30 ans d’injustice fiscale : Impôt sur la fortune

par François Ruffin 06/12/2013 paru dans le Fakir n°(48 ) décembre - janvier 2011

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Depuis trente ans, les gouvernements se suivent et leur politique se ressemble : faire baisser les impôts sur les bases « mobiles » (capitaux, entreprises, riches), et relever ceux sur les bases « immobiles » : vous et moi. Cette orientation se vérifie pour toutes les taxes, et dans tous les pays du continent. C’est qu’une même logique est à l’œuvre : la concurrence fiscale.

Comment l’anéantir sans le dire ? C’est toute la question. En 1987, la droite avait foncé bille en tête et supprimé l’IGF (l’Impôt sur les grandes fortunes), instauré par les socialistes cinq années plus tôt. Dès lors, l’étiquette de « gouvernement des riches » lui avait collé à la peau, comme le morceau de sparadrap au doigt du capitaine Haddock. Et Jacques Chirac avait perdu l’élection présidentielle suivante.
Donc, être plus discret. En vidant de l’intérieur l’impôt sur la fortune, d’abord : « l’outil de travail » n’était déjà pas taxé, les antiquités non plus, qu’on y ajoute les propriétés dans les Dom-Tom, les investissements dans les PME « innovantes », etc., et il ne reste plus grand-chose.
En promouvant le bouclier fiscal, ensuite, initié par Dominique de Villepin, abaissé de 60 % à 50 % par Christine Lagarde : d’après les avocats fiscalistes, les chèques reversés par l’état reviennent « le plus souvent à annuler l’ISF ». Mais tout ça, pas par amour des riches, non. Juste pour les garder en France : « Quel est notre souci ? expliquait François Fillon à Arlette Chabot. Notre souci, c’est qu’il reste, dans notre pays, des hommes et des femmes qui investissent… On parle beaucoup, au moment de la réforme des retraites, de taxer les riches encore faut-il qu’il y en ait. Et donc, moi je préfère qu’il y en ait plus, pour qu’ils rapportent plus d’impôts, plutôt que de les faire partir par une fiscalité, hum, complètement confiscatoire par rapport aux autres pays de l’Union européenne. »

Impôt régressif. La TVA représente aujourd’hui plus de la moitié des recettes de l’Etat. C’est aussi l’impôt le plus injuste : les 10 % les plus pauvres consacrent 5,3 % de leurs revenus à cette taxe. Les 10 % les plus riches, 3,4 %. De « progressif », l’impôt devient alors « régressif » : moins t’as d’argent, plus tu paies (Les Chroniques fiscales, SNUI, janvier 2008).

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