Le devoir de critique...

par François Ruffin 21/06/2008

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Pendant les municipales, Ch’tio Fakir a mené une victorieuse anti-campagne, avec plus de 70 000 documents diffusés. Mais d’emblée, nous avions prévenu : « Si c’est la gauche qui passe, il faudra les pousser au cul. » Nous poursuivons aujourd’hui cette mission de salut public, à notre modeste mesure, pour qu’Amiens ne s’enlise pas dans la bureaucratie, le clientélisme, les calculs d’appareil...

« N’oubliez pas votre devoir de critique ! » lançait le nouveau maire, Gilles Demailly, aux agents municipaux. Et pendant la campagne électorale, le même confiait : « J’essaierai d’être avec mon équipe, euh, des gens qui seront à l’écoute des Amiénois, y compris qui apprécient la critique. Certains sont nerveux dès qu’on met en cause telle ou telle de leur action. Et bien non, moi, je considère que la critique est utile, même quand elle n’est pas entre guillemets « constructive », elle est critique, elle est utile parce qu’elle est critique et permet à celui qui veut bien écouter... Et bien de réfléchir à leur action. »
Que pour ce « devoir » là, pour cette « utilité »–là, il nous fasse confiance...

L’ennui c’est que, pour l’instant, on n’a pas grand-chose à critiquer : « Plus de son, plus d’image », nous écrit un (é)lecteur. Et en effet, ce silence contraste avec les promesses de « dialogue » et de « démocratie locale » de la campagne.

Dans une manif, on interroge une conseillère municipale :

– Quels sont les dossiers qui avancent ?

– ...

– C’est pourtant pas une question taboue que je pose là ?

– Non, mais oui, c’est vrai, mon silence est significatif.

D’accord, il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs, il faut laisser le temps au temps, etc. Mais jusque quand ? Cent jours, c’est la période d’un « état de grâce » pour un gouvernement. Ces trois mois se sont écoulés, là, sans même une mesure symbolique – que réclamaient pourtant des élus « pour montrer que la mairie d’Amiens est passée à gauche » : « Cette décision ne portera pas sur les expulsions de logement, a tranché Gilles Demailly, mais plutôt sur les transports. »« Il y aura une petite DM (décision modificative, ndlr) au budget qui sera un geste politique », précise Jacques Lessard, adjoint aux finances.

« Changer la vie », on n’y comptait pas trop pour ce coup-ci. Mais de là à obtenir une « petite DM » en guise de « geste politique » fort, c’est le paradis des technocrates...

(exclusivité édition électronique)

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