Salauds de Pauvres ! - n°68

par Zag 05/04/2015 paru dans le Fakir n°(68) novembre - décembre 2014

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PIBête comme chou

Notre pays dépense TROP pour ses sans-dents : ceci n’est pas une affirmation idéologique, mais une déduction ma-thé-ma-tique, exposée dans Les Echos (13/10) par un certain Julien Darmon, professeur associé à Sciences Po. Suivez le raisonnement : la France, avec ses 2.000 milliards d’euros de PIB, pèse 4% du PIB mondial. Or, elle claque tous les ans 670 milliards en dépenses sociales, soit 15% des dépenses sociales du globe. Pas besoin d’avoir la médaille Fields pour comprendre, comme le dit Darmon, que « l’ordre de grandeur est assez clair  » : la France est un pays de grosses feignasses, quatre fois moins productives qu’assistées ! Heureusement qu’il existe sur Terre d’autres pays (Pakistan, Nigeria, Cambodge, Albanie, Haïti…) qui ont la sagesse d’équilibrer infiniment mieux leurs comptes sociaux.

Baby flouze

A Singapour, on aime les bébés : souffrant d’un taux de fécondité aussi vigoureux que la cote de popularité de François Hollande (1,19 enfants par femme, au lieu des 2,1 propres à assurer le renouvellement démographique), le joyeux archipel presse ainsi ses concitoyens de faire leur devoir : procréer, procréer, procréer, jusqu’à s’en faire péter les glaouis. Mais si Singapour est une bonne fée, elle aime à choisir la trombine des bébés sur le berceau desquels elle se penche. «  Aujourd’hui encore, certaines aides aux familles pauvres sont interrompues dès lors que celles-ci comptent plus de deux enfants : familles nombreuses, oui, mais seulement dans les beaux quartiers. » (M le magazine, 10/05) Messieurs les riches, tirez les premiers !

Comme un hic

Avez-vous déjà croisé la route d’un pochard, titubant de bar en bar ? C’est repoussant, n’est-ce pas ? Eh bien, la France est aussi laide qu’un ivrogne sur le point d’entrer en delirium tremens. C’est du moins ainsi que la voit le sobre Henri de Castries. Évoquant une économie française dépendante de la dépense publique, le PDG d’Axa a en effet la métaphore œnologique : « Nous sommes dans la situation d’un alcoolique qui, ayant bu toute la cave à vin, ne trouve pas juste d’être sevré  » (Le Monde, 27/08). Alors que si les patrons français «  ne trouvent pas juste d’être sevrés  » de leurs salaires élevés, et les actionnaires de leurs dividendes, cela n’a rien à voir : ne mélangeons point addiction et dégustation de grands crus.

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Vos commentaires

  • Le 14 avril 2015 à 14:11, par gery En réponse à : Salauds de Pauvres ! - n°68

    si les gens qui sont au chômage avaient un travail le taux de 15% se réduirait automatiquement, la solution n’est pas de diminuer les dépenses sociales mais de réduire le temps de travail de ceux qui en ont pour permettre a tous d’en avoir ce qui permettrait de mieux répartir les dépenses sociales vers ceux qui ne peuvent pas tenir un emploi une société solidaire doit avoir pour objectif de mieux répartir la richesse au profit de ceux qui en ont le plus besoin.

  • Le 6 avril 2015 à 11:57, par Patrice le Belge En réponse à : Salauds de Pauvres ! - n°68

    C’est avec un plaisir lumineux que je lis Fakir qui me confirme que « ceux d’en face » sont détestables, certes, mais pas stupides.

    J’ai toujours évité de me battre contre plus fort que moi avec les armes qu’il me tendait. Si un obstacle infranchissable est érigé devant moi, plutôt que de m’y fracasser à répétition, je préfère le contourner.

    Si les c.e.f. veulent tant l’argent, peut-être est-il téméraire, voire suicidaire d’essayer de les en priver. Peut-être serait-il plus efficace de créer une économie parallèle. Nous n’aurions plus d’argent mais des « Talents » ou des « Europrogrès ». Nous pourrions créer notre puissance : Le grand espace des sans dents et ensuite veiller à mettre hors d’état de nuire les c.e.f. Je pense d’ailleurs que de gré ou de force, ce sera l’issue de ce deuxième glissement de pouvoir (le précédent étant celui de l’Église vers l’État. Celui-ci de l’État vers la Finance) car quand ils nous auront tout pris, il faudra bien vivre sans eux et eux sans nous ! Cette perspective n’est d’ailleurs pas forcément déprimante...

    En me relisant, je comprends que je suis déjà en retard et que ce n’est pas l’argent qui excite les cef mais le pouvoir... Il faudra donc du fracassement.