Et maintenant, on prélève !

par François Ruffin 26/11/2018

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On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

Notre fichier abonnés, c’est le tonneau des Danaïdes. Mais on a une solution pour boucher le trou : votre RIB !

Chers abonnés, chères abonnées

Vous êtes notre force, vous le savez. Sans vous, on ne peut rien, mais avec vous, avec les 18 493 d’entre vous, nous voilà des Hercule de la presse, nettoyant les écuries d’Augias de la République à grands seaux d’articles, coupant avec notre stylo les têtes qui sans cesse repoussent d’un Hydre de Lerne nommé « Injustice ».
Mais vous êtes notre faiblesse, également.
Vous êtes notre talon d’Achille.

Que je vous explique le truc, un peu bizarre, paradoxal. Dans l’ensemble, il ne faut pas se plaindre, on connaît un bon taux de croissance, comme causerait Carlos Ghosn, et même parmi les « grands » journaux, on ferait bien des envieux.
Mais ça masque un souci.
Un gros souci.
Seulement un tiers d’entre vous, en moyenne, se réabonne. Un sur trois. Ça fait des années que ça dure, avec ces stats miteuses, des périodes où ça descend à un quart, d’autres où ça remonte à 40 %. Alors que, dans d’autres canards, ça grimpe à 80 %, 90 %, un socle stable, sûr, pépère.
Puisque, entre Hercule et Achille, on navigue en mythologie, je poursuis dans la veine : pour nous, c’est le tonneau des Danaïdes. Y a un gros trou au fond de notre fichier abonnés, et nous voilà condamnés à sans répit en retrouver de nouveaux pour remplacer les anciens.

Pourquoi ? Mais pourquoi ?
On s’est bien sûr demandé.
On a monté un centre d’appels pour piger.
« Vous nous aimez plus ? » on a questionné. Ça arrive mais, franchement, c’est très très rare.
Y a les « j’ai-plus-un-rond », les « je-dois-choisir-entre-CQFD-La Décroissance-Politis-et-vous », les « j’ai-plus-le-temps-de-lire », les « j’ai-perdu-mon-chat », les « je-suis-dégoûté-du-monde ». Y a tout ça, et bien d’autres motifs.
Mais y a surtout les « zut-j’ai-oublié ».

Ça m’étonne pas, parce que j’appartiens à la même race.
Quand je dois envoyer un courrier, il me faut une semaine pour trouver une enveloppe, une autre pour inscrire l’adresse, une troisième pour chercher un timbre, et ça peut trainer un mois, dans ma cuisine, dans ma voiture, dans un sac, avant de finalement atterrir dans une boîte à lettres. Quand ça y atterrit...
Et aujourd’hui, il reste quoi, qui réclame un courrier ? L’électricité, le gaz, les impôts, le téléphone, Internet, même le Monde diplo, tout est par prélèvement automatique. Il ne reste que Fakir, avec le chèque, l’enveloppe, le timbre. Ça a son charme, certes, à l’ancienne, à la bonne franquette. Mais avec un énorme taux de perte, manifestement, entre chaque étape...

Avec des années de retard, enfin, nous y voilà : au prélèvement automatique.
Aidez-nous.
Choisissez ça.
On ne va pas faire du chantage : notre survie n’est pas en jeu.
Mais ça rend nos revenus incertains, fluctuants, sans certitude pour l’avenir, et donc moins assuré pour des embauches, notamment. C’est, aussi, une immense énergie qui est consacrée à ça, à l’enregistrement des abonnés, à supprimer deux mille adresses à chaque numéro, à en entrer deux mille autres. Alors que nous avons cent idées qui sommeillent, dans un tiroir, faute de jus, faute de temps...

Disons les choses ainsi :
Fakir est porteur d’un projet journalistique.
Mais également d’un projet politique.
Qui doit pouvoir s’inscrire dans la durée.
Avec vous. Grâce à vous.

Nous sommes fort confiants.
Fort confiants en vous.

Pour vous abonner par prélèvement automatique, c’est par là !

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