Vive le dopage !

par Arnaud Théry 27/06/2013

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Le Tour de France va commencer, Laurent Jalabert, champion français, a été annoncé dopé pendant le Tour de France 1998. Christian Prudhomme, directeur du Tour, déclare en avril dernier devant une commission au Sénat que « les contrôles sur le Tour sont cinq fois plus nombreux que ceux demandés, on ne peut pas en faire plus lors des épreuves. » Le Tour sera donc « propre », de même l’été dernier les Jeux de McDonald’s et de la British Petroleum, à Londres, devaient être « les plus propres ». C’était sûr. Voilà un siècle qu’ils le répètent. Et voilà cinq millénaires que les athlètes se dopent, au pinard hier, aux anabolisants aujourd’hui, en passant par l’air dans le cul, la grossesse, etc. Avec la complicité, désormais, des dirigeants du mouvement olympique…

XVIe Siècle avant J.-C, Thèbes

Le détecteur d’haleine

Une rasade de pinard : il y a 3600 ans, les athlètes se dopent déjà ! Aussi, le vin étant interdit, un prêtre se tient à l’entrée du stade pour renifler leur haleine.
À Thèbes, l’épreuve principale est le quadrige – une course de chars tirés par quatre chevaux. Avec une récompense de taille : le royaume ! Le vainqueur s’asseoit sur le trône ! Or, le roi Oenomaos a triomphé à quatre ou cinq jeux de suite – et dirige le royaume depuis vingt ans. Mais Pelops découvre l’astuce : le monarque dope ses chevaux. Le rusé concurrent n’en fait pas scandale : à la place, il surdope les siens et gagne. Il tue Oenomaos, prend le trône, épouse sa fille et récupère sa fortune.

XVIIe Siècle. Halberstadt

Les dératés

« Quelle est l’influence de la rate sur la plus ou moins grande agilité des coureurs ? » Cette question était débattue dans l’Antiquité. Les physiologistes estimaient qu’il s’agissait d’un organe inutile, voire nuisible aux performances : du coup, ils concoctent des breuvages censés le faire fondre. D’où l’expression : « Courir comme un dératé ».
Le docteur Godefroy Moebius, au XVIIe siècle, raconte que dans la ville d’Haberstadt, on avait brûlé la rate d’un coureur : on l’a endormi à l’aide d’un narcotique, puis on lui a fait une incision au côté, et brûlé alors directement la glande à l’aide d’un fer légèrement rougi. Et le médecin juge le résultat positif : « Sur trois individus auxquels on avait fait cette opération, un seul est mort ! »

1904. Saint Louis

Les JO comme labo

C’est dopé en cours d’épreuve que, cette année-là, l’américain Thomas Hicks a remporté le marathon. Son entraîneur, Charles Lucas, raconte comment : « À 7 miles (environ 11 kilomètres) du stade, Hicks fut victime d’une grave défaillance. Je décidai alors de lui injecter un milligramme de sulfate de strychnine et de lui faire boire une bonne rasade de cognac français. Il repartit tant bien que mal et il fallut avoir recours à une seconde injection à 4 miles (environ 6,5 kilomètres) du but, pour que Hicks reprenne un semblant de rythme de course et termine son parcours ».
Mais les officiels ne s’en formalisent pas. Au contraire, ils s’en félicitent dans leur rapport officiel : « Le marathon a démontré, du point de vue médical, que les drogues peuvent être très utiles aux athlètes en cours d’épreuve ». Le terrain de sport comme terrain d’expérimentation pour les firmes pharmaceutiques…

1936. Berlin

Bière ou calmants ?

C’est une publicité qui figure dans la Gazette des carabiniers suisses au sortir des Jeux de Berlin : « Lors d’un concours de tir, en 1936, le poste sanitaire vendit des milliers de tablettes de Sédormid, parce que ce produit était à la mode. Ce doping est très dangereux ; il a en effet une influence calmante, mais il engourdit et paralyse la volonté. La bière brune est bien meilleure à ce point de vue et nous pouvons la recommander aux tireurs, en nous basant sur notre propre expérience. Légalement, la bière n’est pas considérée comme un doping. »
Voilà une saine émulation entre les produits dopants : le mélange bière-armes à feu plutôt qu’un recours aux calmants !

1956, Melbourne

En cloque

« Au Village olympique, témoigne un journaliste américain, les chambres des athlètes ressemblaient à de petites pharmacies. Fioles, bouteilles et boîtes de pilules s’alignaient sur les étagères » (The Man’s Magazine, mars 1958).
Mais il est des méthodes plus naturelles : ainsi, à ces JO, « 10 des 26 lauréates soviétiques étaient enceintes ». Car, d’après les scientifiques, une grossesse augmente « la capacité de rendement de presque 30% ».
Bien plus tard, la russe Olga Karasseva, médaille d’or de gymnastique à Mexico, avouera « avoir “testé“ pour les JO de 1968, sous la contrainte, une méthode de dopage inédite et indétectable : la grossesse, suivie dans la foulée d’un avortement. (…) En larmes, l’athlète ajoute qu’elle avait alors, comme ses entraîneurs l’exigeaient, conçu un enfant avec son petit ami, puis subi une interruption “volontaire“ de grossesse dix semaines plus tard. »
Et Wadim Moissejiew, ancien responsable du sport en URSS, d’enfoncer le clou : « cette pratique était courante en URSS. Olga a eu de la chance, ajoute-t-il. Les autres gymnastes, âgées de 15 ans, devaient, elles, coucher avec leurs entraîneurs avant d’avorter. »

1960. Rome

Mort sur la piste

Le jour de l’ouverture des JO, un cycliste danois, Knud Enmark Jensen, meurt durant le contre la montre par équipe. Les officiels parlent d’abord d’une insolation. Mais le rapport d’autopsie, demandé par la police italienne, établit que Jensen est mort « d’une intoxication causée par l’injection d’une dose forte de stimulant ».
Ce drame signe le départ de la « lutte » contre le dopage : aux Jeux suivants, à Tokyo, des échantillons étaient prélevés sur des athlètes.

1964. Tokyo

Mélange des genres

Tamara Press au lancer de poids et de disque, Irina Press au pentathlon, Ewa Klobukowska au 4x100 m… À ces JO, sur quinze championnes d’athlétisme, quatre ne sont pas des « vraies femmes » : soit qu’ « elles » ont subi des opérations, soit qu’elles se déguisent.
Dès lors, des contrôles de féminité sont imposés pour les compétitions internationales. Gabriel Khorobkov, le chef de la délégation athlétique soviétique, se met à fournir de nombreux mots d’excuses. Aux championnats d’Europe de Budapest, en 1966, les sœurs Press se découvrent une grand-mère gravement malade. Une grand-mère qui ne dut jamais guérir, car les ’‘frères Press’’ disparaissent à tout jamais de la scène sportive.
Parfois, pour de bon, des femmes se transforment en hommes : « Ria devenait irascible en raison de sa consommation d’anabolisants. C’était triste de la voir chaque matin s’épiler les poils de la barbe. Sa voix a fini par muer et elle avait peur de ne jamais pouvoir avoir d’enfants. » Ainsi la hollandaise Ria Stalman, médaille d’or au lancer du disque en 1984, est-elle décrite par ses camarades. Grâce aux anabolisants, précise une compagne d’entraînement. Et elle aurait fait un trafic de ces médicaments : à la veille des JO de Los Angelès, l’athlète est arrêtée à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis avec huit cents tablettes de Winstrol, un anabolisant puissant utilisé par les vétérinaires.
Et l’inverse arrive aussi : des hommes se transforment en femmes. Médaillé de bronze à Montréal, l’haltérophile Peter Wenzel (RDA) se féminise, sa poitrine se gonfle tant que – d’après son médecin – elle « atteint un stade précancéreux ». Des documents de la Stasi, l’ancienne police secrète de RDA, le révèleront plus tard : durant toutes les années 80, les haltérophiles est-allemands devront subir des ablations de leurs seins. La cause : les hormones qu’ils ingurgitaient pour améliorer leurs performances… jusqu’à sept fois plus que les femmes en période de procréation !
Ainsi le veut la dure loi du sport moderne : les mâles font leurs emplettes aux rayons lingerie. Tandis que les sportives, elles, s’attardent devant les présentoirs de mousse à raser.

1968. Mexico

Foudroyé

Alors qu’il tente de soulever une barre de 160 kilos, crac ! le muscle de son omoplate éclate. La barre retombe sur la tête de l’haltérophile finnois Kajaali, lui écrase la nuque. Il perd connaissance, et ne se relèvera jamais de cet accident : depuis cette année 1975, il est paraplégique à vie.
Médaillé d’or aux JO de Mexico en 1968, ce champion ne l’a pas emporté qu’à la seule force de ses poignets : il a usé et abusé des anabolisants. « Je donnerais toutes mes médailles pour récupérer la santé, témoigne-t-il. On ne se rend pas compte des dangers encourus. Les progrès réalisés sont tellement foudroyants, obtenus si facilement que la notion de risque n’apparaît jamais ou trop tard. »

1976. Montréal

De l’air dans le cul

« Pour améliorer la flottabilité d’un nageur, il suffit de le gonfler... ». C’est logique. Les Allemands de l’Ouest ont donc une idée : l’ « insufflation rectale ». On envoie entre les fesses des athlètes « 1,8 litre d’air destiné à demeurer dans le gros intestin soudain promu au rang de bouée ».
La technique était en fait piquée à Napoléon : sous l’Empire, lors des batailles, quand les chevaux devaient traverser des cours d’eau, on améliorait leur flottabilité en leur insufflant, à l’aide d’un soufflet, vingt à trente litres d’air...
Côté natation, cette pratique fut finalement abandonnée. Moins pour des raisons éthiques, que de performance : finaliste, Walter Kusch flottait trop, ses pieds battant souvent hors de l’eau... Un autre nageur en attrapa des crampes aux abdos, à force de retenir l’air dans ses intestins : « Nous devions rester allongé pour conserver cet air et nous devions aussi nous rendre souvent aux toilettes... »

1980. Moscou

Des« Jeux propres »

« Pour moi, ces Jeux de Moscou sont, en l’état actuel de nos connaissances, les plus propres en matière de dopage. »
Alexandre de Mérode, président de la commission médicale du CIO, est satisfait : sur 1645 contrôles, tous se sont révélés négatifs. Mais les Russes acceptent de laisser les échantillons de réserve à la commission.
Six mois après les Jeux de Moscou, le CIO aurait alors fait d’importantes découvertes. Parmi les médaillés, le professeur Donike, en charge des analyses, aurait trouvé 24 cas positifs sûrs et 62 probables sur 424 hommes et 16 sûrs et 27 probables sur 160 femmes. Soit des pourcentages de 10 à 20% d’athlètes dopés.

1984. Los Angelès

Toujours plus propres

« Vous voulez tuer les Jeux ! »
Le directeur du comité d’organisation, l’américain Peter Ueberroth, est dans une colère noire. C’est que Alexandre de Mérode, en charge de la lutte anti-dopage, a une idée saugrenue : faire des contrôles anti-dopage. C’est intolérable : « Ueberroth ne voulait pas qu’il y en ait de contrôles à Los Angeles, raconte Mérode. Je lui ai dit : “ Ecoutez, la charte olympique prévoit des contrôles. S’il n’y a pas de contrôles, il n’y aura pas de Jeux à Los Angeles cet été.“ Il est entré dans une rage folle : “ Vous voulez tuer les Jeux ! “ Je me suis mis en colère aussi : “ Lequel de nous deux veut tuer les Jeux, monsieur Ueberroth ? “ Samaranch disparaissait peu à peu sous la table. Ueberroth a crié encore plus fort : “ Vous faites ça pour devenir président du CIO ! “ Là le président a senti qu’il devait intervenir et d’une petite voix douce il a dit : “ Peter, écoute donc ce que te dit le prince “. »

Mais au cours des Jeux, les Américains refusent de collaborer : « Pendant toute la durée des Jeux, j’ai eu des problèmes avec le comité d’organisation, poursuit Mérode. J’avais demandé des coffre-forts, je ne les ai jamais eus. » Les résultats des test antidopage, le prince doit donc les entreposer dans une simple poubelle, au couvercle percé, fermée par deux cadenas, installée dans une chambre d’hôtel. Dans les heures qui suivent la cérémonie de clôture, Alexandre de Mérode vient de découvrir cinq nouveaux cas positifs. Il se dirige vers la chambre-bureau : mais pas de chance, « par erreur », toutes les feuilles sont passées au broyeur à ordures. « Je vous promets que c’est un accident », lui déclare un officiel (américain).
« Comme il n’y avait eu aucun cas de dopage détecté aux Jeux de Moscou, explique le prince, chaque nouveau cas positif que nous révélions rendait les américains un peu plus furieux encore. »
Douze seront finalement avérés.
Et au moins neuf dissimulés…
Mais l’essentiel est sauf : les Jeux enregistreront un bénéfice de 222 millions de dollars. Le businessman Ueberroth est ravi.

1988. Séoul

Le Ben-émissaire

Moins de deux jours.
Le record du monde sur cent mètres, établi par Ben Johnson en finale des JO, n’a pas tenu 48 heures. Avec des tests qui se révèlent « positif aux stéroïdes anabolisants », lui passe des sommets de la gloire au précipice de la honte. Et suspendu deux ans, sa carrière ne s’en relèvera jamais.
Derrière l’arbre, pourtant, c’est la forêt des dopés.
Carl Lewis, d’abord, le n°2. Mais lors des pré-sélections américaines, l’athlète avait été contrôlé positif… comme le révèlera un membre de la Fédération. Et l’homme aux neuf médailles olympiques, jamais privé d’aucune, ne démentira pas : « Des centaines de personnes ont été prises. Elles ont toutes été traitées de la même manière. Le contexte était différent à l’époque. »
Linford Christie, le n°3. Déclaré « positif à la pseudoéphédrine » lors des JO de Séoul, il obtient malgré tout la clémence du jury : il aurait « pris du ginseng », voilà tout. En 1999, à son tour, il sera suspendu pour dopage aux stéroïdes anabolisants.

Depuis 1988, sur 14 athlètes olympiques montés sur le podium au 100 mètres, 6 ont été contrôlés positifs au cours de leur carrière. Quant aux autres, attendons...

2008, Pas Paris

La faute à Buffet

« Je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu aujourd’hui mais je peux vous dire qu’il y a quand même eu ce jour-là certaines prises de parole... ». Le 26 mars 2001, le Comité International Olympique est reçu à Matignon. Marie-Georges Buffet, ministre des Sports sous Jospin, en garde quelques souvenirs : « L’ambiance qui régnait à l’époque, c’était que parce que nous luttions contre le dopage, ça nous mettait des bâtons dans les roues pour décrocher les Jeux. » C’est qu’après l’affaire Frestina, dans le Tour de France, elle s’est fait connaître comme Madame Antidopage. D’où la méfiance qu’elle suscite, tant au CIO que chez le Premier ministre : « Quand Jospin m’appelle, il ne sait pas trop comment aborder le sujet. Il me dit : “ Dites donc, Marie-George, quand même, euh... euh.” “Expliquez quand même à ces messieurs qu’en 2008, je ne serai plus ministre, si ça peut vous rassurer un peu” », lui lance-t-elle.
Mais son grand adversaire, alors, c’est Claude Bébéar. L’ancien patron d’AXA, parrain du capitalisme français, qui joue aujourd’hui les vieux sages à l’Institut Montaigne, donne alors au CIO « l’engagement que les lois françaises seraient mises entre parenthèses » ! « Il y aura une extraterritorialité des Jeux sur les lieux de compétition. » Mais ces garanties orales ne suffisant pas au CIO : la commission d’évaluation attend « des engagements écrits » du gouvernement français sur la lutte antidopage. Voilà qui aboutit à deux textes incertains, « des lettres volontairement minimalistes », explique Marie George Buffet, qui ne conviendront pas au CIO. D’où la remontrance de Lionel Jospin à sa ministre : « Hé Marie-George, si c’est ça, les Jeux olympiques, on les regardera à la télévision ! » Cette inquiétude du CIO en dit plus long, sans doute, que tous les contrôles anti-dopage…

2012. Londres.

Les plus propres, bien sûr…

« Les athlètes qui se dopent doivent savoir qu’il y a une grande chance qu’ils soient contrôlés cet été et que tout ce qui est possible scientifiquement sera fait pour s’assurer que leurs efforts pour tricher soient mis au jour par les experts du laboratoire ». C’est le président de l’Agence mondiale antidopage, John Fahey, qui l’assure. Et on le croit...

Pour écrire cet article, on a très largement pillé dans le super bouquin Dopage aux Jeux Olympiques, du docteur Jean-Pierre Mondenard, éditions Amphora. Et aussi dans Les Scandales du sport contaminé, Eric Maitrot, Flammarion, 2003.
Ceci, sur les conseils de Ludovic Sterman, auteur de Dernier Shoot pour l’enfer, éditions Fayard.

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Vos commentaires

  • Le 31 juillet à 15:10, par bonnet En réponse à : Vive le dopage !

    Dans le même genre j’ai ecris un article sur le dopage et le rugby avec le dcteur mondenard que vous pouvez publier sur mon site rugby-en-melee.com

  • Le 5 juillet 2015 à 01:44, par Laura En réponse à : Vive le dopage !

    Il manque (au moins) une anecdote : lors des JO de Sydney en 2000, la gymnaste roumaine Andreea Raducan gagne l’or du concours général. Malheureusement elle est contrôlée positive car un peu avant l’épreuve le médecin de l’équipe lui avait fait prendre un remède courant contre le rhume, qui contenait de la pseudo-éphédrine, considérée comme dopant.

    Tous les experts et responsables ont reconnu à l’unanimité qu’elle était totalement innocente (elle n’avait que 16 ans à l’époque), qu’il s’agissait d’une simple erreur du médecin, et que cela n’avait en aucun cas pu lui permettre de gagner.
    Même ses concurrentes ont toutes déclaré publiquement qu’elles considéraient que Raducan avait bien gagné.

    Mais rien n’y a fait, la règle c’est la règle, Raducan a été déboutée de tous ses recours.

    Lors de son retour en Roumanie après les JO, elle a tout de même reçu un accueil triomphal de la part de la population et des dirigeants du pays. Le gouvernement roumain lui a même accordé le double de la récompense habituellement accordée aux médaillés d’or de ces JO.
    Pour compenser cette injustice, l’association des bijoutiers lui a offert une reproduction en or de sa médaille « volée », montrant ainsi que tout le monde la considère malgré tout comme la vraie championne.

  • Le 27 juin 2013 à 17:57, par Rezonville En réponse à : Vive le dopage !

    Bonjour,

    Etant étudiant en 2nd année en STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), et ayant suivi un cours de sociologie du sport, j’aimerai faire une intervention. Je tiens à préciser que je ne recrache pas ici bêtement mes cours, mais que je partage cette manière de voir le sport.

    Tout d’abord, les J.O de l’Antiquité n’avaient strictement rien à voir avec les J.O modernes. A leurs débuts, les J.O étaient intrinsèquement liés à la religion : les épreuves physiques (et non sportives) servaient à honorer les divinités. Ici, pas de notion de records, de performances, ou de compétition (vocabulaire par ailleurs lié au capitalisme et au libéralisme. Tiens tiens...).

    Ceci étant dit, j’aimerai m’attarder maintenant sur ce qu’est le sport. J.M BROHM (sociologue du sport) nous en donne la définition suivante :
    « Le sport est un système institutionnalisé de pratiques compétitives, à dominantes physiques, délimitées, codifiées conventionnellement dont l’objectif avoué est sur la base d’une comparaison de performances, d’exploits, de demonstrations, de prestations physiques, de désigner le meilleurs concurrent (le champion) ou d’enregistrer la meilleure performance (le record) »

    Nous voilà déjà plus consciencieux ! C’est donc normal qu’on se foute sur la gueule (symboliquement via l’opposition, mais aussi réellement. Il suffit de regarder la boxe) durant n’importe quel match de foot, rugby, ou autre ! Puisque c’est codifié et instutionnalisé !
    Vous allez me dire « oui, mais quel lien avec le dopage ? » « Et puis comme il y a un règlement, et que c’est marqué qu’il n’y a pas le droit de se doper, les dopés sont des enfoirés ! »
    Et pourquoi ne pas plutôt les considérer comme des gens malades de sport : à force de vouloir être « performant », de vouloir « dominer l’autre », pour ne pas soit même « être dominé » (si si, c’est marqué dans la définition donnée précédement : idée de compétition, donc de classement, donc de domination), ils en oublient qu’ils ne sont que des Hommes, et donc qu’ils ont des limites, comme tout le monde. Et donc, à force d’exploiter leur propre corps, à force de souffrir à l’entraînement, à force de blessures, sous devoir de produire une performance sportive, l’évidence vient d’elle-même : pourquoi ne pas prendre des produits, que tout les autres prennent par ailleurs, qui aideraient à moins souffrir ?

    Bref, tout cela pour dire que cette logique de performance ne peut que entraîner des cas de dopages. Et que c’est plutôt le sport lui-même qu’il faudrait incriminer. Mais non, car le formidable sport présente des valeurs indépassables, telles que « le goût de l’effort », « acceptation d’être battu par plus fort que soit » (le fameux fairplay), ou encore « la bonne santé ».

    Bon je m’arrête ici, car sinon, ça va finir par ressembler à un livre plutôt qu’à un commentaire. Voici juste quelques auteurs appartenant au courant critique de la sociologie du sport (pour approfondir, je n’ai fais qu’effleurer le sujet, et ils l’expliquent beaucoup mieux que moi) :

    • J.M BROHM
    • P.VASSORT
    • M.PERELMAN
    • ...

    Merci de m’avoir lu, et merci à Fakir !