12 janvier : soirée « La dissidence, pas le silence ! »

par L’équipe de Fakir 11/01/2015

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Après une large consultation d’intervenants, de co-organisateurs, de conseillers, nous avons décidé de maintenir la soirée de lundi (12 janvier, 19 h, à la Bourse du Travail). Néanmoins, au vu des événements, et à moins d’une profonde surdité, on ne saurait conserver notre rencontre telle quelle.

Aussi, nous mènerons cet exercice : au-delà de l’évidente émotion, que nous inspire ce moment présent ? Que traduit-il de la société française ? Que risque-t-il d’en sortir ? Quel rôle pouvons-nous remplir ? Bref, quelle ébauche d’analyse esquissons-nous.

Ceci, en compagnie toujours de Frédéric Lordon, de Emmanuel Vire (SNJ-CGT), de Gérard Mordillat, de Lionel Thompson (SNJ-CGT France Inter), de Eric Coquerel (PG), de Gérard Filoche, et d’autres.

Parler de Charlie, d’accord, mais garder l’esprit Charlie, aussi. Comme le dessinateur Willem, qui ironisait dans un journal néerlandais : « Nous avons beaucoup de nouveaux amis, comme le pape, la reine Elizabeth, ou Poutine. Ca me fait bien rien rire. Nous vomissons sur tous ces gens qui, subitement, disent être nos amis. »

Ou encore Luz dans une longue interview accordée aux Inrock hier, pour qui « les médias ont fait une montagne de nos dessins alors qu’au regard du monde on est un putain de fanzine, un petit fanzine de lycéen. Ce fanzine est devenu un symbole national et international, mais ce sont des gens qui ont été assassinés, pas la liberté d’expression ! Des gens qui faisaient des petits dessins dans leur coin. » « A la différence des anglo-saxons ou de Plantu, Charlie se bat contre le symbolisme. Les colombes de la paix et autres métaphores du monde en guerre, ce n’est pas notre truc », a-t-il ajouté.

En fait, on retiendra surtout ses paroles qui, ont l’espère, donneront aussi le ton de notre soirée :

Des gens ont chanté la Marseillaise. On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabus, Honoré, Wolinski : ils auraient conchié ce genre d’attitude. Les gens s’expriment comme ils veulent mais il ne faut pas que la République ressemble à une pleureuse de la Corée du Nord. Ce serait dommage.