4000 ans de Fukushima (2)

par François Ruffin 01/07/2011 paru dans le Fakir n°(50) avril - mai 2011

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À Fukushima, on en était réduit à ça : jeter de la flotte, depuis un hélicoptère, sur les réacteurs. Avant ça, BP avait bien peiné avant de reboucher son trou au large de la Louisiane. Quand un volcan islandais éternue, c’est toute l’Europe qui s’enrhume. Et même dix centimètres de neige nous mènent au bord de la panique. Alors, est-ce que le système n’arrive pas à bout ? Est-ce que, avec toute notre technologie, on n’est pas en train de rentrer à toute blinde dans le mur écologique ? On ne serait pas les premiers à se suicider par l’environnement... Des Sumériens aux Mayas, des Anasazis aux Romains, dans Une Brève histoire de l’extinction en masse des espèces (Agone, 2010), Franz Broswimmer décrit ces civilisations disparues pour cause d’ « écocide ».À nous le tour ?

La mondialisation du blé

Les Romains, Méditerranée, -500 à 500.


Des ours, des lions, des léopards, des hippopotames... Pour les jeux du cirque, toute la faune est dévastée. Un vrai massacre : l’empereur Titus inaugure le Colisée avec des combats de gladiateurs qui durent trois mois, et plus de 9 000 animaux tués. Record battu par l’empereur Trajan : pour célébrer sa conquête de la Dacie (la Roumanie actuelle), 11 000 bêtes sauvages sont saignées. Et bien sûr, pour chaque fauve qui arrive dans l’arène, ce sont des douzaines, ou des centaines d’autres, qui périssent en amont, lors de la traque ou du transport. Pour le peuple, donc, des jeux et du pain. Et du luxe pour l’élite : à cause de leur ivoire, les éléphants d’Afrique du Nord sont éliminés. Peu importe, on fera venir des cornes depuis
l’Asie, depuis Java. Se déroule alors, sans doute, la plus importante extermination
des grands mammifères.

Dire que, aux premiers temps de la République, on ne pouvait pas tuer un cerf dans l’enceinte d’un temple, par peur de contrarier les divinités ! Les Romains considéraient la nature comme l’espace sacré des dieux – et ils s’efforçaient de leur plaire, en plantant des arbres par exemple. Puis la pratique religieuse s’estompe. Les philosophies stoïcienne et épicurienne prévalent. Les cieux se vident, et l’homme devient maître de son destin. Avec un état puissant qui fait reculer ses limites : de l’écosse jusqu’à la Turquie, de l’Espagne jusqu’à la Palestine... La longueur des voies romaines égale alors la distance Terre-Lune ! De quoi aller chercher du bois au Liban, de l’étain jusqu’au détroit de Gibraltar...

Les cieux se vident.

Pour le blé également, les zones de production s’éloignent. C’est que l’environnement se dégrade : les forêts sont rasées pour la combustion, pour les mines, les fonderies, la métallurgie… Les ruines romaines ne trônent-elles pas, d’ailleurs, aujourd’hui encore, dans des paysages eux aussi en ruines ? C’est que les paysans sont enrôlés comme soldats, que les agriculteurs financent les dépenses militaires – et ne peuvent donc investir, par exemple, dans l’irrigation. Et comme, à l’occasion, les généraux pratiquent la « guerre environnementale », détruisent les ravitaillements de l’ennemi alentour, ses ressources naturelles, ses récoltes, voilà que les grains sont cultivés en égypte, puis en Sicile, puis au Maroc. Toujours plus loin. C’est le principal monument que les Romains laisseront à la postérité, moins célèbre que le Capitole : les déserts de l’Afrique du Nord. Alors que, avec ses zones humides, fertiles, elle avait rempli les silos de l’Empire. Après la faune, la flore aussi est ravagée...

Telle une junkie, Rome est alors dépendante des importations alimentaires croissantes – qui provoquent des crises économiques. Et elle se trouve, en plus, accroc à une consommation ostentatoire. Malgré les tensions sociales, malgré le déficit, son élite ne renonce jamais à son opulence : de l’or, de l’argent sortent des caisses, vers l’Inde, contre des épices, de la soie. En faillite, les empereurs ne peuvent plus offrir les traditionnelles distributions de nourriture, ni payer leurs militaires : l’armée cesse alors de protéger efficacement les frontières, permettant les « incursions barbares ».

Extrait du livre : « Tout comme les Sumériens incapables d’ajuster leurs réalisations culturelle et sociale au cadre écologique existant, analyse Franz Broswimmer, les Romains eurent à payer le prix fort pour leur surexploitation à courte vue de l’environnement. Le déclin et la chute finale de l’Empire romain résultent de la combinaison de plusieurs facteurs parmi lesquels les formes intrasociales d’exploitation (l’esclavage), l’expansion militaire et fiscale, la dégradation de l’environnement, notamment l’érosion des sols et la déforestation, et les invasions étrangères. Tous ces paramètres contribuent finalement à la disparition de l’Empire. Comme le note prudemment A. M. Mannion, “ il se peut que les questions environnementales aient été à la racine de ces processus ”.  »

Quand le bâtiment va...

Les Anasazis du Chaco, Nouveau-Mexique, 700 à 1300.


On n’a pas fait mieux jusqu’aux gratte-ciel du XIXème siècle : dans le canyon Chaco, sur cinq étages, les Anasazis construisent des bâtiments de 200 mètres de long sur 100 mètres de large ! Des « grandes maisons » qui comptaient jusqu’à huit cents pièces. Il a fallu sept siècles à ces Indiens pour établir ces 10 000 hameaux agricoles, près d’une centaine de villes, un réseau routier, des canaux d’irrigation. Durant deux siècles, cette civilisation a prospéré. En quelques décennies, pourtant, elle s’est effondrée. Que s’est-il passé ?

Myopie sociale

La société du Chaco est divisée en deux classes : les travailleurs agricoles, vivant dans les fermes, travaillant dur. Et les élites, dans les pueblos, au sort bien meilleur : dans ces « grandes maisons », les probabilités pour qu’un enfant atteigne l’âge de cinq ans sont trois fois plus grandes que dans les fermes voisines, et les adultes mesurent 4,6 centimètres, en moyenne, de plus que leurs congénères des campagnes. Cette hiérarchie porte en elle les germes de la destruction : comme s’ils étaient myopes, les décideurs citadins n’aperçoivent plus l’importance vitale de l’agriculture. Les forêts de pins et de genévriers sont rasées pour bâtir les pueblos. Les terres cultivables sont repoussées toujours plus loin – mais les paysans se trouvent bientôt à court. Une sécheresse survient, qui ébranle l’organisation.

Stimuler l’économie

À cette crise, quelles réponses apportent alors les dirigeants ? « Des routes, des rites et des bâtiments. » Dans une fatale frénésie, pour « stimuler l’économie », les habitants du Chaco édifient leurs plus grandioses constructions. Des centaines de milliers de pins sont coupés pour les charpentes. On transporte d’immenses troncs, longs d’une dizaine de mètres, sur 30 à 50 kilomètres depuis des forêts éloignées. On bâtit 650 kilomètres de quasi-autoroutes (jusqu’à neuf mètres de large !). L’élite pueblo répond à la crise en surconstruisant. Sans se rendre compte que, sans les petits paysans pour produire le maïs, leur société n’est plus viable.

Une seconde sécheresse intervient : elle leur est fatale. Leur société se croyait toute-puissante ? Elle était, en réalité, fort vulnérable. Alors que, durant plusieurs millénaires, les agriculteurs avaient subi les aléas de la météo sans conséquences, voilà que, entre 1150 et 1200, la communauté sombre dans les guerres civiles, dans la violence exacerbée. Et s’effondre.

Extrait du livre : « Les habitants du Chaco ne disparurent pas par manque de pueblos, ni de turquoises, ni d’aras qu’ils appréciaient, remarque Franz Broswimmer, mais parce que leur modèle de croissance exagérée ne pouvait être maintenu. Au final, leurs besoins croissants en eau, maïs, viande et combustible ne purent être couverts. Les civilisations montantes créent souvent de vastes réseaux d’infrastructures et produisent des quantités remarquables d’objets manufacturés dans une période relativement brève. La structure sociale hiérarchique des Anasazis du Chaco facilita les excès de leur expansion sociale et écologique. Il s’agissait d’extraire un maximum de produits sans tenir compte des dangers à long terme. La disparition de la civilisation du Chaco peut être imputée précisément à leur incapacité à s’adapter aux conséquences d’une croissance rapide. »

Les statues de la fertilité

Les Pascuans, Pacifique sud, de 700 à 1700


« Nous avons d’abord, depuis quelque bonne distance, considéré ladite île de Pâques comme sablonneuse. La raison en est que nous avions compté pour du sable l’herbe desséchée, le foin ou la végétation roussie et brûlée, parce que son apparence dévastée ne pouvait donner d’autre impression que d’une singulière pauvreté et d’un complet dénuement. »

Débarquant sur l’île, en 1722, les explorateurs européens croient voir ça : un désert. Une flore si clairsemée, juste des arbustes, des herbes, des joncs, que les navigateurs ne trouvent même pas du bois pour se chauffer au cours des hivers frais, humides et venteux. Les animaux rencontrés n’étaient pas plus grands que des insectes, sans même une seule espèce d’escargot ou de lézard. Et pourtant, autrefois, avant ce paysage morne, la nature était abondante, le sol couvert de palmiers, les eaux pleines de poissons, le ciel animé d’albatros, de fous, de frégates, de hérons, de perroquets... Jusqu’à l’arrivée des Polynésiens.

Qui aura la plus grosse

Que du bonheur, pour ces arrivants, à l’origine : il suffit de se baisser pour pêcher. Ou pour cultiver l’igname, la patate douce, et le taro à l’intérieur des terres. C’est là que réside le peuple, avec un poulailler, un four, un potager entouré de pierres,
une fosse à ordures dans chacune des habitations. Toutes ces choses utilitaires, bruyantes, voire puantes, étaient interdites près des côtes, réservées à l’aristocratie et à la religion – les deux se confondant. Là, en bord de mer, les grandes maisons ont la forme de pirogues renversées. Et on y trouve également les statues : 397 toujours debout, la plupart hautes de quatre à six mètres, pesant plus de dix tonnes – qui tournent le dos à l’océan. 396 autres, encore, renversées, au cou délibérément brisé. Et 97 encore, abandonnées sur la voie depuis la carrière…
C’est, semble-t-il, que les chefs bataillaient à qui aurait la plus grosse – tout comme nos milliardaires d’aujourd’hui concourent pour leurs yachts, leurs villas, leurs plus hautes tours.

Le dernier palmier

Cette rivalité ostentatoire a réclamé, bien sûr, une débauche d’énergie : durant les trois siècles de cette folle construction, les besoins alimentaires ont augmenté de 25 %. Et il a donc fallu intensifier l’agriculture sur les hautes terres. Mais pire que tout, ces œuvres réclament du bois – à la fois pour les transporter et pour fabriquer les cordes qui les tireront. Les forêts sont dévastées, il ne leur reste même plus un tronc pour fabriquer une embarcation – et fuir le désastre en cours… Lorsqu’un navire français approche de l’île, en 1838, le capitaine note dans son rapport : « Tous les indigènes ne cessaient de répéter avec agitation le mot “ miru ” et se désespéraient de voir que nous ne le comprenions pas : ce mot désigne le bois qu’utilisent les Polynésiens pour fabriquer leurs pirogues. C’était ce dont ils avaient le plus besoin. » Et la plus haute montagne de l’île se nomme « Terevaka », qui se traduit par : « L’endroit où l’on peut faire des pirogues ». C’était avant la grande curée. Les arbres abattus, l’érosion des sols s’installe. Et bientôt la famine. D’où le cannibalisme – avec cette pire insulte, ancêtre de « nique ta reum » : « La chair de ta mère est coincée entre mes dents. »

L’imposture

Comment réagit l’élite, alors ? Par un changement de stratégie ? Au contraire, en s’enfonçant dans la même logique : les chefs et les prêtres prétendaient communiquer avec les Dieux. Grâce à cette architecture colossale, grâce à des cérémonies gigantesques, ils attiraient sur l’île les faveurs des cieux. Si la prospérité fuyait, si les rendements diminuaient, c’est – justement – que la foi des fidèles fléchissait. Qu’il fallait donc une architecture encore plus colossale, des cérémonies encore plus gigantesques, pour ramener la fertilité ! Et l’on découvre alors, dans les ateliers, une statue haute de 21 mètres (un immeuble de cinq étages !), lourde de 270 tonnes, qui ne sera jamais déplacée…
C’est l’ultime soubresaut.
L’imposture finit par se voir. Et cette classe dirigeante fut éliminée par des militaires. La guerre civile se répandit. Les habitants s’en prirent à l’ancien culte, démolirent des statues. La civilisation s’effondra. Puis l’arrivée des Européens, avec les maladies qu’ils apportaient, avec l’esclavage ensuite, ne firent qu’ajouter du désastre au désastre…

Extrait du livre : « On se prend à imaginer ce que put être l’état d’esprit du Pascuan qui abattit le dernier palmier au moment précis où il l’abattait, note Jared Diamond (Effondrement, Gallimard, 2006). Comme les forestiers modernes, s’est-il écrié : “ Du travail, pas des arbres ” ? Ou : “ La technologie va résoudre nos problèmes, il n’y a rien à craindre, nous trouverons des substituts au bois ” ? Voire : “ Nous n’avons aucune preuve qu’il n’existe pas de palmiers ailleurs sur l’île de Pâques, il faut chercher encore. Votre proposition d’interdire la coupe des arbres est prématurée et motivée uniquement par la peur ” ? Des questions similaires se posent pour toute société qui a sans le savoir endommagé son environnement. »

La classe consommatrice planétaire

Et nous ? 1950 à ?


« Afin d’attirer des sociétés comme la vôtre, nous avons renversé des montagnes, rasé des jungles, asséché des marais, détourné des fleuves, déplacé des villes, tout cela pour que vous et votre entreprise puissiez plus facilement faire des affaires ici. » Cette publicité, le gouvernement philippin l’a fait paraître dans le magazine Fortune, à l’intention des « investisseurs ».

Et en effet, pour son « insertion dans le marché mondial », ce pays a beaucoup rasé : dans les années cinquante, les forêts couvrent 50 % du territoire des Philippines. À la fin des années 1990, ce chiffre est tombé à 18 %, la plus grande partie du bois étant exportée vers le Japon. Idem pour ses côtes, hier riches en poissons : des 500 000 hectares de mangroves, il en subsiste moins de 30 000 à la fin du siècle. On a préféré convertir ces milieux naturels en élevages de crevettes pour les marchés étrangers. Cette « révolution bleue » – qui vaut pour la Thaïlande, le Vietnam, le Mexique, etc – bouleverse jusqu’à l’agriculture traditionnelle : l’infiltration d’eau salée menace de faire baisser la productivité des rizières adjacentes. Dans certaines régions, les approvisionnements en eau douce ont baissé si brusquement que les autorités locales ont imposé un rationnement.

Massacre planétaire

Est-ce qu’on ne croirait pas, sous nos yeux, voir le même processus que chez les Sumériens, les Anasazis, les Mayas ? à une différence près, « la modernité a permis à l’écocide de s’échapper de son cadre auparavant localisé, et d’en faire pour la première fois un phénomène vraiment mondial ». Avec, pour agents de cette démolition, notamment, ces « multinationales qui figurent parmi les institutions les plus antidémocratiques et les plus irresponsables. Ces entreprises font partie intégrante de notre modernité écocidaire. De bien des façons, les compagnies transnationales façonnent l’avancée de l’écocide en étouffant, banalisant ou légitimant avec succès leurs pratiques sociale et écologique destructrices. Leur organisation profondément antidémocratique joue un rôle-clé dans la ligne de conduite et la politique de capitalisme mondial qui mènent notre planète au bord de l’effondrement social et écologique. »

Démocratie écologique

L’écocide porte atteinte à la nature, mais ses causes ne sont pas « naturelles ». Bien sociales. Dans toutes les civilisations disparues, c’est une organisation qui n’a pas su – ni voulu – réorienter ses modes de production, de reproduction, et de consommation. C’est une élite qui n’a pas accepté de renoncer à son statut, à ses privilèges, maintenant sa « cupidité, sa goinfrerie et sa gabegie ostentatoires », son « penchant compulsif pour la guerre », son « désir de s’approprier une part croissante du surplus » – et pire que tout : son « aveuglement ».

D’où l’insistance de Franz Broswimmer sur « la démocratie écologique » : notre oligarchie à nous ne fera pas mieux. Elle nous emmènera plus vite, plus loin, dans la même direction. C’est-à-dire dans le mur. À moins que nous ne lui reprenions les commandes…

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Vos commentaires

  • Le 18 décembre 2013 à 12:26, par Malika En réponse à : 4000 ans de Fukushima (partie II)

    Merci de donner votre point de vue là-dessus, j’ai trouvé ce post extrêmement enrichissant ! Malika du portail sur les proteine pas cher

  • Le 28 novembre 2013 à 22:20, par Justine1 En réponse à : 4000 ans de Fukushima (partie II)

    Je découvre à l’instant votre avis à ce sujet, c’est très intéressant. Justine du site sur les banques

  • Le 18 octobre 2011 à 13:46, par Chris En réponse à : 4000 ans de Fukushima (partie II)

  • Le 27 septembre 2011 à 21:50, par Oliv En réponse à : 4000 ans de Fukushima (partie II)

    Un livre qui me fait penser à celui de Jared Diamond : « Effondrement, comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie ».
    Pour ce qui est du commentaire de « Hub » concernant la capacité du Limousin à se nourrir, 10% d’autonomie avec des produits alimentaires « cultivés », c’est fort probable. Si on intègre les plantes sauvages comestibles (pas au goût de notre chère culture), je pense qu’il y a de quoi nourrir beaucoup plus que 10% de cette région. Dommage qu’il faille éviter de cueillir sur le bord des routes, c’est plein de bonnes plantes (et d’autres moins) mais elles sont polluées par des années de carburant au plomb, et autres...
    Sincèrement

  • Le 28 juillet 2011 à 08:06, par Pulsar En réponse à : 4000 ans de Fukushima (partie II)

    Contrairement aux anciennes civilisations, ceux qui ne font pas partie de l’élite, c. à d. nous, disposons d’informations sufisantes pour savoir ce qui est en train de se passer. Ce détail fera-t-il la différence ?

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