On aura toujours vécu ça !

par François Ruffin 15/05/2013

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On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

L’hôtel particulier de Fakir s’est transformé en ruche, ce printemps. Avec mille projets, mille misères…

En ce printemps, l’hôtel particulier de Fakir est habité par une intense activité.
Il faudrait la récapituler, rien que pour nous-mêmes :

Le 16 mai, paraissent les deux premiers livres des éditions Fakir, disponibles dans toutes les librairies (et ici) : Hector est mort, et Vive la banqueroute ! (diffusés par Les Belles Lettres, merci à eux).

À la mi-avril, le CIAG a investi les assemblées générales d’actionnaires de Vinci et de LVMH, cibles retenues (avec nos camarades de la Compagnie Jolie Môme, merci à eux).

On réalise, en même temps, un film sur les bonnes œuvres de Bernard Arnault (avec l’équipe des Mutins de Pangée, merci à eux).

Le 1er mai, notre nouveau T’chio, « Essayer quelque chose » (en pdf ici), a été diffusé dans une centaine de manifs en France (et en Belgique avec ZinTV, merci à eux).

À côté de ça, on continue de fabriquer cette petite chose que vous adorez tant et qui s’appelle un journal…

Cette énergie, cette volonté, on ne la doit qu’à nous-mêmes, à notre petite équipe qui grandit doucement, qui s’organise lentement. D’où ça nous vient, cette « envie d’avoir envie », comme dirait Johnny ? Je sais pas. Peut-être qu’on avait tellement peur de s’emmerder dans la vie, dans des boulots sans âme, dans des boîtes à la con, que tous ces projets, on se jette dessus comme un gosse sur le pompon du manège, de peur qu’il ne nous échappe, qu’il ne repasse plus une seconde fois.

La surprise de publier des livres, de faire le guignol, est telle, pour moi, plouc picard, qui me croyais, adolescent, condamné à une existence insipide, la surprise est telle que, même crevé, usé, au bord de la crise de nerfs, même au milieu des tracas, je me répète, et les autres peut-être pareil : « J’aurai toujours vécu ça. »


Qu’à nous-mêmes, donc, ce mystérieux désir. Mais c’est à vous qu’on le doit si nos envies deviennent, en partie, réalités. C’est parce qu’on vous sent là, à nos côtés, prêts à lire, éventuellement à soutenir, à propager autour de vous nos productions – qui ne tomberont pas immédiatement dans le puits sans fond de l’indifférence. C’est parce que, aussi, causons sous, vous nous en donnez les moyens : Fakir vient d’enregistrer son 5000ème abonné. Voilà la clé de voûte de notre très fragile édifice. Et c’est pourquoi, oui, on se transforme en call center, à vous rappeler si vous tardez à signer votre réabo, parce que sans vous, tout s’écroule.

Les emmerdeurs nous demanderont « à quoi bon ? est-ce que ça va marcher, tout ça ? », et je suis de ces emmerdeurs, parfois, me le demandant à moi-même, surtout en ces temps de ressac politique. Alors me revient ce propos de Jean-Paul Sartre :
« Allez-vous réussir ? l’interrogeait Jacques Chancel au lancement de Libération.
–Que voulez-vous que j’en sache ! répondait le philosophe. Il faut le faire d’abord. »

Mais je pourrais terminer, aussi, en citant Émilie jolie (à la place du champion de l’existentialisme) : « Faites que vos rêves dévorent votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve. » C’est beau, non ?

Ou encore, l’inévitable conclusion fakirienne :
« Sans vous, on ne peut rien. Avec vous, on peut beaucoup.
Et c’est pour ça qu’à la fin c’est nous qu’on va gagner ! »

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Vos commentaires

  • Le 15 mai 2013 à 23:33, par DAC En réponse à : On aura toujours vécu ça !

    Et quand on commence par « le faire d’abord », on a au moins une certitude, c’est celle de ne jamais regretter de ne pas l’avoir fait .
    Les situationnistes proclamaient : « Vivre sans temps mort et jouir sans entrave ». Lorsque l’on affranchit le travail de la corvée ça n’est plus un ’tripalium« , c’est pour cela qu’un autre de leurs slogans était »ne travaillez jamais", (ce qui ne voulait pas dire de ne rien foutre, quoique ce soit parfois très plaisant).
    Bon courage, vous êtes des bons.
    Bises à tous