Pour Antoine, petit causeux, grind faiseux (1)

par François Ruffin 17/06/2016 paru dans le Fakir n°(67) septembre - octobre 2014

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Ce weekend, comme l’année dernière, la famille d’Antoine et son ancien club d’Eaucourt-sur-Somme organisent le Challenge Antoine Dumini.
Notre copain, Chief economist de Fakir, qui tenait la rubrique Wikiluttes, animait notre page Facebook, est décédé à 26 balais il y a deux ans. On republie cet article, écrit en son hommage à l’automne 2014.

« Je suis un homme qui les vaut tous et que vaut n’importe qui », il disait volontiers (citant Sartre, à peu près). On aimerait bien que ce soit vrai…

En plein mois d’août, et pourtant il tombe une drache terrible, cet après-midi, sur le parking de l’hôpital sud d’Amiens. Dans les couloirs du service hématologie, je dégouline tellement, on croirait que je passe la serpillière avec mon pantalon. Quand je m’assois, chambre 304, ça fait ploc ploc, une flaque se dessine à mes pieds. On pourrait pêcher, bientôt.
« Tiens, il pleut dehors ?, fait Antoine, sagace.
_ - Un peu !
- Fallait pas te déranger. »

Il veut pas déranger, Antoine, jamais.
Et pourquoi se déranger pour si peu ?
« Alors, ça va ?
- Oh, ça va… »

Il a des tuyaux dans les bras, ses chevilles ont doublé de volume, il peine à se mouvoir, parfois à respirer, mais « ça va ». Il est content, même, il m’explique. Avec sa compagne, Caroline, il vient de passer une semaine dans le Sud-Ouest, en chambre d’hôte, avec petit-déj servi et tout, grâce à Fakir, il dit, avec les mille euros de notre bouquin sur le foot. Il a visité le bassin d’Arcachon, la dune du Pilat, la maison de Mauriac, « fort intéressant Mauriac  », et il veut lire Thérèse Desqueyroux du coup.
« Pour mes vacances, j’ai eu de la chance, il estime. C’est bien tombé, aucun malaise, tout juste entre deux hospis. » Un veinard, vraiment. « Sur le chemin du retour, on s’est arrêtés au Mans, avec Caroline, et on en a profité pour faire les bouquinistes. Je suis tombé sur ça. C’est un récit formidable, il faut absolument que tu le lises…  »
Je feuillette le livre : Aurélie, journal d’une O.S., aux éditions ouvrières.
« Ca nous fera le Wikiluttes de la rentrée ?
- Ouais mais je sais pas comment le tourner. Tiens, tu regarderas. 
 »
Je troque cet ouvrage contre Quand la mer monte en DVD, des Jean-Claude Tergal en BD, qu’il en profite pour se cultiver. Et sinon, on discute du Racing Club de Lens, du cours de l’euro, des jeux sur Playstation. Un cousin de sa copine, Léo, passe vite fait pour un coucou, il redescend de Hollande en auto-stop et repart aussitôt en Bretagne, il est pressé, plein de vitalité, lui, un copain l’attend dehors et il gigote sur son fauteuil. A deux, ils se remémorent pour moi leur visite à Venise, le samedi soir en gondole, les touristes qui les prennent pour des homos amoureux, et Léo qui bouffait que du riz pour sa muscu, et Antoine qui en avait marre du riz, et Léo qui le matin soulevait le lit en guise d’exercice, et Antoine qui en avait marre des mœurs de Léo.
On se marre.
Toc toc.
Des oncles et tantes frappent à la porte, je salue et cède la place.

De retour chez moi, aux toilettes, je parcours son bouquin, qui s’ouvre sur cet avant-propos :

Aurélie est née dans le Sud-Oranais où son père était ouvrier agricole. Elle est arrivée en France avec sa famille en 1956. A quarante-deux ans, elle entre comme soudeuse dans une entreprise de métallurgie à Delle, dans le territoire de Belfort, où travaillent surtout des immigrés et des femmes. […] A quarante-neuf ans, elle est clouée par la paralysie. Pleinement lucide sur la nature de son mal et son issue rapide, ne pouvant plus écrire, elle dicte les éléments permettant de compléter le livre qu’elle voulait écrire : « Je veux qu’on mette par écrit ce que je vis avec les camarades, oui tout ce que je vis, y compris ma recherche d’un chemin pour passer la mort. Cela fait partie du combat. »

Je tire la chasse d’eau et, en fourrant dans un grand sac maillots de bain, sandalettes et hameçons, je chasse de mon cerveau Aurélie, Antoine, des signes qui me taraudent et que je n’aime pas trop.

Comment et quand Antoine est entré à Fakir, je ne sais plus.
T’en as qui débarquent avec le klaxon, tut tut ! tut tut ! J’arrive !, avec le tambour, les trompettes, l’orchestre au complet, « jusqu’ici, mon pauvre, ton canard se traînait, mais heureusement, ta route vient de croiser un génie, ça va bouleverser ta vie », et six semaines après, y a plus personne, le gars se marie, ou se barre en Tunisie.
Tout l’inverse, pour Antoine.
Sur la pointe des pieds, qu’il s’est avancé, en mode « Je veux pas déranger ». Dans ma mémoire, Il s’est pointé à une vague réunion, un soir, salle Maurice Honeste, mais où il est resté silencieux. Je l’ai revu au local, ensuite, qui classait des documents administratifs, discrètement, dans un coin. Et puis, lentement, pas à pas, il s’est rapproché de la rédaction, tout en douceur, sans éclat de voix ni grande décision, comme on trouve sa place et qu’on s’y installe.
A la fac, il étudiait l’économie, alors, plein d’imagination, j’en ai fait notre M. Eco, et je lui confiais Les Echos.
Il me causait de l’euro. Il lisait les pavés de Nikonoff, de Chevènement, de Sapir. Moi, la monnaie m’ennuyait. Je trouvais ça abstrait, hermétique, trop théorico-théorique. « Notre prof, il nous a emmenés en voyage à Francfort, il m’a alors raconté, et on a visité la Banque centrale européenne… » De cette visite guidée, il avait pris des notes et les avait transcrites. ça devenait rigolo, ce tourisme monétaire, concrète, cette obsession de l’inflation, visible, cette « indépendance » qui sert de cache-sexe aux financiers.
Sur ses conseils, je suis retourné à la BCE, et ça a donné cinq émissions à Là-bas si j’y suis, « La capitale du capital », et un papier qu’on a co-signé à la Une du Monde diplomatique, «  Enquête dans le temple de l’euro ».
Il en était fier, le petit gars d’Abbeville, à vingt ans et des, de publier comme ça dans son mensuel de référence, et il avait baladé l’article dans sa famille, à ses oncles, à ses tantes. Il en était revenu attristé : « Ils n’ont rien compris », m’avait-il confié, irrité. Irrité non contre ses proches, mais contre lui-même : « Dans ma joie, je n’ai pas deviné que je leur imposais une violence. Je les confrontais à un langage, à des préoccupations qu’ils ne maîtrisent pas. Et sans le vouloir, je leur ai infligé une humiliation. »

Le petit Auguste Desplanques, rattacheur chez Choquet, ayant voulu lacer son soulier, a les cheveux pris dans l’engrenage d’un métier. Il est littéralement scalpé.
Léon Verbrugt, 13 ans, épousseteur de lin, à sept heures du soir, épuisé, s’est réfugié entre deux machines. On l’appelle, il se relève, mais la manche de son gilet est prise par un engrenage : tout l’avant-bras est déchiré.
Henriette Dautricourt, 14 ans, nettoie sur ordre une machine en marche : elle a le bras entièrement dépouillé de sa chair, on doit l’amputer…

De son écriture méticuleuse, il avait recopié, sur toute une feuille, ce catalogue des horreurs industrielles.
« Mais Antoine, je protestais, on ne va pas rédiger une thèse ! Juste un article ! »
Il avait lu et annoté La Vie ouvrière à Lille sous le Second Empire, Enfants et jeunes ouvriers en France, Villermé et le travail des enfants, Le Travail des enfants dans les manufactures de la Somme, etc., il m’avait fiché tout ça en une synthèse de soixante pages à peine, me noyant sous les exemples, les informations, les comparaisons internationales…
« Tu passeras l’agrégation plus tard, je râlais cynique. Tu fais du journalisme, apprends à bâcler ! »
Au fil des parutions, il s’est rôdé.
Et le « dictionnaire des conquêtes sociales », lancé sans lui d’abord, puis en trinôme avec Cédric, est devenu sa rubrique. Trois années durant, il s’est appliqué à ça, à rendre un nom, un prénom, un fragment d’histoire à ces anonymes qui aiment et qui souffrent, qui espèrent et qui se résignent, qui luttent et qui perdent, sans trace dans les livres d’histoire, sans voix dans les journaux de leur temps, éclipsés par les photos des grands importants.

Ce rôle dans notre canard, j’ai compris après, il ne l’a pas choisi par hasard. On était dans leur jardin, à Abbeville, et son père, Francis, me montrait les quatre arbres qu’il avait plantés pour ses gosses, il y a vingt ans maintenant, presque face à face, comme deux buts pour leurs matches.
« Comme je dis au bureau, je suis fils de cantonnier, petit-fils de cantonnier, et fier de l’être. » Il a la voix si calme, Francis, presque empreinte de fatalité, comme si des générations de résignation coulaient dedans : «  Antoine n’a pas eu de chance, quand même. » Quand même, oui. « Je lui avais dit : ‘‘Si je pouvais te donner toutes les années qu’il me reste à vivre, je le ferais’’, et il m’avait répondu, et ça m’avait marqué : ‘‘Mais tu sais Papa que je refuserais. Je n’en voudrais pas.’’  » Il faisait beau, dehors, en ce jour sombre, et Francis me retraçait un peu son parcours, son père qu’il avait peu connu, mort jeune, à cause du goudron qu’il respirait et des Gitanes maïs qu’il enchaînait : «  Devant la télé, il fumait il fumait il fumait, on avait du mal à apercevoir l’écran. » Dès l’enfance, le paternel avait prévenu : « Si tu redoubles, tu vas à l’usine. » Mais Francis réussissait plutôt, poussait jusqu’au CAP compta, puis « jusqu’au bac G2, tu sais, le bac dont parle Sardou. » Entrer à la fac, ou en BTS, obtenir une bourse ? « La question ne s’est même pas posée. » Ce n’est que plus tard, par les cours du soir, « alors que je faisais déjà 46 heures au cabinet  », qu’il est passé cadre. Dernièrement, il a abandonné un stage pour devenir expert-comptable : «  Les réunions ne me plaisaient pas, c’est très Rotary. Je suis plus à l’aise autour d’un stade de foot… »
Ses frères à lui sont restés ouvriers, ou postiers, à la base.

Pas par hasard, donc, si Antoine s’est accroché à ce rôle, mais par fidélité à son milieu, à sa famille, à son club de foot. Par crainte, aussi, avec les études, avec l’enseignement, avec la fréquentation d’intellos, de couper ses racines, modestes. ça va si vite, cet éloignement, ce reniement.
Il citait Sartre, à peu près : « Je suis un homme qui les vaut tous et que vaut n’importe qui », qui vaut son père comptable, qui vaut ses oncles travailleurs, qui vaut tous les Auguste Desplanques, Léon Verbrugt, Henriette Dautricourt, Aurélie Lopez.

Il y a une autre affinité.
Dans les mémoires, dans les documents d’histoire sociale qu’il consultait, Antoine découvrait des héros inconnus, ou méconnus.
Le docteur Villermé qui, pendant deux ans, parcourt la France industrielle pour son Tableau de l’état physique et moral des ouvriers, un ancien des champs de bataille napoléoniens, lui, un dur à cuire, et pourtant révolté par ces « enfants, dont beaucoup ont à peine sept ans, quelquefois moins encore, qui abrègent leur sommeil et leur repos… tout gras de l’huile des métiers tombés sur eux pendant qu’ils travaillent… portant à la main ou comme ils peuvent, le morceau de pain qui doit les nourrir jusqu’au soir…  ».
Isidore Barthès, le secrétaire du Syndicat des délaineurs, à Mazamet, qui organise les soupes communistes et l’exode des enfants, qui « participe aux assemblées générales de la bourse et du délainage, au CA de la bourse, à la commission du délainage, effectuant un important travail de secrétariat, se déplaçant souvent pour participer aux congrès, pour aller soutenir des grévistes  ».
Le brave Doll, inspecteur du travail bénévole, qui, en hiver, malgré « la pluie, les bourrasques, les tempêtes, arpente 15 à 20 kilomètres » pour visiter les fabriques, « je rentre au moins quatre fois par semaine trempé jusqu’au gilet de flanelle  », qui poursuit tous les verriers de Bordeaux, qui voit ses plaintes classées par le procureur, lui-même cassé par sa hiérarchie.
Jusqu’à la chrétienne Aurélie qui, révoltée par les accidents, par le mépris, s’engage à la CGT dans son usine, et subit les menaces de sa direction, de ses collègues, « C’est trop dur à supporter : tant de haine autour de moi ».
D’un numéro à l’autre, Antoine révélait ces figures discrètement exceptionnelles, modestement formidables. Et je le décrirais comme ça, lui aussi, par cet oxymore : discrètement exceptionnel.

Discret, je l’ai dit.
Mais qu’avait-il d’exceptionnel ?
On a cette expression, en picard : «  Grands causeux, petits faiseux. » Antoine causait peu, mais il faisait beaucoup, rien que pour nous : ses Wikiluttes donc, des articles d’économie toujours, notre bouquin sur le football, sa présence à notre Conseil d’administration, l’animation de notre facebook, et même, même, tentative audacieuse, périlleuse, le premier budget prévisionnel de notre existence, qui s’est avéré complètement faux, relevant plus du surréalisme que de la comptabilité, mais méritoire au vu du néant inchiffré d’où l’on partait.
Il œuvrait avec constance, sans la ramener, sans crise d’ego, malgré ses concours à côté, puis son enseignement.
Malgré, surtout, sa maladie.

Il faut en venir à cette évidence : le courage.
A force de médocs, d’insomnies, de crampes, d’un mal qui l’a rongé durant sept années, avec des hauts et des bas, des espoirs et des rechutes, Antoine était physiquement atteint. Il ne l’étalait pas. Il n’étalait rien, ni sa culture ni ses malheurs. Et alors que d’autres vous détaillent un ongle incarné comme une crucifixion, lui évacuait d’un inébranlable « ça va ». On le croisait béret sur le crâne, chimio oblige : « ça va. » Appuyé sur une canne, le souffle court : « ça va. »
Au mieux, il ajoutait : «  Là, les médecins essaient un nouveau traitement, et ils sont confiants », comme s’il causait d’un mauvais rhume, un Doliprane et ça va passer. Ou encore, il s’inquiétait pour le déficit des comptes publics : « L’ampoule que je prends, là, elle coûte 300 € ! Tous les jours ! Tu te rends compte ? », admiratif de la Sécu.
Ça limitait la conversation, ses « ça va », ou ça la libérait, c’est selon, parce que comment vous voulez qu’on se plaigne, après ça, de nos soucis de gonzesse, ou d’un dégât des eaux, ou des collègues ronchons, alors que ce mec-là voit sa jeunesse bousillée par une Putain de Saloperie de Merde (et encore je pèse mes mots) et qu’il ne se plaint jamais lui ?
Or, se plaindre, c’est quand même le gros de notre activité verbale, à nous, tous les fatigués de ce siècle, siècle qui commence à peine et qu’on croirait déjà finissant, épuisé.

Je sortais de la bibliothèque municipale, un samedi, les bras chargés de bouquins pour enfants, et je tombais sur lui, à l’improviste, qui m’assénait son rassurant « Oui oui, ça va », avant de me livrer ses notes de lecture :
« -Je viens de finir Eddy Bellegueule, c’est vraiment de la foutaise. ça m’énerve.
- Le truc qu’il opère, j’approuvais, c’est une confusion entre sa famille, on va dire du quart-monde, vraiment mal, et l’ensemble des classes populaires. Et quand t’écoutes la radio, ou je viens d’acheter Le Parisien, ils aiment ça, la vision d’un peuple dégénéré.
- Il habitait le village à côté d’Eaucourt, j’ai plein de copains qui le connaissent, ils sont écœurés. On peut aller les rencontrer si tu veux, même sa mère, même sa cousine.
 »
C’était un plaisir dans ma vie de le croiser, comme ça, dans ma petite ville, cette camaraderie sans rendez-vous, ces confs de rédac au débotté, sur un bout de trottoir : -*« Sinon, il poursuivait, à mon avis, le bouquin que tu devrais lire, c’est Pourquoi les inégalités sont mauvaises pour tous. C’est un épidémiologiste, un Anglais, avec des statistiques, il démontre que les écarts de revenus produisent du stress, et que le stress amène de la violence, de l’impuissance, des cancers, des trucs comme ça.
« Tu l’as ?
- Non.
- Tu l’as pas lu ?
- Non, j’ai pas le temps.
- Et tu me le conseilles ! C’est moi qui dois me taper le pavé avec des tas de graphiques ! »

J’ai éclaté de rire, et je l’ai regardé s’éloigner, souriant, à petits pas de vieux précoce, et je l’ai engrangé dans ma mémoire, ce moment, son sourire, ses petits pas de vieux précoce, je l’ai transformé en souvenir, sur le champ, comme un écureuil met des noisettes de côté pour l’hiver, ocazou.

Voir en ligne : Le miracle des maillots pliés

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Vos commentaires

  • Le 18 juin à 08:46, par Philippe-Claude En réponse à : Pour Antoine, petit causeux, grind faiseux (1)

    Bien souvent les beaux textes tels que le votre naissent d’une certaine forme de tragédie. Merci pour ce court voyage. Je vous lirais à l’avenir.

  • Le 17 juin à 13:42, par catherine jeulin mairet En réponse à : Pour Antoine, petit causeux, grind faiseux (1)

    Bonjour,
    Merci pour ce partage, pour cette rencontre que vous nous donnez à faire, à lire !

  • Le 17 juin à 13:33, par Pastor En réponse à : Pour Antoine, petit causeux, grind faiseux (1)

    Bonjour à nouveau Fakir, merci pour ces petits bouts de vie et d’histoires qui s’entremêlent, qui me rappellent à quel point nous sommes humains. Avec toute la joie de vivre dont je suis remplie, je vous embrasse tous. Nath