Val tragique à Charlie Hebdo. 1 mort : la dissidence.

Par François Ruffin, 23/09/2008 , N°37(09-2007)
Augmenter police Diminuer police

Le journal Fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

Ce mardi 23 septembre, Daniel Leconte vient présenter au Ciné Saint Leu à Amiens son film sur les caricatures musulmanes : "C’est dur d’être aimé par les cons". De quoi maintenir une imposture : "Charlie Hebdo" serait un journal subversif...

Guerre au Kosovo. En 1999, Philippe Val soutient la guerre américaine, déclenchée sans l’aval de l’ONU. Charlie qualifie même de « collabos » les pacifistes qui s’opposent à cette intervention.

Denis Robert. L’avocat de "Charlie Hebdo", Richard Malka, est surtout l’avocat de Clearstream – la firme qui assomme le journaliste indépendant avec des dizaines de procès, des millions d’euros réclamés. Et Philippe Val assomme Denis Robert à son tour dans ses éditos, l’insulte de « feignasse », de « pervers mythomane ».

Noam Chomsky. Philippe Val a un ennemi aux Etats-Unis : pas le président George Bush, non, le grand intellectuel Noam Chomsky qui depuis trois décennies critique la politique guerrière de son pays. Au fil des éditoriaux de Charlie Hebdo, Noam Chomsky se révèle complice de Ben Laden, Pol Pot, Hitler, etc. Référendum du 29 mai. En 2005, Philippe Val soutient le « Oui » à la Constitution européenne et traite de « poujadistes » à tout va les partisans du « Non » (Attac et Bernard Cassen en tête). Ce printemps 2008, il applaudit bien sûr le traité de Lisbonne – et vilipende les Irlandais ingrats qui l’ont rejeté.

Le journal (supposé) de la contestation appuie donc l’armée américaine, les banques luxembourgeoises, l’Europe de Valéry Giscard d’Estaing. Son directeur bavarde sur tous les plateaux télés et engrange personnellement jusqu’à 300 000€ de bénefs. L’équipe de dessinateurs grimpe les marches de Cannes en costard, entourée de Bernard Henri Lévy, Laurent Joffrin, encouragée par Nicolas Sarkozy. C’est dire si ce Charlie Hebdo-là ne survit plus que sur les souvenirs de l’ancien, rebelle, revêche, courageux, fondé par Cavanna et Choron. C’est dire si, aujourd’hui, il faut la chercher ailleurs, la dissidence. Et surtout la construire... (article publié dans Fakir N°34, septembre 2007)

LAISSER UN COMMENTAIRE
modération à priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Sur la même thématique

Partagez cet article

Tous les articles


Gestion de votre commande