Vis ma vigne

par Pierre Souchon 08/11/2013 paru dans le Fakir n°(61) juillet - août 2013

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Un été durant, chez les Soubeyrand, je me suis fait ouvrier agricole. Avec joie. Avec le ravissement d’aller aux masses, de rencontrer le peuple, de renouer avec mes racines paysannes…

« C’est bon, ils t’embauchent », a souri ma mère en raccrochant le téléphone.
Dans une semaine, je serai ouvrier agricole. Entre coups de déprime et révoltes intempestives, mes études partaient complètement en confiture. Maman avait tenté un temps des interprétations psychanalytiques, mais devant ma propension à m’embrouiller dans de hautes spéculations freudiennes et de considérables volutes de fumée, elle avait résolu toute l’affaire en m’envoyant bosser.
J’étais aux anges.
Je n’allais pas seulement devenir ouvrier, intégrer la classe d’intérêt général, celle de Marx, du Front populaire et de toutes mes légendes prolétaires – j’y additionnais cumulard la condition paysanne, bras veineux et mains calleuses à louer pour subsister. Conjuguer aussi impeccablement la totalité de mes obsessions adolescentes était inespéré. Je suis parti alors complètement en fusée campagnarde et exploitée, comptant impatient mes derniers jours d’étudiant désœuvré. Loin d’en rabattre et de m’expliquer qu’il était question tout compte fait d’un boulot d’été, papa s’est mis immédiatement lui aussi à dégénérer en charrettes, coups de fourches et jacqueries. C’est-à-dire que depuis des dizaines de générations cévenoles de Souchon on n’avait que ça, tous autant qu’on y était, notre rurale force de travail à proposer. « Quand il avait quinze ans, il me racontait les yeux embués, mon père avait rien à bouffer. Il avait pas lu Zola, ni rien, d’ailleurs, mais il savait ce que c’était, la misère. Il partait s’embaucher sur la place des Vans pour des travaux agricoles journaliers. Les jours de marché, il allait s’exhiber. Les patrons passaient, ils le prenaient pour les foins, couper du bois… C’était vraiment le marché aux esclaves. Mon père restait debout pendant des heures. Les types qui passaient lui tâtaient les muscles et regardaient ses dents : “Allez viens, toi, je te prends une semaine.” Ils ne le payaient pas, mais ils le faisaient manger et dormir. »
Voilà d’où je venais, des humbles et des petits, comme les Soubeyrand chez qui j’allais saisonner. Ils étaient vachement sympas, me garantissaient les vieux. Lorsque nos copains polonais étaient venus en Ardèche, le couple avait accepté de les embaucher au noir. Il les payait bien, les hébergeait, les faisait manger gratos : « Ils sont très cathos, très honnêtes. »
Je suis parti en voiture ravi, le premier matin, sur les traces de mon histoire.

« Qu’est-ce que tu as changé, Pierre !, a souri Françoise.
— Mais dis, il avait sept ou huit ans, la dernière fois qu’on l’a vu !, s’est souvenu Michel. Tu montes boire un café ? »
Je me suis installé face à ma tasse, les coudes sur la toile cirée.
« Sucre-toi, Pierre, sucre-toi », a dit Françoise.
Je me suis sucré.
J’étais transporté.
Ils parlaient une langue, ici, tout de suite dérivée de l’occitan. J’y fondais en plein, dans les histoires aux paysans. On a parlé un peu de mes parents, et avec Françoise on a attaqué à 7 heures 30. Les cerises avaient du retard, du coup on a relevé la vigne. Longs comme des lianes, les pampres tombaient à terre dans les calcaires. On les enroulait autour des fils de fer. Face à face avec Françoise j’ai relevé, relevé, toute la journée. J’ai aimé d’emblée le contact avec la vigne, ces feuilles grasses de soleil, duvetées, qu’on allait chercher jusque dans les ceps parcheminés.
« Qu’est-ce que tu fais, Pierre, cette année ?
— Je viens de finir une première année de lettres.
— Ah c’est bien, ça, les lettres ! Je me rappelle que tu étais tout le temps dans les livres, quand tu étais petit...
— Et vous, Mme Soubeyrand, ils en sont où, vos enfants, maintenant ?
— Cécile est secrétaire, elle attend un petit. Elle n’est pas mariée, mais bon... Et Nicolas va passer les concours de pompier pro. Il est volontaire, pour l’instant, à la caserne de Privas. Il a ses chances, parce qu’il a fait son service militaire dans les pompiers de Paris. Michel est pas très enchanté...
— Ah bon ? Pourquoi ?
— Regarde... »

Françoise me montre un champ immense, en contrebas, où je distingue des jeunes pousses.
« Tu vois, Michel vient de planter cinq cents pieds de chardonnay. C’est pas pour nous qu’il le fait... On est à la retraite dans trois ans. C’est pour le Nico. Mais le Nico, je sais pas trop ce qu’il va choisir...
— Vous êtes pas sûre qu’il va reprendre ?
— Non, c’est bien le problème. Il nous voit depuis tout petit trimer comme des noirs pour... Pour sortir quoi ? Un Smic à deux, avec Michel. Ça va que la maison est à mes beaux-parents et qu’on ne paie pas de loyer, et encore, on est subventionnés... Alors le Nico, je comprends qu’il réfléchisse. Enfin il aime bien la terre, quand même. Il nous aide beaucoup, et il n’y a qu’ici qu’il est bien... »

Elle s’y accrochait, Françoise, à la reprise du Nico, comme à un rêve, un idéal dont on sait qu’il n’adviendra jamais. Entre les silences de ses phrases chuchotées, tout bien pesé, elle-même ne souhaitait pas à son fils l’enfer de la terre. Elle était perdue, l’exploitation, Françoise le savait, elle partirait bientôt en friches, et avec elle, l’histoire d’une famille accrochée à ses quelques hectares depuis qu’elle était famille.

Il est venu, Nicolas, quelques jours plus tard, nous aider pour les cerises. Petit, sportif et sain, il pratiquait un rythme de ramasseur que j’observais jaloux sans pouvoir l’égaler. C’était la première récolte à laquelle il ne participait pas entièrement, pompier trop occupé par les feux de forêts particulièrement violents cette année. L’un d’entre eux avait dévasté plusieurs centaines d’hectares, et Dominique Voynet était venue l’observer. « Tout ce que je peux dire sur la ministre, c’est qu’elle a un gros cul ! », s’était marré Nico, entraînant ses parents dans son rire. J’avais trouvé ça particulièrement con, ne retenir de Voynet que son cul. Mon analyse féministe avait séduit Stéphanie et Émilie, deux ramasseuses qui arrivaient d’Isère en camion peinturluré. Elles vivaient dans des squats à Grenoble, et venaient ici faire un peu de fric avant de partir pour l’Inde. Avec mes manières d’anarchiste, j’avais leur sympathie, mais je me méfiais d’elles comme de la peste. J’avais coupé mes cheveux, soupé au lycée et partout en Ardèche des histoires babacoolisées, et dans l’exploitation des Soubeyrand, j’avais choisi mon camp, celui des paysans. Celui de mes patrons qui regardaient les dreadlocks des jeunes filles comme des attractions de fête foraine, et se renseignaient l’œil espiègle sur leurs alternatifs projets de voyages et de vie en communauté. J’appartenais moi à la race millénaire de cette paysannerie matoise, qui ne savait que trop que ces gens-là ne foutaient jamais rien, toujours prompts à donner des leçons et à tenir des propos délirants sur le nécessaire avenir autogéré de notre société pourrie jusqu’au cornet.

Nicolas de son côté possédait beaucoup d’idées sur beaucoup de sujets, et il tenait absolument à nous les faire partager. L’État, c’était l’État, en particulier, qui était une fameuse saleté. Les charges, cette saloperie ! Sans elles, ses parents pourraient embaucher tous les ramasseurs qu’ils voudraient, agrandir l’exploitation, racheter des terres, prospérer. Mais il fallait raquer, raquer, Sécurité sociale et CSG, ce paquet de conneries qui engraissaient qui, Nicolas le demandait ? Tous ces assistés, cette bande de fainéants dégueulasses qui ne foutaient jamais rien, et qu’il s’agissait d’entretenir en allant au turbin tous les matins. Combien il en connaissait, Nicolas, lui qui faisait du secours aux personnes dans la chaude banlieue de Privas, de gens qui avaient des écrans plats et de belles bagnoles que jamais personne dans sa famille ne pourrait se payer ? C’étaient d’ailleurs bien souvent les, bon, je ne suis pas raciste, mais disons les choses comme elles sont, c’étaient d’ailleurs bien souvent les Arabes qui ne branlaient rien – alors que les Portugais eux déclarons-le se levaient à cinq heures du matin. Michel et Françoise buvaient du petit lait pendant l’entièreté de ces déclamations, et j’avais moi un peu de mal à assumer ma paysannerie revendiquée.

Michel était silencieux, Françoise parlait pour deux. Elle parlait presque plus que le Nico, ce qui en soi relevait du défi, et notamment un matin où elle avait lu dans Le Dauphiné Libéré que des parents s’étaient plaints à la directrice de l’école primaire de Largentière. « Leur fils faisait le bazar en classe, et l’instit’ lui a mis deux gifles. Ils sont allés protester ! Quand même... Ça va plus. Nous on en prenait, des claques, elles avaient la main leste, les religieuses qui nous faisaient l’école, et que je sache, on n’en est pas morts ! Ça remet d’aplomb, une gifle, ça fait du bien aux gamins. Si un instit’ peut plus faire ça... Où on va ? Et bien sûr, les parents sont basanés... Mais même ça, il ne faut pas le dire, sinon on est racistes, alors que c’est la vérité. »
Tout en haut de mon cerisier, ça commençait à me courir, ces harangues matinales. «  Vous savez, Mme Soubeyrand, ma grand-mère était de 1906. Elle était paysanne. Vous voyez, c’était l’ancien temps, là, que vous regrettez, quand on balançait des taloches à la volée... Ma grand-mère elle s’en prenait des terribles à l’école quand elle parlait patois. Et vous voyez, elle m’a jamais dit que ça lui avait fait du bien. Elle avait 90 ans quand elle me racontait ça, et elle était encore très en colère.
— On s’en fout, de ta grand-mère,
avait certifié Nico. Une torgnole, ça a jamais fait de mal à personne.
— T’as raison,
j’avais répondu. Et tous ces bougnoules qui nous font chier, je suis d’accord, Mme Soubeyrand, faudrait foutre ça à la mer et qu’on n’en parle plus, de cette sale race de merde. » Ça a jeté un grand froid dans le soleil du mois de mai.
C’était très difficile finalement d’être un paysan, parce que les paysans racontaient des calamités.

J’ai passé comme ça tout un été à osciller. Je voulais être reconnu comme un fils de la terre, et à force d’acharnement, j’ai ramassé aussi vite que le Nico. Pourtant quelque-chose n’allait pas, je le sentais bien. Ce qui n’allait pas, décidément, c’était ma grande gueule, que j’ouvrais à tout bout de champ, et j’en avais, des occasions d’envolées, contre la droite que les Soubeyrand louaient, l’église qu’ils fréquentaient, les pédés qu’ils maudissaient, les gendarmes qu’ils respectaient. Je me cassais plus que les autres le cul au boulot : j’étais mal vu. J’avais vachement moins la cote que Stéphanie et Émilie, qui malgré leurs chiens et leurs crêtes de toutes les couleurs, ne protestaient jamais et blaguaient salaces avec Nico. Le soir, on prenait parfois des cuites ensemble, et les filles m’insupportaient presque autant que les Soubeyrand, à forcément préparer un thé thaïlandais dans une tasse confectionnée par un copain potier. J’ai ramassé, taillé, vendangé jusqu’en octobre. J’ai gagné pas mal de fric, et j’ai compris entre les lignes que ce ne serait pas la peine que je sollicite mes patrons pour la prochaine saison.

Un soir de cet hiver-là que je sortais du cinéma, je suis tombé sur le Nico. Il m’a salué méfiant, et m’a entrepris à propos de mon père qu’il avait croisé, s’entretenant avec lui longuement des eaux et forêts, flore et faune sauvages à sauvegarder. Son expertise avait sidéré Nico, et tandis que ses yeux bleus brillaient de respect, je ruminais blessé ma paternité. De ce monde de la campagne, celui où l’occitan s’entremêle au français, où l’on connaît les dates de floraison et celles de la taille de tous les fruitiers sans même y penser, les coutumes des animaux sauvages à un poil près, papa maîtrisait toutes les subtilités. En une poignée de main et deux allusions très codées, il était intégré sans se forcer. Chez Soubeyrand, j’avais tout fait. J’avais bossé comme un sourd. J’avais aligné les références patoisantes, mimé la geste paysanne, ramené des truites braconnées – rien n’y faisait. Le Nico s’attachait à me raconter détaillé que mon père en était, lui, pas comme moi, saloperie d’enfant de malheur. J’aurais tellement voulu que tu m’adoubes, Nico. Que dans un rire fraternel et complice, tu tapes viril sur la rurale épaule d’un pair. Mais t’étais un trop gros con, Nico. Tes pédés bons à brûler, tes gonzesses salopes bonnes à troncher, tes banlieues bonnes pour l’armée, ton Algérie bonne à pacifier, quand papa les évitait rusé, je ripostais enragé.
Mais j’étais prêt à tout, encore, pour que tu me la donnes, l’accolade. Alors j’ai tenté timbré mon coup, le dernier, assaut d’insincérité. Je t’ai servi un étourdissant numéro de contrition, en t’authentifiant que j’étais entièrement désolé de mon comportement, à ton égard et à celui de tes parents. À toi que je considérais comme un sacré connard, j’ai présenté mes profondes excuses. Tu m’as félicité pour ma clairvoyance et mon courage : « Il faut le faire, ce que t’as fait, reconnaître que t’as déconné. Franchement, chapeau, et merci. Je transmettrai à mes parents. »
Je me suis senti soulagé, comme un ahuri.
Un peu des vôtres.

Longtemps après, j’ai connu les délices de la sociologie qui explique sans juger. J’en ai entendu, des quantités de saloperies, chez les patrons de mon bistrot préféré. Leur fascisme rigolard de fin de soirée et leurs affections lepénistes revendiquées ne m’ont jamais éloigné du comptoir de ces anciens ouvriers, où je suis toujours revenu affable, amusé.
J’ai pensé à toi, Nico, aux Soubeyrand, en lisant dernièrement Les Écrivains contre la Commune. Paul Lidsky y raconte comment, en 1848, les grands de la littérature, « Lamartine, Sand, Hugo, jouent un rôle important. Vigny sollicite un poste de député aux élections ; Leconte de Lisle, jeune républicain gagné aux idées socialistes, prend l’initiative des pétitions qui aboutissent à l’abolition de l’esclavage ; nommé délégué du Gouvernement provisoire en Bretagne, il entreprend une tournée de propagande révolutionnaire. Cependant, ils allaient souvent transporter dans l’arène politique leur idéalisme, croyant qu’il suffit d’aller aux masses et de leur dire la vérité pour que celle-ci apparaisse lumineusement et que règne un gouvernement du Beau, du Vrai et du Juste. Cette confrontation avec les masses et l’action est pleine de déceptions. Leconte de Lisle, lors d’une de ses conférences à Dinan, est presque lapidé par la foule et doit se dérober en sautant par les fenêtres. Sa réaction ne se fait pas attendre : “Que l’humanité est une sale et dégoûtante engeance ! Que le peuple est stupide !, il s’était ravisé tout à fait. C’est une éternelle race d’esclaves qui ne peut vivre sans joug. Aussi ne sera-ce pas pour lui que nous combattrons encore. Qu’il crève donc de faim et de froid, ce peuple facile à tromper qui va bientôt se mettre à massacrer ses vrais amis !”  »
Toi qui as toujours refusé mes lumières, Nico, je te remercie de m’avoir apporté les tiennes.

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  • Le 13 novembre 2013 à 13:50, par Vincent Bernardet En réponse à : Vis ma vigne

    Cher Vicomte de Médeux,

    Désolé de ne pas répondre à vos exigences de rapidité, d’immédiateté. Il se trouve que vous êtes sur un site qui, afin d’éviter spams et autres commentaires inadaptés, à décidé de procéder à une validation a posteriori. Ce qui signifie que ces gauchistes que vous méprisez se tapent la lecture de l’ensemble des commentaires, publiés et non, que peu susciter ces articles.

    A cela se rajoute le caractère artisanal. Nous n’avons pas un modérateur rémunéré, nous avons de petits moyens et la personne qui vous valide, et qui vous répond à l’instant, le fait bénévolement. Ainsi il est possible que vos commentaires mettent un certain temps à apparaître.
    Le votre aura mis 4 jours. Vous vous en êtes plein au bout de 5 heures. C’est un délai relativement long, je le reconnais, et plutôt inhabituel mais c’est ainsi. Il se trouve que je n’ai pas comme seule tâche de m’occuper de la validation des commentaires (je publie les articles sur le site, je fais également du travail pré-rédactionnel pour certains articles, je m’occupe du coulage, de la relecture du journal, de temps en temps je réponds au téléphone il m’arrive même parfois de faire la cuisine pour tout vous dire ! et je ne parle là que des tâches qui sont les miennes dans le journal).

    Fakir est avant tout un journal papier, sachez le.

    En vous remerciant de votre lecture et d’avoir laissé un commentaire,

    Fakirement,

    Vincent

  • Le 9 novembre 2013 à 18:43, par Vicomte de Médeux En réponse à : Vis ma vigne

    Il est tout de même assez pathétique, pour des gens sensément faire preuve d’ouverture d’esprit et a fortiori, préconisant le droit à la liberté de parole, de constater qu’il ne s’agit là, en réalité, que d’une posture. On m’avait déjà mis en garde, moi, le naïf que les gauchistes faisaient la plupart du temps preuve d’une consternante cécité à l’égard des idées et arguments étrangers aux leurs, que l’esprit de contradiction, il le méprisait. J’en ai ici la preuve. Un commentaire sincère et pertinent est passé à la trappe, sans raison apparente. Trop sincère, trop pertinent peut-être pour cadrer avec l’idéal « démocratique » tels que les gauchistes le revendiquent ? Chat échaudé... Quoiqu’il en soit, le lumpen et la populace continueront longtemps à se combattre avant d’ouvrir les yeux et de s’unir, enfin (c’est le sort de la planète qui me préoccupe, plus que les rapports de force entre des groupes d’individus totalement incapables, la plupart du temps, de s’entendre...). Et ce n’est que le début. Malgré tout, je déplore ce retard de réactions saines et viriles, pour des raisons historiques qui me touchent de près. Qu’à cela ne tienne, quand la Réalité leur apparaîtra, nous serons déjà loin !

  • Le 9 novembre 2013 à 13:46, par Vicomte de Médeux En réponse à : Vis ma vigne

    Merci pour ce texte très frais et bien écrit, de surcroît. Constat accablant d’un lumpenprolétariat tout à la fois touchant dans sa candeur (est-elle seulement sincère ? Ou ne constitue-t-elle qu’une forme maladroite de singerie bourgeoise, la rendant, de fait plus pathétique encore ?) et détestable dans sa cécité, ses raccourcis qu’on n’ose même pas qualifier d’idéologiques. Ceux dont je suis issu et avec lesquels je tente, en vain, de prendre mes distances boiraient du petit lait, connaissance faite des tensions constantes et de plus en plus marquées, des incompréhensions opportunes que les petits nourrissent les uns vis-à-vis des autres... Trop incapables sont-ils de dénoncer l’ennemi. La perception qu’ont les petits de la supériorité des « grands » renforce le mépris de ces derniers à leur égard. Pas de respect pour les carpettes et les larbins.