À quoi sert votre journal ? - La bataille des idées (2)

par François Ruffin 14/01/2014 paru dans le Fakir n°(62) septembre - octobre 2013

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On a besoin de vous

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Le journalisme dissident est un sport de combat, parfois. Mais le plus souvent, d’endurance. La bataille des idées se mène moins avec fracas que comme un travail de fourmi, patient, laborieux, souterrain, à coups d’articles et de débats. Et que de chemin parcouru, en une poignée années !

Les syndicats - Le désenclavement

« Protectionnisme » : le mot n’effraie plus nos camarades douaniers. La clé ? Qu’ils retrouvent, un peu, la fierté de leur métier.

Le SNAD-CGT

Ce printemps, par La Poste, j’ai reçu un petit bouquin : SNAD-CGT. Rapport d’orientation du 68e congrès. J’ai feuilleté cette palpitante littérature.
Punaise, ça commençait par « Résolution n°1 : une douane socialement et économiquement utile. Protectionnisme. » Et de développer : « Quelles sont les solutions apportées par le SNAD-CGT face au dumping social et économique : mesures de protectionnisme (droits de douanes si possible au niveau européen) sur les produits ne respectant pas des normes sociales et écologiques. La récupération de ces droits de douanes pourra être redistribuée aux pays vertueux s’engageant à un meilleur traitement des salariés et un respect environnemental. » Alors que, j’ai vérifié, pour le 67e congrès, en 2008, le mot « protectionnisme » n’était même pas prononcé ! J’en tire, franchement, un peu d’orgueil. Parce qu’au fil des années, j’ai joué mon rôle dans cette conversion.

Invitation

Quand la « tentation protectionniste » m’a titillé, j’ai voulu en discuter avec des syndicalistes, les premiers concernés au fond. J’ai frappé à la boîte courriel de la CGT des secteurs Textile, Chimie et Métallurgie, sans succès. On ne me rappelait pas : l’indice, déjà, d’une absence de réflexion.
Le seul à m’avoir renvoyé un message, c’est Bertrand Vuaroqueaux, le secrétaire géneral de la CGT-Douanes : « Je vais sans doute vous décevoir car je ne connais pas, dans un passé récent, de prise de position de mon syndicat sur le montant des droits de douane en tant que tels. » Mais, curieux, il m’invitait à me rendre à la rencontre de ses délégués, à Montreuil donc, lors du prochain bureau national. On imagine le décor : des tables en Formica, des gobelets en plastique qui traînent dessus, la nuit qui tombe dehors, la fin d’une pause clope, des visages fatigués, Manuela, Cédric, Sébastien, Jacky, et moi qui viens « poser la question du protectionnisme – et pourquoi j’aimerais que cette question se pose à la gauche en général, et à la CGT en particulier, et à la CGT-Douanes encore plus précisément ».
Ces camarades ont senti, je crois, ma frustration. Je veux dire, c’est leur boulot, les taxes aux frontières, et ici comme ailleurs, pourtant, les esprits me semblaient en jachère. Pas de discours construit, juste des bribes de bien-pensance, les clichés usuels : « Le protectionnisme, c’est des murs. Ça fait peur », « Des barrières, c’est pas une bonne réponse. En revanche, pourquoi pas un protectionnisme citoyen », « On sera infoutus de fabriquer les produits de base », etc.

La honte

« Mais sur le plan technique, alors, est-ce que c’est faisable ?
— Ah, techniquement, y a pas de souci. Pour nous, relever les tarifs douaniers, on sait faire. Y a une ligne sur l’ordinateur où il est marqué 3 %, on met 10 %. Et voilà. »

Entre leurs mains, ils disposaient d’une arme lourde. Très aisément manipulable, juste quelques clics devant un écran, un ordre de Bercy.
« Pourquoi ce silence, alors ? », je m’interrogeais – et ils s’interrogeaient avec moi : « On a le nez dans le guidon, on encaisse réforme sur réforme, avec des suppressions de postes, les copains à défendre… On n’a pas le temps de se poser, de réfléchir ensemble. »
Sans doute, ça joue. Mais je pressentais autre chose, de plus profond. Une honte. Dans les années 1980, le Capital est devenu « multinational », s’est bâtie l’Europe du Marché unique, même la gauche s’est convertie au libre-échange. C’est devenu quoi, alors, le douanier ? Un anachronisme. Un dinosaure. Un mec ringard – avec moustache, uniforme et 4L, tel que caricaturé dans Rien à déclarer, le film de Dany Boon. Si, en plus, il demeurait attaché à cette idée, préhistorique, de « taxe aux frontières », s’il revendiquait, tout seul, des « protections tarifaires », il passerait pour un double has been. Deux fois archaïque : par son métier et par sa mentalité. Le basculement idéologique a ainsi bouleversé leur profession. Pas seulement concrètement, mais psychologiquement, intimement, dans la mémoire, dans la fierté, dans les raisons d’être.
« Quand je parle à des jeunes, me confiait Alain, j’ai pas envie de faire le vieux con – la “douane à la papa”. C’est ce que leur disent les chefs. »

Sans chichis

Il fallait en priorité chasser cette honte, restaurer une fierté du métier : « Vive les douaniers ! » avons-nous titré, sans chichis, et sans doute est-ce bien la première fois qu’un canard alternatif saluait sans ironie des képis. Et avec bonheur, malgré une couve catastrophique, on a vu les camarades du SNAD s’en saisir, en acheter un gros paquet (c’est toujours ça de pris !) pour leurs délégués. On s’est recroisés plusieurs fois, au Havre ou à Paris, avec Sébastien Géhan, devenu depuis le nouveau secrétaire, avec des longues discussions arrosées de bière, moi pour comprendre son boulot, lui pour s’approprier cette pensée, et tous deux pour opérer une jonction. Et puis, il m’a invité à leur 68e congrès, en juin 2012. Il aurait préféré avoir Emmanuel Todd, je devinais, ou Jacques Sapir, ou Frédéric Lordon, mais qui est-ce qui prend le train, pendant deux jours, pour se rendre à Port-de-Bouc et rencontrer des douaniers cégétistes ? Ben non, c’est pas Todd ni Sapir ni Lordon : dans cette bataille des idées, y a une répartition des tâches entre les généraux et les « deuxième classe » de la contestation. Là-bas, à Port-de-Bouc, en prime des arguments technicoéconomiques, je venais leur adresser un message, dans leur semi-déprime, que le peuple crie : « Vive les douaniers ! » Faut pas lésiner, des fois.

Quelques semaines après, donc, j’ai reçu le rapport d’orientation. Avec le « protectionnisme » bien en vue, et en dernière page, ils reproduisaient mon « exhorte à prendre conscience, personnellement d’abord, collectivement ensuite, dans [votre] syndicat, [votre] bureau, voire [votre] famille, de l’extrême utilité que vous pourriez avoir. Afin que les citoyens n’aperçoivent pas en [vous] un résidu du passé, mais un outil pour l’avenir. » Y a pas que moi, évidemment (on peut tirer la couverture un peu à soi, mais pas trop, sinon ça se voit !). Entre temps, le climat du pays a bougé, Montebourg a prôné la « démondialisation » durant la primaire socialiste, et ça pèse, mais enfin, sans fausse modestie, j’ai participé à ce virage.

Solidaires-Douanes

Je venais d’intervenir à leur congrès, à Berlats (mais qu’est-ce qu’ils vont faire un congrès à Berlats, au fin fond du Tarn, qu’il faut prendre le train, le car, la bagnole ? Y a des limites à ma persévérance), et Morvan Burel me raccompagne un bout : « Merci pour tout le boulot que t’as fait, il me dit. Ça nous a donné un coup d’éperon, une impulsion. Vu qu’on n’était pas au point et que c’était essentiel. Tes papiers, ton livre, justifiaient nos missions. » Ça m’a touché, cette confidence. Étonné, aussi. Parce que, dès notre première rencontre, eux m’ont semblé formés, pas besoin de moi.

Réflexion

Je me rendais au SNUI, le Syndicat national unifié des impôts, et j’avais aperçu un écriteau sur la porte d’à côté : « Solidaires-Douanes ». Je l’ai poussée, au cas où, sans prévenir. Et, à ma surprise, le jeune qui m’accueille (Éric, je crois) a déjà réfléchi à la question – et même sérieusement : « Nous, on est favorables à un certain protectionnisme, écologique, social. Mais ça débat beaucoup au sein de Solidaires. Il y a une alliance, objective, entre les libéraux et les antilibéraux. Eux croient que tout va s’arranger presque naturellement, que le niveau de vie va s’élever en Chine, qu’au fond il suffit d’attendre. Ils ne veulent pas réguler, par antiétatisme. Nous, on défend que nous avons cet outil, les taxes aux frontières, pas forcément miracle mais qui peut aider…
— Vous avez écrit des documents, là-dessus ?
— Je ne sais pas si on les a terminés. »
Il cherche dans ses étagères, me sort des textes pas très probants. « Ça suscite des tensions en interne donc, c’est vrai, par écrit, on n’a peut-être pas affiché notre position très clairement. Mais faut que je te présente à mon collègue, Élie, il en fait son cheval de bataille… »

Encouragement

J’ai discuté avec Élie Lambert, avec Morvan Burel, de cette bataille au sein même de la gauche, à Solidaires, à Attac, etc. Et ils m’ont montré la motion qu’ils allaient présenter, durant cet été 2010, à leur congrès de Chalès. C’était remarquable de lucidité, tellement remarquable que je n’avais rien, me semblait-il, à leur apporter – plutôt l’inverse.
D’où ma surprise, ce printemps, devant ce « merci pour ton boulot ».
J’ai réfléchi.
Ce qu’on a éprouvé, en fait, au fil de ces années, c’est un encouragement mutuel : je ne suis pas seul, Morvan n’est pas seul, ils ne sont pas seuls, nous ne sommes pas seuls, et il faut ce sentiment, parfois, pour simplement continuer, ne pas abandonner. Si j’ai servi à quelque chose, pour eux, à mon avis, c’est moins comme « théoricien » que pour les désenclaver à gauche, qu’ils se sentent moins isolés, rejoints par d’autres forces. Personne ne songeait à les inviter, en 2011, pour le Remue méninges du Parti de gauche. Je l’ai fait. Morvan est venu, a présenté son métier, l’utilité qu’il pourrait avoir. Il est revenu cette année, sur l’invitation directe du PG. Et nul ne songe désormais, dans ce parti, à imaginer le protectionnisme de demain sans y associer les douaniers – hier sur la touche.

États généraux

À la mi-septembre prochain, le 18 exactement, toutes les organisations syndicales – CGT, Solidaires, CFTC, CFDT, FO, etc. – tiendront à Paris, au Palais d’Iéna, au Conseil économique social et environnemental, des États Généraux de la douane.
Sans doute ce grand raout ne sera-t-il pas que progressiste (avec une douane qui, par exemple, devrait aider aux exportations). Mais quel fossé avec ces douaniers, rencontrés il y a trois ans à peine, et qui étaient alors sur la pure défensive, contrant les réformes, ne s’interrogeant plus, ou si peu, sur le sens de leur métier !
La route à parcourir demeure, néanmoins, immense, ici.
Car hormis les douaniers, le débat n’est guère abordé par les syndicats. Dans son document d’orientation, du congrès de ce printemps, la CGT répète soixante fois « protection sociale… protection sociale… protection sociale… », dénonçant « toutes les formes de dumping social, fiscal, salarial », mais elle n’use pas une seule fois du mot « protectionnisme », qui serait peut-être un moyen de la protéger, non, cette « protection sociale » ? La question n’est pas posée, mais déjà tranchée. À la place, la confédération parie à tire-larigot sur « une Europe sociale, solidaire, au service des peuples », invite à « œuvrer dans l’unité de tous les salarié-e-s, à un changement radical du cadre européen, pour construire véritablement une Europe sociale et solidaire », déclare que « c’est le moment de faire entendre, de dire et donner à voir l’Europe que nous voulons, l’Europe dont nous avons besoin. L’Europe de toutes les solidarités », etc.
C’est émouvant : nous sommes (je suis syndiqué SNJ-CGT) apparemment les derniers à y croire.

Le hold-up tranquille

Je me rendais à l’IRES, Institut de recherches économiques et sociales, en 2006 je crois, pour rencontrer son directeur, Jacky Fayolle. Et voilà qu’il me cause, comme ça, des «  9,3 % de la valeur ajoutée qui ont ripé du travail vers le capital ». Hein ? C’est quoi, cette histoire ? Bah oui, qu’il reprenait tranquille « il y a en gros de 120 à 170 milliards d’euros qui ont glissé.
— 120 à 170 milliards par an, alors ?
— Pour aller très vite, c’est ça. »

Je trouve une image, alors :
« C’est un hold-up géant dont on ne parle pas, ça ?
— Oui, tempère Jacky Fayolle, sauf que le mot “hold-up” est trop brutal pour parler d’un changement qui cumule tout un ensemble de facteurs : le poids du chômage, les politiques économiques, les changements de la gouvernance des entreprises depuis une vingtaine d’années. » Pour lui, c’est une évidence, du vu et revu.
Pour moi, c’est une révélation.
Et nous mènerons alors la bataille sur ce partage de la valeur ajoutée : via un article dans le journal, un autre dans Le Monde diplo, une émission à Là-bas si j’y suis, des réunions publiques, un T’chio Fakir (diffusé à 200 000 exemplaires), une chanson, une affiche…
Ce poster, et c’est une fierté pour nous, on le retrouvera à la fois dans le hall de l’IRES (signe d’une reconnaissance vaguement universitaire : nous n’avons pas déformé leurs propos, malgré notre volonté de pédagogie, de simplification) et à Pointe-à-Pitre au siège de l’UGTG, le syndicat guadeloupéen fer de lance du LKP (reconnaissance militante, ici). Voilà qui indique sans doute le mieux notre position : un pied chez les intellos, un autre chez les engagés, pont entre ces deux univers. Et un troisième pied, pourquoi pas, le plus important même, sur le terrain, comme reporter, à vérifier que le discours des intellos et des engagés, de nous-mêmes, colle plus ou moins au réel, à le rectifier si nécessaire.

Attac- Encore un effort, camarades !

Même les altermondialistes font quelques pas en avant.

Eux ne cessent pas, justement, d’être des camarades. En juin 2011, des membres du conseil scientifique d’Attac dénonçaient « la démondialisation, un concept superficiel et simpliste ». C’était sans surprise, tant l’association altermondialiste apparaît, à son sommet, comme un repaire des anti-protectionnistes, appelant plutôt à une « autre mondialisation » – dont nous rêvons également, mais qui nous paraît bien lointaine. C’est un désaccord, profond, que nous avons avec ces camarades. Mais qui ne cessent pas, justement, d’être des camarades : jamais nous ne nous sommes adressées d’invectives. Nous avons mené, ensemble, la campagne « Qu’on leur coupe la dette ». Et surtout, nous poursuivons chez eux notre travail de persuasion.
Ce sont des copains d’Attac, déjà, qui, en Bretagne, en Rhône-Alpes ou en Provence, ont organisé, ou co-organisé, des tournées autour de Leur grande trouille. Preuve, mais était-ce nécessaire ?, que la ligne de l’association n’est pas homogène. Et c’est Youenn, d’ailleurs, militant d’Attac, de Solidaires, de Fakir, qui a monté à Trégunc (Finistère) – capitale, comme on s’en doute, du débat intellectuel en France… – une rencontre publique avec Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac, à l’automne 2011. « On parle de “souveraineté alimentaire”, concéda-t-elle, et nous la défendons. Quant à la “souveraineté industrielle”, cette question mérite réflexion. »
Cette question, pour la première fois, Attac l’a affrontée lors de son université d’été : « Relocalisation, protection, protectionnisme ». Je fus le seul défenseur, solidement encadré, de cette thèse hérétique. Mais déjà, le discours s’était infléchi : « Nous sommes pour des protections, énonça l’économiste Jean-Marie Harribey dans sa présentation, pas forcément pour du protectionnisme. » « On doit évoluer, me confia Aurélie en aparté, mais les avancées ne peuvent pas se faire que dans un sens. » J’ai réfléchi : elle a raison. Non pas qu’on doive mettre de l’eau dans notre vin et parvenir à un brouet tiédasse. Mais quelle est la force d’Attac ? C’est de penser global, international. Alors que, c’est vrai, nous pensons national d’abord. Les deux ne se contredisent pas, ou seulement en apparence : il nous faut désormais, à Fakir, à Attac, et plus largement à gauche, imbriquer ces deux échelons. Comment si, demain, l’Espagne par exemple, fait banqueroute, sort de l’euro, rétablit des barrières douanières, comment, de l’extérieur, nous allons apporter notre solidarité à cette expérience ? Comment cette expérience va faire tâche d’huile, chez nous, nous contaminer ?
Voilà l’étape d’après : préparer la contagion. Qu’une rupture nationale produise un choc international.

Des tracts à la main

Dans « l’aquoibonisme » ambiant, je tenais à rappeler ça : qu’on avance. Qu’on a déjà avancé. Jamais aussi vite qu’on le voudrait, évidemment. Mais que de chemin parcouru, en une poignée d’années ! Et je tenais à le rappeler maintenant.
Pourquoi maintenant ?
Parce que nous ne sommes pas, pas encore, au cœur de la tempête. Nous vivons comme un palier dans la crise, un temps suspendu. Des choses bougent, dans les têtes, dans les urnes, mais sans fracas pour l’instant, comme en souterrain.
Profitons-en. Que nos armes soient affûtées pour les prochaines secousses. Que nous ne rations pas le coche, cette fois. Car que s’est-il produit, en 2008, après la chute de Lehman Brothers ? Nos adversaires eux-mêmes, les libéraux, déclaraient leur système coupable, pourri, pervers, et promettaient qu’ils ne recommenceraient plus. Ils ont recommencé. Cinq ans plus tard, tel un phénix renaissant de ses cendres, leur système coupable, pourri, pervers, est à nouveau debout. Mais la faute à qui ? Parce qu’ils étaient trop forts ou parce que nous étions trop faibles ? Un boulevard était ouvert, mais nos idées n’étaient pas mûres, et sans force politique pour les porter, et nous avons défilé, par trois fois, par millions, au printemps 2009, avec ce slogan creux, insignifiant : « Nous ne paierons pas leur crise. »
C’est la mère des batailles, les idées. Si on la perd, ou qu’on ne la mène pas, si les esprits ne sont pas conquis et prêts à conquérir, difficile, derrière, de se lancer dans les luttes sociales, dans l’affrontement électoral – ou alors sur des bases fragiles, étriquées. Ou comme me le confiait mon héros, Maurice Kriegel-Valrimont : « Il faut moins imaginer les résistants des armes à la main que des tracts à la main. »

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Vos commentaires

  • Le 6 juin 2014 à 21:31, par Alméras Jean En réponse à : À quoi sert votre journal ? - La bataille des idées (2)

    Que d’efforts que de luttes pour faire avancer le simple constat qui devrait être basique à la gauche du PS : bien sur les taxes douanières font partie des outils d’une véritable politique économique et sociale.

    Qu’il vous ait fallu des années pour faire admettre ce simple constat dans « le parti de gauche » et un syndicat des douanes alors qu’il aurait dû faire partie de la base des analyses de ces deux structures a quelque chose de désespérant.

    Qu’avant votre intervention, le « SNAD-CGT » ne pose pas la question du protectionnisme est désespérant. Comme vous écrivez : « c’est leur boulot, les taxes aux frontières, et ici comme ailleurs, pourtant, les esprits me semblaient en jachère. Pas de discours construit … ».

    Mais aujourd’hui en juin 2014 allez discuter de la TVA avec le SNUI. Vous pourrez dire de même « c’est leur boulot, la TVA, et ici comme ailleurs, pourtant, les esprits me semblaient en jachère. Pas de discours construit .. »

    Et oui encore et toujours, quand on est de gauche on ressasse que la TVA est un impôt injuste, inéquitable.

    La « justice » et la « justesse » d’un impôt ne sont pas liés au fait qu’il soit direct ou indirect, sur le « revenu », sur les société sous la forme de TVA ou autres taxes etc etc …

    La question est de savoir à qui on prélève, combien, à qui on redistribue, comment on le redistribue, pour quelle politique économique et sociale.

    Dire que la TVA est un impôt injuste est une contre-vérité mainte et mainte fois assénée mais qui n’en demeure pas moins une absurdité.

    Combien d’année seront nécessaires pour que le SNUI comprenne que, ce qui est injuste dans la TVA ce sont les taux appliqués et les choix des « produits » sur lesquels ils s’appliquent. Où serait l’injustice si les Mercedes, Rolls Royce, 4x4 « citadins », vêtements « griffés », les menus de restau au dessus de 30 euros, la publicité etc etc voyaient leur TVA fortement majorée à 40, 80 ou 120 % suivant le produit ou service, et si la TVA sur la nourriture de base était supprimée ?

    Que dire des impôts sur les revenus , qui sont plus élevés pour les revenus du travail que pour ceux résultants du profit, de l’exploitation du parasitisme où de nombreuses niches fiscales sont crées spécialement pour de véritables privilégiés ?

    Il est urgent de traiter tous ces domaines de la fiscalité.
    Bien sûr que la « nouvelle droite complexée » va traiter la question à la marge pour nous enfumer tout en faisant des cadeaux fiscaux aux plus riches, cadeaux dont nous règlerons le montant et les intérêts.

    A nous de faire des analyses concrètes débouchant sur des propositions, des exigences concrètes.

    http://www.la-sociale.org/république-sociale-1/

  • Le 27 janvier 2014 à 18:22, par Michel Brouyaux En réponse à : À quoi sert votre journal ? - La bataille des idées (2/2)

    Bonjour,
    Voici quelques temps que j’ai découvert, ébahi et reconnaissant,« Fakir, François Ruffin et la revendication, A GAUCHE, du protectionnisme. En clair, le »Journal de mes pulsions protectionnistes" m’a totalement convaincu.
    Les « élites » dirigeantes veulent dissoudre le peuple (dans la mondialisation), parce qu’elle détestent la France. Lire : http://www.marianne.net/Les-elites-francaises-ont-honte-de-la-France_a235106.html

  • Le 15 janvier 2014 à 15:36, par placide_muso En réponse à : À quoi sert votre journal ? - La bataille des idées (2/2)

    Puisque vous parlez d’Attac, des syndicats, de la gauche et de la question de l’europe, comment ne pas parler du M’PEP, du front syndical de classe ou bien du PRCF qui ont des positions très claires sur le sujet, très proche de ce qu’argumente ici F Ruffin

    la ringardisation de la question de la Nation, cette approche un peu caricaturale et dogmatique de la dialectique de la Nation et de l’internationalisme qui fait que certain croyant rejeter le nationalisme pour de l’internationalisme se font de fait les soutiens de la mondialisation capitaliste est une question intéressante. Majeure pour la gauche.

    Il faut signaler à ce sujet le travail du philosophe G Gastaud, également syndicaliste et militant communiste, notamment dans ses livres Mondialisation capitaliste et projet communiste 1997 (qui se révèle aujourd’hui plus que visionnaire) ainsi que Patriotisme et Internationalisme 2010

    Il est bien dommage que PRCF, M’PEP et CPF bénéficie de si peu de présence médiatique - y compris dans les médias alternatifs ou de gauche - alors qu’ils portent des analyses qui ne doivent pas être tabous dans le débat à gauche