Quand Marine nous colle aux basques

par L’équipe de Fakir 29/10/2015

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Le Front national confond, apparemment, notre vitrine avec un panneau électoral. Mais ça n’émeut pas trop la police...
Article mis à jour le 02/11/2015.

Au retour des vacances, à la mi-août, on s’était déjà fait taguer notre vitrine. « Traitres à la France », « Coco de merde », « Gochiasse », pouvait-on y lire. Manifestement, cette oeuvre n’était pas l’oeuvre de progressistes...

Mais au commissariat, on ne se précipitait pas pour prendre notre plainte. Pour « dégradations », d’après les policiers, c’était râpé : un voisin nous avait rapidement nettoyé le bazar. Il restait les « injures à caractère raciste ». Mais là encore, chez les pandores, l’enthousiasme ne l’emportait pas : « Ça va être transmis au bureau du Procureur mais bon je doute qu’il y ait une suite étant donné que vous n’avez pas de témoins, qu’on ne connaît pas l’auteur et qu’on n’a même pas de piste... »
Et de fait, deux mois et des plus tard, on n’a toujours aucune nouvelle de l’ « enquête ».

Et ce matin, re-belote.

Cette fois, on s’est dit, c’est signé.
Et on ne va pas les décoller.
Mais au commissariat, ça ne les emballait toujours, cet affichage sauvage :
« Pour quelque chose comme ça, je sais pas si c’est du pénal… Nous, notre outil c’est le code pénal, vous voyez ? tentait d’expliquer un jeune policier à l’accueil. Attendez je vais demander, m’a-t-il indiqué, se tournant vers une collègue. Voilà le monsieur, le Front national a collé des affiches sur sa vitrine…
- En même temps, on est période pré-électorale,
elle a remarqué. Vous savez, en 2012, pour les présidentielles, des affiches, il y en avait absolument partout.
- Je veux bien, mais c’est pas une raison. Dans l’espace public, je dis pas, mais ça veut dire qu’on peut, un peu comme on veut, aller coller des affiches chez les gens ? sur leurs murs, leurs fenêtres, leur porte d’entrée ? C’est bizarre, non ?
- ….
- Comme je vous disais,
la sauva-t-il, je crains que ça ne soit pas du code pénal, mais du civil, et là, c’est plus chez nous.
- Je comprends pas. Il y a deux mois, on avait eu un peu la même chose, des tags, à la peinture, sur notre vitrine. Et mon collègue, il était venu porter plainte, ici, au commissariat.
- Ah là, c’est différent. C’est des dégradations.
- Et des affiches, non ?
- Des tags, si vous voulez, c’est toujours embêtant à enlever, il faut gratter la peinture, ou repeindre, bref. Une affiche, vous avez qu’à tirer dessus.
- Et, je fais quoi, moi alors ?
- Comme je vous disais, il faut se tourner vers le civil. Allez déposer une plainte au tribunal. »

C’est ce qu’on a fait.

Et dire que, aux dernières municipales, notre camarade coco dissident Cédric Maisse s’est mangé 2153 € d’amende de la ville pour affichage sauvage. Et dire que, depuis seize ans que Fakir existe, jamais on a collé, on a toujours scotché, sur les cabines téléphoniques. Et jamais chez les gens, pleinement respectueux de la propriété privée, tout « gochiasse » qu’on soit.

Mise à jour du 02/11/2015
C’est Adrien, notre juriste à ses heures, qui a eu le plaisir de plonger dans le Code pénal. Il est tombé sur l’article « R635-1 Livre VI, Titre III, Chapitre V, Section 1 : des destructions,dégradations et détériorations dont il n’est résulté qu’un dommage léger ».
On est donc retourné au commissariat, le Code pénal sous le bras, prêt à en découdre.
« La vitrine du journal dans lequel je travaille est tartinée de colle et d’affiche.
  • Des affiches ?
  • Du Front national en l’occurrence.
  • Du Front national... bon, venez dans mon bureau. »
    Avec ce sous-brigadier, on a finalement pu porter plainte sans problème.
    Et même : « Vous avez contacté le service de nettoyage de la mairie ?
  • Euh non.
  • Il faut. Comme ça, on mettra ‘a fait appel à une entreprise extérieure’. Et là, dès que vous partez j’envoie un télégramme au ministère de l’Intérieur.
  • Un télégramme ?
  • Oui, parce qu’on est en campagne électorale. »

En sortant du commissariat, on croise Danièle, une fakirienne de longue date, à qui on raconte ces quelques péripéties : « Tu sais, Le Pen est venue à Amiens pour lancer sa campagne. Les flics sensés faire le service d’ordre, à la place, ils prenaient des selfies avec elle ! »

Pour infos, aux gros bras de Le Pen : à la fin du mois, Fakir déménage. Mais y a pas
d’urgence non plus pour le baptême…

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