J’ai envie de tuer… Tony Parker

par Darwin 21/09/2015

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Darwin a des envies meurtrières. Bon, plutôt qu’il ne passe à l’acte et ne fabrique en série des martyrs, on préfère qu’il se défoule dans Fakir.

« Dans tout le magasin 1 haut + 1 bas enfant = -30 %. »
« Encore lui ! » me suis-je exclamé hier en triant les pubs dans mon courrier. Nike, Renault, Quick, SFR, la Halle, Toupargel, Kinder Bueno, Peak, Tissot, Betclic etc., Tony Parker est une caravane publicitaire à lui tout seul. Les marques se l’arrachent et « TP » qui incarne des « valeurs de solidarité et d’esprit d’équipe » se dévoue volontiers : « La Halle évolue positivement et se modernise. Donc je suis ravi de faire partie de cette aventure et de pouvoir les soutenir » (sur le site de l’enseigne). Un « soutien » récompensé par plusieurs centaines de milliers d’euros (source site Stratégies 4/1/14). Presque du bénévolat.
Le métier de « TP » ? Faire passer un gros bout de caoutchouc orange et strié de lignes noires dans un panier à 3,05 mètres au dessus du sol. Tels sont les exploits célébrés par notre espèce à mi-chemin entre le babouin et l’humain. « La défense de Tony Parker fait rêver » assure, photographiée près du joueur, Najat Vallaud-Belkacem en mode « je te donne un peu de ma notoriété de politique et toi de ton aura de star » (Le Progrès 21/07/14). La ministre en tenue de basketteuse prouve, une nouvelle fois s’il en était besoin, qu’au PS le ridicule ne tue pas. Seulement, on voudrait l’interpeller, est-ce réellement l’habileté du joueur, son sens tactique, qui font « rêver » ? Ne seraient-ce pas plutôt ses millions, ses palaces, sa collection d’autos ?

Retour vers le passé

Remplacer les rêves d’un paradis pour tous par ceux d’un paradis pour soi, c’est aussi à cela que sert le culte des idoles.
Car Tony Parker aime flamber au poker, organise des tournois dans des cercles en délicatesse avec la loi (site I love poker), a investi 10 millions de dollars dans sa propriété de San Antonio équipée de courts de tennis, piscine, cave à vins (garnie de 300 000 euros de grands crus). Toutefois, prudent, il déclare que « 90% de ses revenus sont épargnés » (comme pour la plupart des Français…) tout en continuant à s’offrir de menus plaisirs : plusieurs Porsche, Lamborghini, Cadillac et même une DeLorean, « la fameuse voiture de Retour vers le futur » s’extasie le scribouillard rapportant cette info capitale dans l’Internaute magazine (4/9/13). Quand je compare Tony Parker à mon amie Lise, serveuse chez Quick, c’est plutôt un retour vers le passé que je souhaiterais. Celui de 1789. Dont des cendres rougeoient encore ici et là.

Alibi caritatif

Lise part le matin à 10 h 30 pour faire « l’open » vers 11 h, puis rentre chez elle à 15 h avant de repartir vers 18 h pour « l’evening » avec une fin de service vers minuit, en salle mais aussi « à la plonge ou aux frites », délivrant désormais des Tony Burger, le tout pour 1200 euros par mois. Nombreuses sont les Lise qui grattent leur Smic chez Quick.
A présent, un peu de mathématiques. Parker a empoché pour la seule année 2013/14 14,5 millions d’euros (source Wikipédia) soit 955 années du travail de Lise - qui aurait dû être embauchée par Quick en l’an 1059 pour gagner autant. Et si on prend la totalité des gains du basketteur depuis 2001, soit 107 millions de dollars, là c’est en 4204 av. JC qu’elle aurait dû débuter ses « evenings », ça tombe bien, pile au moment où nos ancêtres quittaient leurs cavernes pour commencer à s’organiser en communautés villageoises… Bref, il est temps qu’on se réveille, vous ne croyez pas ?
Et comme d’hab un alibi caritatif pour, par-dessus le marché, paraître désintéressé : « J’espère qu’avec la Halle on pourra continuer à grandir afin de soutenir les enfants malades dans mon asso Make-a-wish » déclare le sportif dans Gala (23/07/14). Seulement, dans les faits, il en faut des plateaux repas débarrassés par des exploités pour que ce grand benêt à la mentalité de gosse (prompt à attraper la baballe et les contrats de pub) puisse s’acheter de jolies tutures.
Alors je pourrai pour tenter d’expliquer cette avidité (amasser une fortune mettant à l’abri dix générations après soi et continuer encore) convoquer Aristote, définir l’hubris : la perte du sens de la mesure et patati et patata. Mais cette salade grecque, à force, j’en suis lassé et je préfère m’exprimer avec simplicité : Tony Parker en plus de chausser du 51 est un opportuniste, vénal et malin comme à peu près tous ceux se trouvant au sommet de la pyramide.

Rejaillir le feu

« TP », l’effigie de Tony Parker, est déclinée sur toutes formes de supports, bien entendu baskets, chaussettes, survêts mais aussi emballages de burgers, sets de table, etc. Alors, évidemment, je l’ai rêvée imprimée sur papier toilettes, « PT », pour visualiser à chacun de mes passages aux « WC » la très haute estime dans laquelle je le tiens. Souvent j’ai imaginé Parker mécano chez Renault, grouillot pour Tissot, vendeur à la Halle, etc. Sûr que si j’en avais le pouvoir, je l’obligerais à être le coéquipier de Lise pendant plusieurs mois, pour que du haut de son patrimoine et de ses deux mètres, il comprenne la vie des gens d’en bas. Je confesse aussi que je m’amuse à faire des paniers avec ses pubs chiffonnées en visant la corbeille où j’imagine qu’un jour, peut-être, des têtes pourraient tomber. Mais je préfère encore m’en servir comme marque-pages dans un manuel d’histoire qu’on m’a offert afin d’y repérer mes passages préférés : 1789, 1870, 1936, 1945, 1968, 1995. Je m’y replonge parfois en fredonnant du Brel : « On a vu souvent, rejaillir le feu, d’un ancien volcan, qu’on croyait trop vieux… »

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Vos commentaires

  • Le 23 septembre 2015 à 11:15, par Pierre Legeay En réponse à : J’ai envie de tuer… Tony Parker

    Je ne suis pas vraiment d’accord avec votre critique.
    Je ne pense pas que ce soit « TP » qu’il faille attaquer.
    D’ailleurs je trouve que le sport pro est peut-être le seul secteur d’activité où la personne qui créée la richesse récupère la plus grosse part du gâteau. Pourquoi le blâmer ? Il fait du basket, des gens paient pour le voir et il récupère un gros salaire, très bien pour lui !
    Votre amis Lise, elle fait des burgers, des gens paient pour les manger et elle récupère un salaire de misère... Est-ce la faute de Tony ? Je ne crois pas.

    Vous vous trompez de moulins contre qui combattre à mon avis !

    Ensuite il utilise son image, il a compris comment marchait le business et n’exploite à priori personne. Il prépare sa retraite et investit dans différents projets.
    Ce n’est pas parce que certains (votre amis Lise notamment) se font exploiter qu’il doit se laisser exploiter également.

  • Le 21 septembre 2015 à 12:49, par Léo HUERTA En réponse à : J’ai envie de tuer… Tony Parker

    Il ne suffit pas de dire que des têtes vont tomber, mais lesquelles ? et quand ? (Il me semble que c’est Paul Quilès qui à dit ça, comme quoi les socialos ne disent pas que des **********). Ps : j’espère bien que c’est la dernière fois que je cite un socialiste. Dussè-je commencer mes phrases par dussè-je...

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