Leur folie, nos vies

par François Ruffin 25/05/2020 paru dans le Fakir n°(93 - EN KIOSQUE) Date de parution :

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Qu’est-ce qu’on fait, maintenant, pour que « rien ne soit plus comme avant », pour de bon, et malgré eux ? Quelles leçons retenir de tout ça ? Le nouveau bouquin* du rédac’ chef cherche des réponses, écrit en deux mois de confinement, ouvrage collaboratif, participatif, que vous avez été des milliers à amender, modifier, enrichir.
Le récit personnel d’une aventure collective, en somme, dont voici quelques extraits (en avant-première !).

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, se faisait poli : « J’invite » – il invitait, sympa, comme à une fête – « J’invite tous les salariés des entreprises encore ouvertes et des activités indispensables au bon fonctionnement du pays – nettoyage, traitement des eaux, industrie agroalimentaire, grande distribution – à se rendre sur leur lieu de travail. La sécurité sanitaire passe par le maximum de Français chez eux. Mais il y a aussi la sécurité économique. Il faut que les marchandises alimentaires puissent circuler, qu’il y ait de l’électricité, de l’eau potable. Il y a la continuité de la vie économique du pays. » La rhétorique se met en place : qui niera, évidemment, qu’il faille maintenir « l’électricité », « l’eau potable », « le nettoyage », « les marchandises alimentaires » ? Les ministres se plaisent à lister ces secteurs-clés, que l’on ne risque pas de contester. Mais derrière ? Les « pneumatiques » et les « embrayages » ?

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, sortait de ses gonds : « J’en appelle au civisme des entreprises. Je suis scandalisée de voir qu’hier, la fédération du Capeb a écrit à tous les artisans d’Auvergne-Rhône-Alpes en disant ‘‘arrêtez tous les chantiers”. Quand un syndicat patronal dit aux entreprises : ‘‘arrêtez d’aller bosser, arrêtez de faire vos chantiers’’, ça c’est du défaitisme. » Quelle défaite ? Quel « combat » menait-elle ? Contre le virus ? Dans la foulée, elle lançait ses agents, contrôleurs, inspecteurs, non pas pour s’assurer que les salariés sont bien protégés, que la sécurité sanitaire est garantie, que les postes sont désinfectés, que les gels hydro‑alcooliques sont à disposition, que les masques sont bien portés, mais pour « repérer », « signaler », pour « challenger » les entreprises qui fermeraient le temps du confinement, le temps de recevoir les gels et les masques… Le Président lui-même, après ses tergiversations, ses hésitations du début, se mettait au charbon : « Le pays doit tourner. La France a besoin d’une industrie qui tourne. » Enfin, la doctrine se clarifiait, limpide.

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