En vert et contre tous (3)

par Emmanuelle 11/06/2014 paru dans le Fakir n°(64 ) février - avril 2014

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A chaque numéro, Emmanuelle nous livre ses brèves toutes vertes. On en partage avec vous quelques unes ici.

Traité traître
« L’acte le plus fort que pourrait entreprendre le Parlement européen serait de ne pas approuver l’accord de libre-échange (TTIP) négocié, ce qu’il a déjà fait dans le passé. » C’est la conclusion du rapport de l’Ecologic Institute, un « international think tank pour l’environnement et le développement », qui fait le point sur les implications du projet d’accord de libre-échange UE/USA en matière d’environnement. « Le mandat de négociation de l’UE souligne que le TTIP ne doit pas aboutir à un nivellement par le bas des normes environnementales ni freiner la liberté réglementaire de part et d’autre. Néanmoins, sur la base des expériences passées, il y a des craintes que le TTIP fasse précisément cela » indique le rapport en introduction. Comparant ensuite les domaines où les règlements européens et américains diffèrent (OGM, risque chimique, émissions carbone de l’aviation...), les auteurs constatent que « la protection de la réglementation européenne est plus élevée, plus exigeante et moins flexible que la législation américaine avec le secteur privé ». Ils recommandent « au Parlement européen d’accorder une très grande attention à la formulation précise des dispositions qui concernent l’environnement, la sécurité alimentaire et les arbitrages commerciaux, afin de veiller à ce que les deux parties soient en mesure de maintenir les normes de protection de l’environnement et des consommateurs nécessaires ». Enfin, ils suggèrent au Parlement de « jouer un rôle dans la sensibilisation du public aux négociations TTIP et de leur impact » et « d’alimenter un débat politique sur des sujets pertinents ». Parce qu’on a notre mot à dire ?

Censure chimique
Le Pr Séralini avait, l’an dernier, montré les effets d’OGM et du Roundup sur des rats. Mais la revue scientifique Food and Chemical Toxicology vient de retirer de ses pages cette fameuse étude. Et plus de huit cents chercheurs à travers le monde accusent : « Cette décision a été prise après une seconde lecture dépourvue de transparence, effectuée par un panel de personnes non-nommées, dont la compétence professionnelle est inconnue, et sans la moindre mention de leurs potentiels conflits d’intérêt. » Et le site endsciencecensorship.org« en finir avec la censure dans la science » – ajoute que « quelques mois avant ce retrait, le Dr Richard Goodman, auparavant un chercheur pour Monsanto, a été embauché dans la revue FCT à un poste créé pour lui d’éditeur des pages biotechnologies. Et peu après cette embauche, un second article mettant en cause la sécurité des semences génétiquement modifiées a été retiré du FCT ». D’après la députée européenne Corinne Lepage, cette décision « montre à quel point l’industrie biotech est en mesure de contrôler la production scientifique elle-même ». Et cette censure empêche l’Europe de citer cette étude pour refuser de nouvelles autorisations de culture. Car en ce moment la bataille fait rage. Les eurodéputés ont décidé de « ne pas imposer l’étiquetage des traces de pollen OGM  » dans le miel. À l’opposé, un bloc d’États membres va tenter d’interdire la culture du maïs OGM TC1507 dans l’Union. Et la France est en tête « pour des questions de fond » et parce que l’américain Pioneer qui le produit n’a toujours pas répondu à la demande de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) « de préciser un certain nombre de règles (...) sur les impacts environnementaux ». Le bras de fer continue.

Du gaz dans l’air
« Le P-DG de Total a salué dimanche la décision de Bruxelles de laisser la voie libre à l’exploitation du gaz de schiste dans l’Union européenne et la volonté du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg de convaincre François Hollande d’avancer sur la recherche dans ce domaine » nous apprend Le Figaro (27/1/2014). En effet, Arnaud Montebourg suggère de rendre cette exploitation « propre » en utilisant « une technique expérimentale adaptée ». La bonne idée, c’est de remplacer le propane – qui a le mauvais goût d’être inflammable – par de « l’heptafluoropropane », qui lui ne l’est pas. Mais est-il bien raisonnable d’utiliser un gaz à effet de serre 3 140 fois plus puissant que le CO2 pour un procédé qui relargue a minima 1,5 % (un chiffre largement sous-estimé, selon certains experts) du gaz dans l’atmosphère à chaque puit ? Mais Arnaud Montebourg aura sans doute d’autres « techniques expérimentales adaptées » contre l’effet de serre...

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