Bris de classe

par Pierre Souchon 03/05/2012

Version imprimable de cet article Enregistrer au format PDF

On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », espéraient Marx et ses copains. Voilà que les prolétaires d’un même pays se foutent sur la gueule, maintenant.

« Ces connards d’Alsaciens, eux, ils en ont encore, du boulot . Ils crevaient la dalle quand on les a rachetés, en 1978. C’est nous qui les avons renfloués, et maintenant c’est nous qu’on vire. On aurait dû se les faire, à Aubenas. Qu’ils y reviennent pas… »

C’est une usine qui ferme, à Davézieux, en Ardèche. Une de plus. GPV fabriquait des enveloppes, et le Crédit Mutuel, actionnaire à 40,3%, a décidé la fermeture du site. Si les 270 licenciés s’en sont pris à « la banque à qui parler » – 2,9 milliards d’euros de bénéfice en 2010, en hausse de 59% –, menant des tas d’action coup de poing jusqu’à obtenir 1,8 million d’euros de primes supra-légales, les « Alsaciens », leurs collègues de Saint-Amarin, sont devenus des ennemis presque autant redoutables : leur emploi est sauf, grâce à un repreneur allemand.

« C’est une bande de Boches. C’est pas pour rien qu’on leur a fait la guerre. » Emmenés par la CFTC, les Alsaciens étaient venus en nombre au tribunal de commerce avec leurs banderoles « Non à Tompla ». Ils protestaient contre un projet de reprise par un groupe espagnol – qui prévoyait l’inverse : fermer Saint-Amarin et conserver Davézieux. Sur la place d’Aubenas, entre ouvriers, ça avait failli tourner à la bataille rangée.

Des écrans

« Il n’y a jamais eu de solidarité entre sites , raconte Greg (NDLR : Les prénoms ont été changés) – tandis que le car nous emmène à Lyon, ce 10 octobre, pour une manif devant le Medef. D’ailleurs, quand des collègues ont été virés à Roanne, on n’a pas bougé, on ne s’est même pas mis en grève. Les gars de chez nous disaient : « C’est pas nous qui sommes touchés. » C’est vrai que nous aussi, on a déconné. Mais de là à provoquer comme l’ont fait les Alsaciens…
– Comment ça ?
– Attends ! J’étais sur la place du château, les mecs hurlaient qu’on était des fainéants, et que c’était à cause de nous que la boîte était dans la merde ! Il y a une nana qui se pointe, elle me dit
« je suis veuve, j’ai deux gamins à nourrir » ! Parce que moi j’en ai pas, peut-être, des gamins à nourrir ? »

Joint au téléphone, du côté alsacien, Claude Gottardi (CFTC) me dit sa « très grande tristesse » : « Je ne comprends pas qu’on nous ait traités de ‘Boches’, qu’on nous ait molestés, insultés. Sans parler des bars de la place qui ont refusé de servir à boire aux Alsaciens… C’est terrible de nommer des responsables qui ne le sont pas. La galère existe pour tout le monde. »

Quelle victoire pour les patrons, je pense en route. « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », espéraient Marx et ses copains. Voilà que les prolétaires d’un même pays se foutent sur la gueule, maintenant.
Mickaël Corompt, le délégué CGT de la boîte, tempère un peu mon pessimisme : « Attention, on s’est quand même bien battus contre le Crédit Mutuel, sinon ils ne nous auraient rien lâché. Mais faut te figurer des gens qui ont le nez dans la machine, qui font Robocop pendant X temps, qui regardent que la télé, et la direction qui se pointe en disant qu’ils sont feignants, contrairement aux Alsaciens. Et puis tu sais, le Crédit Mutuel a fait placarder un gros truc de pub dans le journal du coin, Le Dauphiné Libéré, qui lui appartient, pour dire qu’ils n’avaient rien à voir dans l’histoire de GPV, que c’était une holding, etc.

Tu vois, ils mettent des écrans. Quand on négocie, c’est pareil, c’est des écrans, c’est avec un avocat. Quand on accuse les politiques actionnariales, les banques, il y n’y a personne. Les Alsaciens, eux, ils étaient là, à Aubenas. C’est triste à dire, mais les gars avaient quelqu’un en face d’eux… »

Des aveugles

Il fait soleil à Lyon. Trois flics, postés à l’entrée du Medef, observent sans rien dire les salariés qui balancent des dizaines d’enveloppes sur le trottoir. A l’étage, leurs représentants négocient avec l’actionnaire. Quelques pétards claquent.
Antoine avale un coup de flotte. « 15 000 euros par tête de pipe… Ils doivent bien rigoler, les banquiers. C’est un pourboire, pour eux. Et nous on est là comme des cons, à dire que c’est super, que ça suffit… Les gens sont complètement aveugles.
– Et t’en penses quoi, des ouvriers alsaciens ?
– Mais les gens sont aveugles, je te dis ! Tu sais qu’on est allés leur mettre dessus, à Aubenas ? Ça m’a rendu fou, ce truc ! Pendant que ça fritait, je hurlais :
« Mais arrêtez, les ennemis ils sont pas là ! Les ennemis c’est les banquiers, c’est les spéculateurs, et eux, vous leur dites rien ! »
– T’es syndiqué, toi, Antoine ?
– Non, mais je suis de gauche, et de gauche gauche, parce que j’ai vu mon père se tuer au boulot toute sa vie. Je sais où je crèche, politiquement. Mais aujourd’hui, les gens sont paumés… »

C’est ce que je commence à me dire, moi aussi.

C’est quoi, ça ?

Françoise et Matthieu m’accompagnent au bistrot :
« T’es journaliste, c’est ça ?
– Oui, je travaille pour
L’Humanité. »
Ça fait une bonne dizaine de fois qu’on me demande ce que c’est, l’Humanité – un journal ? Une télé ? Un truc local ? Ça parle de quoi ? C’est une radio ? –, au milieu de tous ces drapeaux CGT qui flottent. Mais Matthieu – ancien délégué CGT – est plus dans le coup, lui :
« Ah ouais, je suis allé à un truc, une fois, c’était « la Fête de l’Huma », je crois. Il y avait de la super zic. Ça a un rapport ?
– Oui, c’est la fête du journal. »

Ils sont bien contents d’arriver à la fin de ces quatre semaines de lutte, tous les deux : ils vont pouvoir retrouver leurs familles. « En tout cas, vous avez mis une sacrée merde devant le Medef, je remarque en sirotant ma bière.
– C’est quoi, le Medef ? », demande Françoise.
Devant le silence de Matthieu, je les informe que c’est le truc où on était devant, tout à l’heure, le syndicat des patrons. « Ah d’accord… Moi je m’intéresse pas à la politique, de toute façon. C’est toujours pareil, ils font des discours, mais le 15 du mois, on n’a plus rien. Les politiques c’est tout pareil. Toi, ton journal, il est de quel bord ?
– Il est communiste. C’est la gauche vraiment complètement à gauche, quoi.
– Ah oui, l’extrême-gauche. Mais l’extrême-gauche, ils sont racistes ? Comme nous ?
– Ah non,
dit Matthieu, c’est l’extrême-droite qui est raciste. Pas l’extrême-gauche.
– Mais parce que vous êtes racistes ?,
je demande.
– Ben tu connais la phrase célèbre, me dit Françoise, « on ne naît pas raciste, on le devient ». Tu sais, c’est toujours les mêmes qui profitent. Toi tu te crèves le cul à te lever à cinq heures du matin pour faire tes équipes, et eux ils ont plein de gosses, les allocs, et ils roulent avec une bagnole que tu pourras jamais te payer. Ils ont pas de soucis, ils ont la CMU, et toi tu peux pas te faire changer une dent parce que t’as pas de fric.
– Et puis y en a marre, on a peur, même à Annonay. Y a des quartiers où ça craint. On nous jette des regards de mépris, on nous parle mal… C’est pour ça que l’an prochain, faut que ça change.
– Vous allez voter Marine ?
– On devrait pas dire ça à un gars de la gauche !
, se marre Françoise. Mais oui, je vais voter pour elle, parce que y en a marre. D’ailleurs même Mohammed le dit. Dans l’usine, on a un Cambodgien, et Mohammed, il est algérien. Ben lui il le dit, que quand il rentre du boulot, il voit les autres qui se lèvent… C’est vrai que dans l’usine, ils ont droit à des remarques racistes, tous les deux, mais ils savent que c’est sympa. »

Le merdier

Ouh là là. Putain. Le merdier. Le bordel dans les têtes. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Comment on se tire de là ?
Je suis complètement ahuri, à la terrasse de ce bistrot. Effondré par l’ampleur de la tâche. Comment on reconstruit, après cette débâcle ? Je ne suis pas le seul à me poser la question.
« Tu peux pas te figurer ce que j’entends à longueur de journée, me confie Pierre-Jean, le secrétaire de l’Union locale CGT. Je suis souvent obligé de rappeler les positions du syndicat sur l’immigration, de dire qu’on n’est pas racistes. Y a du boulot. Y a vraiment du boulot. »

Et les anciens de la CGT-retraités confirment, accablés :
« Marine Le Pen est de plus en plus populaire, assure Raymonde. C’est la populiste qui parle comme le PC. Elle s’adresse aux ouvriers avec les mêmes mots que nous : elle dit que Sarko et le PS c’est pareil, elle dénonce le capitalisme, la pauvreté, ces salauds de riches… Comme nous !
– On a perdu la bataille des idées, déplore Bernard. Ils ont tout pris, les fachos. Ils ont pris tous nos mots. Elle parle d’exploitation, elle gueule contre les délocalisations… »

Eux se disent sidérés par l’inculture qui va croissant, jusque chez leurs camarades cégétistes – et qui passe par internet : mails collectifs assurant que les Arabes s’engraissent sur le dos des travailleurs, ou encore qui désignent ces fainéants de Grecs seuls responsables de ce qui leur arrive… « On mélange tout, c’est n’importe quoi. »

Et que reste-t-il pour former la classe ouvrière ? Pour la « former » au double sens du mot – l’éduquer et la constituer ? L’Huma est méconnue. La Vie ouvrière ne se vend quasiment plus. Quant aux « écoles syndicale et politique » où ces vétérans apprenaient « la définition du capitalisme et de son fonctionnement », « la plus-value » et les « bases du marxisme », qui les fréquente encore ?
De ce passé-là, on a bien fait table rase…

Une histoire des divisions

« Quand ça va mal pour soi, pour les siens, explique Patrick Lehingue, professeur de sciences politiques, on a besoin d’identifier une cause à son malheur. De désigner un adversaire. Et il n’y a pas quarante façons, pour les gens, de classer en juste / injuste. Soit c’est le « riche »contre le « pauvre », les « petits » contre les « gros », comme on dit. Soit c’est le « dedans » contre le « dehors », les « jeunes » contre les « vieux », les « hommes » contre les « femmes », les « Français » contre les « étrangers ». »

« Les maîtres de l’argent »

Dans les années 1970, de tribunes en estrades, François Mitterrand répétait ses diatribes contre « les maîtres de l’argent, l’argent, l’argent, les nouveaux seigneurs, les maîtres de l’armement, les maîtres de l’ordinateur, les maîtres du produit pharmaceutique, les maîtres de l’électricité, les maîtres du fer et de l’acier, les maîtres du sol et du sous-sol, les maîtres de l’espace, les maîtres de l’information, les maîtres des ondes. Nous ne ferons pas payer cher le malheur de tant de siècles. Mais pour l’argent, l’argent, toujours l’argent, alors c’est vrai : il ne faut pas trop qu’ils y comptent ».
L’ennemi était là, clairement nommé.

Lutte des races

Une fois devenu Président, le monde devenait « plus complexe » et il signait « la trêve des classes »  : il fallait « réhabiliter le profit », « réconcilier la gauche et l’argent ». S’en prendre aux « patrons », aux « riches », au « grand capital » relevait désormais de l’archaïsme.

Aux prospères, cette politique pacifiée convenait bien. Mais pour les autres, pour les malmenés par la vie, les mécontents de leur sort, les déclassés de l’existence, l’extrême droite proposait un grand méchant de remplacement :
 Ça ne vous paraît pas évident que le nombre de plus de six millions d’étrangers en France est en relation directe avec le fait qu’il y ait trois millions de chômeurs ?, assénait Jean-Marie Le Pen, en 1984, à la télévision. Ça me paraît évident, et ça paraît d’ailleurs évident à beaucoup de Français. »
Cette « évidence » gagnait du terrain, en effet : longtemps groupusculaire, le Front national franchissait la barre des 10 % aux élections européennes. Et passait, à Annonay, dans le canton ardéchois de GPV, de 0,63% en 1974 à 14,55% en 1988.
La « lutte des classes » était obsolète ? On l’avait troquée contre la « lutte des races ».

Sous-clivages

Lors de la dernière élection présidentielle, en 2007, Nicolas Sarkozy avait merveilleusement joué de ces sous-clivages : « Je ne veux plus jamais que, dans une usine, un ouvrier puisse me dire : « A la fin du mois, quand j’ai travaillé tout le mois, il ne me reste plus rien pour nourrir ma famille, alors que celui qui est à côté de moi, assisté, a plus que moi à la fin du mois. » Je ne veux pas de cette société. »

Ou encore : « Tout le monde sait que pour sauver notre système de retraite par répartition, il faudra faire des efforts. Dans ces conditions, qui peut dire qu’il est juste de maintenir les régimes spéciaux ? Qui peut dire qu’il est juste que certaines professions partent à la retraite avant toutes les autres, et au surplus avec des pensions souvent plus élevées ? »

Dans un autre registre, mais selon la même logique : « Ceux qui veulent soumettre leur femme, ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l’excision ou le mariage forcé, ceux qui veulent imposer à leurs sœurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française. »

Et en privé, cette fois, une conversation volée avec un téléphone portable, alors qu’il reçoit des jeunes beurs de banlieue au ministère de l’Intérieur : « La communauté turque, elle s’intègre pas. Ils vivent entre eux, ils se marient entre eux, ils parlent entre eux. De la même façon, pourquoi a-t-on plus de problèmes avec les enfants originaires d’Afrique qu’avec les enfants originaires du Maghreb ? Faut réfléchir à ça. Pourquoi ? Eh bien mon explication, c’est que la famille maghrébine a mieux tenu que la famille africaine. »

Smicards contre rmistes, donc.
Salariés du privé contre régimes spéciaux.
Français contre immigrés.
Voire, carrément, les Arabes contre les Noirs.
Les Ardéchois contre les Alsaciens, maintenant.
Mais toujours, partout, ici, les pauvres contre les pauvres, les travailleurs contre les travailleurs.

Écrire un commentaire

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Vos commentaires

  • Le 8 mai 2012 à 10:31, par no pasaran En réponse à : Bris de classe

    Article édifiant !
    Grom a lâché le mot - anomie et non anarchie - ça fait plaisir !
    Comme Grom je vous conseille vivement l’article du Professeur Lordon (cf. Daniel Mermet) dans les blogs du Diplo (http://blog.mondediplo.net/2012-05-02-Front-national-memes-causes-memes-effets).
    De mon analyse, pour résumer, je dirais que l’ignorance est un boulevard pour la dépossession.
    Petite recette de cuisine corporatiste (Etat, finance, grandes entreprises) de l’esclave moderne (sic) :

    • prenez un quidam (homme ou femme)
    • faites-lui des conditions de vie et de travail extrêmement difficiles
    • scotchez-le devant le 13h et le 20h de la chaîne du maçon, puis devant un magazine d’enquêtes exclusives d’action (?!) qui parle de l’étranger-qui-ne-fait-rien-touche-des-aides-brûle-la-voiture-de-l’honnête-travaileur-français, puis devant une émission voyeuriste (sicrète stauri)
    • rappelez-lui que le fonctionnaire est un parasite de la société responsable de sa situation
    • dites-lui que marine lapeine est fréquentable et qu’elle est plus socialiste que le plus conscient des socialistes
    • mélangez le tout en secouant bien fort le cerveau (du moins ce qu’il en reste...) vous obtiendrez un automate manipulable à souhait
      Trêve de plaisanterie, tout cela me fait penser à la débandade de 1938 (je n’ai pas vécu à cette époque, je précise) quand le patronat français avait sifflé la fin de la récré et que les aspirations sociales s’étaient évaporées aussi vite qu’elles étaient apparues semant au passage la désunion entre les travailleurs (un lien concernant une conférence d’Annie Lacroix-Riz, extraordinaire historienne universitaire : http://www.youtube.com/watch?v=lOeJ1Nq08Q4).
      A la fin c’est nous qu’on gagnera, paroles de Fakir !
  • Le 6 mai 2012 à 11:34, par Alice En réponse à : Bris de classe

    Y’a ce film récent de Gilles Perret qui pourrait peut-être aider les syndicats (et autres) pour lutter contre « l’inculture » grandissante dans leur rang (et ailleurs) :

    http://www.dememoiresdouvriers.com/

    Pourquoi pas organiser des projections collectives dans des locaux associatifs, des bistrots ?

    En faisant ça bien entendu dans les règles de l’art, c’est-à-dire avec l’accord du réalisateur...

  • Le 6 mai 2012 à 09:56, par TiBois En réponse à : Bris de classe

    Corrézien de souche et Alsacien d’adoption, je suis profondément interloqué et attristé par ce que révèle cet article.

    A force de vider les mots de leur sens et de brader l’histoire nous nous asphyxions dans un bouillon d’inculture et de haine. La France n’échappe pas à cette dérive européenne.

    Si j’étais un super-héros je commencerai sans doute par saboter les relais de télévision, histoire de nous désintoxiquer.

    Manipulés de tous les pays unissons nous !

    http://2.bp.blogspot.com/-K0zDRTkPN_A/Tc3QjIHvU3I/AAAAAAAAAGQ/RSo9oBdkIxk/s1600/PHOTO_4902134_38346_9625020_main.jpg

  • Le 5 mai 2012 à 15:16, par PhilGer En réponse à : Bris de classe

    Tout à fait d’accord sur le vol de nos mots par le FN.
    En collant des affiches pour le FdG, j’étais perplexe de voir comme elles étaient peu arrachées, même dans les villages très à droite.
    Au final, j’ai l’impression d’avoir fait la propagande également pour la hyène nationale avec nos slogans : « Qu’ils s’en aillent tous », « Vite la révolution citoyenne », « Le pouvoir au peuple », même mon préféré « La France belle et rebelle ».
    Le FN est un parti coucou qui pond ses oeufs dans le nid des autres.
    C’est aussi le parti des cocus (mot qui vient de cocut, désignant le coucou en occitan).
    Car s’ils ont repris la plupart des slogans progressistes sur l’anti-capitalisme, la république, les services publics et même l’écologie, on s’aperçoit qu’il n’y a aucune mesure concrète qui iraient dans ce sens.
    Même pour l’immigration, les nombreuses mesures présentées, luttent essentiellement contre l’immigration LEGALE. Rien contre les réseaux, les marchands de sommeil et encore moins contre les employeurs de clandestins.
    Le projet LePen, c’est passer de 2.000.000 d’immigrés légaux et 200.000 illégaux à 2.000.000 d’illégaux et 200.000 légaux.

  • Le 4 mai 2012 à 11:39, par schlomo En réponse à : Bris de classe

    va falloir ramer pour remonter ce courant !

    http://la-feuille-de-chou.fr

0 | 5