Veni, vidi, Vinci !

par L’équipe de Fakir 07/05/2013 paru dans le Fakir n°(60) avril - juin 2013

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Sur le site des Échos, le mardi 16 avril, on pouvait suivre en direct « le live de l’assemblée générale » de Vinci.

11h47 : La série de questions démarre
 
12h06 : Émoi autour d’un salarié payé 610 euros par mois pour 40 heures par semaine. Un scandale... Il y a un peu de grabuge. Xavier Huillard [PDG de Vinci] payé deux millions d’euros, contre 610 euros. Quelques troubles...
 
Réponse du PDG : les 610 euros, c’est chez un sous-traitant selon Xavier Huillard. Vinci déclare respecter les lois et les réglementations sociales.
 
12h09 : Un participant a été sorti manu militari car il y a des troubles sérieux. On ne comprend plus rien aux réponses. C’est un peu « le bazar ».

L’AFP, Reuters, Le Moniteur, Investir ont ainsi retracé, minute après minute, les exploits de notre Comité d’intervention en assemblée générale (Ciag), qui réserve quelques surprises aux actionnaires. Et un peu de sport au PDG.

Le site du journal Challenges en a même fait un bel article...

(À lire aussi : le reportage du Nouveau Jour J)

Mais quel est le souci ? Pourquoi la CGT Vinci manifestait-elle devant l’entrée de l’AG, au Carrousel du Louvre ? Pourquoi notre Ciag a-t-il choisi cette firme comme cible, elle qui « fait beaucoup pour la biodiversité en France », qui proclame que « les vraies réussites sont celles que l’on partage » ?
Et bien voilà :
sur le chantier du stade de Nice, deux Polonais sont morts à quelques jours d’intervalle. « L’un, de 54 ans, a fait un AVC, le second, âgé de 64 ans, responsable de la sécurité, a fait une chute de six mètres. » À la suite de ce drame, l’inspection du travail a stoppé le chantier. Elle a contraint Vinci à « imposer au sous-traient polonais que tous soient payés selon la convention collective du bâtiment français ». La Commission nationale de lutte contre le travail illégal note que « ces situations de fraude sont en forte croissance, ont pris des formes de plus en plus complexes et de plus grande ampleur pour répondre à de véritables stratégies économiques et financières. » À quand une traduction de la charte éthique de Vinci en polonais ? Par ailleurs, « le 13 novembre 2012, la cour d’appel de Lyon a reconnu la société Eurovia, filiale du géant du BTP Vinci, coupable de « faute inexcusable » dans le décès de Francisco Serrano-Andrade, à l’âge de 56 ans. Atteint d’un cancer de la peau, cet ouvrier était mort en 2008, défiguré et dans de terribles souffrances, après 20 ans de travail au contact du bitume » (Source : Le Monde).

Cette condamnation est une première en France . Mais Eurovia a une interprétation étrange de ce verdict : « C’est la première fois que l’exposition aux rayons UV du soleil est reconnue comme cause de maladie professionnelle, du fait du travail habituel et régulier du salarié en plein air », s’étonne-t-elle dans un communiqué. Comme si, simplement, l’ouvrier était mort en bronzant. Bien loin du constat des juges : « En transgressant les interdictions du médecin du travail et en continuant à faire travailler le salarié au contact des enrobés, l’employeur avait nécessairement conscience du danger auquel il exposait son salarié. » Ainsi, « au mépris des obligations légales », Eurovia n’avait pas équipé le salarié « des mesures de protection particulières des yeux ou d’écrans de protection faciale, notamment lors des travaux d’épandage à la lance, alors même que dès 1984, le fournisseur du produit alertait sur la nécessité de protéger les salariés chargés de tels travaux ». Et autour de l’AG, le CGT Vinci diffusait le contrat de travail d’un salarié portugais, opérant en France, à 610 euros par mois et quarante heures par semaine. Soit 2 700 fois moins que son PDG.

Dès lors, une question nous venait aux lèvres : l’aéroport de Notre-Dame des Landes sera-t-il construit par des Polonais à 610 euros, chopant le cancer à 50 ans ? Plutôt que de répondre, la grosse huile de Huillard a préféré s’échapper, protégée par des vigiles. « L’internationale » n’a pas fini de résonner dans leurs AG.

Dans la chorale des Ciagistes : Véronique et Laurent (de Bourgogne), Thomas (de Lyon), Jean-Marie (de Tours), Florian (de Nantes), Rozenn (de Rennes), mais aussi Isabelle, Sylvain, Mathieu, Jean-Michel, Benoît, Eric, Janig, René, Claire, François, Nathalie, Paul, Gilles, Nelly, Christiane, Antoine, Marc, Danile, Clément, Cécile, Bernadette, Anne-Marie, Aleth, Monique, Leïla, etc.

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Vos commentaires

  • Le 11 mai 2013 à 23:55, par Frédéric Maurin En réponse à : Veni, vidi, Vinci !

    Le CIAG c’est terriblement pertinent.

    Que peut-on faire pour lui quand on a pas les moyens, le temps ou l’envie d’assister à une AG sur Paris ?

  • Le 8 mai 2013 à 11:56, par jf le scour En réponse à : Veni, vidi, Vinci !

    belle opération collective...
    qui montre que le couvercle est bien posé
    que les hommes cravatés ont bien en main le contrôle du bazar

    la reprise n’est faite que pour leur « image de marque », non ?
    challenges et rue 89... c’est la presse de papi perdriel

    entrer et poser ces questions dans ce genre de lieu
    est bien plus pertinent que de manifester le 5 mai...

    vous imaginez si chaque « ag » du cac40 était « perturbée » avec petit film comme celui-là !!!

    jf le scour

  • Le 7 mai 2013 à 15:06, par Seb En réponse à : Veni, vidi, Vinci !

    J’aimerai en lire tous les jours des nouvelles de ce genre ! Bravo à vous !