Comment les riches détruisent la planète

par L’équipe de Fakir 08/01/2009 paru dans le Fakir n°(39) Décembre - Janvier 2009

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Face à la double crise, sociale et écologique, un impératif : que le rouge et le vert s’unissent. Que l’exigence d’égalité épouse l’impératif écologique.

« 2009 sera l’année de la relance. » C’est Nicolas Sarkozy qui le dit : « Il faut continuer les réformes pour gagner ce point de croissance positive. »
Tous azimuts, il injecte des milliards dans les banques, l’automobile, l’immobilier. Comme s’il suffisait de remettre de l’huile dans le moteur. Comme si la machine économique allait redémarrer, et que tout irait pour le mieux...

Mais non.

Même si ça redémarrait.

Car une crise (financière) peut en cacher une autre. Deux autres, en fait, plus profondes...

Une crise sociale, d’abord

« La dernière vague de la mondialisation a créé une ‘super-classe’ de riches », notait ainsi le Financial Times : « Le nombre de grandes fortunes dans le monde a doublé en 10 ans. » Et le même journal, pourtant libéral, poursuivait : « Un rapport paru en 2005 du Programme des Nations Unies pour le Développement a estimé que les cinquante plus grandes fortunes du monde gagnaient plus que les 416 millions les plus pauvres. » Jusque dans nos pays, l’inégalité s’accroît : aux Etats-Unis, d’après le Prix Nobel Joseph Stiglitz, « tandis que l’économie était en pleine expansion, le revenu réel des plus défavorisés a baissé. » Et la France compterait – selon les normes européennes – sept millions de pauvres.

Une crise écologique, aussi.

La situation était grave ? Elle empire !

Le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) redoutait, en 2001, pour le siècle à venir, une hausse des températures moyennes entre + 2° et + 5,8°. Mais voici que ses pires prédictions devraient être dépassées : + 6 °, + 7 °, + 8 °... On ne sait plus, les climatologues sont perdus.

Assez, en tout cas, pour que les glaces polaires fondent – elles fondent déjà. Assez pour que le niveau des mers s’élève de 2 ou 3 mètres. Assez pour que l’extinction des espèces s’accélère encore – 16119 sont déjà menacées. Assez pour que, en 2050, 40 % des habitants souffrent de « stress hydrique ». Assez pour qu’on se demande si, demain, pour nos enfants, la planète demeurera vivable.

Course en avant

Face à ces défis, que décident les dirigeants ?

D’accélérer la courser en avant.

D’implorer la « Croissance », tous d’accord de Sarkozy à Royal :
« La croissance repartira de l’avant et la France se relèvera ».
Alléluia, la Croissance reviendra !

Même si elle revenait...

Est-ce bien une solution, que cette croissance qui enrichit d’abord les riches ? « La croissance moderne crée d’énormes inégalités », se réjouit ainsi le PDG du groupe de luxe Pinault Printemps Redoute : « Cette inégalité est un facteur clé de soutien de notre industrie. »

Est-ce une solution, surtout, que cette croissance qui détruit notre environnement ? Un Français consomme, d’ores et déjà, l’équivalent de trois planètes. Un Américain, six. Alors, faut-il que nous prenions davantage l’avion et que nous achetions plus d’automobiles, d’ordinateurs, de téléphones, de babioles sur les marchés de Noël ?

Est-ce vraiment, la seule issue pour sauver nos emplois, notre bien-être, notre bonheur ?

A nous d’imaginer autre chose, et de l’exiger.

(article publié dans Fakir N°39, janvier 2009)

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  • Le 26 avril 2012 à 10:18, par Patrick En réponse à : Comment les riches détruisent la planète

    Tout à fait d’ accord avec cette analyse ! Il est temps de se réveiller car nous allons dans le mur et on peut craindre le pire...
    Ce ne sont pas des paroles en l’ air : la crise écologique est bien là et les effets de la mondialisation et de la prise de pouvoir par la Finance montrent déjà leurs méfaits. Les générations futures ont du souci à se faire car la pensée unique du Toujours plus (de croissance) fait des ravages et pour beaucoup il est inconcevable et utopique d’ imaginer un autre mode de fonctionnement de la société.
    Quand la Terre sera dévastée par les pollutions qui s’ accumulent partout, quand les peuples se feront la guerre pour accéder à l’ eau ou aux dernières réserves de pétrole, il sera bien tard pour réagir.
    En attendant, c’ est « Après moi, le déluge », les riches deviennent Super-Riches et les pauvres sombrent dans la misère.
    Jusqu’à quand cela peut il perdurer ?