médiocres" ? Qui es-tu pour te positionner ainsi en censeur de la pensée ?

    D’ailleurs, c’est comique, mais les émissions faites par tes "médiocres" ont été parmi les plus "podcastées" du site informel de LBSJS ... Pas mal pour des médiocres :)

    Sérieux, tu fonds pas un peu une pile sur ce coup là ? Tu te vois expliquer aux Goodyear que "ben ouais la fermeture du site et ceux qui ne seront pas reclassé, c’est logique, ça permet de mettre de côté les médiocres, comme le recrutement à une époque ici était large et sans tenir compte des besoins réels de l’entreprise" .... Chiche ? :)

    Que tu penses que Mermet fasse un job indépassable, ok. Mais tu en parles comme si Mermet avait une émission de radio sans budget ... Qu’il annimait une radio autogérée et sans le sou... C’est pas le cas ! Là on parle de Radio France et tu le sais, comme moi, que le budget de LBSJS est certes pas aussi élevé qu’on l’aimerait, mais confortable tout de même ...

    Je crois que quelque part tu confonds l’aventure Fakir (qui a reposé et repose encore sur les bonnes volontés) à celle de Mermet qui lui a tout loisir de payer et "manager" (vilain mot) correctement ...

    Désolé, François, mais sur ce coup là je en te suis pas. Et c’est en tant que syndicaliste que je vais te dire que ta phrase :

    « Nous avons mieux, plus urgent, plus important à faire que ces déchirements. »

    sonne mal. Elle sonne comme un aveux d’échec. De celui d’un autre monde impossible. Celui d’un mec qui se dit proche des gens en souffrance mais ignore celle de ses propres collègues. C’est fréquent...

    Je reste néanmoins un lecteur fidèle, et apprécie toujours ton travail.

    Mais s’il te plait : n’oublie pas de prendre le recul nécessaire à toute "grande cause", celui qui permet se s’éviter les écueils de l’autoritarisme là où le collectif doit être le plus important.

    Avec amitié,

    Fabien M

  • J’espère que Monsieur Ruffin va répondre, soit en commentaire soit par un article, aux commentaires critiques.

    Et pas en se limitant à ceux qui sont d’abord des attaques ad hominem.

  • Belle plume, texte brillant ! Une analyse fouillee nuance pleine de verite
    Je connaissais et appreciais vos reportages LBSJS ca me donne envie de lire Fakir.

  • et on chie tous pareil,

    Surement de la déformation professionnelle. A s’occuper des déchets des autres.
    Je vais être synthétique :
    A qui profite le crime ?
    Qui n’a jamais été en brin tyrannique dans sa vie avec qui que se soit me jette le premier caillou
    Alors être de gauche et humaniste empèche t’elle l’exigence qualitative du travail ?
    Qui a eu un jour à faire l’expérience de la gestion de personnel devrait comprendre que les rapports humains se n’est pas le pays de charlotte aux fraises ( pour changer des bisounours)
    La propagande des médias a appriori bien fonctionnée car maintenant tout est manichéen. soit en ce fait des bisoux, soit on se tappe dessus.
    En fait je suis en colère contre le fait que dans un réseau alternatif de gauche on ne sache pas prendre plus de recul, de ne pas s’intéresser à la lune mais de regarder le doigt.
    Que certain(e)s ne perçoivent pas toutes les nuances de gris des différents propos tenus par Ruffin, Chao et conseurs
    Si Mr Mermet à 70 ans en 2013, il commencer là bas à 47 ans.
    Et se n’est pas entre 47 et 70 que tu changes un bonhomme/femme dans son appréhension de la gestion des ressources humaines. Ce monsieur a été conçu avec un autre logiciel que celui des génétations x ou y. Un logiciel où le travail avait un sens d’exigence qualitative avant celui du rendement. Où l’invisible doit être aussi bien réalisé que le visible. C’est old school, as been, ou autre. Je m’en fous.
    et que l’on me site un homme/femme ayant réalisé(e) un projet en étant mou de la b... Perso, je n’en connais aucun.
    n’en déplaise aux créationnistes de la gestion de groupe et de la gouvernance des relations humaines. ( clin d’oeil à l’élimination darwinniste des médiocres)
    Chaque systéme a ses + et ses-. A chacun de savoir où se situer. le plus dure ce n’est pas le coup gueule mais avaler son orgueil pour faire un pas vers l’autre et discuter. moi même je n’y arrive pas qd cela dépasse mes capacités affectives. et oui, il y a la théorie et la pratique.
    Oui l’essentiel est ailleurs. vive le gris avec un peu plus de noir, vive le gris avec un peu plus de blanc
    et merde aux pisses froid
    bon été à toutes et à tous. la vie est courte, faisons la belle.

  • Merci Monsieur Ruffin, vous venez de me (re)donner envie de faire du journalisme. Et je vous remercie aussi car vous oeuvrez ici contre une certaine division interne dans cette gauche dissidente dont vous parlez.

    • A Olivier Cyran et tous ceux qui reprennent le terme "médiocre" (ctrl+f "médiocre") du paragraphe sur Cavanna pour faire dire à Ruffin ce qu’il ne dit pas, vous êtes des médiocres de faire cela.
      Vous pensez pouvoir faire dans la leçon de morale avec de pareille techniques de désinfo ?
      Quand on veut jouer les chevaliers blancs, ce à quoi n’ont justement jamais prétendu les Ruffin et Mermet, il faut être sacrément propre. C’est vraiment très mal barré...

  • Bonjour,

    Il ne me semble pas utile de revenir sur le fond de cette histoire : des personnes ont manifestement subi la personnalité de Mermet et en ont souffert (en souffre encore, a priori pour certain.e.s). D’autres, qui ne nient d’ailleurs pas le caractère de Mermet, acceptent la personnalité comme un tout, comme un "mal nécessaire". C’est le cas de François Ruffin visiblement :

    « il faut quelqu’un de spécial pour faire des choses spéciales

    Aujourd’hui, il me semble plus important de chercher comment lutter contre ce que le comportement de ce patron a d’inacceptable (et si c’est tant indissociable, contre ce patron, tout court). Et de ma modeste expérience de salarié, ça me semble tout à fait possible sans jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Je travaille dans une grosse ONG plutôt chouette, ce qui est rare dans ce milieu. Comme les journalistes de LBSJS, je suis donc en plein syndrôme de Stockholm vis-à-vis de mon emplyeur (ce n’est pas à eux, j’espère, qu’on apprendra que le lien d’employeur à salarié.e est par essence un lien de domination...).

    Il y a quelques années, plusieurs collègues ont subi ce qui s’apparente à du harcèlement moral de la part d’un directeur de l’ONG. Comme dans le journalisme, les supérieurs hiérarchiques tyranniques sont légions dans ce milieu. Et ce n’est pas parce que c’est l’usage que c’est acceptable, sauf à baisser les bras et la tête pour de bon face à l’ampleur de la tâche à mener pour ... changer le monde, disons.

    Les collègues, pour certain.e.s agé.e.s, proches de la retraite, pas syndiqué.e.s, sans expérience de lutte ne savaient pas comment réagir, surtout parce que les interlocuteurs vers qui, selon eux, se tourner, étaient les membres de la direction, qui font preuve d’une solidarité extrêmement forte. Il y avait une certaine méfiance vis-à-vis des syndicats, et une inexpérience sur la manière dont tout ceci pouvait fonctionner, une peur, aussi, de ne pas faire appel aux dispositions prévues par la loi pour sanctionner le harcèlement moral... un peu pour ne pas entâcher l’honneur de la maison, notamment.

    Il a suffi d’assez peu de choses, finalement, pour que cette situation cesse et ça a commencé, comme pour toute lutte victorieuse, par l’organisation de temps collectifs pour en parler. Pour connaître un peu le métier, je sais que ce n’est pas vraiment dans la culture des journalistes, fussent-ils de gôche, mais ce n’était pas non plus dans la culture des gens de mon histoire (de même dans un précédent boulot), que de prendre (et d’avoir) le temps de créer un espace collectif.

    Passons les fastidieux détails (par manque de temps, pas d’intérêt) pour arriver à la morale de l’histoire : l’existence même d’un début d’organisation collective a suffit pour mettre fin au problème, car elle a permis à la direction et au bourreau d’entrevoir l’éventualité d’un rapport de force défavorable et extraordinaire (sans qu’on en arrive à des confrontations libérées).

    À Là-Bas Si J’y Suis, vous êtes des travailleu.r.se.s comme les autres, finalement, malgré ce beaucoup d’entre vous s’acharnent à nier dans leurs prises de praoles respectives dans cette affaire.

    Organisez un jour une assemblée entre vous, sans le patron, pour discuter, globalement de vos conditions de travail, sans forcément aborder directement le cas Mermet (même si je suis sûr que le sujet viendra immanquablement sur la table). Prenez bien le temps de le faire, allez au bout des questions qui s’ouvrent et des conclusions qui s’imposent. Je suis persudaé que cette première assemblée en appellera d’autres. Je suis persuadé, surtout, que vous vous découvrirez beaucoup de raisons communes de lutter, et que vous renforcerez, par ailleurs, votre goût collectif pour cette belle émission.

  • Il est tard. J’ai lu l’article 11, les papiers des pros-mermet, les commentaires de ceux qui jubilent de voir le pépère sur le bucher, la sincère tristesse des auditeurs qui ne comprennent pas. Et je pense à Moati, Mompontet, ou Schneidermann qui trainent derrières leurs oeuvres des batteries de casseroles aussi bruyantes que celles des plus vilains de nos élus.

    Bon. Bien. Et maintenant qu’est-ce qu’on fait ? On va boire un verre ?

  • Monsieur François Ruffin,
    J’avais bcp apprécié votre livre "Les Petits Soldats du journalisme", dénonçant la corruption idéologique des profs de la "meilleure école de journalisme de France", le CFPJ (Pujadas...). J’ignorais totalement que vous aviez commencé (outre la création de Fakir) à Là-bas si j’y suis.
    Je ne me sens pas trahi par les révélations sur Mermet, parce que je n’ai jamais réussi à écouter cette émission.
    Déjà, ça commence par l’interminable répondeur, avec tous les petits vieux paumés qui ont envie de parler dans le micro. Vous citez Siné qui dit qu’une part essentielle de son boulot est de "repousser les médiocres", ok. Seulement pour ça il faut être suffisamment immune à la flatterie, or visiblement Mermet ne peut pas s’empêcher de commencer chaque jour par donner la parole à n’importe qui, du moment que ce sont des fans qui l’adorent.
    Après, comme vous le relevez, c’est Mermet lui-même qui part dans des longues tirades oiseuses, sans but, pour tout dire médiocres. Tandis que votre article, que je viens de lire, sur la défense du Mal contre le Bien, est enthousisasmant comme du Nietzsche, Mermet est à peu près enthousiasmant comme une vieille bouillotte refroidie. Vous parlez à propos de Mermet des hommes âgés qui ont su conserver leur hargne, ça ne s’entend pas trop à l’antenne, où domine le ton de la plainte et de la fatigue (il n’est alors pas surprenant de lire que quand il ne sait pas quoi répondre à une critique, Mermet s’entoure de tous ses employés au restaurant, et menace alors de démissionner (pourquoi pas le suicide ?)).
    Vous faites dans cet article un bilan de votre carrière à Là-Bas si j’y suis, c’est dommage qu’à cause de tous ces petits défauts de Mermet, j’ai loupé tous vos reportages !
    Je comprends bien que vous défendiez votre patron (il a payé votre maison si j’ai bien compris), mais il est faux de laisser entendre que tous les grands hommes sont des salauds en privé. Par exemple, les pires critiques (La Civilisation Soviétique) de Lénine reconnaissent que c’était en privé un homme humble, qui s’appliquait à lui-même ses propres principes. La médiocrité morale n’est pas une fatalité.
    Enfin je ne suis pas du tout amadoué par le portrait du Pantagruel qui passe ses soirées à se goinfrer de viande et de vin. On lui demande de traiter correctement ses employés, pas d’aimer la vie.
    Peut-on écouter qq-part des rediffs de vos reportages, sans les parasitages de Mermet ? Merci.
    Un fan.

  • "Ça n’excuse pas tout. Et des garde-fous sont les bienvenus pour protéger l’entourage – professionnel ou familial."

    Les extraits de témoignages des anciens collaborateurs lus sur ARTICLE XI semblent clairement relever de faits de Harcèlement Moral au Travail.
    En quoi, monsieur RUFFIN, nourrissez-vous la certitude qu’ils procèdent d’une entreprise de démolition plutôt que d’une quête de Justice ?

    Il me paraît important que vous en disiez plus.
    Il me paraît important de vous faire de nouveau journaliste afin d’éviter de nourrir ainsi un dualisme que vous craigniez pourtant au départ.

    Ceci n’est qu’une plaidoirie - aussi talentueuse soit-elle.

    Ça fait court pour du RUFFIN.

  • Tout ca c’est bien beau mais qu’en est il pour les reportages non publiés . Le journaliste qui a travaillé plusieurs jours ,semaines ou mois pour faire un sujet demandé par Daniel et qui n’est pas payé parce que non diffusé vous en dites quoi Francois Ruffin .

  • C’est dingue le nombre de commentaires pour une histoire qui ne doit concerner qu’ une poignée de personnes...
    On se croirait dans une coure de récré :)

    • Vous avez raison cher SEL, les problèmes de harcèlement ou de souffrance au travail ne concernent qu’une petite poignée de personnes (de même que bien d’autres faits qualifiables de délits)...
      Et puis "Là-Bas si J’y suis" n’est somme toute écoutée confidentiellement que par seulement quelques centaines de milliers d’auditeurs.

      Non ... Sérieusement, la rumeur d’une ambiance délétère au sein de la rédaction de l’émission court depuis maintenant des années sans qu’il n’y ait jamais eu de reportage honnête et franc sur ses coulisses.

      C’est justement parce que cette émission est excellente et rare que cette rumeur (justifiée ou conspiratrice) place ses auditeurs et collaborateurs face à la responsabilité de mettre en application l’exigence éthique qui y est promue avec force et constance.

      On sent que ça coince.
      C’est que ça doit être une bonne mise à l’épreuve.
      Non ?

      Le "vivre - et construire - ensemble" / "faire société" est la question centrale de LBSJS.
      Cette affaire ne cesse d’interroger ceci en profondeur.

      Il ne s’agit pas là de cliver en demandant aux "donneurs de leçon" de "balayer devant leur porte" mais de convoquer l’intelligence collective - si, si : c’est possible cher François - pour régler un problème avec des morceaux de politique dedans que seul le poids de notre histoire nous donne à apprécier comme épineux.

      J’ai une grosse déception et une vraie surprise à votre lecture cher François : j’y sens une malheureuse odeur de compromis et de résignation.
      Coup de fatigue ou quoi ?

      "Etre libre ... Ah là là ... c’est compliqué être libre" C. CASTORIADIS / LBSJS/ 1996

      J’espère que tous ensemble nous en trouverons malgré tout la voie.

  • Bonjour,

    On comprends bien, à la lecture de votre article, que D. Mermet n’est pas un monstre, qu’il a des défauts à proportion de ses qualités, ce qui n’est pas peu dire, et que, pour résumer, sa passion, son engagement pour LBSJS passe au premier plan, au détriment d’une partie du reste...

    C’est en phase avec ce qu’un auditeur comme moi très attaché à LBSJS et entre autres au personnage de D. Mermet comprend bien volontier.

    Ce que vous n’évoquez pas cependant, ce sont les Idées : si LBSJS était une émission sur la musique, sur le jardinage, sur la politique même, pas de problème majeur, mais là, il s’avère qu’il se passe, à échelle microscopique mais tout de même, dans "l’usine LBSJS", des dérives de même nature que celles qui sont dénoncées par LBSJS, qui en font, si j’ose dire pour être provocateur, le fond de commerce...

    Voilà ce qui pose problème : un peu comme un ministre du budget qui planque ses sous en Suisse, si vous voyez ce que je veux dire. Quelle crédibilité ?

    On est "en droit" d’exiger plus d’Intégrité idéologique de la part de quelqu’un qui entend dénoncer ce manque d’intégrité chez les autres.

    Je ne suis rien, je n’ai rien fait pour me permettre de donner des leçons à D. Mermet pour l’oeuvre et l’engagement duquel j’ai le plus grand respect et la plus grande estime (NB : ceci va aussi pour ses collaborateurs dont on apprend, c’est au moins le mérite de cette histoire, qu’ils ne sont pas moiins dévoués !).

    Pas de leçons, donc, sauf une : respecter les principes qu’on reproche aux autres de ne pas respecter : sûr que la qualité des émissions, de l’oeuvre, n’en pâtira pas, au contraire.

    Alain

    • En réponse à Alain, sur le thème de l’intégrité idéologique : franchement, l’intégrité c’est rester soi même, et justement j’ai bien l’impression que Daniel Mermet persiste et signe ses émissions, malgré les pressions, et il continue à nous apporter des informations qui n’apparaissent nul part ailleurs sur les ondes.
      Alors, svp, les donneurs de leçon de tout poils, faites attention à ne pas vous mélanger les pinceaux, vous tromper de cible, prendre vos vessies pour des lanternes, tant il y a peu de propos éclairés dans ce forum.

  • Ah là là....pauvre M. Ruffin,

    Bouse pour bouse, votre papier (et l’amusant déferlement de commentaires sur A11, ici, Acrimed etc. dans le cadre de cette merveilleuse affaire Mermet/LBSJS) me donne envie de poser ma bouse à moi aussi, j’ai bien le droit, non ? Mais vous n’êtes pas obligé de la lire !

    Bim, bam, boum, ça castagne, et le petit monde des « AMG vs anti-Mermet » est en émoi ! Le petit-monde de ceux qui sont persuadés d’avoir l’apanage de « la résistance » ! Lol.

    Comment vous dire.....votre texte est ahurissant et écoeurant, mais je vous remercie infiniment de l’avoir écrit, tant il est limpide et me donne l’occasion de faire quelque chose que je veux faire depuis longtemps sans avoir aucunement l’espace de le faire : dire à ceux qui voudront bien le lire pourquoi et en quoi LBSJS est une émission ratée, un échec total. En passant, je ne sais si vous avez bien réalisé qu’en vous révélant tel qu’en vous-même, vous ruinez d’un trait de plume la (fausse) figure patiemment construite depuis des années ?

    Tout d’abord, votre style est suintant, à la recherche de petits effets, dégoulinant de certitudes, sur un fond qui est misérable d’autojustification et d’autosatisfaction, et qui transpire tellement la haine du petit-bourgeois qu’il en est pathétique de simplification et d’infantilisme.

    Je n’ai pas grand chose à rajouter sur le thème essentiel de la polémique vous concernant directement ainsi que Daniel Mermet, abondamment commentée, mais juste dire les choses à ma manière : dès l’instant que vous justifiez et autorisez pour votre compte ce que vous combattez chez les autres, vous êtes en premier lieu un pitoyable clown et un imposteur qui fait le plus grand mal aux idéaux qu’il prétend porter, et, en deuxième lieu, vous justifiez par là ce qui fait très exactement le socle et l’architecture sociale de la dictature (nous érigeons en loi absolue pour les autres ce que nous bafouons au quotidien, bien entendu pour le bien des autres via l’objectif suprême de la poursuite du Grand But, qu’il faut imposer aux autres pour leur propre bien). Ce faisant, en l’occurrence, portant sur un thème qui me concerne et me touche (eh oui, malheureusement pour moi, je suis à gauche), vous validez et renforcez les arguments de ceux qui prétendent à très juste titre que « la gauche » (et la gauche de la gauche » et celle de la gauche de la gauche ?) N’EST EN RIEN VERTUEUSE PAR NATURE comme elle le prétend modestement et pas très génialement. Pire même : prenons l’idée au mot, et supposons qu’il en soit ainsi, alors la sanction n’en sera, pour vous qui l’avez prétendu, que plus radicale si cette vertu, par nature donc inscrite dans vos gènes et vos comportements de gauche, se trouve en fait réduite à néant par ces mêmes comportements (que vous appelez alors très finement « de droite »). Comme il l’a été dit dans un commentaire : au moins les salopards de droite jouent-ils franc jeu, et les salopards de gauche se foutent de notre gueule, DEUX FOIS.

    En revanche, et c’est là que je vais poser ma propre bouse, je suis assez étonné de ne pas voir, dans presque aucun des commentaires, l’idée suivante : LBSJS est en ruine non pas parce que Mermet est un imposteur, petit-chef mais génial, mais parce que c’est une TRES MAUVAISE émission et parce que Daniel Mermet a en fait échoué !!

    Auditeur de longue date, j’ai peu à peu totalement délaissé l’écoute de LBSJS, qui à mes oreilles est devenue au fil des années une grossière usine à fabriquer du déni de complexité et à imposer une vision simplifiante et lénifiante, pourtant (et c’est bien là le problème en même temps que l’origine de son succès), en parlant de questions fondamentales avec un angle qu’aucun autre média de masse ne porte.

    Malheureusement, au fil des ans, alors même qu’il a effectivement construit un espace d’expression différent sur une « grande radio publique », Mermet a tout gâché en enfonçant progressivement LBSJS dans un pathétique simulacre de « voix alternative », de la « voix des sans-voix », mais qui sur le fond ne montrait toujours qu’une seule et unique facette des sujets abordés (tjrs la même), en construisant (volontairement ?sans s’en apercevoir ?) de multiples et permanents dénis de complexité et de réalité. L’ensemble du processus me semble avoir été d’une utilité proche du zéro : ceux qui sont persuadé que les « méchants capitalistes ruinent le monde » sont tjrs bien d’accord avec le Grand Dâniel, et ceux de « l’autre camp » (WTF ??) hurlent à l’invasion des arnacho-rouges. Quant à ceux qui, comme moi, cherche un petit peu plus de sérieux et moins de bouffonneries sanguinaires de part et d’autre, ils ont rapidement délaissé l’émission, faute d’y trouver suffisamment de quoi nourrir la réflexion.

    Et dans tous les commentaires, il est à mes yeux très rigolos de voire, qu’on soit pro ou contre, qu’on s’échine et on se contorsionne parce que merde, quand même, c’est une « œuvre », c’est exceptionnel, c’est un espace de liberté, c’est à sauver, ça doit survivre au Père, blah, blah, blah. Quasiment pas un qui se pose la question : cette émission est-elle ce qu’elle prétend être et que tout le monde sous-entend comme acquis et certain ? Oui, oui, je vous parle bien, non pas du comportement réel de Daniel Mermet et François Ruffin, on y viendra, mais bien de la qualité (sociale, collective, émotionnelle ? Intellectuelle ? Radiophonique) de ce qu’ils ont produits pendant des années sur les ondes !

    Comme l’ont noté de nombreux commentaires, la séquence « répondeur » tient une place de premier plan dans la destruction de ce qui aurait pu être un espace alternatif réflexif profond : les différents « chef(eu)durépondeur » ont méthodiquement contribué à la crétinisation et la glorification tautologique des auditeurs (donc à leur infantilisation) en organisant la diffusion systématique des louanges au reportage précédemment diffusé ou au Maître lui-même (louanges souvent aveugles et idiotes), contrebalancées de contre-avis haineux et réducteurs (et donc tout aussi aveugles et idiots), le tout saupoudré d’un peu d’annonces associatives « pour faire sympa et impliqué dans le tissu réel », et donnant un espace d’expression récurrent aux inénarrables « Claude » et « Régis » (faudra penser à les payer Dâââniel, vu le nombre de bastifouilles qu’ils se sont échinés à pondre et mettre radiotéléphoniquement en scène pour que ton répondeur des AMG puise attirer autant de gens en apparaissant comme un « espace d’expression libre et de résistance »...mazette !).

    L’émergence la figure de l’AMG a été pour moi le coup de grâce : voilà bien ici la figure du mouton bêlant devant le Maîîîîître, et bêler, ça évite de réfléchir et de penser par soi-même. Les premières fois (car oui, je l’avoue et j’en ai honte maintenant, j’ai secrètement espéré que les choses changeraient et j’ai donc plus d’une fois, en cachette de moi-même, re-tenté d’allumer Inter (beurk) à 17h, puis à 15h...en vain, sauf qd Mermet parle de cul !), je me suis demandé ce que ça voulais dire : « Salut les AMG ! »

    AMG ? AMG ? Attends voir......Abrutis Médiatiquement Gavés ? Acéphales Mermétiquement Globalifiés ? Anes Merveilleusement Gaulés ? Anti-tout Mégalomanes Généralisés ? Non, pas du tout mon bon Monsieur : Auditeurs Modestes et Géniaux !!!! Yeah, rien que ça, rock&roll baby : et ça laisse en masse des commentaires souvent tous plus cons les uns que les autres, et ça se gargarise d’être les seuls à « porter la lutte sociale » ’ah tchao viva, portez-vous bien’ , et ça réduit sans vergogne le réel à la toute petite lorgnette par laquelle l’AMG perçoit le monde, et blah blah blah....insupportable, contre-productif et somme toute assez machiavélique dans la mise en spectacle de la « libre expression de résistance ». En somme, les AMG de LBSJS sont les BHL de la pensée critique.

    Quant aux reportages eux-mêmes, ils ont pris systématiquement le même chemin : celui de porter haut et fort (et souvent lourdement) un message idéologique préconçu, facilement repérable, fermenté dans l’atroce matrice historique du XXème siècle (dont ils n’ont visiblement rien compris et rien appris, occupé qu’ils sont à combattre « le capitalisme » et porter le fer de lance de la « lutte sociale »), et donc très souvent facilement démontable si l’on se donne un petit peu la peine d’élargir l’angle de vue de départ, et ce, répétons-le, sans que cela nuise à la légitimité de ce point de vue initial.

    Là où ils auraient pu et du montrer l’immense complexité de ce qui est chaque fois en jeu, pour en dénoncer les aspects terribles mais sans jamais nier les autres aspects de la réalité, les reportages ont systématiquement choisis de proposer des vues complètement orientées, réductrices, et qui malgré leur justesse (justesse ou légitimité qui se perçoit dans un système de relation plus vaste, dont l’observateur-journaliste aux idées préconçues fait partie, qu’il le veuille et le reconnaisse ou non) idées donc qui malgré leur justesse en deviennent contre-productives puisque s’érigeant en seule vérité. Ce qui alimente immanquablement et donne de remarquables arguments à ceux qui pensent que la réalité est un tout petit peu plus complexe que la lutte de l’ouvrier contre le « patron » ou le « petit-bourgeois » et que ces grilles de lectures grossières, on commence à en avoir soupé. Ce qui est étonnant, c’est que ces grilles de lecture soit encore utilisées, alors qu’elles sont dramatiquement dépassées et qu’il est temps d’entrer dans le XXIème siècle. Vous voulez un exemple : le cas Mermet et vos débats et commentaires l’illustrent magnifiquement !! N’avez-vous pas lu, comme moi, ceux qui disent : « Mais attend, mon gars, dans la vraie vie, faut de la hiérarchie, de la décision, de la norme, etc. », et ceux qui disent « La société ne peut marcher qu’avec du collectif, du participatif, etc. ».

    Et vous croyez vraiment que les uns ont raison A L’EXCLUSION des autres ???

    La complexité du réel, c’est la coexistence de processus en même temps complémentaires, contradictoire et antagonistes. Les émissions de LBSJS ne se sont jamais contenté que de mettre en lumière UNE FACETTE CHOISIE du réel, certes souvent éminemment importante et en étant la seule à le faire, mais en tentant de faire croire que CETTE facette est l’unique réel, dans un simulacre complet de « contre-poids à l’idéologie dominante » (simulacre le plus souvent sociologiquement et intellectuellement très pauvre, et parfaitement inefficace pour changer la société).

    • LBSJS a repris et Daniel MERMET n’a rien retenu des critiques qui lui sont tombées dessus .
      Le répondeur est toujours aussi affligeant et pour la néième rentrée il nous fait le coup du martyr avec l’aide de ses groupies.
      Certes on lui a enlevé le vendredi mais s’il commençait par nous pondre des émissions qui ne commencent pas avec 20 minutes de retard ( répondeur + catéchisme pendant ces 20 minutes ) on pourrait se contenter de 4 bons reportages.
      Pétition bien sur ! mais il y a eu des tas d’émissions valables qui n’ont duré que quelques années et je ne me souviens pas avoir entendu MERMET s’insurger contre leur suppression.
      Pas de pot , il n’arrive pas à finir à plus de 70 ans en martyr de l’audiovisuel .

    • En réponse à "Glaf" (Gros Lourdaud Atrabilaire Foutrique ?),
      Votre texte est ahurissant, j’ai du mal à en discerner les motivations.
      Sachez simplement que pour beaucoup d’auditeurs ces émissions sont une réelle source d’informations
      je citerai notamment les émissions sur Julian Assange, sur la dette publique, etc...trop facile de jeter le bébé avec l’eau du bain, un bain dans lequel vous semblez patauger...

  • Suite

    A mon humble avis, ce positionnement n’a pu que servir les forces qu’il prétend combattre : elles ont BESOIN d’un idiot utile, à qui l’on confère un semblant d’espace de liberté, et qui sert d’alibi au système et de caution à la falsification de la liberté d’expression, persuadé qu’il la détient réellement et pourtant se contente d’agiter maladroitement de vieux chiffons idéologiques sans persuader qui que ce soit de changer quoi que ce soit (et pire, puisque comme on l’apprend le « taulier » se comporte comme les connards qu’il se plaît à dénoncer, faisant le miel de tous ses « ennemis »). Je vous jure qu’à mon avis, ils se marrent comme des baleines à la bourse ou dans les CA du cac 40 et ils ont vachement peur du « Grand Mermet ».

    C’est ce qu’a noté l’un des commentaires : croyez-vous vraiment que LBSJS serait tjrs là s’il y avait la MOINDRE CHANCE qu’elle dérange QUOI QUE CE SOIT dans l’ordre établi ? Bien sûr que non. Mes excuses, mais par leur manque de recul, leur position idéologique bornée, leur absence totale de mise en profondeur des questions soulevées avec un tant soit peu d’honnêteté intellectuelle et de prise en compte de l’histoire, les émissions et reportages de LBSJS n’ont jamais frôlé ne serait-ce que le début du commencement d’une idée qui pourrait réellement commencer à faire changer les comportements psycho-sociologiquement sclérosés, de quelques côtés des lignes (souvent imaginaires) qu’ils se situent. Ainsi par exemple, mes excuses, mais suite aux émissions de Mermet, combien « d’AMG » ont réellement lu Castoriadis (non seulement « la montée de l’insignifiance », mais aussi « l’institution imaginaire de la société », mais aussi les 6 volumes des « carrefour du Labyrinthe », etc. ?). Mermet et les reporters de LBSJS les ont-ils seulement lu eux-mêmes ? Ah, pardon, il s’agit de préoccupations d’intellos petits-bourgeois et il vaut bien mieux, quand on est grand reporter à LBSJS, faire semblant en chopant Casto pour une série d’émissions, puis raconter n’importe quoi et faire des généralisations absolues à partir d’un reportage pris sur un autre terrain, aussi légitime soit-il au départ. Pourtant, on se sert parfois de Castoriadis, de Bourdieu, parce que c’est de bon ton....et on raconte également n’importe quoi en ânonnant et ergotant sur le concept idiot de reproduction des dominants et des rapports de classes....Mermet se gargarise de Chomsky, mais a-t-il seulement jamais lu « Théorie du langage / théorie de l’apprentissage – Le débat Noam Chomsky / Jean Piaget », qui aurait permis d’élargir un tout petit peu l’horizon des auditeurs et les points de vues et théorie de Chomsky, qui est un innéiste déterministe, là ou Piaget (Jean, hein, pas Charles) propose des théories constructivistes tout aussi passionnantes et bien argumentées ? Alors ne parlons pas de Bateson, de Bachelard, de Morin, de Simon, de Le Moigne, penseurs totalement inconnus aux petits bataillons des vrais-journalistes-de-gauche-qui-éclairent-les-masses-grâce-au-dieu-Mermet-et-à-sa-religion-LBSJS, et préfèrent nous rabâcher Gramsci, Chomsky, Bourdieu, Badiou, et pourquoi pas Sarte, tant que vous y êtes, l’homme qui a très intelligemment écrit « tout ceux qui ne sont pas communistes sont des chiens », la figure ultime de l’imposteur intellectuel ?
    Rappelons-nous que Boris Vian l’appelait Jean-Sol Partre, que Morin a fait son autocritique au tout début des années 50....

    Je vais continuer ma bouse à moi sur l’idée suivante : Ruffin/Mermet, AMG, gauchiste-gauchisant, anarcho-communiste, ayatolah-altermondialiste, mandarins-de-ma-cause de tous poils, vous vous trompez de combats, vous vous trompez de cibles, vous vous trompez de méthodes, d’échelles et d’outils. De plus, vous n’avez aucunement l’apanage de la gauche, ni celui d’être les seuls à vouloir changer le monde vers plus de justice, de respect, de partage, de tolérance et d’ouverture. La réforme de la pensée vous échappe complètement, parce qu’elle est récursivement liée aux comportements individuels, et que vos minuscules carcans éthiques, moraux, politiques et épistémologiques (hou, le vilain mot), illuminés du halo vaseux de la persuasion totale, de la certitude, de la vérité, du salut (ici du Grand Soir) sont érigés en absolus qui abolissent toute possibilité d’émergence de processus nouveaux dans vos comportements individuels réels. [Et c’est bien pourquoi dans tant de commentaires on peut lire que ces comportements individuels (par exemple de petits chefs) se retrouvent partout, dans les ONG, les asso, les espaces de « démocraties participatives », etc. qui sont manifestement encore totalement sous le joug des impritings de la psychologie des rapports de pouvoir....dont moult bourdieuserie nous expliquent qu’ils sont PAR NATURE les régulateurs des rapports humains....c’est aussi intelligent que lorsque Freud à réussi à faire croire à tout le monde, sur la base d’expériences falsifiées révélant sa propre névrose, que PAR NATURE l’enfant rêve de sodomiser sa mère et tuer son Père, à moins que ce ne soit l’inverse.... .....ou dans un autre style aussi pertinent que les ayatolah du Genre qui nous assènent que TOUT s’explique par les rapports de genre et de sexe......ou les neuroscientifiques qui SAVENT que l’imagerie cérébrale permettra enfin de décoder la psychologie humaine....notre époque produit des TONNEAUX de conneries].

    Et pourtant, « peuple de gauche », Dieu sait si je partage vos idéaux, vos volontés farouches de changer les choses, de réduire au minimum les injustices, etc... et Allah sait combien je regrette que vous squattiez l’espace social du changement historique par vos élucubrations, vos vociférations rétrogrades et vos comportements individuels putassiers, tout comme les bien-pensants de l’intelligensia de la sociologie et de la politique squattent l’espace intellectuel de la transformation....

    Spécial dédicace à Etienne : le résultat n’a aucune importance, ce qui compte c’est le PROCESSUS. Car, à coup sûr dès qu’on prend la peine de faire un peu d’histoire, de sociologie et de psychologie, on peut voir que les résultats préfixés à l’avance dans les flux et reflux du collectif sont rarement ceux qui adviennent réellement, et ces derniers puent la mort là où les résultats idéaux se voulaient être l’Eden.

    En revanche, déterminer, ici et maintenant (on dit hic et nunc en langage intello petit-bourgeois), ce qui légitime nos comportements, l’expliciter loyalement et en débattre avec ceux qui nous entourent et avec qui nous construisons un collectif quelconque, voilà qui pourrait être (peut-être ?) plus respectueux de la différence, plus efficace dans le recherche de l’action collective et moins en contradiction avec l’idéal (pourtant creux et mortifère) de « la lutte des classes pour les abolir et aboutir à l’égalité ». Si vous aviez compris cela, M. Ruffin, vous n’auriez pas courbé l’échine et vous auriez crié à la gueule de Mermet qu’on ne parle pas aux gens comme à des chiens et qu’on ne les traite pas comme de la merde, jamais. C’est ça la « vraie » révolution, celle des comportements individuels (trier ses déchêts, ne pas chercher à niquer son voisin ou collègue, ne pas baisser son slip devant son boss, ne pas frauder ni la CAF ni le fisc pour l’ISF, accepter la différence, sourire, regarder dans les yeux et répondre « bonjour » à un Rom tout en refusant de lui laisser une piécette et d’accepter qu’il exploite sa gamine de 2 ans en la faisant dormir sur le sol, vous savez, tout ces trucs que d’aucun qualiefieront de recherche du monde des bisounours)... mais vous préférez sans doute vous consacrer à l’avènement du Grand Soir, droit dans vos bottes de connard de droite déguisé en Grand Chevalier de la gauche, de la veuve et de l’ouvrier.

    Pitoyable bouffon.

    Et si « la révolution qui vient » doit être la vôtre et celle du peuple de gauche des moutons aveuglés par vos combats mythologiques et vos méthodes dangereuses, et bien on est vraiment très très mal barrés.

    Il y a une chose que vous semblez ignorer, et qui est directement liée à la question des comportements individuels : ça s’appelle l’éthique de la responsabilité, et ça signifie grosso modo que vous êtes responsables des valeurs qui sont sous-tendues par chacun de vos actes, et ne vous en déplaise, il y a TOUJOURS des valeurs sous-tendues, même chez les gens de gauche qui s’acharnent à les nier. Ca ne signifie pas que vous êtes responsable de tout ce qui vous est arrivé, mais que vous êtes responsable de ce que vous en faites. Et si vous n’admettez pas ça, alors vous ouvrez la porte à toutes les formes de déterminisme (soft ou hard), qui est le ferment de la négation absolue de la liberté individuelle et de la possibilité d’émergence du nouveau par déviance, erreur, anomalie, résilience. Et que vous le vouliez ou non, la liberté individuelle est un socle aussi radicalement fondamental que la construction du collectif, la possibilité de paix sociale et collective se situant donc dans une prise en compte irréductible des deux dimensions d’une même réalité.

    AMG : On est sur la brêche. Jetez vos télés. Ne lisez plus la « presse alternative », n’écoutez plus LBSJS. Réfléchissez sur vous-mêmes et par vous-mêmes, sortez-vous les doigts du cul.

    M. Ruffin, une dernière chose encore : pressentant le mauvais vent, j’ai failli, mais je n’ai jamais lu vos livres ni acheté Fakir, grand bien m’en a pris, je m’en félicite aujourd’hui......

  • Que dire après avoir creusé le net sur cette affaire... Peu de réponses, beaucoup de questions.

    Pourquoi les accusateurs n’ont pas réglé leurs problèmes avec Mermet aux prud’hommes ?

    Pourquoi cette charge intervient à ce moment précis de fin de saison ?

    On peut constater le pouvoir troublant et divisant de cette attaque, à qui cela profite t-il ?

    Pourquoi personne ne s’étonne du manque de moyens flagrant, quand on lit que l’équipe s’entasse à plus d’une dizaine dans le bureau 528 ?

    Radio France n’a t-il pas sa part de responsablilité ?

    Pourquoi tant de haine déversée par des soi-disants AMG (car à force on doute de la bonne foi de tout le monde, commentateurs en tête) ? Les AMG ne sont pas des haineux, à priori.

    Bref, on nage. Trop peu de réponses pour trancher, or beaucoup de commentateurs tombent dans le lynchage-sans-recul.

    Bien sur que ce comportement de Mermet, s’il est acté, n’est pas louable et même condamnable, et oui, il devra répondre (et on l’attend !).

    Ce que je lis du caractère de Mermet dans le texte de Ruffin, je l’ai vu au boulot. Un boss plein de belles valeurs, mais plein de défauts. Un boss malgré lui en quelque sorte. Oui, ce n’est pas du manager de rêve, oui, un vieux con, un grincheux, un perfectionniste... Un gars qui fait tourner la boutique, un gars qui doit en vivre, mais pas un avide comme ces patrons qu’on encense alors qu’ils pressurisent des milliers de personnes. Oui parfois c’est dur, ça gueule, ça chiale. C’est la vie.

    Mais je trouve les réactions ici souvent très déplacées face à l’affaire. Et c’est une constante des espaces de commentaires sur Internet. Il suffit de regarder les débats passionnés au moment de la dernière présidentielle, quand on voit débarquer par dizaines des militants d’une crèmerie sur les forum de la presse classée "de l’autre côté".

    Et puis j’adore les déformations, les sophismes, la désinformation qui suinte de certains commentaires... J’adore comment à partir d’une attaque ad hominem on attaque aussi l’émission qui est d’une qualité rare dans le paysage médiatique français...

    Ben c’est bien triste en fait, parce que ça ne ma laisse pas du tout optimiste quant à l’évolution de la société dans l’avenir. L’équilibre est bien fragile...

    Allez, comme dirait l’autre "A la fin c’est nous qu’on va gagner !" ; et voyez en ce nous les forces citoyennes, militantes, progressistes qui comme ils le peuvent, mettent au jour et luttent contre les dysfonctionnement de notre société du pognon et du pouvoir !

    Le combat est ailleurs, il est là-bas !

    Bel été à toutes et tous !

    et désolé pour ce post à la va vite pas structuré et un peu... passionné peut être. Lisez le comme un appel à la prise de recul .|

  • Houlala, "pauvres petits cons" (comme dit la chanson de Jean Ferrat), enfants d’après 68 qui n’ont connu que des parents libéraux et des enseignants gnan-gnan, trop gentils, copains ! Pour le vieux con que je suis vous semblez tout droit sortis du monde enchanté des Bisounours, mal réveillés de vos rêves puérils de patrons-copains et de gentils-collègues.

    Je ne peux pas parler du comportement de Daniel Mermet (comme on dit : "je n’y étais pas"), mais ce qu’en dit François Ruffin montre un "patron qui sait ce qu’il veut" somme toute assez standard.

    J’ai interprété son intervention comme celle d’un homme qui explique, sans forcément excuser, puisqu’il n’y a rien à excuser, c’est comme ça qu’est Daniel Mermet, et à 70 balais, bien malin qui pourrait dire comment le changer.

    Mais il nous décrit aussi un homme qui, s’il lui arrive de donner parfois quelques coups de pied au cul (moralement s’entend), a dû se prendre pas mal de baffes dans la gueule, qui sait que, même si elles n’ont été que "morale", ça fait très mal, et très longtemps, et qui sait aussi que beaucoup de gens sont prêts à lui en recoller quelques-unes. À commencer par son patron Philippe Val...

    Et les AMG là-dedans, où trouvent-ils leur compte ?

    Où trouveront-ils leur compte quand Daniel Mermet aura été éjecté ?

    Bien sûr, "Là Bas" est une oeuvre collective, qui survivra à son créateur (enfin, peut-être), mais regardez ce que sont devenus les "Guignols de l’info" depuis que Bruno Gaccio a été poussé dehors : une gentille succursale du "Manège enchanté".

    Indécrotables, les gauchistes : toujours s’attaquer à ceux du camp dont on prétend faire partie au nom d’une certaine pureté comportementale et idéologique.

    PS : à l’attention des "Fakirs" : vous pouvez gommer un peu les termes qui vous paraîtraient trop crus.

  • Bonjour,

    Je ne sais si ce courrier pourra être lu par mon "ami" Daniel Mermet que j’admire beaucoup. Après le cire-pompe :))) je voudrais savoir comment obtenir, et si cela est possible bien sûr, un enregistrement plutôt ancien, qui a été fait dans ma région de Chte-Mme, et concernait notre ami J.Claude LADRAT, créateur fabriquant de soucoupe, désireux d’atteindre le triangle des Bermudes. Après bien des émissions, ce doux rêveur, accompagné de sa maman, nous a fait penser que tout est possible...du moins en rêve. Si cela était possible d’avoir un de ces enregistrement, je suis prêt à acheter la cassette ou le CD.
    Merci pour toutes ces émissions, décorées par le son de cette Harley...bonnes amitiés à à toi Daniel,
    J.Pierre

  • Merci François pour ce texte

  • Bonjour,

    J’ai découvert cette "affaire" en tant que lecteur occasionnel de Fakir. En clair, je n’avais jamais écouté Là-Bas-si-j’y-suis, encore moins entendu parler de M. Mermet, et les chapelles et rivalités de la gôchosphère m’échappent totalement.

    Je n’ai qu’une remarque à faire en réalité. SI il y a harcèlement avéré, cette personne, aussi vénérée qu’elle puisse être, doit être traitée en conséquence. Point.

    Point virgule plutôt, puisqu’on peut parler de circonstances aggravantes dans ce cas. Le mec se targue d’avoir une conscience sociale et il se comporterait (notez le conditionnel en l’absence de décision de justice) comme ceux qu’il dénonce à longueur d’antenne ? C’est encore plus gerbant.

    (Cette moralité à géométrie variable me fait penser à certains fonctionnaires encartés "comme il faut", toujours prêt à te faire la morale, mais qui ne transigent jamais avec leurs vacances rejointes en vol low-cost (avec tous les impacts sociaux et environnementaux que cela génère). Fin de la parenthèse acrimonieuse.)

    Autre élément dérangeant : le fait que ses anciens collaborateurs "méritants" ne nient pas son comportement mais le JUSTIFIENT au nom de l’Oeuvre (avec une majuscule vu que cette émission semble mettre pas mal de monde en transe). Des anciens collaborateurs qui sont également, à travers leurs travaux, des pourfendeurs de ce type de comportement. Et pourtant on entend ici ou là des excuses dignes d’un cours de management... Après tout, "on ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs". Second dépôt de gerbe.

    (Plus "amusant" encore, le portrait fait par M. Ruffin de M. Mermet : un homme fort en gueule qui bouffe de la barbaque et qui tient l’alcool. Un bonhomme quoi ! Un couillu ! A M. Ruffin, qui aime tant le football et ce genre de personnages, je conseille donc de rédiger une biographie de Loulou Nicollin. Un mec graveleux, et qui aime la bonne chère. Mais qui a réussi à construire un beau petit club sans céder aux sirènes de l’argent. Bon Ok, il a traité un jour Pedretti de "petite tarlouze" (entre autres joyeusetés) mais bon, ça fait partie du personnage et qu’est-ce que c’est face à l’Oeuvre ? Et pis Pedretti c’est quand même jamais qu’un joueur "médiocre", pas un Cantona... On va pas en faire un fromage...)

    Je ne dis pas que je ne lirais plus jamais Fakir. Mais une chose est sûre, je ne mettrai plus mon RSA à contribution pour l’acheter.

    Salutations,
    Charles
    Statut social : Membre de la caste des "petite gens", actuellement sans emploi-précaire, ancien du club des "médiocres trop sensibles qui ne supportent pas un peu de brusquerie de la part de leur chefaillon si talentueux".

    • Bonjour,
      On peut se poser la question, pourquoi régulièrement on met LBSJS et Daniel Mermet sur la sellette et jamais ces soi disant journalistes qui diffusent leur haine et intoxique le paysage audio, fabrique le consentement chez les auditeurs je veux parler des Giesbert, des Cohen, des Demorand et autres Sylvestre ?
      A radio France aucun problème, sauf a LBSJS ou règne la terreur !!! Une journée de moins par semaine, continuez vous allez y arrivés. Bientôt plus personne pour informer, pour parler du Peuple, des gens, de la vie. Face a la précarité on s’organise, on cible les vrais responsables, on crée un rapport de force et on attaque, ce n’est pas a coups de déclarations plus ou moins crédibles et vérifiables qu’on va faire changer les choses.
      Je continuerais a écouter et soutenir La bas, D.Mermet, Fakir, le Diplo, Politis, Acrimed etc...
      JC Delarue

  • C’est triste de vous lire et je ne m’étendrai pas.

    Je trouve que votre long texte est un beau storytelling... bah oui, on plonge dans l’histoire pour mieux endormir le lecteur, c’est navrant.

    Et question argument, il n’y a quasiment rien.

    En effet, pouvoir défendre un patron harceleur quand dans le même temps, on va allez mettre la pagaille dans les AG de multinationales, le grand écart est balaise.
    J’avais personnellement trouvé que vous faisiez ça avec talent, quant à la défense d’un patron maltraitant, c’est plutôt nul, je trouve !

    Oui, effectivement, je pense qu’il vaut mieux regarder et allez voir ailleurs si vous n’y êtes pas. Parce qu’à force de faire l’inverse de ce que vous défendez, ça n’a plus trop de sens tout ça et que ça interroge fortement sur la lutte, quand on sait qu’à côté de soi, il y en a qui ne sont pas clairs et qui ne tiennent pas la route...

    Allez faire un long reportage sur la maltraitance au travail, je pense que ça vous fera le plus grand bien...

    ps : pour les lecteurs qui continuent de soutenir des pratiques violentes et un personnage qui maltraite ses collègues parce que c’est Daniel Mermet, n’hésitez pas à lire les commentaires d’Acrimed sur cette question, c’est court, c’est argumenté et c’est du solide !
    http://www.acrimed.org/article4115.html

  • Christiano ronaldo est plus fort que messi et le réal à plus de titres que le Barça. Et arrêter sinon je m’énerve très très fort...
    Merde m’suis trompé de site, j’croyais être sur l’Éq....

  • J’écoute Là bas régulièrement avec plaisir pour la qualité de ses émissions et je n’ai rien à dire sur cette affaire si ce n’est qu’elle me fait penser à la façon dont fonctionne le monde du spectacle et des intermittents : précarité et humiliation pour la majorité ; gloire et richesse pour les "stars" (pas forcément les plus talentueux).

    La majorité des intermittents sont des précaires et cet état, quand il se prolonge dans le temps, entraîne souvent une importante fragilité psychologique (je suis passé par là). Je comprends donc la douleur des gens qui témoignent. Passer son temps à courber l’échine, vivre dans la peur du quotidien, sans rentrées d’argents suffisantes pour le minimum, ne permettent pas souvent de s’opposer à un patron qui loin d’être un tortionnaire, est peut être tout simplement trop étouffant et surtout nul dans la gestion de personnel.

    Et, tout le monde n’a pas le talent, l’expérience et la force de Ruffin pour s’adapter à ce genre de situation et résister à l’ogre Mermet et ses méthodes artistico-managériales.

    Cela étant, si le métier est dur et que Mermet ne fait pas exception, il existe toutefois un lieu approprié pour traiter ce genre de cas : un tribunal des prud’hommes. Un reportage commandé et non payé ça doit bien se plaider facilement ? Alors pourquoi en parler dans la presse et charger le producteur ?
    Si il est coupable, et il semble bien l’être, il n’est pas le seul, pire sont les donneurs de leçons, les complices silencieux comme les collègues qui piquent du nez lors des colères du boss, la direction qui ne recadre pas son producteur (bon certes la direction d’Inter c’est pas génial, mais justement) ou les syndicats qui dénoncent mais infine, ne servent à rien (malheureusement).

    Cette affaire ne marche que parceque le producteur est "de gauche". On découvre soudainement que Mermet est aussi ce qu’il dénonce. C’est moche c’est sûr. Mais il serait dommage de mélanger la morale et le droit. Mermet fait une super émission mais si il est un mauvais patron et enfreint le code du travail il devrait en répondre au tribunal pas à la presse.

    Quant à la presse au lieu de tirer sur Mermet elle pourrait aussi nous dire comment elle fonctionne : comment elle exploite ses stagiaires, ses pigistes, comment elle les censure, bref comment elle est si vertueuse pour nous fournir un contenu de qualité entre 2 pubs.

    • le cru de 2012/2013 n’est pas terrible, beaucoup de rediffusions...,
      - essoufflement, usure...,
      - que sais-je ?,
      - et "champagne pour terminer",
      - n’est ce pas là une manière de tirer sa révérence ?

  • Je ne sais comment réagir.
    Cet article transpire l’admiration du mentor.
    L’article publié par Article XI, repris par Acrimed, dénonçait une méthode de "management", les conditions de travail, l’humiliation latente. Une rémunération au rabais. Des illusions et des mensonges. Une forme de soumission à la volonté du maître tout puissant. Tout ce que vous ne niez d’ailleurs pas.
    Et, il me semble, tout ce contre quoi le combat de Fakir est tendu.
    Il ne s’agit pas de curée.
    Que Mermet soit un homme de talent, n’excuse en rien ces méthodes.
    Vous ne pouvez pas dénoncer, à juste titre, ce genre de méthodes dès lors qu’il s’agit de multinationales/hommes de droite/entreprises privées, au choix, et les excuser sous prétexte que Mermet, fait oeuvre de salubrité publique. Au contraire.
    Ce qui est ignoble dans n’importe quelle entreprise, l’est tout autant ici. Voire plus.
    Mermet n’est ni saint, ni démon. Soit.
    Que s’épanouisse alors la critique d’un homme, qui est en contradiction flagrante avec ce qu’il prêche.
    Un admirateur pourra toujours trouver, chez n’importe quel patron du CAC 40,"un homme, mi-ange mi-bête, ou ni ange ni bête, avec ses zones d’ombre, avec ses fautes, avec ses hontes, mais également avec sa lumière et sa gloire"
    Mais, journaliste de talent ou pas, "icône" de gauche ou pas, on ne peut pas dire blanc et faire noir.
    Et votre métier de journaliste, précaire s’il en est, ne devrait pas s’ accommoder de ces pratiques, pas plus que n’importe quel autre.

  • Bonjour,
    travaillant depuis plus de 10 ans dans le spectacle vivant j’en ai vu des tyrans : metteurs en scène, chorégraphes, directeurs artistique... Hommes plus souvent, femmes parfois aussi... Dans leur domaine, ils sont toujours excellents eux aussi... Et bien sûr ils se disent tous de gauche ! J’ai plusieurs fois été dérangée entre l’admiration pour l’artiste et la haine pour l’humain qui maltraitait les autres salariés... Et tous s’arrangent si bien avec leur conscience...
    Alors je comprends un peu Ruffin. Je ne suis jamais resté longtemps à travailler avec ces connards... J’en tire la conclusion que l’humain n’est pas reluisant mais qu’il faut des cadres, et que le régime d’intermittents permet trop d’abus...
    Je comprends un peu Ruffin aussi quand il dit entre les lignes que finalement ce n’est pas ces artistes, journalistes, etc les plus à plaindre. Ils viennent souvent des classes les plus riches de la société et, bien que leur souffrance morale soit bien réelle, ceux-là ne se retrouveront pas à la rue et trouveront toujours quelque chose à faire, contrairement au travailleur sous diplomé qui, s’il perd son travail en usine aura une véritable difficulté à se relever d’un licenciement.
    J’excuse aussi le ton un peu prétentieux de Ruffin. Déjà parce que j’aime son travail, ses livres, ses reportages. Ensuite parce qu’on a le droit de dire qu’on est bon, pourquoi pas, c’est une bonne chose d’avoir une bonne estime de soi... Surtout qu’il garde un regard critique sur lui-même malgré tout.
    J’excuse moins ce passage "Mon ex-compagne me les racontait durant des plombes, ses soucis aux Céméa de Picardie – une association d’éducation populaire –, le directeur, la secrétaire, les coteries, etc. Tous les soirs au dîner j’avais le droit à mon épisode.
    Ça me gonflait."
    D’abord c’est un peu intime il me semble. Ensuite je pense que à la place de cette ex-compagne je n’aimerais pas lire une chose pareil étalé sur Internet. C’est franchement pas sympa pour elle.

    Je continue d’être abonnée à Fakir mais, finalement, je ne m’abonnerai pas à vie... J’attend de voir si Ruffin ne vas pas commencer à avoir la grosse tête et devenir comme ce Mermet qu’il admire tant. Je veux croire que Ruffin continuera à être ce journaliste que j’admire autant pour le travail que pour l’humain que je crois comprendre qu’il est.
    Et bonne continuation, votre journal en vaut tellement la peine.

  • Très long papier que j’ai lu jusqu’au bout, avec plaisir.
    Il permet de dessiner plutôt délicatement la vérité des relations de travail dans des univers médiatiques aussi en vue que, par exemple, une quotidienne de France Inter : ce sont évidemment des relations d’entrepreneurs.
    Des relations où chacun tient ses comptes, calcule son intérêt - ce qui n’est certainement pas un gros mot, l’importance de la cause l’exige - et s’en détache lorsqu’il ne s’y retrouve plus.
    Ceci dit sûrement pas pour sortir le gros mot "d’entrepreneur" dans une publication de gauche - qui m’intéresse non pas parce qu’elle est "de gauche", mais parce que c’est une bonne publication. Plutôt pour dire que la violence dirigée contre Mermet doit se comprendre à la fois comme manifestation du dépit de salariés qui n’avaient pas compris où ils se trouvaient (dans une pépinière d’entrepreneurs, ben tiens), et aussi comme un shoot de jalousie brute, dirigée contre un patron très en vue.

  • Là-bas si j’y suis est une anomalie.

    La droite officielle s’étant désistée, il fallait des gens « de gauche » avec des raisons « de gauche » pour rétablir l’ordre.

    Joli travail, gens « de gauche » ! Vous me dépouillez de mes armes. Vous m’enfoncez.

  • Auditeur distant, j’aurais du échapper à ce texte (mais internet faut que des recherches tiers nourrissent la curiosité).
    C’est bizarre, j’ai l’impression d’être le salarié de ma ferme, moi qui suit le patron, en lisant ces lignes.
    Je ne suis pas un Mermet (je suis distant des bestiaire humain, pas à l’aise avec le vif).
    C’est la vie comme dit l’autre (et sa gueule).
    On s’excusera pas d’être dans cette situation, car c’est déjà avoir été trop fier.... (4 points cela est-il suffisant ?).
    Ce qu’on ne peut ce souhaiter, .. autant le faire pour d’autres, alors j’espère un environnement plus doux pour François.

  • Merci pour ce témoignage précis sincère et authentique qui quand même rend justice.Seule compte le résultat:la qualité des émissions qui nous ont été données toutes ces années ,la petite lumière qui nous a informés et fait réfléchir

    • Houla la..... J’en ai lu des courriels......depuis 3H du mat !
      Et maintenant, je vais réecouter l’èmmission du génial fada et de sa soucoupe volante....
      Vive la poésie et l’apéro....
      Et ma Chérie qui se colle contre moi dans le lit, me demande :
      "Que fais tu ?"
      - "Chut....Je décolle !"....

    • Terrible cette phrase : "Seul compte le résultat". On s’en fout de la manière dont sont faites les choses, d’éventuels dégâts humains. La fin justifie les moyens... Cauchemar.
      Heureusement que beaucoup d’autres pensent autrement. Sinon il ne reste plus qu’à fermer les yeux sur toutes les horreurs qui se passent dans les structures dites "engagées" : Là-bas si j’y suis, Agone, etc.

  • 1) Abonné à Fakir, que j’ai connu certes par LA BAS SI J’Y SUIS, j’en ai un peu marre de cette collusion entre FAKIR et LA BAS qui me donne la sensation que FAKIR est peu ou prou la version papier des reportages de Francois RUFFIN dans LA BAS

    2) Ecoutant LA BAS, je trouve effectivement que les gens de l’équipe change chaque année qui passe (à part quelques indéboulonnables) alors que trouvais les divers reportages très intéressants, ce qui me faisait m’interroger sur le pourquoi de ces départs surprenants, car on ne change pas une équipe qui gagne et on ne part pas d’un endroit où on prospère... Il y a sans doute un fond de vérité chez Article11, qui en fait ne me surprend pas. Rappelez vous le syndicaliste Marc BLONDEL qui sur-exploitait son chauffeur...

    3) Je laisse ce message sur le site de FAKIR car sur le site de LA BAS, ce n’est pas possible

    4) Si on me modère, je nettoierai la caisse du chat avec les prochains FAKIR et et tant pis pour les articles de Pierre SOUCHON... (eh oui, je suis pas le fayot du mois)

  • Ca nous est déjà arrivé à tous, je pense, d’avoir des potes dont on s’est dit que c’étaient des vrais amis, que ceux là sûr qu’ils étaient loyaux et qu’en cas de tuile, c’est sûr qu’on pourrait compter sur eux comme eux pourraient compter sur notre indéfectible soutien. Bien sûr, ces potes avaient des défauts mais bon, c’étaient tellement nos potes qu’on leur pardonnait tout.

    Et puis, un jour, dans un moment de faiblesse à la faveur d’un changement de position sociale ou d’un coup d’orgueil, le pote en question révèle sa vraie nature et on comprend qu’il s’est toujours foutu de notre gueule, qu’on l’arrangeait bien mais qu’il nous considérait que comme un accessoire relationnel ou un marche pied.

    Le type loyal se révélait être un con comme les autres, la trahison en plus.

    Ben voilà, c’est pareil pour François RUFFIN, on se dit qu’il est un peu mégalo, que faire tourner FAKIR ca doit pas être toujours facile, qu’il faut un peu gueuler mais bon qu’au fond, c’est un type qui croit à ses idées.

    Mais non, on comprend qu’il ne croit qu’en lui, qu’il ne pense qu’à compenser sa blessure narcissique d’appartenance à une classe sociale qui lui fait honte en vérité. Le but est de "percer", qu’on entende parler de lui à tout prix, même s’il doit avaler les couleuvres de MERMET et tout subir. Pour assurer sa montée sociale et enfin payer son Jacuzzi (c’est dit dans FAKIR sur le ton de la plaisanterie mais c’est dit tout le temps, ce qui est révélateur), il s’appuie sur FAKIR, organe de presse qui semble en final uniquement destiné à lui servir de tribune personnelle et de caution pour mieux essaimer ailleurs.

    Ce qui le dérange le plus dans l’exploitation des gérants de Petits Casino, ce n’est pas les nombreuses heures de travail non payées car il le cautionne chez MERMET. Ce qui le dérange c’est de ne pas être à la place sociale d’un NAOURI à se faire aduler par des actionnaires reconnaissant la suprématie de ses idées forcément supérieures.

    On ne critique jamais chez les autres que ce qui nous dérange le plus dans notre propre comportement !
    Certes, cela est de manière généralement inconsciente car il s’agit de notre part d’ombre, la part qui nous répugne le plus.

    Et voilà comment, dans un moment de faiblesse, François RUFFIN révèle sa vraie nature, et on comprend qu’il s’est toujours foutu de notre gueule et que les idées qu’il défend ne sont qu’un moyen de se faire connaître, sans plus, car il ne les pratique pas.

    Le jeune journaliste talentueux et engagé, se révèle être un banal arriviste comme les autres, la trahison des idées en plus...

  • Etonnant ! Ce que vous écrivez au sujet de "Là-bas si j’y suis" ou de Daniel Mermet, pour peu que l’on ait un tantinet l’esprit critique et un chouilla de réflexion, on s’en doute. Non, je suis extrêmement étonnée d’avoir vécu la même expérience au sein d’Utopia (ciné d’art et d’essai dont le fond de commerce - outre la diffusion d’un paquet de bons films - est l’affichage de son engagement politique). Je remplace "Là-bas si j’y suis" par "Utopia" et Daniel Mermet par Anne-Marie Faucon ou Michel Malacarnet et je retourne 10 ans en arrière .. Même si la chute fut un peu rude, je n’en suis pas sortie moins déterminée et engagée.
    Au plaisir de vous entendre tout de même à nouveau un jour.
    Anne

  • Merci Ruffin pour toutes ces précisions. Ça me rassure dans mes choix et pourquoi je suis abonné à CQFD mais pas a Fakir... même si je le lis(ais) de temps en temps.

    Juste une question ; dans la société pour laquelle tu te bats, t’en fais quoi des "médiocres" ?

  • merci François Ruffin, j’ai gouté "les petits soldats du journalisme" et en encore plus " La guerre des Classes ".
    Je pourrais m’abonner à FAKIR
    Mais un commentaire sur Daniel Mermet et votre intervention pour sa défense restent lettre morte.
    tant pis

  • « La sacralisation du grand chef – que ce soit sous la figure de l’entrepreneur, du leader politique ou du génie artistique –, c’est de cela justement que crève notre société pyramidale qui craque aux coutures. [...] Que l’on fabrique des pneus chez Goodyear ou des reportages dans une émission de radio, on ne peut espérer se sortir de la déglingue qu’en partageant solidairement nos idées, nos ressources et nos savoir-faire. »

    Je ne saurai mieux dire. Salariée du monde associatif, je réalise tous les jours à quel point le collectif est la seule chose qui pourrait nous sauver et à quel point cette idée est morte. L’individualisme a gagné la guerre des consciences et des comportements. Cet article le montre bien.

    "il faut des hommes spéciaux bla bla bla" "Fakir défend la démocratie mais n’est pas la démocratie"
    Ha bon ? mais comment peut-on défendre des principes qu’on ne s’applique pas à soi même ? Comment donner des leçons si on n’est pas fichus de vivre et de mettre en pratique la démocratie au sein de sa propre structure ? Si on n’envisage même pas d’essayer... comment imaginer que cela pourrait fonctionner ailleurs ?
    Et pourtant , je vous assure, c’est possible.

    On peut travailler à plusieurs, produire de belles choses à plusieurs- sans "chef" et sans maltraitance.

    Et si c’est possible, qu’est ce qui peut justifier alors les pots cassés , tous ces dégâts humains - une tentative de suicide et toute la souffrance exprimée ?

    Ce que vous écrivez et ce que vous rapportez de votre façon de voir le fonctionnement du Fakir donne l’impression que vous n’y croyez pas beaucoup à tout cela au fond ...(le travail collaboratif, la prise de décision collective etc.). Mais alors, que défendez vous exactement ?
    Cette vieille idée que s’il n’y a pas de chef c’est le bordel et on ne peut rien faire de valable ? waouh.

    L’argument de l’artiste qui a tous les droits ne tient pas plus. Quand des intermittents se plaignent des conditions de tournage d’un film, aussi réussi soit-il, j’ai plutôt envie de me ranger à leurs côtés que de défendre le réalisateur (cf récente polémique sur le film "la vie d’Adèle") - je pensais qu’on serait d’accord là dessus, visiblement non. ça aussi c’est décevant.

    L’argument de "l’efficacité politique"- Mermet fin politique qu’il faudrait défendre parce que sa parole porte- me semble particulièrement pervers. C’est au nom de cette efficacité (à laquelle on sacrifie la démocratie) que les organisations de quelque bord qu’elles soient, politiques, syndicales ou associatives, ne renouvellent pas leurs instances et ne font pas de place aux femmes et aux jeunes. Ce qui conduit ces organisations à être des structures autocratiques aux mains des vieux hommes blancs (parce qu’ils seraient meilleurs orateurs, parce qu’ils connaissent le système, bla bla bla).

    Ben oui, et d’ailleurs vous le dites vous même, former les gens, les accompagner c’est long c’est chiant et c’est pas efficace.
    Mouais. Et en plus après il faudra leur faire de la place (céder la sienne donc).

    Et d’ailleurs à ce sujet, si l’on en croit votre propos, Mermet a bien du mérite de former des jeunes collaborateurs, avec, là encore des méthodes qu’on appréciera à l’aune de nos idéaux partagés (enfin partagés...), ben ouais il est pas facile Mermet mais si tu survis mec, après t’es un reporter, un vrai, tu vois, pas une fleur des champs.
    En gros seuls les plus forts s’en sortent (vous vous targuez de faire partie de ces gens là), à bas les faibles et les médiocres.

    Une telle défense du darwinisme social sous la plume du Fakir, quand même, j’aurai pas cru. Avec la nouvelle mode du management participatif, si ça se trouve, même chez Casino ils osent plus tenir ce genre de discours.

    Vous allez me dire que je mélange tout ...je peux me tromper mais je ne crois pas. Je crois que tout cela est en lien. Et si les gens sur qui l’on compte pour porter notre voix et pour défendre un projet alternatif de société cèdent eux même aux sirènes de l’individualisme, du narcissisme et du culte de la personnalité...OK c’est pas neuf mais c’est triste, voilà.

    Que des personnes qui se donnent pour idéal de défendre les intérêts collectifs se comportent ainsi et se justifient avec des arguments aussi pauvres et aussi maladroits, c’est un peu moche et très désespérant.

    • Il me semble en effet que, pris dans le feu de votre réaction, vous mélangiez un peu tout !
      Vous n’êtes pas la seule, tout ce bruit pour pas grand chose, cela me sidère. La méconnaissance du métier de journaliste auprès du grand public facilite les amalgames, l’article de Ruffin montre pourtant avec justesse qu’il n’y pas lieu de faire un procès pour despotisme même éclairé à Daniel Mermet, c’est ridicule. Fait-on un procès à un réalisateur comme Godard, Cluzot etc.., oui quelque fois, dans les revues people, mais ceux qui travaillent pour un réalisateur savent qu’ils sont au service d’une création, trop fragile s’abstenir. Quant aux conditions de travail, elles sont identiques dans tous les secteurs de la création radiophonique et audiovisuelle, ce n’est pas propre à l’émission de Daniel Mermet. Et encore, en France on a le statut d’intermittent....fragile...
      Ce qui ne m’étonne pas, par contre, c’est que l’on cherche à nuire à cette émission, qui est effectivement une création de Daniel Mermet (Il ne s’agit pas d’une association ! Et encore, je rigole, la plupart des associations ont un président qui gère à peu près tout !!). Une des seules émissions a avoir un regard critique, et pas seulement sur le microcosme parisien, il n’est guère étonnant qu’il y ait des tentatives de diffamation. Quoiqu’il en soit des piques et des flèches, nous serons nombreux à défendre Daniel Mermet et son émission. Qu’on se le dise !

  • Le "psychodrame Mermet" ou "quand la gauche se confronte à la réalité des relations au travail".
    Je suis critique là hein, mais j’avoue que je suis le feuilleton avec grand intérêt, c’est surement parce que je suis un intellectuel qui sort de l’université avec une thèse...

  • En réponse à Christophe Brugger. Personnellement, j’aime beaucoup LBSJS et depuis longtemps. Ce qui ne m’empêche pas de garder un regard critique. Et ce n’est pas parce que le résultat est bien voire très bien qu’il faut excuser tout ce qui a pu se passer en amont. Donc s’il y a eu harcèlement ou ne serait-ce que petite humiliation et abus de pouvoir, ben merde, ça me fait chier parce que je trouve que ça va à l’encontre de l’image que se donne Mermet. Donc, je suis désolé mais il se doit de répondre à ces accusations. Et encore désolé, mais le "soutien" de Ruffin l’enfonce un peu plus, parce qu’à mes yeux il confirme implicitement et justifie des pratiques qui ne sont pas justifiables.

    "ceux qui travaillent pour un réalisateur savent qu’ils sont au service d’une création, trop fragile s’abstenir." Putain mais c’est un auditeur de LBSJS qui écrit ça. J’hallucine... quid de l’émancipation de l’individu ; il y a des maitres et nous ne pouvons/savons que les suivre quoiqu’il advienne. On marche vraiment sur la tête là. Donc pour vous y a vraiment un fossé entre les idées humanistes, de gôche, etc que vous prônez... et ce que vous mettez en pratique. C’est schizophrénique votre manière de vivre les gars. Désolé mais moi j’y arrive pas (trop fragile ou médiocre que je suis sans doute), j’ai besoin d’un minimum de cohérence pour avancer.

    Quand tu écris : "Quoiqu’il en soit des piques et des flèches, nous serons nombreux à défendre Daniel Mermet et son émission. Qu’on se le dise !". Qu’est ce que tu entends par "Quoiqu’il en soit des piques et des flèches" ? Tu veux dire que quoique fasse Mermet tu le défendras, juste parce qu’il fait de bonnes émissions de radio... moi ça me sidère tous ces "AMG" qui laissent des messages juste pour balancer des fleurs à Mermet ou pour dire qu’ils le soutiendront contre vents et marées. Si un jour, Mermet leur fout un poing dans la gueule, ils le remercieront sous prétexte que lui, le grand, le bon, le talentueux, il sait ce qui est bon pour eux... Il me semblait pourtant que le but affiché de LBSJS était de fournir des outils d’autodéfense intellectuelle et de former à la critique voire à l’autocritique. Ben j’ai du mal écouter.

  • J’oubliais :

    Il me semble que certains, et malheureusement beaucoup d’AMG n’arrivent pas à faire la distinction entre l’oeuvre et l’auteur. Céline a écrit des merveilles littéraires, mais c’était un sombre connard que je n’aurais défendu pour rien au monde. Proudhon avait des idées lumineuses, c’était pourtant un misogyne de la pire espèce, et j’en passe des pires et des meilleures.

    Et ceci est encore plus vrais quand l’oeuvre en question implique plusieurs collaborateurs. Il y a une énorme différence entre défendre Daniel Mermet et défendre LBSJS.

    "Sans nous, ils ne sont rien".

  • Je suis une "AMG" dilettante, qui choisit ses émissions en rédif.

    En découvrant Là-Bas et Mermet il y a trois ans, en "te" lisant aujourd’hui, je me dis que décidément le "politiquement correct" américain a vraiment envahi le continent européen.
    Formatage, lissage, défrisage : la critique fait peur, le débat angoisse,... le charisme inquiète.

    Bon vent

  • j’ai écouté pendant des années l’émission "là bas si j’y suis", ce fut un bonheur, cela m’a énormément apporté en termes de culture, d’ouverture d’esprit, d’esprit critique.... Aujourd’hui j’ai un travail qui ne me permet pas de l’écouter tous les jours et je le regrette....mais chaque fois que cela est possible, je redécouvre le même intérêt, je suis toujours étonnée que cette émission dure encore malgré les soubresauts qui ont pu avoir lieu à France Inter. Je comprends aujourd’hui que les exigences de Daniel Mermet y sont peut être pour quelque chose, cela ne doit pas être facile de faire vivre ce petit espace de liberté sur l’antenne, ils sont si rares aujourd’hui. Je comprends aussi que face à tant d’exigences, il faille des reporters "solides" qui soient prêts à avoir des conditions de travail difficiles. Il n’y a plus d’émission aujourd’hui qui permettent le débat et la réflexion, je remercie tous ceux qui travaillent à cette émission, je ne connais pas personnellement Daniel Mermet, mais j’espère qu’en lisant l’article de François Ruffin, il appréciera son honnêteté comme nous l’apprécions. Merci pour ce texte qui nous éclaire bien sur les coulisses de l’émission....

  • Présentation sans concession, finalement chaleureuse de Mermet. On se doute bien que France-Inter, c’est pas plus les Bisounours qu’ailleurs. Tout ce que j’en retiens en temps qu’auditeur c’est que " Là-bas "est l’une des " Rolls" de F.I. - avec d’autres du reste - qui font que cette station n’a jamais autant tutoyé la perfection que depuis que le couple Hees - Val s’en occupent ( soit dit sans flagornerie ). Et l’amputation de cette émission, la mise au rencart de Mermet me chagrinent. D’autre part, 70 balais...faut savoir être philosophe, et je ne pense pas que notre " Daniel " manque de philosophie.

  • J’approuve et j’applaudis de toutes mes mains cet article.

    DM, je l’écoute depuis fort longtemps (depuis le début, en réalité), et j’ai réalisé qu’on ne fait pas un grand personnage sans qu’il y ait des zones d’ombre. Il est vrai que tout ce qui peut sortir de la norme n’apparait pas sans prix à payer.

    Toutefois, la diabolisation tentée à son égard ne m’a jamais parue cohérente, et elle n’est pas corroborée par des faits ou une condamnation en justice. Vous me direz : "c’est le cas pour d’autres individus, qui sont autant redoutables". Et vous aurez raison ! Ceux justement qui ont été régulièrement évoqués ou désignées par "Là-bas" ! Mermet a son caractère ? Au moins, c’est clairement affiché dès le départ !

    Pour moi, DM est comme Claude Villers (que j’écoutais enfant déjà), un monument de la radio publique, qui non content d’avoir marqué son temps, aura apporté énormément et fourni du matériau pour mieux penser.

    Merci Monsieur Mermet.

  • Salut l’artiste.

    Bravo Mr Ruffin pour ce récit qui n’est pas un accès de faiblesse mais au contraire un bel effort de sincérité à travers lequel on apprend pas mal de choses, ce que peut être un itinéraire de journaliste qui veut encore faire son métier... Ça ressemble fortement à un parcours du combattant/militant qui laisse admiratif bien que ce ne soit pas le but de ce récit. Je pense que cet article peut être instructif pour les jeunes journalistes, bien que ça puisse aussi les décourager pas mal, car à la sortie on a un peu le sentiment de sortir d’un tunnel. Je ne qualifierais pas comme d’autres votre style de lyrique, disons que c’est bien écrit tout simplement, sobrement, en choisissant bien vos mots, c’est agréable à lire et très bien maîtrisé.

    Le but principal de ce récit est de venir soutenir Mermet, objectif par ailleurs tout à fait estimable et accompli, encore bravo, mais n’auriez vous pas pu considérer au moins un peu le point de vue de Benjamin Fernandez par exemple ?
    Considérer que si vous, vous avez su vous préserver et garder de bonne relations avec Mermet, d’autres n’ont pas eu cette chance à cause des circonstances économiques/politiques s’aggravant ? Et surtout à cause du caractère et de la lassitude gagnant Mermet ? Tant qu’il était pionnier et que l’admiration ne faisait pas se prosterner ses candidats pigistes ? Ce qui l’aurait fait basculer doucement vers la facilité et la mégalomanie ?

    Vous ne posez pas toutes ces questions.

    Vous laissez quand même supposer que ça n’a pas été facile pour vous, on ressent comme une impression de tunnel comme je l’ai déjà dit, la difficulté sacerdotale de ce métier, surtout aux côtés de Mermet qui n’arrêtait pas de menacer de tout laisser tomber, toutes ces heures supp’ non payées quand ce n’est pas tout un reportage qui passait à la trappe, que vous recycliez ensuite parfois dans Fakir. Vous faites montre d’humilité mais c’est surtout la pudeur qui l’emporte à travers la fierté que vous exprimez comme un ouvrier. Par ellipses vous faites comprendre qu’il n’y avait pas le temps de se préoccuper des collègues. Entre vos temps de transports importants et votre activité Fakir, on se demande si c’est pas ça qui a fini par vous bouffer la vie et qui doit être la raison principale de la fin de votre collaboration à LBSJS, ok ok.

    Mais cette pudeur du coup est impudique pour ceux qui ont souffert bien plus que vous. Ça aurait été sympa de le reconnaître et de prévoir un paragraphe dédié à eux et pas que des allusions ou des évocations qui sont blessantes par leurs ellipses qui dans ce cas deviennent des manques cruels. La douleur des autres ne peut pas être tue quand on est journaliste vous le savez bien.
    Était-ce à cause de l’enquête CHSCT pas encore bouclée que vous n’avez pas voulu reconnaître la dimension de cette douleur ? Ou alors la possibilité de cette douleur, mais sans envisager qu’elle puisse à peine être causée par Mermet... C’est ça qui est obscène, au sens premier hors la scène, et aussi au sens commun, ce qui explique la réaction démesurée de certains des commentaires qui ont été faits.

  • Cher Franchois,
    Je garde en mémoire l’une des premières phrases que tu m’as dite lorsque nous nous sommes rencontrés, à la projection de Merci Patron, à Grenoble : " Attends, qu’est-ce que tu bois ? Un verre de rouge ? ".
    Ce vin, dans ce gobelet, ton sourire de coureur de fond sans fin... Moi qui te faisait le groupe de base "J’ai vu toutes vos vidéos" !
    Et encore avant, dans la rue, dans le froid, debout, devant la vitrine, sur le trottoir (Francois RUFFIN m’a amené sur le trottoir !).
    Cette vie, lumineuse, intérieure mais si voyante, du plaisir de te rencontrer. Et mon catalogue de questions, en vrac, les mille, que j’aurais voulu te poser sur ton parcours, que je découvre à travers ce long article sur ta transhumance journalistique par l’une des porte dérobée qui mène à la lumière sur soi...

    J’ai aimé ce verre de vin, et si cette gentille dame ne m’avait pas accaparé le neurone, nous serions sans doute encore en train de nous parler.
    Je viens de basculer de l’autre coté du quartier. Celui des petits vieux, rescapés des trentes glorieuses comme ils disent. Je rencontre des petites gens,maigres de pensées, maigres, de vie, mais tellement imposant d’Histoire, d’histoires et qui se laissent aller au bonheur de se voir libérer la parole sans jugement...

    Ton papier sur Daniel MERMET ressemble à vos émissions. Pas de trash, pas de triche, rien de trop, rien qui manque.

    J’aime ta façon de décrire, de l’écrire et de le dire. J’espère que nous aurons l’occasion à nouveau de croiser plus que notre route, nos idées , des sourires, autour d’un verre de rouge. Cette couleur que j’aime bien et qui en dit "temps".

    Comme toujours, comme jamais, je t’embrasse, avec bienveillance, et te charge de la belle ouvrage de transmettre à tous les tiens. Bien ne nous ne nous connaissions pas, bien que nous sachions qui nous sommes...

    Amiens vaut bien deux tu l’auras.

    Didier, le gars au bonnet .

  • Bonjour,

    Et bien moi aussi, j’approuve globalement votre texte ! Et si j’étais Daniel Mermet .....je serais content qu’une personne écrive cela de moi... très touchant ! Toute cette lecture sonne vraie, sans mechanceté.
    J’acheté Fakir de temps en temps.....mais depuis que j’ai vu votre film ’’merci patron’’ je me suis abonnée.
    Bonne journée.
    Bien fraternellement.

  • Bonjour,

    Et bien moi aussi, j’approuve globalement votre texte ! Et si j’étais Daniel Mermet .....je serais content qu’une personne écrive cela de moi... très touchant ! Toute cette lecture sonne vraie, sans mechanceté.
    J’acheté Fakir de temps en temps.....mais depuis que j’ai vu votre film ’’merci patron’’ je me suis abonnée.
    Bonne journée.
    Bien fraternellement.

  • Eh bien ! Si François Ruffin rend hommage à Daniel Mermet, me vient l’envie de donner un coup de 🎩 à François Ruffin qui n’en a certainement pas besoin...

    Un de mes anciens "patrons" dirait de lui, " il a de la hauteur, d’âme", Drôle de caractère, celui-là aussi, mais génial ! tout simplement génial. Pas tout à fait du côté des prols. (Et tout, sauf modeste ! ) mais génial quand même si on admet que le monde ne se partitionne pas en prols modestes mais géniaux et en bourges arrogants et connards. Si l’on admet que c’est compliqué. Y’en a même qui s’en vont au Pôle Nord pour voir "la bas s’il y sont..."

    Consciente, de n’être pas très explicite, je me fiche de n’être pas publiée. C’est juste un petit coup de chapô à François Ruffin.

    Pour revenir à lui, pas un journaleux, non, mais bien un journaliste. Un vrai comme celui qui lui a beaucoup appris...

    Journalistes, je les ai pas mal côtoyés dans mes vies antérieures et bien aimés (au moins pour certains d’entre eux) Je sais quelques petites choses d’eux. Par exemple : foutez-les à la porte, ils rentrent par la fenêtre. Ils ont un culot de tous les monstres et Ils doutent de tout,-surtout d’eux-mêmes. Mais ils doutent aussi de rien ! de vrais oxymores... 😃 mm.