Bonne résolution : le tirage au sort des éditorialistes !

par François Ruffin 02/01/2017

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Pour cette année 2017, Fakir s’y résout : des antennes et des plateaux, il faudrait virer tous ces experts !

C’était hier, dimanche 1er janvier, dans Questions politiques, sur France Inter :

L’animateur, Nicolas Demorand : Fabien est au standard.
Fabien, auditeur donc : Bonjour à vous. Je me mets à faire à des rêves politiques, premièrement qu’on prenne en compte les votes blancs, l’abstention. Deuxièmement, qu’on ait une belle assemblée nationale, moitié de députés tirés au sort, moitié élus à la proportionnelle. Voilà, c’est le genre de rêves que je fais.
Arnaud Le Parmentier, du Monde : Y a des endroits où il y a du tirage au sort ? Parce qu’à part Athènes et mes souvenirs de grec ancien, je n’ai aucun souvenir de tirage au sort.
Marcel Gauchet, l’invité : Je crois qu’il y a toute une série d’expériences, dans des petits pays à ma connaissance…
Arnaud Le Parmentier  : Est-ce que dans un pays comme la France, ça a quelque chose d’un tout petit peu raisonnable d’avoir du tirage au sort ? Un métier où être ministre, être député, c’est faire des lois très complexes, est-ce que ça a un sens de faire du tirage au sens en prenant des gens…

Il faut entendre Arnaud Le Parmentier prononcer ça, avec sa bouche en cul de poule, sa suffisance, sa certitude d’appartenir à ce monde, de ministres, de députés, et de partager avec eux cette fameuse « compétence ». Que, dans un pays (démocratique) comme la France, la majorité des Français, employés et ouvriers, soit exclus de l’Assemblée nationale, voilà qui n’a pour lui rien de déraisonnable. C’est que le directeur éditorial du Monde, chroniqueur les lundi mardi mercredi dimanche sur France Inter, et le jeudi dans le 28 minutes d’Arte, partisan déchaîné du libre-échange, de Bruxelles, de l’Euro, du Tafta, anti-Grecs, anti-protectionniste, bref, garanti 100 % pensée unique, Arnaud Leparmentier prévoit la suite : le tirage au sort des éditorialistes (car de cette arène médiatique-là également, la majorité des Français est exclue).
Il n’est pas certain qu’on y gagne en « compétence ».
Mais à coup sûr, le ton y perdra en arrogance…

Alors, voilà ma bonne résolution pour 2017 (car résolus nous le sommes) : qu’on dégage les Arnaud Leparmentier, Laurent Joffrin et autres Dominique Seux des antennes. Que ça change un peu, qu’ils prennent notre place sur les strapontins, qu’on leur octroie quelques minutes de « débat », à l’occasion, pour se prévaloir de « pluralisme ».

Prenez ça pour mes meilleurs vœux fakiriens : on lâche rien !

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Vos commentaires

  • Le 2 janvier 2017 à 15:22, par Marie Hélène Vernay En réponse à : Bonne résolution : le tirage au sort des éditorialistes !

    Oui, alors meilleurs voeux aux Fakir et au lectorat !

    Causons peu mais bien : depuis quelque temps je vote blanc en mettant dans l’enveloppe, non pas un bulletin blanc mais un texte expliquant mon non-vote. Lorsqu’on dépouille dans les bureaux de vote, certes les blancs et les nuls vont ensemble mais tout de même, tout le monde à la table les voit, les lit... Et qu’on le veuille ou non, ça a un (tout) petit impact.
    Alors si on votait blanc en masse ? Que les élus sachent qu’ils l’ont été par 20% de la population ?
    On ne pourrait pas lancer une initiative du genre ?

    A votre dispo pour en parler, voire comment on peut faire, etc.

  • Le 2 janvier 2017 à 14:37, par Marie Hélène Vernay En réponse à : Bonne résolution : le tirage au sort des éditorialistes !

    C’est le mépris auquel hélas on est abonnés (et c’est moins sympa que l’abonnement à Fakir :)

    Ce que fait Le Parmentier, c’est le traditionnel procès en incompétence, qu’on oppose aux femmes (il fallait entendre Cohn-Bendit expliquer, avant les « primaires » des EELV, que Rivasi, bon, c’est une bosseuse, une militante, mais elle n’a pas les épaules pour supporter une campagne (incroyable mais vrai), donc : Jadot. On l’oppose aussi à ceux qui n’ont pas de diplômes, qui ne sont pas passés par les passoires à élites. In memoriam Bérégovoy, avec son CAP et son job d’employé GDF (devenu directeur à la force du poignet) et qui a servi comme ministre pendant onze années tout de même avant de cramer en vol, fauché par la corruption, sombre engrenage.
    C’est le procès en incompétence qu’on fait dans les CE des entreprises où la direction « trie » les infos qu’elle va donner, car les ouvriers, c’est bien connu, ne sont pas aptes à tout comprendre.
    Eva Joly disait sur les ondes il y a quelques années que, en Norvège, le président de la Cour des comptes (ou du Conseil constitutionnel, bref, une très haute instance nationale) était charpentier, et qu’il y était arrivé par le biais de la démocratie(la vraie), et qu’il avait largement pu apprendre pendant son mandat tout ce qu’il était nécessaire de savoir.
    Donc, oui, virons des plateaux les experts, et Fabien avait raison bien sûr.

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