Qu’on leur coupe la dette ! La confiscation (2)

par Antoine Dumini, François Ruffin, Grégoire Souchay 26/03/2012

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En novembre 1789, les biens du clergé sont confisqués. Une manière efficace de régler la dette.

« Si nous sommes dépouillés, vous le serez à votre tour. » L’abbé Maury.

Qu’est-ce que la Révolution française ?
C’est, pour beaucoup, la résolution d’une crise de la dette.
Depuis une décennie, la France se débat dans le surendettement : de 1777 à 1783, le roi a envoyé ses soldats en Amérique, a payé la guerre d’indépendance, a dépensé sans compter pour se venger de son ennemi, l’Angleterre. Le pays en sort vainqueur, mais ruiné : en 1788, plus de la moitié du budget est consacré à payer la dette !
Comment se tirer de ce gouffre ? En réformant la fiscalité : voilà pourquoi le roi convoque les États Généraux. Mais la noblesse et le clergé refusent d’abolir leurs privilèges, les « niches » fiscales d’alors – tandis que la bourgeoisie, devenue confiante, puissante, ne se laisse pas tondre comme espéré…

L’idée, radicale, germe alors dans les esprits.
Et c’est un évêque, Talleyrand, qui l’évoque le premier au Parlement, en octobre 1789 : « Le clergé n’est pas un propriétaire à l’instar des autres propriétaires. » Quelques semaines plus tard, le patrimoine de l’Église est confisqué. Et la vente de ces propriétés sortira la France de la tourmente financière, redonnera de l’oxygène monétaire : les assignats paieront les guerres d’une Révolution qui doit affronter toute l’Europe.

C’était impensable, pourtant, encore un an plus tôt, en novembre 1788.
Personne ne songeait, ni en rêve pour les uns, ni en cauchemar pour les autres, à cette solution. Il a suffi de quelques mois pour que ces richesses accumulées paraissent illégitimes, pour qu’il devienne acceptable de les exproprier.
Aujourd’hui, alors, qui pourrions-nous exproprier – et sous quels motifs ?
Sont-elles bien légitimes, au fond, les fortunes accumulées par cette classe d’inspecteurs des finances, Pébereau, Minc, Messier, Naouri, qui ont tout privatisé, tout libéralisé, avant de passer au privé et de ramasser la mise ?
Sont-ils bien légitimes, les tas d’or amoncelés par les PDG des sociétés d’autoroute, de télévision, de distribution d’eau, de gaz, d’électricité – qui ne doivent leurs prébendes qu’à leur connivence avec les dirigeants politiques ? C’est un travail que de faire monter cette évidence, et d’imposer, par exemple, une super-taxe sur les patrimoines.

En 1789, l’abbé Maury lançait un avertissement – qui peut devenir une prophétie : « Messieurs les bourgeois, nos propriétés garantissent les vôtres. Nous sommes attaqués aujourd’hui, mais ne vous y trompez pas, si nous sommes dépouillés, vous le serez à votre tour. »

Ce Tchio Fakir (petit, en picard) résume le dossier paru dans le (gros) Fakir n°53 « Ces solutions qui leur font peur » de décembre 2011.

Pour diffuser largement ce quatre pages (dans les manifs, au bureau, dans les tournois de pétanque, etc.), pour lutter ensemble contre la fatalité ambiante, on s’est joints à ATTAC – une association d’éducation populaire, dont le but premier est la reconquête des espaces perdus par la démocratie au profit de la finance.

Voir le Tchio Fakir en pdf.
À retrouver sur notre boutique.

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Vos commentaires

  • Le 22 mai 2012 à 10:48, par Artura Bandini En réponse à : Qu’on leur coupe la dette ! Partie 2/3 : La confiscation

    Bonjour,

    La 3e partie est pour l’instant disponible en vidéo dans la rubrique Fakir TV. Un article avec la vidéo sera mis en ligne prochainement. Sinon, le dossier complet se trouve dans le n°53 que vous pouvez commander sur notre boutique.

    Artura, pour Fakir

  • Le 21 mai 2012 à 21:28, par karo En réponse à : Qu’on leur coupe la dette ! Partie 2/3 : La confiscation

    Ben le 3/3 il est oú ? J’ai pas trouvé !

  • Le 19 avril 2012 à 17:58, par chris06 En réponse à : Qu’on leur coupe la dette ! Partie 2/3 : La confiscation

    « Et la vente de ces propriétés sortira la France de la tourmente financière, redonnera de l’oxygène monétaire : les assignats paieront les guerres d’une Révolution qui doit affronter toute l’Europe. »

    et la banqueroute des deux tiers quelques années plus tard, c’est quoi ?

  • Le 28 mars 2012 à 07:38, par BINARD alain En réponse à : Qu’on leur coupe la dette ! Partie 2/3 : La confiscation

    Il y a deux manières de se débarasser de la dette, la première serait de la payer, ce que proposent la plupart des candidats sans vraiment se rendre compte de l’absurdité de l’idée ! Vous n’auriez pas 1 800 Milliards d’€uros qui trainent dans vos poches ? Rien que les Agios représentent 60 milliards d’€uros par an (sans rembourser le capital) et comme le pays est en déficit, ces 60 milliards sont empruntés au jour le jour aux affairistes des banques privées (merci l’article 123 du traité de Lisbonne !)en augmentant ainsi de façon exponentielle la dette. Donc pour rembourser il va falloir étrangler le pays ( à la Grecque), comme le souhaitent tout ceux qui copinent avec le système. L’autre solution et certainement la plus morale : faire défaut souverain ! Cette dette est artificielle, montée de toute pièce à partir au tout départ d’un artifice de la loi de janvier 1973, interdisant à la Banque de France de prêter directement à l’Etat. Texte repris par l’article 104 de Maastrich et l’article 123 de Lisbonne. Comme l’équilibre budgétaire n’a jamais existé en France depuis 73, les banques privées sont venues très aimablement nous aider à creer un dette qui n’aurait pas du exister si ces lois n’avaient pas été éditées. Alors, que pour pouvoir prêter à la France, en gros à 3%, les banques privées empruntent au départ à la banque de France ensuite à la BCE à... 0,5% !!!! Cherchez l’erreur ! Conclusion : nous ne devons rien, tout ceci est du montage financier de spéculation. merci Pompidou, merci Giscard et merci Tonton qui dans la foulée nous a fait avaler Maastrich avec son virus interne et merci à ceux qui ont voté OUI au PCE en 2005 et ont voté OUI à sa photocopie le Traité de Lisbonne. Foutez moi tout ça dehors, ne lâchons rien ! Ne nous y trompons pas, la résolution de la dette est la TOUTE PREMIERE Clé à résoudre, sans capacités financières, tous les beaux programmes sociaux ne sont que des chiffons de papier.