Ne fuyez plus, monsieur Naouri !

par L’équipe de Fakir 10/04/2011

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Tous munis d’une action, anciens salariés de Moulinex (via leur association, l’ApicMx), gérants de Petits Casino (soutenus par la CGT-Gérant Casino), des amis du journal Fakir (poursuivi par la multinationale, qui lui réclame 75 000 €), auditeurs de l’émission Là-bas si j’y suis (également poursuivie, avec le même montant réclamé) interviendront lors de l’assemblée générale du groupe Casino, ce jeudi 14 avril 2011. Ils formuleront notamment trois exigences à son PDG, Jean-Charles Naouri. L’an dernier, le patron avait préféré la fuite.

Venez les encourager à 9 h 30 devant la salle Wagram ce jeudi 14 avril 2011 (39 avenue de Wagram, à Paris, métro Ternes).

Signez la pétition en ligne ici – qui sera transmise dès ce jeudi, en pleine AG des actionnaires, à Jean-Charles Naouri.

Diffusez des T’chio Fakir « Ne fuyez plus, Monsieur Naouri ! » dans les manifs, dans vos familles, vos associations, vos partis, vos syndicats... Nous serons déjà présents dans plus de cent villes le 1er mai, avec 50 000 tracts : contactez-nous à laurent fakirpresse.info ou au 03.60.10.60.15 pour en distribuer dans votre défilé !


Nous, anciens salariés de Moulinex, gérants de Petits Casinos, amis du journal Fakir, journalistes, citoyens, nous sommes venus l’an dernier à l’assemblée générale du groupe Casino. Nous n’avons obtenu aucune réponse de son PDG, M. Jean-Charles Naouri – qui avait préféré la fuite. Nous revenons donc en deuxième saison, avec des exigences simples sur trois points :

1 – Entre 1984 et 1986, M. Jean-Charles Naouri exerçait comme directeur de cabinet au ministère de l’Économie. C’est lui qui a opéré le « big-bang de la finance ». De son propre aveu, il a mis en œuvre cette « révolution », non pas dans la transparence, mais de façon cachée. Nous le citons : « On ne voulait pas donner l’idée qu’il y avait un grand mouvement, parce qu’on aurait fait peur. Au contraire, on a fait cela très éparpillé, très morcelé, pour qu’il ne se constitue pas une opposition unie contre nous. » (biographie de Pierre Bérégovoy, Christiane Rimbaud, Perrin, 1999). Vingt-cinq ans plus tard, la finance a resserré son emprise sur l’économie, et donc sur nos vies. Nous subissons toujours les conséquences de cette « profonde réforme ». Pourtant, jamais M. Jean-Charles Naouri n’a accepté de débattre, publiquement, de cette orientation.

Nous lui demandons aujourd’hui de s’expliquer, en toute transparence cette fois, devant des députés, des journalistes, des citoyens, des caméras.

2 – En 1994, à la tête de son fonds d’investissement, Euris, M. Jean-Charles Naouri a acquis 33 % de Moulinex. Et il a recruté son ami Pierre Blayau, à la réputation de « corporate killer » pour diriger l’entreprise. Ce nouveau directeur annonce alors 2 600 suppressions d’emploi (sur 11 000). Aussitôt, le titre Moulinex gagne 21 % en Bourse. M. Jean-Charles Naouri se retire, alors que le cours de l’action culmine. Il en soustrait une plus-value – que lui évalue à 25 millions d’euros. Le double, d’après les députés et les syndicats, aux alentours de 50 millions d’euros. Qu’importe : il y a gagné beaucoup. Pendant que les anciens salariés de Moulinex, eux, ont tout perdu : leurs emplois, d’abord, leurs revenus – et nombreux sont ceux, comme Nadine, à se rendre au Secours Populaire pour nourrir leur fille, ou qui portent un manteau à cinq euros estampillé Croix-Rouge. Ils ont perdu leur santé, aussi, dépressions qui se suivent et se ressemblent. Ils ont perdu leur vie, parfois : dix d’entre eux se sont suicidés.

Nous demandons donc à M. Jean-Charles Naouri une chose très simple : qu’il rende aux anciens salariés de Moulinex les 25 millions d’euros de bénéfices (selon sa propre estimation) qu’il a retirés de cette débâcle.

3 – Lors de cette assemblée générale, dans sa « présentation des résultats financiers », M. Jean-Charles Naouri ne dira pas un mot de Jacqueline Geissbuhler, de Joël Anres, de Christophe Léger, de monsieur et madame Louis, et de centaines d’autres, tous gérants de Petits Casino, tous au bord de la déprime. D’après L’Express, « au moins 5 % des ex-gérants de Petits Casino sont en procès avec le groupe » (16/06/10). Les litiges sont si nombreux que les avocats se répartissent les dossiers par région – ainsi de Maître Jorquera à Grenoble : « J’en ai un nombre certain. En général, les gens que je reçois sont dévastés. Ils ont travaillé six jours sur sept, voire sept jours sur sept, pour même pas le Smic. Et à l’arrivée, ils sont virés de leur emploi, de leur logement, pour de soi-disant déficits de gestion. Je suis atterré par ces méthodes. Aujourd’hui même, d’ailleurs, pour un client, on vient d’obtenir des dommages et intérêts. » Même constat pour Maître Bouyer-Fromentin, à Neuilly : « Je rencontre des gens brisés. Qui n’ont pas pris de congé depuis deux ou trois ans. Qui n’ont plus, parfois, de réflexes de défense : c’est l’entourage qui me demande alors d’intervenir. Cette pression sur les gérants s’est renforcée, très nettement, depuis que ce sont des financiers qui ont pris les rênes du groupe Casino. » M. Leclercq, qui officiait en 2007 à Meurchin (Pas-de-Calais), témoigne : « Là, on est descendus à 600 € pour mon épouse, et moi à 500 €. Donc un Smic pour deux. Casino m’a promis monts et merveilles, et j’ai cru aux belles paroles. En fin de compte, c’est de l’arnaque, le miroir aux alouettes. Et si vous ne gagnez pas assez, ils vous incitent à travailler plus. Ils vous poussent à ouvrir sept jours sur sept, non-stop. J’ai tout perdu : ma santé, 50 000 €, des années de joie de vivre. Pour tenir, on carbure au Tranxène. »

Nous demandons donc à M. Jean-Charles Naouri de requalifier tous les « gérants non-salariés » et autres « franchisés » qui le souhaitent en « contrats de travail salariés », avec 35 heures hebdomadaires et au-delà, des heures supplémentaires majorées. Dans plusieurs cas, la Cour de cassation leur a d’ores et déjà donné raison.

Nous étions déjà présents l’an dernier.
Nous sommes de retour cette année.
Et nous serons encore là l’an prochain, toujours plus nombreux.

Venez les encourager à 9 h 30 devant la salle Wagram ce jeudi 14 avril 2011 (39 avenue de Wagram, à Paris, métro Ternes).

Signez la pétition en ligne ici – qui sera transmise dès ce jeudi, en pleine AG des actionnaires, à Jean-Charles Naouri.

Diffusez des T’chio Fakir « Ne fuyez plus, Monsieur Naouri ! » dans les manifs, dans vos familles, vos associations, vos partis, vos syndicats... Nous serons déjà présents dans plus de cent villes le 1er mai, avec 50 000 tracts : contactez-nous à laurent fakirpresse.info ou au 03.60.10.60.15 pour en distribuer dans votre défilé !

Parce que sans vous, on n’est rien. Avec vous, on peut tout. Et à la fin, c’est nous qu’on va gagner !

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