Au bahut des bourges

par Pierre Souchon 21/06/2013

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Dix ans après, je suis retombé sur Candice. Elle se souvenait pas de notre terminale
chez les bourgeois lyonnais. Xavier et moi, on n’avait rien oublié…

Sur le quai de la gare, je m’approche d’une fille qui rentre dans le TGV.
« Excusez-moi, vous êtes Candice Demazet ? ». Elle est estomaquée.
« Mais je… Vous êtes qui ?
- Je sais pas. Vous avez qu’à trouver. »

Comme on passait pour des cons à jouer aux devinettes entre deux wagons, j’ai fini par lui dire qu’on était ensemble en terminale dans un lycée de bourges à Lyon. Elle s’en souvenait pas du tout. « Ça fait plus de dix ans… Le temps passe ! » De toute façon elle avait pas la mémoire des gens, ni de leurs têtes, ni de grand-chose, elle m’a raconté en guise d’excuse. Moi je l’ai rassurée en lui disant que je n’allais jamais tellement en cours, trop occupé à fumer un tas de pétards ou à additionner de gigantesques dépressions qui se déroulaient au fond d’un fauteuil rouge en Ardèche.

 « Tu vas mieux ?
- Oui, je prends des régulateurs d’humeur.
- Ah, t’es bipolaire ? Je connais un peu cette maladie… Je suis psychologue. »

Ça m’a surpris un peu parce qu’à l’époque Candice je la voyais devenir nonne ou notaire. Je l’imaginais sinon sans peine directrice des archives parcheminées d’une bibliothèque municipale verte et lambrissée spécifiquement consacrée au chant grégorien. Elle avait comme ça un air d’avant, Candice, d’avant tout un tas de libérations sexuelles, politiques ou sociales qui avaient bouleversé une sacrée bonne partie de la société, mais qui l’avaient c’était miraculeux épargnée, elle et pas mal de mes nouveaux copains lyonnais. Jusque-là, dans mon lycée ardéchois, y avait un fameux entre-soi. Fils de populo ou de petites classes moyennes, on allait tous à la rivière après les cours en file indienne avec un cubi de mauvais pinard jouer de la guitare, dégueuler sur les bourgeois et s’engueuler au sujet de Che Guevara. Du coup quand je m’étais pointé dans ce bahut lyonnais fortuné, avec mon sac militaire tagué dégueulasse, les cheveux jusqu’à la taille et ma collection d’insultes, ça avait été le choc des civilisations. J’étais devenu en quelques jours voyou, dealer on le murmurait et toxico, peut-être bien possesseur d’un couteau et même fraudeur dans le métro.

« On était assis à côté en maths.
Je sentais que t’étais dans un monde vachement bourge, catho, ça m’intéressait... Mais toi t’avais vraiment pas l’air d’accrocher. On ne s’est jamais parlé, en fait.
- C’était un a priori complet ! Mais il était complètement vrai… À mon sujet… Le côté bourgeoisie lyonnaise très catho. »

C’est à Lyon que je m’étais découvert ardéchois.
Face aux filles d’avocats d’affaire, de galeristes d’art contemporain, de PDG de grosses boîtes et aux fils de hauts fonctionnaires, j’avais décidé d’un seul coup d’avoir grandi dans la misère. Mes compagnons d’infortune vivaient, et resteraient hélas au pays, je racontais, condamnés aux terribles besognes de la terre qui leur pulvériseraient le dos avant dix ans. Mes parents, aux 140 mots de vocabulaire, fréquentaient plus volontiers nos clapiers que les cinémas art et essai, et misaient tout sur mon ascension sociale inédite dans notre milieu de gueux. Ils m’enjoignaient, lorsque je revenais en fin de semaine, de ne jamais oublier que j’avais été élevé dans le fumier. C’était bien sûr une colossale fumisterie, mais j’avais fini par y croire, et mes copains lyonnais effarés avec. Il faut dire que j’employais beaucoup de mon temps à déguiser l’inclination aux voyages de mes parents, leur statut de fonctionnaires aisés, parfois avec talent, crachant d’abondance dans les salles de classe et interrompant le cours de philo en me mouchant fortement dans mes doigts.

C’est que je subissais depuis longtemps l’acharné commandement de papa. « N’oublie jamais d’où tu viens. » Je venais, il m’expliquait, de chez ses parents, là-haut en haut de la montagne. Je venais des pentes du Serre de Barre, cet énorme massif des Cévennes où, depuis des générations, tous les Souchon se crevaient le cul du matin au soir pour extraire quelques châtaignes dont ils se nourrissaient à peine. « Tu viens de la terre, tu viens des petits. » Les petits, c’étaient mes grands-parents, paysans autarciques que j’adorais. Venir de là, dans l’esprit à papa, devait me prémunir contre toute tentative de se la jouer.
« Il faut toujours être humble. Tu sais d’où ça vient, “humble” ?
- Non ?
- De
“humus”, la terre. Comme nous. »

Papa lui faisait corps avec la Cévenne. Il le parlait très couramment, l’occitan, il les piégeait quotidiennement, les grives et les renards, il les greffait, les châtaigniers, il les montait tout seul, ses échafaudages de quatorze ou quinze mètres. Garde-chasse, il était avec ses gestes et son parler de mèche dans l’affectif avec tous les bracos qu’il combattait. Mais simplement, par les curiosités et les machins de l’existence, ce même ahuri paysan à longue barbe qui entendait, reconnaissait à quarante mètres la caractéristique progression d’une portée de marcassins, possédait des notions poussées de droit romain. Il entreprenait dès le matin des analyses géopolitiques qui l’amenaient à déconsidérer France Culture pour sa désarmante simplicité, et s’indignait que je ne connaisse pas ce faramineux poème de Baudelaire à propos de la tribu prophétique aux prunelles ardentes nom de dieu tu le connais pas ? Sur l’échafaudage alors truelle en main, il enchaînait quarante-cinq vers dont je devais me pénétrer de l’importance. Je n’avais conséquemment pas mis longtemps à me persuader d’être né sur une terre battue à laquelle papa m’assignait un devoir de fidélité. Cumulé avec tous les joints que je roulais en terminale, ce délire social sur mes origines avait produit comme un trouble qui grandissait, tellement bien qu’au bout de deux mois je savais à peu près plus du tout comment je m’appelais. La psychologie avait pris le relais, suivie de la psychiatrie.

« Du coup ils faisaient quoi, tes parents, Candice ?
- Ma mère était instit’, et mon père comptable.
- Ah ouais ? C’est pas trop…
- Non mais la bourgeoisie, c’est pas le fric, justement. Ça ne se montre pas, comme les fillasses qu’il y avait avec nous, avec leurs sacs Vuitton et leurs fringues vulgaires. »

Avec les « fillasses » moi j’avais plutôt de bonnes relations. Dans leur VIe arrondissement mes égarements adolescents ça les faisait frissonner vachement, ça m’avait déclenché une sorte de succès. Je roulais par exemple un tas de pelles à Jeanne de Fommervault, si bien qu’elle avait fini par m’inviter à manger chez ses parents. Son père était architecte d’éminent renom, sa mère travaillait dans la communication, et leur appart dans le quartier le plus rentier de Lyon étalait ses deux cent mètres carrés boisés. À table le vin m’avait particulièrement surpris, j’avais bien distingué sur l’étiquette qu’il s’agissait d’un Château d’Yquem 1982. Ce qui avait fini de me couper complètement le sifflet c’est que tout le monde s’en foutait, du pinard à 300 € qu’on s’envoyait, on le buvait comme chez mes vieux un gamay de l’année. J’avais fait forte impression avec mes cheveux longs, Jeanne disait-on s’encanaillait, et particulièrement avec sa copine Julie qu’elle m’avait par la suite présentée. Julie était lycéenne en banlieue, elle habitait une chambre de bonne dégueulasse où on l’avait visitée. Elle dessinait sur les murs et faisait pendre au plafond des draps peinturlurés, elle avait l’air très torturée. Jeanne lui avait donné 30 francs, et Julie s’était mise en quête dans son appartement d’endroits curieux pour déposer les trois pièces. « Tu comprends ce qu’elle fait ?, m’avait demandé Jeanne.
- Non ?
- Elle planque la thune, comme ça quand elle tombera dessus par hasard, ça lui fera une bonne surprise. »

La fille de Fommervault avait sa pauvre et son Ardéchois, et elle m’avait raconté un peu plus tard qu’un conseil de famille chez elle s’était réuni, dépassé par ces événements mirobolants.

Ils avaient comme ça des trucs bizarres, mes copains bourgeois, surtout ceux du foyer privé où je logeais. Côme, descendant direct de maréchal d’Empire, jouait du djembé, passait ses après-midis à faire du skate et nous racontait par le détail toutes ses revigorantes séances de sodomie avec sa copine. Thomas lui, dont le père présidait aux destinées de Peugeot en Afrique, prenait un maximum de produits stupéfiants et se battait drogué au dernier degré avec des videurs de boîtes de nuit. Maxime, lorsqu’il revenait de son château avec 45 hectares de parc en Sologne, faisait des concours de flans avalés tout rond dans le réfectoire et mettait des mains au cul des filles bien rigolard. Dans la chambre de Sébastien on ne pouvait pas rentrer, tant elle était ensevelie de papiers croquis où il traçait en permanence des ébauches de graffitis. Puis il rentrait chez lui le dimanche à Paris voir papi qui était ancien chef d’état-major des armées, « collet monté » il nous disait. Enfin tous ces gens-là garnissaient faut pas déconner les bancs des écoles de commerce et des facs de droit. Ils trustent aujourd’hui les places de banquiers, de DRH et d’« account executive » dans des machins américains, et continuent j’ai vérifié à être excessivement impertinents sur Twitter.

Mon pote Xavier du foyer ne jonglait pas comme moi avec ses identités. D’une famille de proles savoyards, tous ses frangins et cousins à l’usine, Xavier il lui était tombé sur la gueule des qualités scolaires inattendues et développées qui l’avaient emmené personne n’en revenait jusqu’à une prépa HEC. Là il y avait des fils de bourgeois par paquets, et Xavier voulait s’intégrer, mais il était boursier, mal habillé, et il pouvait pas suivre les tournées dans les cafés huppés. Pour ne rien arranger il ramassait comme c’était la loi un tas de tôles dans sa prépa, et en Haute-Savoie on ne comprenait pas. Quand il y retournait, son père lui demandait ce qu’il foutait encore là-bas à se la toucher, alors que son chef lui avait dit qu’il avait une place pour Xavier de technicien qualité, et qu’est-ce que c’était nom de dieu que ce truc de bougnoule, parce que son fils s’était mis au didgeridoo. Pour le coup le camarade Xavier était vraiment écartelé, entre nous y avait une solide amitié.

Je te revois, mon pote, cloué sur ton pieu un mercredi soir très tard, m’appeler. Tu te tenais le bide à deux mains, et tu pleurais, un peu, tu me disais « j’ai le mal du pays, mon Pierrot, j’ai le mal du pays ». T’avais surtout mal, tu me l’avais dit après, que ton meilleur pote de là-bas, Stéphane, le Vieux Dép’ tu l’appelais, le Vieux Dépouillé, parce qu’il était tout le temps défoncé, se crève le cul à la chaîne et te serine tous les week-ends que tu pouvais pas comprendre, vu que t’étais parti, vu que t’avais trahi. T’avais mal aussi que ta mère, qui était venue te voir à Lyon, ait passé l’entièreté de sa journée avec toi dans le centre commercial de la Part-Dieu pour acheter 80 francs de vêtements, « qu’est-ce que c’est beau, qu’est-ce que c’est grand », elle répétait maman. T’avais un sale mal social, et moi j’avais eu mal aussi, mon pote, toi qui me prenais pour un de tes semblables, quand je t’avais raconté que j’avais appelé ce week-end une dépanneuse, à 700 balles tu te rends compte ?, pour sortir ma R5 d’un fossé. « Eh ben mon Pierrot, t’avais pas un de tes potes paysans qui pouvait ramener son tracteur ? » J’avais bafouillé, mon Xavier. Mes paysans qui avaient seulement l’épaisseur des mythes n’avaient ni tracteurs ni rien du tout, et toi qui avais tout ça, tu t’en vantais pas, t’en pleurais, de ta Haute-Savoie. T’as fini à l’hosto au bout de quelques mois avec un furieux ulcère à l’estomac. Tu voulais sortir vite, très vite, pour pas te faire virer de ta prépa.

Pendant ses études Candice s’engueulait régulièrement avec ses parents, la psycho c’était trop subversif. « Un jour j’en ai eu marre, j’ai claqué la porte à la fin d’une discussion. Ils m’énervaient tellement… Je leur ai dit que c’était fini, que je ne voulais plus les voir. J’ai pris un appart, et je suis allée faire caissière à Monoprix pour financer ma licence de psycho.
- Ça te pesait, ce milieu ?
- Tu sais, c’est surtout la volonté inconsciente de casser les cadres, de tester les limites. C’est le passage à l’âge adulte…. Tu l’as fait aussi, non ? »

Une fois les limites foudroyées et son DESS achevé, Candice avait travaillé un peu à l’hôpital. Mais c’était particulièrement insupportable, « le style fonctionnaire », tous ces gens qui n’avaient pour tout dire pas de vocation, mais un rapport utilitaire à leur métier, l’heure c’est l’heure, il faut y aller, et non M. Machin je ne fais pas vos ablutions, ce n’est pas dans mes attributions. Du coup elle vient d’ouvrir un cabinet en libéral à Paris, où elle soigne grâce une nouvelle méthode « par le corps, l’esprit et les énergies ». C’est du dernier cri, elle m’a assuré, même si j’ai pas tout compris. Elle s’est mariée, aussi, avec un ingénieur ardéchois, c’est rigolo  !, que je ne connaissais pas. Impossible, elle m’a garanti, « c’est une grande famille ». Les Chabeil de Montal je me suis renseigné sont effectivement très connus dans le sud du département. Ils doivent cette notoriété à Jean-Aldebert, qui au XVIe siècle a repoussé d’acharnés émeutiers dans le bassin albenassien. Il a son blason le vieux et un écusson à son illustre nom. On peut l’admirer au château de Vogüé dans un superbe tableau à l’huile de foie de morue le représentant en tenue de polo.

Sur le quai, Candice m’a embrassé, souhaitant en rigolant se rappeler de moi dans dix ans, si à nouveau on se croisait. J’étais convaincu finalement du contraire. La terminale, elle se souvenait de que dalle, Candice. Toutes ces histoires de bourgeois, prolos, décalaminages sociaux, ça lui était passé complètement par-dessus le ciboulot. Elle et tous ses petits copains charmants, leur vie se déroulait bien sereinement, ils « testaient un peu les limites », psychologisaient l’affaire rapidement, et leurs deux ou trois errements avaient le mérite de les faire revenir vaccinés à la bonne société.

Longtemps après, j’ai retrouvé Xavier, devenu « business development manager » à Paris.
Il n’avait rien oublié, lui.
« Mon Pierrot ! Je sais pas si je dois te parler, vieux gaucho !
- Hein ? Pourquoi ?
- On discutait sans arrêt tous les deux au foyer, tu crachais à la gueule des patrons… Du coup j’avais conclu ma première dissert’ en prépa en notant que “le capitalisme est générateur d’inégalités”… À cause de toi ! Je pensais à toi en l’écrivant ! Et le prof avait rendu ma copie en disant à toute la classe :
“ Votre camarade Xavier est moins libéral qu’un marxiste-léniniste. ” Enfoiré ! »

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Vos commentaires

  • Le 6 novembre 2014 à 12:51, par Amazigh En réponse à : Au bahut des bourges

    ce texte serait plus attractif s’il n’etait pas ecrit dans un style aussi lourd...dommage

  • Le 22 septembre 2013 à 21:27, par Amélie En réponse à : Au bahut des bourges

    Waw ! Génial le mépris et la condescendance pour ceux qui n’ont pas fait les mêmes choix de vie que vous ! Bravo ! Vive l’ouverture d’esprit !

    Vous titrez le bahut des bourges et vous passez très très rapidement sur le fait que si vous alliez dans ce bahut, c’est que contrairement à votre ami Xavier vous en étiez un aussi, de bourge. Légèrement mytho sur les bords en plus...

    Voilà. Parce que moi aussi je suis psychologue et je suis légèrement vexée par la fin de votre article. Si vous croyez que c’est une fonction « sereine » c’est que réellement vous ne connaissez rien à ce métier ni aux personnes que l’on peut rencontrer dans ce cadre !
    Et j’aimerais bien savoir de quelle affaire vous parlez quand vous dites qu’elle la « psychologise rapidement ». La psychologie serait-elle une science humaine non reconnue par votre régime ? Que pour les gauchos il n’y a que la sociologie et Bourdieu qui compte ? C’est balo parce que moi j’ai étudié les deux, Pour ne pas me mettre d’oeillères, justement.

    Alors quand on ne sait pas de on parle... Je vous laisse terminer ma phrase...

    Tout est politique rappelez-vous. Et devenir psychologue, pour moi personnellement cela a constitué un choix politique !

    Parce qu’on peut être psychologue et de gauche ; être psychologue et venir des quartiers populaires et tenter de contribuer par son métier et son activité associative à ce que le monde fonctionne un peu mieux.

    Comme par exemple en contribuant à la création du Café Culturel Citoyen d’Aix en Provence où votre patron est venu faire la promo de son dernier bouquin et croiser Étienne Chouard.

    Le monde est bien plus complexe que ce que vous exprimez dans cet article !

    Sans rancune.

  • Le 18 septembre 2013 à 02:57, par NicoBrasil En réponse à : Au bahut des bourges

    Bonjour mon cher Monsieur !
    J’ai bien aimé votre article, qui me fait découvrir aussi ce journal. Je suis prof de Français à Sao-Paulo et j’aimerais me servir de votre article pour faire découvrir l’argot à mes élèves, l’Ardèche et les différences de milieu social en France... Rien que ça ! Puis-je l’utiliser en mentionnant bien sure, votre nom, la source et tout le tintsouin ?

  • Le 7 juillet 2013 à 15:20, par benaissa leila En réponse à : Au bahut des bourges

    bonjour je viens de connaitre votre journal et j’ai trouvé hillarant l’article au bahut j’aimerai entrer en contact avec cet femme je la trouve délicieuse merci de lui transmettre

  • Le 25 juin 2013 à 17:43, par Roque isabelle En réponse à : Au bahut des bourges

    Ahahaha ! Portrait tellement bien brossé que... Dis, on n’était pas dans le même bahut...?

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