Le « miracle » des congés payés

par Antoine Dumini, Cédric Sabatier 17/07/2016 paru dans le Fakir n°(49 ) février - mars 2011

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C’est un travail en cours qu’on publie ici. Moins un article qu’une ébauche, imparfaite, inachevée — nous indiquerons donc nos carences en italique. Parce que la vraie version, définitive, de cette « Histoire populaire » à la française, c’est avec vous qu’on veut l’écrire. D’où ils nous viennent, nos « acquis sociaux » — qui furent d’abord des conquêtes ? De combien de sueur, de sang et de larmes ? On démarre avec les congés payés, devenus le symbole du Front populaire… et qui ne figuraient pourtant pas dans le programme. Mais alors, d’où vient cette idée ?

Dans notre numéro 48, à la fin de notre reportage sur les luttes d’octobre, on concluait par cette « petite idée » : « Il faudra qu’au lendemain des élections, sur Amiens, on soit capable de bloquer la zone industrielle, les trains, les facs, par exemple. Que des copains se chargent de la même chose à Marseille, à Reims, à Narbonne…

– Ouais, j’y ai réfléchi aussi, glissait Arnaud, jeune cheminot. Tu veux refaire le Front populaire ?
– Ouais. Je ne vois pas d’autre solution.
– Moi non plus. »

Du coup, Dany, lecteur de Provence, nous écrit dans un courriel : « En 2012, la perspective de “saluer” l’élection de DSK par un mouvement social de grande ampleur est très réjouissante. Pour ce faire, continuons à tirer les enseignements du mouvement social d’octobre 2010 et travaillons dès aujourd’hui à l’organisation du prochain mouvement social de mai 2012 qui obligera les sociaux-démocrates à aller au-delà des promesses contenues dans leur programme présidentiel. Un des prochains Tchio Fakir ne pourrait-il pas revenir en détails sur les mouvements sociaux de 1936 ? Quant à nous, sur Aix et Marseille, dans un premier temps, nous allons organiser des “Repaires” [Là-bas si j’y suis] sur le thème : “1936, 2012, comment devenir les acteurs de l’Histoire ?” »

Le programme (presque vide) du Front populaire

« Ce devait être en juillet 1936, se souvient le Savoyard M. Quart, juste après la signature à Paris des Accords Matignon. Des délégués syndicaux de Chambéry sont arrivés en moto pour nous donner la liste de tous les acquis du Front populaire. Au fur et mesure qu’ils annonçaient les nouvelles conquêtes, je voyais les yeux des gens grossir comme des phares de camion. D’un coup comme ça, quarante pour cent d’augmentation de salaire, la semaine de quarante heures, les conventions collectives... Le plus drôle fut lorsque l’un des délégués annonça l’obtention des congés payés. Un paysan de Doucy s’est levé tout ébahi et a dit : “Mais c’est quoi, ça, les congés payés ?” La salle a hurlé de rire. Faut comprendre, c’était tellement fou. “Non seulement on travaillera pas mais en plus on sera payé pour ne plus travailler ? Vous êtes sûr que c’est pas une blague !”, a poursuivi le paysan médusé » (propos rapportés dans Fils d’usines, de Michel Etiévent).

Il pouvait se montrer d’autant plus « ébahi », « médusé », le paysan, que rien de tout ça ne figurait dans le programme du Front populaire, signé le 10 janvier 1936. Ni les congés payés, ni les 40 heures, ni « la nationalisation des grands monopoles capitalistes », juste « Pain, paix, liberté ». C’était plutôt creux. La CGT juge alors ce contenu « inconsistant », des socialistes y voient « l’œuvre de la bourgeoisie », et même des radicaux estiment que ça ne va pas assez loin… Cette timidité s’explique : le Front populaire n’est pas un rassemblement offensif. Juste défensif : la gauche s’unit, certes, mais pour éviter que le fascisme ne l’emporte en France, comme il s’est déjà imposé en Italie, en Allemagne, et bientôt en Espagne. Un réflexe de survie, qui suit le 6 février 1934. Ce jour-là, à Paris, les ligues d’extrême droite protestent place de la Concorde. On craint qu’ils ne renversent la Chambre des députés. Et l’Action française appelle à « étrangler la gueuse », à en « finir avec ce régime abject ». Devant ce danger, pourtant, dans un premier temps, nulle « unité » en vue : les dirigeants du PCF – et leur syndicat, la CGTU – refusent la manifestation commune, insultent la SFIO, montent leur propre cortège. Mais la base ne l’entend pas ainsi : en province, à Nîmes, Bordeaux, Valence, Nevers, etc. militants socialistes et communistes se mêlent, CGT et CGTU fondent leurs forces. L’aspiration unitaire l’emporte, et le 12 février, finalement, quatre millions de travailleurs se mettent en grève. 346 défilés arpentent les rues de France : « Tous ensemble » !


[Manquent ici des coupures de presse, ou des tracts de l’époque, qui témoigneraient des efforts menés, dans votre ville, par des militants anonymes en quête d’unité. A Brest, par exemple, dès le 8 février, 2 500 personnes assistent au meeting où s’expriment, côte à côte, Le Meur pour la SFIO et Valière pour le PCF. Qui étaient-ils, ces deux-là ? Qui étaient-ils, au-delà, ceux qui ont réagi aussi vite dans ce coin de Bretagne ?]


Malgré ce succès, la ligne du PCF ne bouge guère : en avril 1934, avant son départ pour Moscou, dans son dernier éditorial pour L’Humanité, Maurice Thorez dénonce encore les socialistes comme des « social-fascistes » et se prononce « contre le bloc ». à son retour d’URSS, fin mai, le voilà qui titre « Pour l’action commune immédiate » : l’alliance avec les socialistes et les radicaux devient, soudain, à l’ordre du jour… C’est qu’après la victoire de Hitler, Staline s’inquiète d’une « poussée vers l’Ouest » du nazisme. Il opère alors un demi-tour complet : plutôt que de prôner la Révolution, le renversement des démocraties parlementaires, les partis communistes doivent désormais les renforcer. Unir le prolétariat aux « paysans » et à la « bourgeoisie » pour la « défense nationale ». Le Front populaire devient à l’ordre du jour… mais avec un programme minimal : pour ne surtout pas effrayer les « campagnes ». Du coup, alors que la CGT et la SFIO réclamaient des nationalisations, celles des chemins de fer, des assurances, des compagnies d’électricité, pour « arracher au capitalisme et à sa presse de puissants leviers de commande », ce sont les communistes – alliés aux radicaux – qui s’opposent à cette mesure ! Alors, les congés payés, il ne faut pas rêver…

Mais d’où vient l’idée ?

Un soir de début janvier, à Fakir, on a eu une réunion assez déprimante. Avec Corinne, on cherchait à rassembler, à nouveau, les forces motrices du mouvement de cet automne. Personne n’est venu de la Zone industrielle. Pas davantage de la FSU. Juste les cheminots, dont Arnaud :
« Mais si c’était pas dans leur programme, d’où ils la tiennent, alors, l’idée des congés payés ?
– Ben je me posais exactement la même question. ça devait traîner dans l’air du temps, à l’époque, comme une évidence. » C’est sans doute l’essentiel, de comprendre ça, comment les idées cheminent dans les têtes, dans les livres, dans les luttes, puis dans les lois, comment elles étendent leur empire sur les consciences, comment l’impossible devient réalité, la lubie d’hier la norme de demain. À notre comité de rédaction du vendredi, on a discuté de ça : de faire comme une « généalogie des congés payés », de remonter à leur préhistoire. Antoine et Cédric, notamment, ont mené ces recherches.


[Autant vous prévenir tout de suite : le résultat ne nous convient pas. Côté institutions, on a de la doc : le Bureau international du travail, les congrès syndicaux, les archives parlementaires. Mais il manque le plus important : toutes ces batailles, anonymes, oubliées, menées à Pontoise, ou en Alsace, ou à Saint-Etienne, toute cette chair, cette révolte, ces défaites, tous ces conflits locaux où les ouvriers ont arraché deux jours, une semaine – et qui, au-delà de leurs boîtes, ont acclimaté les esprits, qui ont servi de modèle social dans la région. Si vous avez des traces de ça, si vous repéré des morceaux dans des documents, si vous avez consacré une monographie à une usine du Lot, contactez-nous.]


Des congés payés ? Pour les employés, pourquoi pas. Mais pour les ouvriers, c’est inutile. Voilà la ligne qu’adopte M. Lavergne, délégué général de la Confédération de la production française (le Medef de l’époque), devant les députés , le 30 juin 1926 : « Les ouvriers fournissent un travail essentiellement physique qui, depuis l’introduction de la journée de huit heures, ne peut être qualifié d’excessif et qui est largement compensé (…) par le repos hebdomadaire et les jours de fêtes, tandis que le travail intellectuel de l’employé, avec une tension nerveuse continuelle, exige un repos de quelques jours. » Un stylo au bureau ? C’est tellement plus fatigant que la machine ! Et surtout, ce porte-voix du patronat insiste sur le « déficit de main d’œuvre », sur le coût de « 5 à 6 milliards » : « à la veille d’une crise économique grave » peut-on se permettre ce genre de fantaisies ? Le refrain est connu : un siècle plus tard il sert encore…

C’est que le ministre du Travail, Antoine Durafour, a déposé un projet de loi un an plus tôt, soutenu par la CGT. Mais la Troisième République demeure cette vieille dame qu’on a envie de secouer, lente et lourde, à la fois instable et molle, incapable d’un élan : le texte ne sera voté par les députés qu’en 1931 ! Et en 1936, dix ans plus tard, la loi n’est toujours pas passée au Sénat. C’est ainsi, souvent, sur le travail des enfants par exemple : les forces de l’argent ont le temps pour elles. Elles ne s’opposent pas de front, elles sont même prêtes, comme ce bon M. Lavergne, à « admettre la nécessité pour l’ouvrier de pouvoir récupérer sa vigueur physique et morale par des repos périodiques ». Elles freinent juste. Elles jouent la montre. Elles chipotent. C’est que les syndicats ne se sont pas jetés dans ce combat toutes pancartes dehors. Autant, dans les années 20, eux bataillent pour « la semaine à l’anglaise », avec samedi et dimanche chômés, autant les congés payés ne sont mentionnés qu’en passant, presque pour la forme, sans y croire. Leurs adhérents sont « incrédules », nous dit-on : partir en vacances aux frais du patron ? C’est trop beau pour y croire.

La fédération CGT des Métaux inscrit bien cette revendication à son programme, en 1923 ; la confédération CGT la reprend à son congrès de 1925, et la répète chaque année jusqu’en 1933 ; elle diffuse la convention signée à Millau, dans l’Aveyron, « entre le syndicat CGT des Cuirs et peaux et l’union patronale de la Ganterie millavoise » comme un exemple à suivre ; mais sans organiser des manifs, des grèves, des marches pour ça.


[évidemment, on serait friands d’informations sur cette Ganterie millavoise : qui sont ses patrons ? qui sont ses syndicalistes ? qui sont ses travailleurs ? Lecteur ou lectrice aveyronnais, il suffirait que tu te rendes à la bibliothèque municipale, que tu épluches les journaux du coin datés de septembre 1925. Et peut-être que tu charmerais le/la documentaliste, et peut-être que vous seriez bientôt pacsés, et peut-être que vous auriez plein d’enfants, et alors vous nous conserveriez des dragées. Merci d’avance.]


L’idée est peut-être venue de plus loin. De l’étranger. Parce que, à parcourir de vieux Informations sociales, le bulletin du Bureau international du travail, on découvre que la France n’est pas franchement à l’avant-garde.
En 1926, l’Autriche, la Finlande, la Lettonie, la Pologne, la Tchécoslovaquie – des pays qui, on le note comme ça, bordent l’URSS – ont déjà adopté des lois sur ces « vacances obligatoires ». Dans l’Italie fasciste, dès 1929, six jours sont octroyés – y compris aux « travailleurs à domicile », huit en Grande-Bretagne la même année, et la Belgique entre dans la ronde. Avec Hitler, les Allemands disposent de deux semaines en 1934. Nous sommes cernés par les vacanciers ! « Pendant les dernières années, relève, satisfait, Informations sociales, à propos de la France, la question des congés payés a été souvent soulevée à l’occasion des conflits de travail. Ainsi, alors qu’en 1926 cette revendication ne fut émise qu’à l’occasion de deux grèves, en 1928 elle a été formulée dans 24 grèves. » Ça reste modeste, à l’échelle de notre pays…

Les « miracles » de 1936

« Vers le 15 juin, des délégués sont venus apporter des nouvelles des négociations. Nous avons appris ce jour-là que chacun avait droit aux vacances et à la semaine des deux dimanches. ça nous suffisait amplement, tu penses. Être en congé en étant payé, c’était le miracle. Même en rêve, personne n’avait jamais imaginé que cela fût possible. Et des rêves, ca ne manquait pas quand du matin au soir, tu ne voyais pas plus loin que l’horizon de tes flammes ou la routine de ta machine... » (Fils d’usines).
Par 563 voix contre une ! C’est à la quasi-unanimité que les députés votent, ce mois de juin 1936, les deux semaines de congés payés. Cette avancée, les ouvriers n’osaient qu’à peine l’imaginer, un mois plus tôt. Le patronat la combattait sourdement, et sans mal, depuis une décennie. La gauche ne l’avait pas inscrite à son programme… et voilà que même la droite l’accepte, au Parlement ! Lorsque le peuple déborde comme un torrent, quelle rive lui résiste ? Et quel torrent, là !


[Quatre conflits annoncent la vague de grèves : chez Bréguet au Havre, Latécoère à Toulouse, à la Société générale des fonderies à Saint-Michel-de-Sangland (dans l’Aisne), aux papeteries Saint-Julien en Corrèze. Si, dans le grenier d’un grand oncle, vous avez retrouvé des vieux papiers sur ces boîtes, on est preneurs. On paiera les frais de ports, de photocopies, etc.]


Le mardi 26 mai, c’est parti dans la métallurgie parisienne : Lavalette (Saint-Ouen), Hotchkiss (Levallois), Renault le 28 (Billancourt), et bientôt la chimie, l’alimentation, le textile, l’habillement, l’imprimerie, etc. rejoignent la danse. Le patronat est aux abois. Alors, en ce 5 juin, eux qui cassaient du militant syndical, qui les chassaient de leurs entreprises, les patrons des métaux supplient désormais Léon Blum, le Premier ministre socialiste : qu’il organise une rencontre avec la CGT. Ce sera, deux jours plus tard, le 7 juin, la première discussion entre ces adversaires : les débuts du « dialogue social ». Et le couteau sous la gorge, avec des millions de grévistes dehors, le « dialogue social » fonctionne bien : conventions collectives, délégués ouvriers, augmentations de salaires… en une demi-journée, « ils ont cédé sur tout », s’étonne Benoît Frachon, co-dirigeant de la CGT. Les syndicalistes ont « promis », en échange, de faire « tout ce que nous pourrons » pour la remise en ordre. Avant d’ajouter : « Nous ne sommes pas sûrs d’aboutir. (…) C’est maintenant que vous allez peut-être regretter d’avoir systématiquement profité des années de déflation et de chômage pour exclure de vos usines tous les militants syndicalistes. Ils ne sont plus là pour exercer sur leurs camarades l’autorité qui serait nécessaire pour faire exécuter nos ordres. »

Les « ordres » ne sont, de fait, que très médiocrement « exécutés » : les grèves repartent de plus belle. Rien à faire, pour Arrachart, le pourtant apprécié dirigeant CGT : les peintres, les cimentiers, les vitriers refusent de reprendre le travail. De même, dans l’hôtellerie : Marx Dormoy conclut un accord le 9 juin, mais il est désavoué par la base… et le 10 juin, c’est le syndicat CGT de la branche qui appelle à la grève générale ! Le lendemain, le 11 juin donc, 8 000 employés des cafés et hôtels manifestent dans les rues de Paris, avec des heurts aux terrasses des bistros ouverts. Et ce jour-là encore, ce sont les ouvrières de la haute couture, les lads (qui soignent les chevaux), puis les mariniers, les coiffeurs, qui entrent dans la fronde ! Il leur faudra deux semaines loin des usines pour se calmer…


[On n’est pas historiens, nous, pas des spécialistes du tout, mais de bonne volonté. Alors, si vous connaissez un lieu, ou plusieurs, qui conservent la mémoire de ça, « les cahiers de doléances » que portaient ces corporations, si des labos universitaires sont spécialisés dans cette histoire sociale, si vous avez lu des supers mémoires de maîtrise, on n’attend que ça, vos conseils.]


Pourquoi ce déchaînement ?

« Tant de misère, tant de contrainte, tant d’oppression devaient aboutir à une flambée de révolte. Mais quand ?, écrit le socialiste – d’extrême gauche – Pierre Monatte. Tout ce que le patronat était parvenu à imposer depuis la défaite ouvrière de 1919-1920, sur laquelle étaient venus s’appesantir la rationalisation, puis la crise économique, voilà la cause profonde, la cause essentielle des dernières grèves. Le facteur décisif de leur déclenchement a été la venue du Front populaire. Enfin la police ne serait plus au service du patron ! Enfin le gouvernement serait sinon bienveillant au moins neutre. Du coup, on n’a pas eu la force de supporter plus longtemps. Pas même d’attendre que le nouveau gouvernement soit formé. La grande détente s’est produite » (cité dans Quand la gauche essayait, de Serge Halimi).

Nous aussi, désormais, nous attendons cette « grande détente ». Car avec des amortisseurs sociaux en plus, certes, les RMI, RSA, CES, Assedic, APL, mais depuis trente ans, à notre tour, nous connaissons « licenciements, baisse des salaires et du pouvoir d’achat ouvrier, dégradation des conditions de travail, démantèlement des acquis sociaux, flexibilité de la main-d’œuvre (le chômage partiel et les heures supplémentaires font bon ménage) » : on se croirait en 2010 ? Dans cet extrait, Jacques Kergoat décrit en fait la situation en 1935 : contre la crise, le gouvernement Laval avait choisi la déflation… qui, pour les salariés, n’a fait qu’accroître la crise, que renforcer la servitude. Au mot près, ou presque, les plans qu’imposent à l’Europe Sarkozy, Merkel, le FMI.

« Mais si on refait un Front populaire, poursuit Arnaud, qu’est-ce qu’on aurait comme revendications, comme ça, qui feraient d’emblée l’unanimité ?
– Je ne sais pas. Il faudrait faire une liste. Pas inventer des nouveaux machins, mais les premiers trucs qui viennent, qui reviennent, dans toutes les manifs… » Parce qu’il s’agit de bosser, avant, quand même, et même salement, pour que les « miracles » adviennent…

Sources

Notre référence sur 1936 : La France du Front populaire, de Jacques Kergoat (La Découverte, 1986).

Fils d’usines. Un siècle de mémoire industrielle et ouvrière en Savoie. 1850-1950, de Michel Etiévent (éditions Gap, 2005).

Quand la Gauche essayait, de Serge Halimi (Arléa, 2000).

Aux origines des congés payés, sur le site de l’Institut supérieur du travail (dégoté par Antoine).

Les numéros d’Informations sociales (dépiautés par Cédric), sur Gallica, le site de la Bibliothèque nationale de France.

Les deux photos de plages sont extraites de Mémoires du Front populaire (Ours/Bruno Leprince éditeur, 1997).

Pour la suite

On aimerait bien compléter, d’abord, ce papier sur les congés payés – que vous rameniez de la matière pour nourrir cette généalogie.
On compte s’attaquer aussi au travail des enfants. Dans les archives qu’on a trouvés, y a plein de gentils, de philanthropes, qui luttent pour sa disparition. Et pourtant, il faudra quand même près d’un siècle pour l’éradiquer. C’est donc que, discrètement, il y avait des méchants aussi, sournois, tapis dans l’ombre. On est preneurs de monographies, rédigés sur votre coin, sur un inspecteur du travail qui se heurte au patronat, sur la manière dont, dans une usine type, ils ont traîné la patte. Et viendront les retraites, la Sécurité sociale, le repos hebdomadaire, les 40 heures, etc. Avec vous, c’est une encyclopédie, qu’on peut rédiger !

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  • Le 19 septembre à 13:07, par cyril En réponse à : Le « miracle » des congés payés

    Les congés payés n’ont été octroyés que parce que la rentabilité dans l’économie productive était assez élevée pour valoriser le capital. D’autre part, ces congés permettaient de reproduire la force de travail et d’ouvrir de nouveaux marchés d’exploitation du travail humain par la solvabilité des classes populaires et moyennes. D’où la mise en place de l’industrie des loisirs.

    Il n’ y a pas eu de grand soir, mais une opportunité pour le capitalisme de trouver de nouveaux débouchés et d’ exploitation de la force de travail.

    Cela a permis aussi de calmer les ardeurs d’une classe populaire qui souhaitait s’approprier les moyens de production et exproprier les patrons. Seulement, le front populaire, la SFIO, le PCF, la CGT ont tout fait pour que cela ne se réalise en arguant du fait que la classe populaire était inconsciente face à la menace fasciste et que le Grand Soir devait encore attendre un peu. Nous sommes passés à une insurrection populaire d’expropriation des moyens de production à des revendications portées par les partis et syndicats prétendument légitimes pour représenter la classe populaire. D’ailleurs, tout a été fait par ces accompagnateurs d’un capitalisme à visage humain pour dénigrer les grévistes récalcitrants.

  • Le 18 juin 2011 à 11:28 En réponse à : Le « miracle » des congés payés

    Rappelons, pour cerner les mentalités, qu’à l’époque avait couru dans les journeaux de droite ce jeu de mots : après la grève sur le tas, une image des ouvriers partant en vacances sur la plage : « le tas sur la grêve » !

    on va y revenir, quand on lit certains éditoriaux ...