« Accoucheurs ! Assassins ! »

par François Ruffin 12/10/2020 paru dans le Fakir n°(95 - EN KIOSQUE) Date de parution : 10/2020

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« Alerte Coronavirus. Le lavage fréquent des mains fait partie des gestes barrière pour vous protéger et protéger les autres. » Le premier qui a découvert ça, que se laver les mains évitait les virus, les microbes, les maladies, c’est le Hongrois Philippe Semmelweis, au XIXe siècle. Mais pour son propre malheur, sombrant dans la folie, comme le raconte Louis-Ferdinand Céline dans sa thèse de médecine (1924).

« Deux pavillons, identiques de construction, contigus, s’élevaient en cette année 1846 au milieu des jardins de l’Hospice général de Vienne. Le professeur Klin dirigeait l’un d’eux ; l’autre, depuis bientôt quatre années, se trouvait placé sous la direction du professeur Bartch. Ce fut par ces jardins couverts de neige, soumis au givre d’un vent implacable, que Semmelweis dut se rendre à son nouveau service dans la matinée du 27 février.
Dès le lendemain, Semmelweis fut pris, entraîné, meurtri, dans la danse macabre qui ne devait jamais s’interrompre autour des deux pavillons. C’était un mardi, ce jour-là. Il dut procéder aux admissions des femmes enceintes, venues des quartiers populeux de la ville. De leurs anxieuses confidences, Semmelweis apprit que si les risques de fièvre puerpérale chez Bartch étaient considérables, chez Klin et pendant certaines périodes les risques de mort équivalaient à une certitude. Ces données, qui étaient devenues classiques parmi les femmes de la ville, constituèrent dès ce moment le point de départ de Semmelweis vers la vérité. »

Une Commission est nommée.
Elle compte.
27 % des accouchées succombèrent chez Klin en août 1842, 20 % en octobre de la même année et on atteignit même la moyenne de 33 décès sur 100 accouchements dans le mois de décembre, et jusqu’à 96 % en mai 1846 ! A Paris chez Dubois… 18 %… 26 % chez Schuld à Berlin… chez Simpson 22 %… à Turin, sur 100 accouchées 32 meurent…

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