Front national, virage social ? (3/3)

par François Ruffin 07/12/2015 paru dans le Fakir n°(63 ) décembre - janvier 2014

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ENTREPRISE

Après. « … face à la volonté toujours plus insistante des marchés financiers, des milliardaires qui détricotent notre industrie et jettent des millions d’hommes et de femmes de notre pays dans le chômage, la précarité et la misère. »

Avant. 1986. « Pauvres actionnaires ! »

« Pauvres actionnaires ! », s’émeut, à la tribune de l’Assemblée, le député FN François Porteu de la Morendière, le 29 avril 1986. Qu’elle est la cause de son trouble ? «  L’alinéa 2 de l’article 3 est plus inquiétant encore  : ‘Prendre toutes mesures en vue d’accroître la participation des salariés aux conseils d’administration ou de surveillance des sociétés anonymes’. » C’est que la droite, en contrepartie de ses multiples privatisations, a prévu des strapontins au CA pour les employés. « Jusqu’où ira la représentation des salariés aux conseils d’administration ? s’alarme l’élu frontiste. 7%, 20%, 50% des effectifs des conseils ? Aussi, votre texte, nous vous demandons de l’annuler afin de faire respecter le droit des actionnaires, pauvres actionnaires malmenés par des années de socialisme…
(Rires et exclamations sur les bancs socialistes et communistes.)
M. Guy-Michel Chauveau : Les malheureux !
Mme Muguette Jacquaint : Vous allez nous faire pleurer !
M. François Porteu de La Morendière : …et aujourd’hui vous les menacez encore de textes contraignants sur lesquels ils n’ont aucun contrôle. C’est votre devoir, et aussi votre intérêt, de respecter les droits des actionnaires, car sinon vous ne rendrez pas la confiance aux investisseurs, et si vous ne permettez pas l’investissement, il n’y aura pas d’emplois. »

Clé du miracle

Voilà où se situe, à ses origines, le Front national : du côté des actionnaires.
Et bien sûr, du côté « de l’entreprise », c’est-à-dire des patrons.
A l’Assemblée nationale, Jean-Marie Le Pen s’enthousiasmait :
« Ce sont dans des pays comme les Etats-Unis que l’on voit se dessiner le monde de demain, et, à l’inverse de ce qui avait été prévu, non point par des concentrations gigantesques d’entreprises, mais, au contraire, par la multiplication, le pullulement des petites et moyennes entreprises qui ouvrent en quelque sorte la voie à une ère nouvelle. » (23 avril 1986).
Pierre Poujade était l’homme de « la boutique », des artisans et commerçants.
Le Pen, en version modernisée, se veut celui des PME/PMI – clé du miracle économique :

« Donner un emploi à chaque Français grâce à nos petites et moyennes entreprises et à leurs salariés, en leur donnant les moyens d’assurer leur développement et leur prospérité, de tenir leur place dans la compétition mondiale, et de redevenir source de création d’emplois »
(présidentielle, 2002).

L’entreprise

Jamais, dans les tracts, les professions de foi que nous avons rassemblés, jamais, en une carrière longue de trois décennies, Jean-Marie Le Pen ne s’en prend aux patrons, ni même aux firmes, au CAC 40. Ses adversaires sont «  la bande des quatre », « le lobby de l’immigration », « le pouvoir syndicratique », etc.
En 1988, alors que le libéralisme est passé par l’hexagone, André Lajoinie s’époumone pour le parti communiste : « La France, son économie, ses ressources, ne doivent pas être entre les mains des affairistes… L’argent existe, utilisons-le bien ! », et de s’attaquer à «  Liliane Bettencourt  », à «  la Bourse  », aux « 100 000 familles [qui] se partagent 1200 milliards de francs, soit plus que le budget de l’Etat ».
Rien de tout cela, évidemment, chez le candidat frontiste. S’il s’adresse « aux Français, et d’abord aux plus malheureux, aux plus déshérités d’entre eux  », ce n’est pas, lui, pour les monter contre les capitalistes :
« Social. La Sécurité sociale aux Français… la séparation des caisses entre Français et étrangers et la lutte contre le SIDA par le dépistage systématique et le contrôle aux frontières. Chômage. Pour une diminution du chômage par la priorité d’emploi aux Français et aux Européens. »

Les banquiers

L’Europe va brouiller les pistes, un peu.
En 1992, à l’occasion du référendum, le FN pointe « les banques apatrides » : « Parce que nous ne voulons pas d’une Europe des banquiers, non à Maastricht ! »
C’est comme un lapin qui sortirait d’un chapeau, baguette magique. Car ce n’est pas un quarteron de « banquiers apatrides  » qui ont voulu, et bâti, cette Europe-là, mais bel et bien les capitalistes du continent, dont les tricolores.
Les patrons, rassemblés dans la European Round Table, se sont organisés, ont manœuvré – publication d’un Livre blanc, interventions à la Commission, passage dans les médias – pour l’obtenir, « la monnaie unique », « l’indépendance de la banque centrale », « la libre circulation des capitaux et des marchandises ». Et dans cette influente Table ronde des industriels, on comptait quelques Français : Olivier Lecerf (Lafarge Coppée), José Bidegain (Cie de St Gobain), Antoine Riboud (BSN), Bernard Hanon (Renault), mais aucun « banquier apatride ».
Et qui s’en félicite, a posteriori, de cette Union-là ? « Les entreprises, surtout internationales, ont des moyens de plus en plus vastes et elles ont acquis, en Europe, la capacité de jouer la concurrence entre les Etats. (…) L’impact réel des hommes politiques sur la vie économique d’un pays est de plus en plus limité. » Et l’auteur de conclure : «  Heureusement. » Il s’agit de Bernard Arnault, un « entrepreneur » bien de chez nous.
L’ « européisme  » - ou le « mondialisme » - aurait pu, aurait dû, conduire le Front à une lecture de classes, avec des intérêts divergents, entre ouvriers, professions libérales, dirigeants de PME, grands patrons de l’industrie, PDG des services, bref, une nation traversée par des contradictions, voire des conflits, et à choisir son camp. Mais non, dans le discours frontiste, l’ « Europe de Bruxelles » est dénoncée comme une menace extérieure, corps étranger, maléfique instrument de quelques « banquiers », ou encore « pouvoir bureaucratique des oligarchies de la Commission de Bruxelles aux mains des 20 000 technocrates dirigeant tout » (1999).
Voilà qui évite de se retourner contre sa bourgeoisie nationale, de souche, bien française.


Oublis

Ce positionnement originel, le « nouveau » Front national en hérite plus qu’il ne l’a pas gommé.
Sa politique économique mise tout sur «  les PME et PMI d’abord  » : « L’emploi dépend d’abord de la vitalité de nos petites et moyennes entreprises. Les PME et les PMI (en voie de disparition), fer de lance de l’activité économique et de l’emploi, méritent un traitement plus favorable qui remette l’entreprise, l’entrepreneur et le salarié au coeur de la vie économique du pays. » Pourquoi pas, même si les grands groupes demeurent l’épine dorsale du pays, même si les PME en sont souvent les sous-traitants.
Mais dans son document de campagne – Mon projet – que dit Marine Le Pen des « actionnaires » ? Rien, le mot n’est pas prononcé. Par manque d’espace, peut-être, songe-t-on. Alors, dans Notre projet – un document de 106 pages – que dit son parti des « actionnaires » ? Rien, pas une ligne, cette figure centrale de l’époque est absente. Que lit-on sur les dix points de valeur ajoutée qui, depuis 1983, ont glissé du Travail au Capital – près de 200 milliards par an ? Rien. Qu’apprend-on sur le triplement des dividendes, comparé à la masse salariale ? Rien, ils ne sont pas mentionnés.
Et quel silence, de même, sur les « inégalités » ! Inégalités de revenus, inégalités dans l’accès au logement, inégalités face à l’école, etc., voilà qui ne trouve pas place.
Ces oublis ne sont plus des oublis.
En creux, ils forment, de fait, un projet.
La présidente du Front a passé un coup de ripolin sur l’ancien discours, si caricatural, si manifestement patronal, de son père : elle promet bien d’ « imposer le remboursement des aides publiques pour les sociétés qui pratiquent les licenciements boursiers » (législatives, 2007), ou de s’attaquer à des « niches fiscales inefficaces (comme la niche dite ‘Copé’ au bénéfice des grands groupes) » (présidentielles, 2012), mais très clairement, à la lecture de ses documents, elle non plus ne désigne pas « les fonds de pensions », « les investisseurs institutionnels », « les actionnaires », comme l’ennemi public n°1. Avec un vaste plan d’ensemble, dès lors, pour entraver leur pouvoir démesuré…

Précarité.

Après. « La multiplication du travail à temps partiel contraint et le développement incontrôlé
des contrats à durée déterminée jettent une partie du salariat dans une précarité financière…
Le choc de précarité n’est pas une fatalité !
 » Marine Le Pen, communiqué, 17 décembre 2012.

Avant. 2006. « Les entreprises ont besoin d’une grande maîtrise de leurs effectifs »

Alors que, au printemps 2006, les jeunes manifestent contre le Contrat Première Embauche, le leader frontiste juge «  ce débat à côté du sujet » :
« Je crois que les gens qui veulent travailler trouveront des employeurs, que les employeurs qui veulent embaucher embaucheront les gens qui sont dignes d’être embauchés, et s’ils jugent à l’exercice qu’ils ne sont pas capables d’assumer la tâche dans laquelle ils ont été placés eh bien ils sont obligés de s’en séparer. »
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes du travail : le marché de l’emploi s’autorégule à merveille. Le patron a toujours raison : si un chômeur n’est pas embauché, c’est qu’il n’en était pas « digne », si un salarié est licencié, c’est qu’il n’était « pas capable ». A quoi bon, alors, à la limite, un Code du Travail ?

Assouplissements

Nul dérapage, ici, mais bien le fond de la pensée « sociale » au Front national : que l’entrepreneur puisse embaucher et débaucher à sa guise, sans contrainte.
Dans tous ses programmes, Jean-Marie Le Pen s’applique à « défendre », « soutenir », « sauver l’entreprise », attaquée de toutes parts, par l’Etat et ses taxes, par les réglementations, par Bruxelles, par les importations sauvages, par les syndicats, par l’euro-spirale infernale, etc.
Comment, dès lors, résoudre le chômage ? Très simplement : en laissant les coudées franches au patronat.
En 1986, lors de leur passage à l’Assemblée, les députés FN avaient ainsi lutté pour cette « flexibilité », jugeant bien molle la droite classique :
« Il est un autre domaine dans lequel les entreprises ont besoin d’une grande maîtrise de leurs décisions de gestion, c’est celui des effectifs », estimait Bruno Mégret. Il se félicitait, certes, que «  l’article 2 prévoit, concernant le travail temporaire, des assouplissements qui répondent en partie à cet objectif ». Néanmoins, «  il nous semble qu’il manque aux entreprises l’élément principal de cette maîtrise en matière d’effectifs : l’abrogation pure et simple de l’autorisation administrative de licenciement. (Applaudissements sur les bancs du groupe Front national et RPR.) Le seul résultat concret de cette mesure est d’élever des barrages bureaucratiques, de créer des retards administratifs qui pénalisent les entreprises et les acculent souvent à déposer leur bilan. Au surplus, il est apparu que de nombreux chefs d’entreprise hésitaient à embaucher par crainte de ne pouvoir débaucher. »

Vernis

Leur espérance l’a emporté.
L’autorisation administrative de licenciement fut bel et bien supprimée, mesure qui facilite les plans sociaux.
Depuis 1980, d’après l’Insee, « la proportion des travailleurs à temps partiel est passée de 6 % à 18 % de l’effectif salarié total, et celle des autres formes d’emploi atypique (intermittence, intérim, etc.), de 17 % à 31 % du salariat », les stages, CDD, intérim peuvent, pour les jeunes, durer des années avant un improbable CDI à la clef.
A l’occasion, Marine Le Pen ou ses lieutenants évoquent bien « la précarisation de la société française ». Mais voilà qui apparaît surtout comme un vernis, discours compassionnel et à la mode. Car dans « Notre projet » (un document programmatique de 106 pages), quelle proposition envisage le FN pour réglementer cette flexibilité ? Rien. L’ «  intérim » n’est même pas évoqué.
Que « les entreprises » – c’est-à-dire leurs patrons – ne souffrent d’aucun obstacle quant à la « maîtrise de leurs effectifs ».


LE TOURNIS

Ca donne le tournis, quand même, d’entendre Marine Le Pen vilipender « les dogmes de l’ultra-libéralisme », « le règne déchaîné de l’argent-roi », « les super-riches qui vendent notre travail, notre patrimoine », moquer un «  Président qui ne doit pas être le gouverneur d’un protectorat américain », ou vanter «  le rôle régulateur de l’Etat en matière économique », alors que le Front national fut le plus acharné à le casser, ce « rôle régulateur de l’Etat », le plus zélé à le louer, ce « modèle américain », le plus fanatique à les encenser, ces « dogmes de l’ultra-libéralisme ».

Mais bon, on peut changer d’avis.
Même opérer un demi-tour gauche, à 180°, après avoir incarné l’extrême-droite économique.
A condition, toutefois, que la nouvelle orientation s’accompagne d’une explication : pourquoi, hier, nous réclamions la privatisation des banques - et aujourd’hui leur nationalisation ? Pourquoi, hier, nous plaidions pour la suppression de l’impôt sur le revenu – et aujourd’hui pour son relèvement ? Pourquoi, hier, la Sécurité sociale symbolisait « l’habitude de l’irresponsabilité chez le citoyen assisté, et, chez l’Etat, le goût de s’immiscer partout sans rien faire de bien » (National Hebdo, 16/11/95), et qu’on prétend aujourd’hui la sauver ?, etc.
Sans cette autocritique, le changement relève de l’imposture : que les électeurs oublient quelles positions, diamétralement opposées, le Front national défendait la veille.
Une mauvaise foi d’autant plus manifeste, en l’occurrence, que ces revirements se font aux cris de «  comme nous vous le répétons depuis trente ans… nous avions raison avant les autres… nous sommes les éveilleurs du peuple… »

Comment comprendre, aussi, une pareille plasticité doctrinale ?
Ca devrait tanguer chez les adhérents, non, qu’on dise le lundi qu’il faut combler le déficit « en relevant d’un point la TVA », et le samedi que tant pis pour la dette on se « libère des marchés financiers »  ? Au Front de gauche, ils sont capables de discutailler durant quatre ans avant de trancher…
C’est plus facile au FN, grâce au « centralisme démocratique » d’abord : bien entourée, la chef décide.
Et puis, ce virage social, pour rapide et récent qu’il soit, est en fait amorcé dans l’après-guerre froide, dès 1992 : la chute de l’URSS, à l’extérieur, et du PCF, à l’intérieur, rouvre le champ des possibles, la reprise de thématiques interdites – contre Bruxelles, contre les banquiers, etc. Autant des mots d’ordre apparaissent bel et bien plaqués, en dernière minute (service public, précarisation, impôt sur le revenu), autant le refus du « mondialisme » et de l’ « européisme » sont ancrés dans la pensée du FN depuis au moins vingt ans.
Enfin, les militants frontistes s’en foutent, au fond, je crois, de ces détails programmatiques. L’identité du parti réside ailleurs : dans son combat contre « l’islamisation », contre «  les Arabes ».
Du coup, il ne faut pas surestimer l’impact d’arguments du genre « en 1986, ils proclamaient que… » C’est bon pour les joutes intellectuelles, ces chicanes historiques. Une seule question importe : le langage du FN est-il en phase, ici et maintenant, avec les aspirations de notre peuple ?

Personnellement, il n’est pas en phase avec mes aspirations.
Avant ces recherches, à entendre Philippot ou Le Pen fille à la radio, je me serais cru et craint plus proche, socialement, économiquement, du Front national.
Ça m’emmerdait, mais je l’admettais.
A l’arrivée, un océan idéologique nous sépare : la lutte des classes, si étrangère au Front national. Ou pour le dire autrement : l’absence, dans le discours frontiste, d’une aspiration à l’égalité, et de son contraire, les inégalités dénoncées. Alors que, dans le triptyque hérité de 1793, « Liberté, Égalité, Fraternité », elle est la valeur centrale, des trois sans doute la plus bafouée, la plus piétinée aujourd’hui – et celle qui m’est la plus chère.

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Vos commentaires

  • Le 28 février à 12:23, par Milsabor En réponse à : Front national, virage social ? (3/3)

    Le drame historique que vit notre pays tient au rapport radicalité/compromission favorable au FN au détriment du FG. Mélenchon porte le meilleur projet alternatif, mais sa compromission avec les « socialistes retournés » le discrédite totalement. Par sa faute, le FN APPARAIT comme la seule alternative à Sarkhollande. « Si j’étais élu président je taperais du poing sur la table et je contraindrais l’Allemagne à changer les traités » : dérisoire ! L’alter-européisme est le tombeau de la lutte des classes.

  • Le 28 février à 10:21, par Milsabor En réponse à : Front national, virage social ? (3/3)

    Le drame historique que vit notre pays tient au rapport radicalité/compromission favorable au FN au détriment du FG. Mélenchon porte le meilleur projet alternatif, mais sa compromission avec les « socialistes retournés » le discrédite totalement. Par sa faute, le FN APPARAIT comme la seule alternative à Sarkhollande. « Si j’étais élu président je taperais du poing sur la table et je contraindrais l’Allemagne à changer les traités » : dérisoire ! L’alter-européisme est le tombeau de la lutte des classes.

  • Le 25 février à 10:32, par bonneville En réponse à : Front national, virage social ? (3/3)

    Je viens de connaître Fakir grâce à France Inter qui recevait un de vos responsable le 25/02 (je ne sais plus son nom)
    J’ai lu vos pages internet... Pourquoi un journal comme le vôtre n’est pas plus connu ?
    Merci.

  • Le 9 décembre 2015 à 09:09, par Eric En réponse à : Front national, virage social ? (3/3)

    Bonjour,
    2 choses : je trouve injuste de considérer que ce virage idéologique serait quelque chose de négatif. En effet, lorsqu’on est de gauche et non politisé comme moi, on aspire à voir émerger des politiques de gauche, quels que soient les partis qui les défendent. Je suis donc plutôt satisfait, de ce virage idéologique du FN.
    De plus, on pourrait faire un parallèle entre ce virage, et celui du PS et de l’UMP-RPR, en sens inverse. En effet, nos partis de gouvernement n’étaient pas ultra libéraux. Ils n’ont même jamais vraiment assumé les politiques qu’ils appliquent et valident à Bruxelles, depuis presque 40 ans.
    S’il faut critiquer des partis, je critiquerais donc plutôt ceux qui ont trahi la France et ses travailleurs, au profit de l’UE et du mondialisme, plutôt de critiquer le FN.

  • Le 14 avril 2015 à 10:12, par Camille En réponse à : Front national, virage social ? (3/3)

    Merci pour cette analyse fouillée.

    « Enfin, les militants frontistes s’en foutent, au fond, je crois, de ces détails programmatiques. L’identité du parti réside ailleurs : dans son combat contre « l’islamisation », contre « les Arabes ». »
    Les militants ne doivent pas s’en foutent totalement de ces « détails programmatiques » sinon le FN n’aurait pas pris ce tournant.
    D’autre part, j’ai lu que leur discours était différent au Nord (discours plus axé « contre la finance ») et au Sud (discours plus axé « contre l’immigré »).

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