Saul Alinsky : Le B.A ba de l’organisateur

par François Ruffin 21/05/2012

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C’est un lecteur, Clément Vasselet, qui nous a remis le tapuscrit, un soir, après un débat, à la sortie du cinéma de Cergy :
« Saul Alinsky, vous connaissez pas ?
Non.
C’est un militant américain. Avec ce que vous essayez de faire, sur Amiens, l’occupation de la zone, tout ça, vous allez adorer.
– Ah bien bien », on a répondu, pas trop convaincus (et fatigués).

Ce bouquin allait rejoindre la pile d’un kilomètre de haut des « à lire ». Mais non : aussitôt entamé, aussitôt dévoré. Un vrai régal. Les recettes du petit activiste – un militant qui a mobilisé le ghetto de Chicago, qui était déclaré « ennemi n°1 » par la presse réac, qui voyait se liguer contre lui, sur le tarmac de l’aéroport, le Klu Klux Klan et le conseil municipal lorsqu’il approchait d’une ville. Et tout ça, sans fusil.

J’ai fait tourner le bouquin auprès des copains, photocopié en quelques exemplaires, mais à vous, comment l’offrir ? Ce « Manuel de l’animateur social » n’était plus réimprimé depuis 1976. Voici qu’il reparaît, sous le titre « Etre radical » aux éditions Aden.

Des extraits, pour vous mettre l’eau à la bouche – et faire de vous des organisateurs de révolution…

Cheveux courts

«  Il existe certaines règles pour le révolutionnaire qui veut changer le monde, il existe certains principes fondamentaux de l’action politique qui jouent indépendamment du temps et du lieu. Il est primordial de les connaître si l’on veut s’attaquer de façon efficace au système. C’est ce qui fait toute la différence entre un radical réaliste et un radical de papier qui se sert de vieux slogans usés comme « sale flic » ou « sale porc fasciste, raciste » ou encore « putain de ta mère ». Il est étiqueté du premier coup.

Si un véritable radical découvre que ses cheveux longs constituent un handicap, une barrière psychologique pour communiquer avec les gens et les organiser, il les fait couper. Si je devais organiser une communauté juive orthodoxe, je ne m’amènerais pas en mangeant un sandwich au jambon, à moins que je ne cherche à être rejeté et à avoir une bonne excuse pour me défiler. »

Pressions

«  Il ne suffit pas d’élire des candidats, encore faut-il exercer des pressions sur eux. Un révolutionnaire devrait toujours avoir à l’esprit la réponse que fit Franklin D. Roosevelt à une délégation venue lui soumettre des propositions de réformes : “D’accord, vous m’avez convaincu, maintenant continuez votre action parmi les gens et faites pression sur moi.” C’est en maintenant la chaudière sous pression qu’on en vient à l’action. Aucun politicien ne peut rester longtemps assis sur une question brûlante si vous la rendez suffisamment brûlante. »

Etre radical, de Saul Alinsky, éditions Aden (Belgique), 16 €.

Préface

On regrette que cette réédition ait viré l’introduction de Jean Gouriou, qui présentait clairement Alinsky, qui décrivait son mode d’organisation, qui s’était rendu à Chicago pour l’observer de près. C’était une excellente porte d’entrée. Du coup, on a décidé de mettre à disposition cette courte introduction (de 40 pages tout de même).

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Introduction Jean Gouriou_Alinsky

La suite de cet article est à lire en page 2 du numéro 55 du journal Fakir, notre nouveau numéro version papier en vente chez tous les kiosquiers sympas et sur la boutique en ligne

À découvrir également dans ce numéro :

Les dominos de l’euro
La récession qui se poursuit, la dette publique qui s’approfondit, les taux d’intérêts qui bondissent... Bien que soumis aux marchés, les gouvernements sont punis.

Un petit meurtre ordinaire
Un fait divers qui oppose deux France. Au village de Puvis, un « Arabe » s’est fait buter pendant un cambriolage. Le chasseur-meurtrier, pas mis en examen, est félicité par ses voisins.

Notre Dossier : Contre les financiers, sommes-nous prêts pour la bataille ?
Ils ont déjà aiguisé les couteaux, lubrifiés les canons, préparé les munitions. Et nous ?

Et aussi :
Notre BD reportage dans les QG de campagne, la conquête de l’isoloir, la gauche décomplexée, etc.

On ne va tout détailler. Juste vous mettre en appétit. Alors courez chez votre kiosquier ou bien passez à la boutique en ligne, mais lisez Fakir !

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Vos commentaires

  • Le 23 mai 2012 à 20:12, par Clem En réponse à : Saul Alinsky : Le B.A ba de l’organisateur

    Je n’ai pas lu le texte en entier (pas abonnée... ) donc peut-être en parlez-vous déjà.
    Mais dans le doute : http://projet-echo.org/

    Une fantastique association grenobloise qui s’est largement inspirée des écrits de Saul Alinsky pour agir, ET ÇA MARCHE !

    Diffusez-les ! Le monde a besoin de savoir que tout est possible !

  • Le 22 mai 2012 à 22:59 En réponse à : Saul Alinsky : Le B.A ba de l’organisateur

    merci du tuyau, agone c’est classe.. bibliothécaire dans une ch’tite banlieue chicos et reac je monte un fonds alter libertaire gaucho et militant qui commence à avoir de l’épaisseur... un peu de fraicheur parmi les croûtes nauséabondes qui peuplaient les étagères. D’ailleurs j’ai bien pensé nous abonner à fakir entre autres mais avec les marchés outre le point, elle et autres marianne, capital, et et et ça me semble quasi impossible (si vous connaissez un moyen de contourner je prends). Merci pour votre job. A très bientôt