Résistants d’hier, ils nous passent le relais…

par L’équipe de Fakir 21/10/2016

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L’histoire, même récente, nous apporte cette leçon séditieuse : ce qui est n’a pas toujours été. Et donc, pourrait bien ne plus être. C’est ce que nos anciens viennent nous rappeler.

Stéphane Hessel
Contre l’égoïsme des nantis

« Qu’était ce programme ?
Il s’agissait de lutter contre l’égoïsme des nantis par rapport à l’impuissance à se manifester, à trouver leur voix, de ceux qui ne disposent ni du pouvoir politique, ni du pouvoir économique. C’est là-dessus que la Résistance s’était fondée, et c’est de cela dont nous avons plus que jamais besoin aujourd’hui.
Il nous appartient que cette société reste une société dont nous puissions être fiers – c’est-à-dire pas une société où l’on expulse les sans-papiers, pas une société où l’on diminue la Sécurité sociale, pas une société où les médias sont largement entre les mains des possédants. »

Stéphane Hessel, 4 mai 2008, au plateau des Glières.
Déporté à Buchenwald, il participera en 1948 à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Maurice Kriegel-Valrimont :
Sur le dos des autres…

« Il ne faut pas croire qu’à l’époque, il n’y ait pas des gens qui nous ont dit « Vous êtes fous ». La France n’avait plus de ponts, le France n’avait plus de charbon, la France n’avait plus d’acier, la France n’avait plus d’énergie. Bien. C’est vrai que c’était à peine concevable. Bien. Nous sommes passés outre,tout bonnement. Nous sommes passés outre et nous avons fait les choses. Ça veut dire une chose d’une simplicité puérile : les gens qui vivent sur le dos des autres, les gens qui bénéficient du travail des autres, les gens qui exploitent les autres, ils n’ont pas de scrupules ! Ils sont capables de charité, mais le fond de leur attitude est de croire que, pour vivre, pour que l’humanité fonctionne, il faut qu’il y en ait qui profitent et d’autres qui subissent. »

Maurice Kriegel-Valrimont, émission Là-bas si j’y suis(France Inter), du 2 mars 2006.
Dirigeant du COMAC (Comité d’Action Militaire) créé par le Conseil National de la Résistance.

Appel des résistants :
Dictature internationale des marchés

« Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?
Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. (…) Nous appelons enfin à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous.
Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944. »

Appel des résistants, 8 mars 2004, à l’occasion du soixantième anniversaire du programme du CNR (avec Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey).

Il n’était pas aux Glières...
Denis Kessler
« Les annonces successives des différentes réformes par le
gouvernement peuvent donner une impression de patchwork,
tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées
diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de
retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde
unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est
simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952,
sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de
1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil
national de la Résistance ! Le gouvernement s’y emploie.
 »
Denis Kessler, ex-numéro deux du Medef, dans Challenges,
4 octobre 2007.

Voir en ligne : La Sociale, un chapitre du dictionnaire des conquêtes sociales

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  • Le 30 octobre à 21:42, par Méc-créant En réponse à : Résistants d’hier, ils nous passent le relais…

    Il est en effet de première importance de rappeler, pour quiconque s’intéresse un tant soit peu à la vie de notre pays, que le Programme du Conseil National de la Résistance a été une cible prioritaire pour les serviteurs zélés du capitalisme. Ce programme a été un élément essentiel de la formation de la nation française, qui a fait de la France une république laïque différente des autres, car il a fondé les bases de la solidarité sociale, de la protection sociale, des services publics, de l’égalité judiciaire, de l’indépendance des médias par rapport aux puissance financières et industrielles, de la souveraineté populaire,....Programme qui n’avait pourtant pas été rédigé par un ramassis de gauchistes révolutionnaires.
    Et la notion de Résistance reprend aujourd’hui tout son sens : résister à l’immondialisation capitaliste, résister pour retrouver indépendance nationale et souveraineté populaire. On ne peut traiter de toutes ces questions dans un commentaire. Pour ceux qui seraient intéressés, j’ai réalisé un blog dans lequel je présente des vieux textes qui résonneront peut-être autrement face à la situation actuelle.
    Son titre : « Immondialisation : peuples en solde ! » est déjà significatif.
    Méc-créant